La famille Caroillon est une famille subsistante d'ancienne bourgeoisie originaire du village de Perrogney, en Champagne. De condition modeste et rurale au début du , elle appartient dès le à la haute bourgeoise parisienne.

Elle donna deux branches dites Caroillon des Tillières (éteinte en 1853) et Caroillon de Vandeul (éteinte en 1911) qui firent fortune dans le commerce et la finance.

L'un des membres de cette dernière branche, Abel-François Caroillon de Vandeul, épousa en 1772 Marie-Angélique Diderot, fille de Denis Diderot.

Une troisième branche, surnommée Caroillon de Villecourt, s'est de son côté établie aux Mascareignes au et est la seule subsistante a l'époque contemporaine. Son rattachement aux Caroillon des Tillières et de Vendeul, longtemps supposé, a été démontré par des recherches généalogiques récentesL. J. Camille Ricquebourg, Dictionnaire généalogique des familles de l'île Bourbon (La Réunion) : 1665-1810, Ricquebourg, 1983.Michèle Boyer et Daniel Adt, « Installation d'un Haut-Marnais à la Réunion : François Denis Toussaint Caroillon de Villecourt », Bulletin de liaison du Centre Généalogique de Champagne, no 40, 3e trimestre 1988..

Histoire La famille Caroillon est originaire du village de Perrogney en Champagne, où elle est de condition modeste du .. Au début du , Jean Caroillon exerce la profession de simple laboureur.

Son fils, Denis Caroillon (1666-1721), devint marchand et épousa en 1690 Catherine Mathey (1674-1767) dont il eut huit enfants. C'est de ce mariage que date l'ascension sociale de la famille Caroillon. Deux de ses fils, Toussaint et Nicolas prospérèrent.

Toussaint Caroillon (1695-1760), bourgeois et ancien consul de la ville de Langres, devint négociant en vins. Il se maria deux fois et eut une nombreuse postérité, dont est issue la branche Caroillon de VillecourtFrançois-Denis-Toussaint Caroillon de Villecourt, seigneur et maire de Pierrefontaine et de Perrogney, décide de s'installer à l'Île Bourbon vers 1768, in Michèle Boyer et Daniel Adt, « Installation d'un Haut-Marnais à la Réunion : François Denis Toussaint Caroillon de Villecourt », Bulletin de liaison du Centre Généalogique de Champagne, no 40, 3e trimestre 1988..

Nicolas Caroillon (1708-1766), frère de Toussaint, épousa en 1736 Simone Lassalette (1713-1788), fille d'un entreposeur de tabac à Langres et succéda à son beau-père dans son office d'entreposeur de tabac et y ajouta un commerce d'huiles, une activité de marchand de bois, de banquier et d'amodiateur des biens de la Congrégation de Notre-Dame des Nonnains de Troyes. Il laissa trois fils, Abel-François-Nicolas Caroillon de Vandeul, Claude Caroillon des Tillières et Abel-Pierre Caroillon de Melville (né en 1753) qui acquit en 1759 une charge anoblissante de secrétaire du roi et ne paraît pas avoir laissé de postérité.

Ses deux fils aînés furent les auteurs de deux rameaux dits Caroillon de Vendeul et Caroillon des Tillières.

Branche Caroillon des Tillières Claude Caroillon des Tillières, intéressé dans les affaires du roi, fut un des plus riches financiers de son temps. Il fut pourvu le de la charge anoblissante de secrétaire du roi et obtint de d'Hozier en 1789 le règlement de ses armoiries De son mariage avec Melle Magallon du Mirail, il eut une fille, héritière de biens considérables, qui épousa en 1817 le marquis d'Osmond.

Cette branche s'est éteinte en 1853 avec Aimée Caroillon des Tillières (née en 1797) mariée en 1817 avec Rainulphe d'Osmond.

Branche Caroillon de Vandeul Abel François Nicolas Caroillon de Vandeul, intéressé dans les affaires du roi, fut pourvu de la charge anoblissante de trésorier de France et épousa en 1772 Marie-Angélique Diderot, fille de Denis Diderot.

Madame Caroillon de Vendeul (Marie-Angélique Diderot), qui rassembla à la mort de son père les manuscrits de celui-ci, critiqua les éditions de l'œuvre de Diderot qui ont commencé à paraître quelques années après sa mort. On a pu penser qu'elle s'opposait à ce que ses œuvres soient publiées, mais il semble qu'elle eut préféré être consultée avant leur publication. Elle ne collabora pas avec Jacques-André Naigeon pour la première édition posthume des œuvres de son père, car la famille Caroillon ne partageait pas le zèle révolutionnaire et les sentiments antireligieux de Naigeon. Des éléments semble démontrer qu'elle avait le désir de préparer sa propre édition des œuvres de son père. On lui a reproché d'avoir fait, dans une démarche de puritanisme et des sentiments réactionnaires, des changements et des suppressions dans l'œuvre manuscrite de Diderot sur des passages « lestes » et des opinions « avancées »Herbert Dieckmann, Inventaire du fonds Vandeul et inédits de Diderot, Librairie Droz, 1951, pages XVIII à XXXVI..

Leur fils, Denis-Simon Caroillon de Vandeul (1775-1850), fut député de la Haute-Marne, ministre plénipotentiaire et pair de France de 1839 à 1848. De son mariage en 1811 avec Eugénie-Romaine Cardon, il eut une fille, marié en 1834 au baron Levavasseur, et deux fils. L'aîné, Eugène Caroillon de Vandeul († 1870) marié à Marie Charlotte Holtermann, puis en 1865 à Clémence Isaure Maximilienne Cardon, fut député de la Haute-Marne en 1849..

Cette branche s'est éteinte en 1911 avec Charles Denis Albert Caroillon de Vandeul (né en 1837), industriel, maire d'Orquevaux de 1884 à 1911, mort sans alliance dernier de sa famille.

Branche Caroillon de Villecourt Pierre-Marie Dioudonnat indique dans Le Simili-nobiliaire de France (2002) une famille Caroillon de Villecourt « vieille famille de la Réunion, originaire de Champagne » issue de François-Denis Caroillon de Villecourt, né vers 1728 à Langres et qui s'établit à Bourbon vers 1768. Il était le fils de Toussaint Caroillon de Villecourt et de Marie GirardPierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-nobiliaire français, Sedopols, 2002, page 126..

vignette|Armes Levacher d’Urclé et Caroillon de Vandeul

Les registres respectifs des actes de naissances de la paroisse de Saint-Martin de Langres et des actes de mariages de Saint-André, de l'île Bourbon, relevés par les généalogistes contemporains, indiquent que François-Denis Caroillon de Villecourt, auteur de cette branche, est né à Langres le . Il est le petit fils de Denis Caroillon et de Catherine Mathey, sa descendance formant ainsi la branche aînée de la famille Caroillon.

Cette branche est toujours subsistante au , en France, à la Réunion et à l'Ile Maurice.

Armes En 1786, Claude Caroillon des Tillières obtint de d'Hozier un règlement d'armoiries qui lui concédait les armes De sinople à un lion d'argent porté sur un carreau de même, la tête contournée ; au chef cousu d'azur chargé de trois poissons d'or.

Généalogie simplifiée

Personnalités Claude-Xavier Caroillon des Tillières (1748-1814), maître des forges du comte d'Artois, fermier général , anobli par une charge de secrétaire du roi en 1786. Abel François Nicolas Caroillon de Vandeul (1746-1830), premier commis des Finances (1785), directeur des domaine du roi, manufacturier, maître de forges, il achète l'Abbaye d'Auberive comme bien national, marié en 1772 avec la fille de Denis Diderot. Denis-Simon Caroillon de Vandeul (1775-1850), député de la Haute-Marne (1827-1839), pair de France (1839-1848), officier de la Légion d'honneur, propriétaire du château de Soisy-sur-Seine. Louis Alfred Caroillon de Vandeul (1814-1900), maire de Soisy-sur-Seine (1878-1884) Un boulevard de la ville porte le nom de Vandeul. Il fit don d'un tableau à l'État français : Le cortège de Thétis (notice en ligne) Eugène Abel François Caroillon de Vandeul (1812-1870) auditeur au Conseil d’État, conseiller général (1848-1870) et député de la Haute-Marne (1849-1851). Charles Denis Albert Caroillon de Vandeul (1837-1911), donateur au Musée du Louvre d'une esquisse d'un monument funéraire dit du prince Alexandre Mikhailovitch Golitsyne par Jean-Antoine Houdon, d'un portrait de Denis Diderot par Louis-Michel van Loo et d'un buste en bronze de Denis Diderot par Jean-Baptiste PigalleCollections du Musée du Louvre. Il lègue au diocèse de Langres les fonds nécessaires pour la construction de l'église d'Orquevaux et de celle de l'asile des vieillards de Saint-DizierJoseph Drouet, compte-rendu de Chanoine Marcel, Le frère de Diderot, dans : Revue d'histoire de l'Église de France, 1914, n° 26, p. 210-214.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . Thierry Claeys, Dictionnaire biographique des financiers en France au , Paris, SPM, 2009 (article Caroillon). Lionel Gallois, Claude et Abel Gautier : hommes d’affaires langrois des Caroillon de Vandeul. In : Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie , , , . . Grands notables du Premier Empire, vol. 7 : Aube, Marne et Haute-Marne, Paris, CNRS, 1981, . Guy Richard, La noblesse d'affaires au , Paris, Armand Colin, 1997, . Adolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Paris, Bouloton, 1889, volume 5, (en ligne).

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