Le mariage entre personnes de même sexe, aussi appelé mariage homosexuel, mariage gay ou mariage pour tous, désigne la possibilité pour un couple de même sexe de deux femmes ou de deux hommes de contracter un mariage, civil ou religieux.

Si l'on trouve des exemples de tels mariages dans certaines civilisations dans l’Antiquité, du jusqu'à la fin du l’homosexualité a été considérée comme un trouble mental (jusqu’en 1990 par l’Organisation mondiale de la santéVoir : OMS, « Mettre fin à la discrimination contre les hommes et les femmes homosexuels », , lire en ligne, consulté le .) et souvent criminalisée. Mais l’évolution des sociétés et les revendications des mouvements LGBT ont conduit des États, après l’union civile, à étendre au début du la reconnaissance légale du mariage civil sans distinction à tous les couples, de sexe différent ou de même sexe.

En 2001, les Pays-Bas sont le premier pays à instituer le « mariage pour tous » au niveau national. En , il est légal dans , la quasi-totalité d’entre eux reconnaissant également l’homoparentalité et l’adoption. La Thaïlande est le dernier pays en date à légaliser le mariage entre personnes de même sexe le , avec une entrée en vigueur le .

Terminologie Le bourgmestre Willy Demeyer célébrant un mariage à La Violette à Liège, en 2013.|vignette

Dans le langage juridique, on parle de ouvert aux .. Dans les médias, les termes couramment utilisés pour leur brièveté sont ou .

Toutefois ces expressions peuvent véhiculer l’idée d’une opposition ou être considérées comme restrictives car excluant .

Tout comme un mariage entre personnes de sexes différents, un mariage entre personnes de même sexe n’est pas juridiquement défini en fonction de l’orientation sexuelle des mariés, mais en fonction de leur sexe. Il n'est pas limité aux personnes homosexuelles mais est ouvert, ainsi que ses conséquences juridiques.., à toutes les personnes de même sexe auxquelles ne s’applique pas d’empêchement légal, par exemple aux personnes d’orientations sexuelles différentes. Lesbians, Gay Men, Bisexuals and Transgendered people, Benchmark Institute Australian marriage equality.

Selon glbtq.com et un rapport parlementaire britannique, considérer qu’un couple de personnes de même sexe est obligatoirement composé d’homosexuels et qu’un couple formé par un homme et une femme est obligatoirement composé d’hétérosexuels est une forme de discrimination à l’égard des personnes bisexuellesBrett Genny Beemyn, article « Bisexuality » dans An Encyclopedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender, and Queer Culture, 2004 : « » Meg Barker, Christina Richards, Rebecca Jones, Helen Bowes-Catton, Tracey Plowman, Jen Yockney et Marcus Morgan, , Centre for Citizenship, Identities and Governance and Faculty of Health and Social Care, The Open University, 2012, : « Common forms of biphobia : Bisexual invisibylity (…) Referring to 'same gender' relashionships as 'lesbian relashionships' or 'gay relashionships' and 'other gender relashionships' as 'heterosexual relashionships', as this misses the fact that such relationships may include one or more bisexual people. This applies to words like 'couples' and 'parents' as well as 'relashionships' »..

En France, le terme de initialement utilisé par les promoteurs de sa légalisation en 2013 (mouvements LGBT+ et le gouvernement Ayrault).., qui , s'est progressivement imposé. Cependant des opposants considèrent que le terme est (la sociologue conservatrice Nathalie Heinich.), voire (le directeur de la revue jésuite Études, Pierre de Charentenay), le mariage n’étant en réalité pas ouvert , puisque interdit notamment aux personnes mineures et aux membres d’une même famille..

Histoire vignette|gauche|redresse|À la suite de son mariage hétérosexuel avec Poppée, l’empereur romain bisexuel Néron épouse un jeune homme, Sporus.

Des unions entre personnes de même sexe, s'apparentant à des mariages, ont eu lieu au cours de l'histoire, notamment dans la culture gréco-romaine.

Dans la Grèce antique, les hommes s’engageaient généralement dans des relations avec les deux sexes. Dans le cadre de la paiderastía, des hommes adultes (érastes) nouaient une relation avec des adolescents (éromènes), alors que des mariages hétérosexuels servant à la procréation étaient également pratiqués. Ainsi, si les relations homosexuelles n’étaient pas techniquement des , certains historiens les ont considérées comme des quasi- des mariages hétérosexuels. Ainsi, le Britannique Kenneth Dover estime que l’on peut rapprocher ces deux types de relations, notant comme communs le processus de de la part du (l’homme) envers la partie (femme ou adolescent), l’implication de la famille de la partie réceptive dans sa prise de décision et la forte désapprobation sociale de relations sexuelles en dehors du cadre du procédé formel de séduction. Pour Brisson, ces relations sexuelles entre un adulte et un adolescent avaient directement ou indirectement un rôle social, l'adulte ayant pour tâche de faciliter l'entrée de cet adolescent dans la société masculine qui dirigeait la cité sur le plan économique et politique..

En étudiant les relations homosexuelles ritualisées en Crète de la même époque, d’autres historiens emploient bien le terme de .

L’universitaire Italienne Eva Cantarella voit certaines relations lesbiennes dans des communautés féminines en Grèce antique comme des .

Nombre d’empereurs romains s’engageaient dans des relations homosexuelles, l'un d'eux s’étant même marié à son amant : l’empereur Néron épouse l’éphèbe Sporus, après l’avoir fait castrer Eva Cantarella, Bisexuality in the Ancient World, Yale University Press, 2002, .. Il apparaît que des unions entre deux personnes de même sexe ont tout à fait pu être considérées dans la Rome antique comme ayant les caractéristiques culturelles et légales du mariage. On sait par exemple que Cicéron pressait Curion l’Ancien d’honorer lui-même les dettes de son fils, qui les avait contractées au nom d’un autre homme, Marc-Antoine ; dans un ouvrage polémique, Cicéron décrit le fils de Curion et Antoine comme , la robe traditionnelle des femmes romaines mariées (Philippiques II, 44). Le droit romain ne reconnaissait pas le mariage entre hommes, mais l'un des motifs de désapprobation exprimés dans la satire de Juvénal est que la célébration des rites traditionnels du mariage entre un couple d'hommes conduisait à vouloir que ces mariages soient enregistrés officiellement. Avec la christianisation de l'empire au , des interdictions légales du mariage entre hommes ont commencé à apparaître.

L’émergence du christianisme va faire reculer ces pratiques, la situation évoluant de plus en plus avec la déliquescence de l’Empire. Après la chute de l’Empire romain, l’Église entretient un certain flou : si elle condamne théoriquement les relations entre personnes de même sexe, parce qu’elles ne produisent pas d’enfants, elle tolère de fait des unions de même sexe, que ce soit à l’intérieur même de son clergé ou entre professeurs et étudiants dont elle a la charge. Les sources qui nous sont parvenues attestent que l’Église participait activement à certaines cérémonies comme l'Adelphopoiia, dont l’objet pouvait être l’union spirituelle de deux personnes de même sexe, que l’universitaire Américain John Boswell considère comme de véritables mariages entre personnes de même sexe sanctionnés par l’autorité religieuse.. La théorie de Boswell est cependant vivement contesté par plusieurs historiens dont l'Archimandrite Ephrem Lash., Miodrag Kojadinović et Claudia Rapp. Elle semble en effet problématique pour les canonistes orthodoxes, ainsi que pour des spécialistes tels que Claudia Rapp, qui soutiennent qu'il s'agissait d'une épistémologie laïque moderne anachronique et anthropologique, différente du christianisme traditionnel.

Dans l'Europe chrétienne, sont répertoriés plusieurs cas de femmes qui se sont travesties en hommes et ont épousé d'autres femmes ; il en va ainsi par exemple de l'Espagnol métis Eleno de Céspedes (né en 1545) (probable transgenre, considéré par Inquisition comme une lesbienne) ; de Catharina Linck (décédée en 1721) ; de Maria van Antwerpen, née en 1719 ; de Charles Hamilton (née en 1721, et modèle de l'héroïne de Henry Fielding dans The Female Husband, Le Mari femme).

Il existe de nombreux documents attestant du fait qu’en dehors de l’Occident, nombre de cultures, particulièrement africaines, amérindiennes ou asiatiques, acceptaient les relations entre personnes de même sexe, et également pour certaines les mariages entre personnes de même sexe.

Des explorateurs Européens, notamment Espagnols, rapportent dans leurs récits de voyage que des mariages entre personnes de même sexe, y compris entre femmes, existent dans les cultures amérindiennes. Dans les Amériques pré-coloniales existaient les berdaches, personnes désignées comme mâles à la naissance mais ayant une identité plutôt féminine qui s’occupaient de certains travaux typiquement féminins ou qui officiaient en tant que chamans. Certains d’entre eux étaient mariés à d’autres hommes ; Crazy Horse, par exemple, avait un berdache comme épouse David J. Wishart, Encyclopedia of the Great Plains Indians, entrée , .. En synthétisant les données universitaires disponibles en un ouvrage, , Walter Williams indique que les berdaches sont une institution reconnue dans la majorité des tribus amérindiennes avant leur contact avec l’Occident. Les hommes qui se mariaient avec des berdaches étaient généralement également attirés par les femmes.

Il existait également des femmes berdaches, au comportement masculin, tenant généralement des rôles destinés aux hommes, comme la chasse ou la direction du foyer. Ces femmes pouvaient se marier à d’autres femmes selon un système de complémentarité de genre : une femme berdache, assurant les rôles masculins, ne peut se marier à une autre femme berdache.

Des mariages entre personnes de même sexe existaient dans l’Afrique pré-coloniale. L’anthropologue Britannique Edward Evan Evans-Pritchard rapporte que des mariages entre personnes de même sexe transgénérationnels étaient pratiqués dans la tribu des Azandes (vers ce qui est aujourd’hui le Soudan), entre des hommes et des garçons, considérés comme de véritables ; les hommes dédommageaient financièrement la famille du garçon, et l’aidaient de temps en temps comme ils l’auraient fait de leur belle-famille, ils appelaient le garçon et se faisaient appeler en retour ; si un autre homme avait une relation avec le garçon, l’époux trompé pouvait engager une action en justice pour adultère.

Situation générale Pays autorisant le mariage entre personnes de même sexe En date du , autorisent les couples de même sexe à se marier, représentant un ensemble de plus de d’habitants (soit près de 17 % de la population mondiale). La plupart de ces pays ont également légalisé l’adoption par les couples de même sexe mariés.. L’adoption est en outre possible, soit conjointe en Andorre et Israël, soit d’un des membres du couple envers les enfants naturels du partenaire en Croatie et Estonie.

Afrique du Sud (depuis ) Allemagne (depuis ) Andorre (depuis ) Argentine (depuis ) Australie (depuis ) Autriche (depuis ) Belgique (depuis ) Brésil (certains États à partir de , puis au niveau fédéral depuis ) Canada (certaines provinces à partir de 2003, puis au niveau fédéral depuis ) Chili (depuis ) Colombie (depuis ) Costa Rica (depuis ) Cuba (depuis ) Danemark (depuis ) Équateur (depuis ) Espagne (depuis ) Estonie (depuis ) États-Unis (certains États à partir de 2004, puis au niveau fédéral depuis ) Finlande (depuis ) France (depuis ) Grèce (depuis ) Irlande (depuis ) Islande (depuis ) Liechtenstein (depuis ) Luxembourg (depuis ) Malte (depuis ) Mexique (certains États à partir de 2010, puis tous depuis ) Népal (depuis ) Norvège (depuis ) Nouvelle-Zélande (depuis ) Pays-Bas (depuis ), premier pays à avoir légalisé le mariage entre personnes de même sexe