Embrun est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Ses habitants sont appelés les Embrunais et EmbrunaisesGentilé sur le site habitants.fr Consulté le 20/07/2008..
Géographie Localisation
Sept communes sont limitrophes d'Embrun :
Géologie et relief vignette|« Embrun - Le Roc », carte postale datée d'environ 1910. La ville d'Embrun est construite sur une terrasse alluviale de la vallée de la Durance, à une altitude moyenne de .
La ville est surplombée de plusieurs sommets culminant à plus de mètres : à l'est le mont Orel (2496 mètres), au nord le mont Guillaume ( mètres) et la tête de l'Hivernet ( mètres), au sud le Pouzenc (2898 mètres) ainsi que l'Aupillion (2916 mètres) et au sud-ouest le pic de Morgon (2324 mètres).
Embrun est situé au sud du parc national des Écrins, ce qui en fait une des portes d'entrée pour se rendre dans les hautes montagnes qui le composent.
Hydrographie Embrun est arrosée par de nombreux cours d'eau et canaux : la Durance ; le canal de Jaffueil ; le Torrent de Charancefiche du torrent de Charance sur le site du SANDRE. ; le Bramafanfiche du Bramafan sur le site du SANDRE ; le Torrent de la Merdarelfiche du Torrent de la Merdarel sur le site du SANDRE. ; le Riou Clarfiche du Riou Clar sur le site du SANDRE. L'ensemble de ces cours d'eau alimentent le lac de Serre-Ponçon, qui se trouve sur le cours de la Durance.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Embrun est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..
Elle appartient à l'unité urbaine d'Embrun, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Embrun, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
La commune, bordée par un plan d’eau intérieur d’une superficie supérieure à , le lac de Serre-Ponçon, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (53,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (55,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (34,1 %), prairies (24,8 %), zones agricoles hétérogènes (10,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (10,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (8,8 %), zones urbanisées (8,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,9 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
vignette|redresse=4|centre|Vue panoramique sur Embrun.
Voies de communication et transports vignette|Embrun vue de la forêt de Boscodon.|alt=
À mi-chemin entre Gap et Briançon, Embrun est un point de passage obligé pour aller du sud au nord du département.
liaisons routières : traversée par la RN 94, la ville s'est vue désengorgée en avec la mise en service de la déviation qui longe la Durance en contrebas du Roc avant de remonter vers Châteauroux-les-Alpes. liaisons ferroviaires : Embrun dispose d'une gare ferroviaire. Desservie principalement par des TER, Marseille - Briançon, la gare accueille aussi le train de nuit Paris - Briançon, ainsi que des trains couchettes saisonniers lors des vacances d'hiver.
Toponymie La localité est citée dans la Géographie de Strabon comme étape sur la voie Domitienne où elle est nommée EburodunumTchinggiz.org/toponymes-hautes-alpes.html..
Ambrun en alpin selon la norme classique et selon la norme mistralienne.
Ce nom est d'origine celtique et se décompose en Dun (forteresse, le fort) que l'on retrouve dans de nombreux toponymes comme Lug-dun (Lyon), et Eburo qui, à l'unanimité des linguistes, désigne l'if. Ce toponyme peut signifier la « Forteresse de l'If »..
Histoire Antiquité
Dominant la Durance et accrochée sur son roc, la ville se trouve sur un site d’oppidum qui lui permettait de contrôler les flux sur l'axe durancien. Embrun est la capitale des Caturiges ; ce peuple, dont le nom signifie « rois du combat », étaient clients des Voconces.
Après la conquête romaine, la ville gallo-romaine placée sur la via Cottia aux abords de l'oppidum d'Eburodunum, qui occupait approximativement la place de l'archevêché et de la cathédrale actuels, devient la capitale de civitas sous le nom d’Ebrodunensium, rattachée à la province romaine des Alpes-Maritimes. Une inscription permet d’identifier le lieu de culte consacré à la déesse romaine Victoire comme en fait consacré à la déesse gauloise Andarta, assimilée à la déesse romaine par les RomainsCamille Jullian, Frédéric Mistral, « Sainte Victoire », Revue des études anciennes, 1899, 1, 48..
Dès le , la cité est le siège d'un évêché. Il est fondé par saint Marcellin d'Embrun, d'origine berbère d'Afrique du NordVincent J.OMalley, Saints of Africa, 2001, .. Dans la pratique cet évêché est à l'origine de la création de tous ceux de la région ; par exemple les deux premiers évêques de Digne sont des compatriotes de Marcellin.
En 333, l'anonyme de Bordeaux sur la route de Jérusalem y fit étape. Il nota le nom de Mansio Ebreduno.
Moyen Âge Cinq cents ans plus tard, sous Charlemagne, la notion d'archevêque est créée, celui d'Embrun est reconnu dès 829. Embrun aura très longtemps sous sa « tutelle » les évêchés environnant, même ceux des Alpes-Maritimes.
vignette|upright|Autorisation donnée par Thierry III (vers 657-691) à Chramlin, évêque d'Embrun, déposé, de se retirer dans l'abbaye de Saint-Denis. Parchemin . vignette|gauche|Embrun, dans le comté de Forcalquier, entre comté et marquisat de Provence, en 1184.
Embrun et sa région firent partie du comté de Provence constitué à la fin du , puis du comté de Forcalquier qui s'en est détaché au . À la mort du dernier comte de Forcalquier en 1209, la région d'Embrun et de Gap était transmise au Dauphiné, tandis que celle de Forcalquier et de Sisteron retournait au comté de Provence.
L’archevêque-prince d'Embrun était primitivement seul maître de la ville ; le comte de Provence en 1160, le Dauphin en 1210 et 1247, héritiers du comté d'Embrun, lui imposèrent un condominium et opposèrent au beau donjon carré du prélat, la Tour Brune, un château hors des murs, sur le roc, dont il ne reste que la base d'une tour du , la construction des fortifications bastionnées ayant occasionné la destruction du reste.
Une commune bourgeoise, régie par des coutumes assez égalitaires en matière fiscale (le tiers état et la noblesse étaient égaux devant l'impôt), s'organisa fort anciennement avec le soutien du clergé, chassa le baile du comte, affirma ses libertés qui, réduites en 1258, étaient encore notables en 1789.
La ville est réunie au royaume de France en 1349, à l'occasion du « transport » du Dauphiné.
Les Templiers et les Hospitaliers Les Templiers possédaient une maison à Embrun, établissement secondaire qui dépendait d’une commanderieJean-Paul Clébert et Jean-Pierre Rouyer, La Durance, Privat, Toulouse, 1991, dans la collection Rivières et vallées de France, , ... Les Hospitaliers étaient également présents. En 1266, on mentionne un commandeur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Frère Raymond Chabaud était alors commandeur de l'Hôpital des « Marches de Charles de l'Argentière » et de Saint-Jean d'Embrun..
, vignette|Embrun au début du (plan-relief).
Lors des guerres de Religion, en 1585, la ville est prise par le chef protestant Lesdiguières qui y installe provisoirement sa « capitale ». Une partie des archives est brûlée à cette occasion et la fresque miraculeuse de Notre-Dame d'Embrun est détruite. Dans la Vie du mareschal de Lesdiguières, Louis Videl parle du pillage de l’église, et de la statue de la Vierge ainsi que de celle de saint Marcelin, tirées au sort par les soldats.
L'enceinte projetée par Vauban est bâtie à la fin du .
En 1692, la ville est assiégée par le duc Victor-Amédée II. à partir du , prise le 16 car à court de munitionsAndré Golaz, Odette Golaz, A. Guillaume (préfacier), Notice historique et descriptive sur Mont-Dauphin (Hautes-Alpes), Société d'études des Hautes-Alpes, Gap, 1981 (, 1966), , . et livrée au pillageFrançoise Deshairs et Véronique Faucher, Briançon, ville forte du Dauphiné, livre + CD-ROM, La Maison d'à-côté et Fortimédia, , 2006, . On y comptait sept paroisses ; trois ont été supprimées au , deux au , une au . La splendide cathédrale demeure sa seule église, mais l'on y voit aussi la chapelle du couvent des Cordeliers du , mutilée, mais où de belles fresques ont pu être restaurées ; un couvent de la Visitation ; un collège des jésuites, un hôpital.