Il n'y a plus aucune base de l'OTAN en France depuis 1967. Celles qui s'y trouvaient étaient pour la plupart des reliques des installations mises en place par les alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale.thumb|upright=1.5|Carte des bases aériennes de l'OTAN en France jusqu'en 1966. De la Seconde Guerre mondiale jusqu'en 1967, la France avait en effet sur son territoire métropolitain plusieurs bases militaires utilisées par ses alliés occidentaux de l'OTAN, essentiellement par les forces armées des États-Unis qui disposaient d'un total de 187 complexes en 1967.. Elles furent fermées ou rétrocédées à l'armée française après la décision du général de Gaulle de retirer la France du commandement militaire intégré le . Le retrait total des forces de l'OTAN fut effectif au cours de l'année 1967.

Centres de commandement

Lorsque le Conseil de l'OTAN se réunit à New York le , Paris est choisi comme siège du quartier général, en raison surtout de sa position centrale et de ses excellents moyens de communications.

Situé au 13, Belgrave Square à Londres puis à Paris à partir de 1952, le siège politique de l’Alliance atlantique occupe initialement des locaux temporaires au palais de Chaillot. Le siège est ensuite transféré sur un terrain porte Dauphine offert par la France en avec l’inauguration du « Palais de l’OTAN » Timbre de 50 Frs commémorant le dixième anniversaire de l'OTAN et l'inauguration du Palais de l'OTAN (actuelle Université Paris-Dauphine) en 1959, celui-ci fut bâti entre 1955 et 1959 sur les plans de l'architecte Jacques Carlu. Il quitte la capitale française pour s'installer boulevard Léopold III à Bruxelles en décembre 1966. Mais les locaux du Trocadéro ne furent détruits qu'en 1967 et les bassins réhabilités longtemps après.

L'hôtel Astoria, situé alors sur l'avenue des Champs-Élysées, près de la place de l'Étoile, est mis à la disposition du commandement militaire et rapidement aménagé pour recevoir les officiers américains qui doivent constituer le groupe de planning du Grand quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE selon son abréviation anglaise communément utilisé) arrivé le avec à sa tête le général Dwight David Eisenhower. Ils sont bientôt rejoints par les représentants de huit autres pays membres..

Le , le SHAPE commence à fonctionner. Les personnels de base occupent un local préfabriqué construit sur les bassins du Trocadéro et leurs statues art-décoratif. L'État-Major tient ses quartiers exigus à l'hôtel Astoria, qu'il ne quittera qu'au mois de juin. Il s'installe alors dans des bâtiments préfabriqués, construits en trois mois environ par le génie militaire français, sur un emplacement situé dans la région de Versailles, et dont la France avait fait don à l'OTAN OTAN les cinq premières années 1949-1954, partie 1, chapitre 4. Il était situé au quartier de Villevert à Louveciennes (68 route de Versailles) .. Il disposait d'un bunker dans une ancienne carrière sous la commune du Mesnil-le-Roi au hameau de Carrières-sous-Bois..

Sa construction coûta 733 millions de francs français de l'époque et, à son inauguration, il comptait 183 officiers : 100 américains, 27 français, 26 britanniques, 10 italiens, 7 belges, 5 néerlandais, 3 danois, 3 norvégiens et 2 canadiens Supreme Headquarters, Allied Powers Europe Site sur l'US Army en Allemagne de 1945 à 1989.

L'ancien siège de l'Union de l'Europe occidentale à Fontainebleau devient le commandement du théâtre Centre-Europe Le Théâtre Centre-Europe. Le Commandement du Maréchal Juin., Field Marshal Lord Carver Carte des installations militaires de Fontainebleau.

Agences de l'OTAN En 2011, avant une profonde restructuration de l'Alliance Atlantique qui fera amalgamer ses agences dans quelques structures plus vastes, on compte sur le territoire français trois sièges d'agences de l'OTAN :

La CEPMA - Central Europe Pipeline Management Agency, à Versailles, qui a pour fonction d'assurer le contrôle opérationnel et technique du réseau Centre-Europe des oléoducs de l'OTAN.

La NAHEMA - NATO Helicopter Design Management Agency, créée en 1992 à Aix-en-Provence qui gère la conception, le développement, la production et la logistique du NHIndustries NH90.

La RTA - Research and Technology Agency, à Neuilly-sur-Seine, responsable de la coordination de la recherche technologie pour la Défense, ainsi que de la conduite et de la promotion de la recherche en coopération.

Bases aériennes Bases aériennes de l'US Air Force vignette|Militaires français embarquant à bord d'un Douglas C-124 Globemaster II américain à Paris-Orly Air Base le à destination de l'Indochine. vignette|Republic F-84F du 110th Tactical Fighter Squadron à Toul-Rosières Air Base venus en renfort pendant la Crise de Berlin en 1961/1962.

L'United States Air Forces in Europe avait à sa disposition les bases suivantes :

Bordeaux-Mérignac Air Base, première base confiée à l'USAFE, en . Chambley-Bussières Air Base Chaumont-Semoutiers Air Base Dreux-Louvilliers Air Base Étain-Rouvres Air Base Évreux-Fauville Air Base Châteauroux-Déols Air Base Damblain Air Base Laon-Couvron Air Base Paris-Orly Air Base Phalsbourg-Bourscheid Air Base Toul-Rosières Air Base

Les bases d'Évreux-Fauville (actuelle BA 105), de Nancy-Ochey (actuelle BA 133), de Phalsbourg (actuel quartier La Horie) et d'Étain-Rouvres (actuelle base lieutenant Étienne Mantoux) sont toujours utilisées soit par l'Armée de l'air française soit par l'Aviation légère de l'Armée de terre. La base de Chaumont (actuel quartier général d'Aboville) accueille le régiment d'artillerie de l'Armée de terre.

Bases aériennes de l'Aviation royale du Canada vignette|gauche|Canadair Sabre Mk 5 du No. 416 Squadron canadien à Grostenquin en 1953. La Division aérienne de l’Aviation royale du Canada était déployée sur les bases suivantes : Quartier général : Château de Mercy à cinq kilomètres au sud-est de Metz, Base aérienne Grostenquin Base aérienne Marville Metz : Escadron de contrôle aérien et d’alerte..

L'aérodrome de Rocroi-Regniowez construit en 1956 sert de base aérienne de dispersion pour la Escadre..

La base de Grostenquin fait aujourd'hui partie du Polygone de Guerre Électronique.

Bases opérationnelles de désserrement, France Outre les bases aériennes principales, l'United States Air Force in Europe stationnait sur des terrains secondaires.

Châlons-Vatry

Châlons-Vatry est située dans le département de la Marne, à environ à l'est de Paris, et à au nord-ouest de Chaumont.

La construction débute en 1953, la base étant prévue pour recevoir 50 chasseurs. Trois grands hangars sont construits. En 1956 la construction est terminée et le Det #2 du 48th Air Base Group de l'USAF, jusque-là stationné à Chaumont-Sémoutiers, s'y déploie. Des avions en provenance du 21st, 49th et 388th Fighter-Bomber wings viennent s'ajouter temporairement à ceux du 48th FBW déployée, généralement par relève d'un escadron de chasse à la fois. Par la suite, les 492nd, 493rd and 494th TFSs, en provenance de Chaumont, seront déployés à leur tour sur la base.

En 1959, la base de Châlons-Vatry est mise en sommeil et tous les matériels, munitions et pièces de rechange sont expédiés vers la base soutien de Chaumont et le détachement stationné est désactivé. Le soutien est transféré au 7544th Support Group et au U.S. Army's 150th Medium Tank Company, en 1960.

En 1967 la plate-forme est rétrocédée à l'Armée de l'air française et utilisée comme terrain d'entraînement pour le transport aérien.

Aujourd'hui, l'aéroport de Vatry constitue une plateforme internationale de fret aérien.

Lunéville-Chenevières Située sur le territoire des communes de Chenevières et de Saint-Clément, à proximité de Lunéville en Lorraine, la base est construite au milieu des années 1950. Elle a été utilisée comme terrain de dispersion par l'United States Air Force in Europe jusqu'en 1964.

Renommée quartier Lasalle par l'Armée française, elle a accueilli le régiment de cuirassiers de 1968 à 1998. Elle est aujourd'hui utilisée par le régiment de transmissions et par le Polygone de Guerre Électronique.

Vouziers-Séchault En 1952 débute la construction d'une plateforme aérienne par l’OTAN, les travaux ont duré cinq ans. Construite à l'origine comme base auxiliaire (Dispersed Operating Base) pour l'USAF en 1952, elle n’a été utilisée que peu de temps par la Force aérienne du Canada. Elle est déclassée en 1969.

En 1972, la vocation du terrain change pour devenir un terrain d’exercices et c’est en 1973 que le du génie de l'air prend possession du site en installant l’équivalent d’un groupe. De 1973 à 1986, le terrain est utilisé par les unités de l’armée de terre pour des manœuvres et par les unités du Génie de l'Air pour la mise au point de la méthode française de réparation rapide de piste (opération rustine). En 1986, l’effectif augmente pour atteindre 30 personnes, l, appartenant au même commandement, utilise les infrastructures.

En 1998, le détachement prend sa forme actuelle, il fait partie territorialement de la B.A. 112, la partie soutien est assurée par une unité de l’armée de l’air, la partie fonctionnelle et opérationnelle est assurée par l’unité appartenant à la S.D.G.A. (Génie de l'Air). En 2005, l’unité G.A. (Génie de l'Air) est transférée au Elle rejoint le régiment en 2007.

Vitry-Brienne

Pistes de secours

Dix plates-formes de moindre importance, le plus souvent héritées de la Seconde Guerre mondiale, furent également réhabilitées par le gouvernement français. Constitués d'une piste et dotés d'équipements sommaires, ces terrains pouvaient être utilisés par toute force aérienne de l'OTAN pour y déployer ses aéronefs en cas de conflit.

Ces plates-formes étaient :

Cambrai-Épinoy Cambrai-Niergnies Saint-Simon-Clastres Laon-Athies Saint-Nazaire-Montoir Beauvais-Tillé Saint-Quentin-Estrées Nancy-Ochey Metz-Frescaty Épinal-Mirecourt

Logistique

L'organisation logistique installée en France par les forces américaines pour ravitailler les forces alliées en Europe à partir de 1950 est conséquente.

L'United States European Command (créé en 1952) utilise entre autres le port de La Palice à La Rochelle, de Bassens à Bordeaux, de Nantes et de Donges à Saint-Nazaire.

Pipelines

À partir de 1958, le réseau de pipelines de l’OTAN pour l'approvisionnement de ses moyens militaires se met en place, il comporte un total de dix réseaux faisant au total km de pipelines traversant 13 pays auquel il faut ajouter les dépôts connexes, les bases aériennes raccordées, les aéroports civils, les stations de pompage, les raffineries et les points d’entrée. Ce réseau n'a pas été touché par le retrait de la France du commandement intégré en 1967. Les forces armées sont les premiers destinataires mais ils n’utilisent que moins de 10 % des carburants en temps de paix et les 90 % restants sont destinés à des clients civils.

Le réseau d'oléoducs en Centre-Europe (CEPS) est avec ses km de pipelines le plus grand de ses réseaux ; il couvre l’Allemagne, la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas. Il est placé sous l’autorité du Comité de direction de l’Organisation de gestion des oléoducs en Centre‑Europe (CEPMO). La gestion quotidienne du CEPS est assurée jusqu'en 2012 par l’Agence de gestion des oléoducs en Centre‑Europe (CEPMA) installé à Versailles, qui est l’organe exécutif de la CEPMO. Depuis le , l’Agence OTAN de soutien – désormais connue sous le nom d’Agence OTAN de soutien et d’acquisition – la remplace..

En même temps que l'exploitation de son propre réseau civil (LHP), la société française Trapil a reçu pour mission d'étudier et de construire entre 1953 et 1962, puis d'exploiter et de gérer « par ordre et pour le compte de l'État » :

les infrastructures du réseau des Oléoducs de Défense Commune (ODC)TRAPIL.fr - Les réseaux des Oléoducs de Défense Commune (ODC), réseau français des oléoducs d'Europe centrale de l'OTAN.