La , connue également au Canada par le néologisme démolinguistique, est une spécialisation de la démographie, qui étudie la répartition des langues dans la province canadienne de Québec. Outre les descripteurs qu’elle tire généralement des recensements, elle s’intéresse aux facteurs intervenant dans l’évolution des groupes linguistiques : mortalité, fécondité, immigrations, émigrations, de même que l’abandon d’une langue au profit d’une autre (substitution linguistique). En 2021, le français était la première langue officielle parlée par 82,2 % de la population québécoise..
Terminologie Langue maternelle la langue maternelle est une langue que « toute personne recensée au Canada a apprise en premier lieu à la maison dans son enfance et qu’elle comprend encore » au moment du recensementMichel Paillé, Diagnostic démographique de l’état de la francisation au Québec, Montréal, Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, 2008, .. Historiquement, il s'agissait d'une langue que parlait la mère, mais il pouvait arriver que ce soit celle du père ou de tout autre parent adoptif. Langue parlée le plus souvent à la maison la langue parlée le plus souvent à la maison « rend compte de la situation qui prévaut au moment même d’un recensement »Ibid., p. 3.. Généralement, elle est identique à la langue maternelle ; elle peut avoir supplanté la langue maternelle dans un processus de « substitution linguistique ». Langue parlée régulièrement à la maison la langue parlée régulièrement à la maison est « apparue au recensement de 2001 ». Elle « porte sur toutes autres langues parlées à la maison » sur une base moins fréquente que la précédente. Connaissance des langues officielles les données sur la connaissance des langues officielles du Canada proviennent d’une question posée aux recensements canadiens demandant : « Cette personne connaît-elle assez bien le français ou l’anglais pour soutenir une conversation ? » Il s’agit d’une « autoévaluation globale ». Première langue officielle parlée la première langue officielle parlée est un indicateur conçu par Statistique Canada permettant d'obtenir un portrait de l'utilisation des deux langues officielles du Canada (l'anglais et le français).
Aperçu Population : 8 604 495 (provisoire, 2021). Langue officielle : français Groupe majoritaire : francophone (74,8 %). Groupes minoritaires : allophone (13,9 %), anglophone (7,6 %), autochtone (0,5 %). Connaissance des langues : 93,7 % peut soutenir une conversation en français, tandis que 51,7 % peut le faire en anglais. Statut politique : province du Canada depuis 1867
Note : sauf exception, les statistiques sur les langues réfèrent sur cette page à la langue maternelle (voir ci-après). Les chiffres ci-dessus ne totalisent pas 100 % lorsqu’ils sont additionnés puisque 3,7% de la population ont déclaré plusieurs langues maternelles en 2021.
Portrait détaillé Francophones Le Québec est le seul État majoritairement francophone de l'Amérique du Nord (parmi les dix provinces de la fédération canadienne, les cinquante États des États-Unis d'Amérique, et les trente-deux États mexicains). Selon le recensement de 2021, un peu plus de 6,5 millions Québécois ont le français comme langue maternelle, seule ou en combinaison avec d'autres langues. Ceux-ci représentent 17,9 % de la population canadienne et 77,8 % de celle de la province. Pour ce qui est de la connaissance de la langue, 93,7 % de la population québécoise se déclare capable de soutenir une conversation en français contre 9,9 % de la population canadienne vivant à l'extérieur de la province. Au total, c'est 73,8 % des Canadiens déclarant parler français qui habitent au Québec.
Villes à forte concentration francophone (recensement de 2021) :
Amqui : 99,3 % Clermont : 99,3 % Saint-Bruno : 99,3 % Forestville : 99,3 % Saint-Antonin : 99,1 % Saint-Isidore : 99,1 % Dolbeau-Mistassini : 99 % Saint-Ambroise : 99 % Saint-David-de-Falardeau : 99 % Saint-Honoré : 98,9 % Témiscouata-sur-le-Lac : 98,9 % Métabetchouan–Lac-à-la-Croix : 98,9 % Sainte-Luce : 98,9 % Macamic : 98,9 % Saint-Anaclet-de-Lessard : 98,8 % Saint-Charles-de-Bellechasse : 98,8 %
Allophones En 2021, 16,1 % de la population québécoise avait une langue non officielle parmi ses langues maternelles, la même proportion qu'en 2016. Les allophones forment un groupe hétérogène reflétant la diversification de l'immigration canadienne depuis les années 1970. À l'exception des Premières nations et des Inuits, la plupart sont issus d'une immigration relativement récente par rapport aux groupes francophones et anglophones. D'après le recensement de 2021, les trois langues maternelles non officielles les plus courantes sont : l'arabe (3,0 %), l'espagnol (2,3 %) et l'italien (1,2 %).
Villes à forte concentration allophone (recensement de 2021) :
Laval : 8,4 % arabe Mont-Royal : 7,5 % arabe Dollard-des-Ormeaux : 6,4 % arabe Montréal : 5,7 % arabe Sainte-Adèle : 6 % espagnol Brossard : 7,2 % mandarin Longueuil : 4,5 % espagnol Saint-Lambert : 3,6 % espagnol Montréal-Ouest : 4,2 % italien Dorval : 3,3 % espagnol Beaconsfield : 4,9 % mandarin Pointe-Claire : 4,9 % mandarin Kirkland : 8,7 % mandarin Terrebonne : 2,2 % espagnol Saint-Constant : 3 % espagnol Côte-Saint-Luc : 4,9 % russe
Anglophones Les 10,0 % de la population québécoise (2021) dont l'une des langues maternelles est l'anglais habitent principalement la grande région métropolitaine de Montréal, là où ils ont accès à un réseau d'institutions sociales, économiques, et culturelles bien établi.
Villes à forte concentration anglophone (recensement de 2021) :
Hudson : 60,4 % Montréal-Ouest : 56,3 % Hampstead : 54,8 % Baie-d'Urfé : 51,3 % Stanstead : 50,9 % Beaconsfield : 49,1 % Westmount : 48,7 % Pointe-Claire : 47,3 % Chelsea : 43,1 % Sainte-Anne-de-Bellevue : 42,6 % Dorval : 41,2 % Lac-Brome : 40 % Côte-Saint-Luc : 39,8 % Kirkland : 38,9 % Huntingdon : 37,8 % Dollard-des-Ormeaux : 37,6,8 %
Autochtones Les peuples autochtones du Québec constituent un groupe hétérogène d'environ , soit environ 1 % de la population québécoise. Ceux-ci représentent 9 % de la population aborigène du Canada. Les Autochtones québécois ont un indice de continuité linguistique de 0,92, soit plus élevé que celui, par exemple, des Acadiens du Nouveau-Brunswick (0,91) ou des Fransaskois (0,22).. Environ 60 % des autochtones sont reconnus en tant qu'« Indiens » selon les critères de la Loi sur les Indiens (loi fédérale). Le tableau suivant présente la situation démolinguistique des peuples autochtones du Québec :
Langue Famille linguistique Population totale du groupe ethnique (2021) Nombre de locuteurs (langue maternelle, 2021) Région Abénaki Algonquienne orientale 16 400 0 Centre-du-Québec Algonquin Algonquienne centrale 29 880 1 110 Outaouais et Abitibi-Témiscamingue Atikamekw Algonquienne centrale 8 265 6 160 Mauricie et Lanaudière Cri Algonquienne centrale 21 540 16 265 Nord-du-Québec Malécite Algonquienne orientale 3 070 5 Bas-Saint-Laurent Mi'kmaq Algonquienne orientale 20 635 225 Gaspésie Innu-aimun Algonquienne centrale 23 940 (innu-montagnais) 7 730 (innu) 690 (naskapi) Côte-Nord et Saguenay–Lac-Saint-Jean Mohawk Iroquoienne 6 635 105 Montérégie et Laurentides Inuktitut Eskimo-aléoute 17 970 (inuit) 13 200 Nunavik
Immigration et natalité Les naissances de mères ayant pour langue maternelle le français représentent environ 75 % du total des naissances en 2009. Les enfants nés de mères ayant pour langue maternelle l'anglais représentent quant à eux environ 9 % des naissances en 2006. Mais il y a beaucoup de couples mixtes (français/anglais, français/autre, anglais/autre, français) et de mères ayant une langue maternelle autre que le français et l'anglais (environ 14 % en 2009). Donc ce pourcentage des naissances ne représente pas exactement la transmission de la langue des parents à l'enfant. Néanmoins, si les naissances de mères francophones représentent 75 % du total en 2009 alors que leur poids démographique est d'environ 79,5 %, cela signifie que la langue française au Québec continuera sa lente érosion .
Régions métropolitaines de recensement (RMR) +Population canadienne selon la langue maternelle, par régions métropolitaines de recensement (2001, 2006, 2011 et 20162011 Census profile) RMR / Langue Français Anglais Autres 2001 2006 2011 2016 2001 2006 2011 2016 2001 2006 2011 2016 Montréal 68,3 % 65,7 % 63,3 % 63,0 % 12,7 % 12,5 % 11,6 % 11,0 % 19,0 % 21,8 % 22,0 %26,0 % Québec 96,5 % 95,5 % 94,9 % 93,9 % 1,7 % 1,6 % 1,4 % 1,4 % 1,8 % 2,9 % 2,9 %4,7 % Gatineau 80,7 % 79,2 % -75,1 % 13,7 % 13,3 % -11,2 % 5,6 % 7,5 % -13,7 % Sherbrooke 91,2 % 90,3 % 89,4 % 88,9 % 5,9 % 5,1 % 4,9 % 4,6 % 2,9 % 4,6 % 4,6 %6,5 % Saguenay 98,6 % 98,0 % 98,3 % 98,0 % 0,9 % 0,8 % 0,8 % 0,8 % 0,5 % 1,2 % 0,6 %1,2 % Trois-Rivières 97,8 % 97,1 % 96,5 % 96,0 % 1,2 % 1,1 % 1,1 % 1,1 % 1,0 % 1,8 % 1,8 %2,9 %
Source..
Montréal Il y a trois territoires qui utilisent le nom « Montréal » dans leur dénomination, dans la région métropolitaine de Montréal : l'île de Montréal, la ville de Montréal et la Communauté métropolitaine de Montréal. Cependant, le nom « Montréal », employé seul, ne désigne que la ville.
En 1999, toutes les municipalités de l'île de Montréal ont été agglomérées pour ne former qu'une seule grande ville. Cependant, en 2002, un référendum est venu amputer la nouvelle ville de quelques anciennes municipalités qui ont retrouvé une certaine autonomie en 2006. Il faut donc toujours faire la distinction entre la région métropolitaine de Montréal (qui inclut l'île de Montréal, de Laval, Longueuil et un certain nombre de municipalités des couronnes nord et Sud), l'île de Montréal et la ville de Montréal. Cette dernière est une ville officiellement française. Toutefois, certaines municipalités de l'île de Montréal sont désignés bilingues (français-anglais).
Si les allophones du Québec ne constituent qu'environ 14 % de la population québécoise, ils sont cependant concentrés à 85 % dans la région de Montréal. Il en va de même pour les anglophones, mais dans une moindre mesure, alors que 74 % de ceux-ci résident dans cette région. Ces derniers sont également bien établis dans la région de l'Outaouais, alors que c'était le lieu de résidence d'environ 9 % d'entre-eux.
Les francophones représentent 59,9 % de la population totale de la région de Montréal, les anglophones 11,2 % et les allophones 23,3 %. Sur l'île de Montréal, le poids de la majorité francophone descend à 44,0 %, alors que les anglophones représentent 16,3 % de la population et les allophones 32,5 %.
Lorsque l'on répartit les réponses multiples de langue maternelle, il est possible d'observer l'évolution du poids des groupes linguistiques sur l'île de Montréal de 1971 à 2021. À l'époque, le groupe de langue française représentait 61,0 % de la population de l'île contre 46,5 % aujourd'hui. De son côté, le poids de la population d'expression anglaise est passé de 23,8 % en 1971 à 18,4 % un demi-siècle plus tard. Quant au groupe de langues tierces, celui-ci a vu sa proportion augmenter de 15,2 % à 35,0 %.
Évolution + Évolution de la langue maternelle au Québec Langue 1844 1901. 1921 1931 1941 1951 1961 1971 1976 1981 1986 1991 1996 2001 2006 2011Population selon la langue maternelle, régions administratives et ensemble du Québec, 20112016 Français 75 % 80 % 80,1 % 79,8 % 80,3 % 82,5 % 81,2 % 80,7 % 80,0 % 82,4 % 82,9 % 82,1 % 81,5 % 81,2 % 79,6 %. 78,1 %77,1 % Anglais 24,5 % 19 % 17,5 % 16 % 15 % 13,8 % 13,3 % 13,1 % 12,8 % 11,0 % 10,3 % 9,6 % 8,8 % 8,3 % 8,2 %. 7,7 %7,5 % Allophones 0,5 % 1 % 2,4 % 2 % 5,6 % 5 % 3,7 % 5,6 % 6,2 % 7,2 % 6,6 % 6,8 % 8,3 % 10,7 % 11,4 % 12,3 %13,2 % Bilingues - - - - - - - - - - - - - - 0,8 % 2 %2,3 %