Un côtes-du-rhône-villages est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit sur une large partie du vignoble de la vallée du Rhône méridionale, sur quatre départements : l'Ardèche, la Drôme, le Gard et le Vaucluse. Le nom de l'appellation peut être complété par une des suivantes :
Histoire Parmi les premières appellations d'origine contrôlée, le côtes-du-rhône est reconnu dès 1937. Si la partie septentrionale obtient rapidement des AOC pour ses crus, la partie méridionale en compte peu dans un premier temps (seulement le châteauneuf-du-pape et le tavel en 1936). La première action pour valoriser un nom de commune fut menée dans les côtes-du-rhône gardoises, en 1942, par les syndicats de vignerons de Chusclan et de Laudun. Ils demandèrent au tribunal d'Uzès une reconnaissance judiciaire de la qualité et de la valeur originales de leurs vins. Cette demande jointe à un cahier des charges qui proposait un statut spécial et plus sévère pour la production fut agréée. Après désignation des experts judiciaires, le tribunal d'Uzès statua lors de son audience du : il reconnut l'originalité du vin de Chusclan, avec son droit à l'étiqueter sous ce nom, étendu aux communes voisines d'Orsan, Bagnols-sur-Cèze, Codolet et Saint-Étienne-des-Sorts ; de même pour le « laudun » sur cette commune et celles de Tresques et de Saint-Victor-la-Coste. Le procès ayant traîné, les responsables vignerons demandèrent alors de bénéficier des dispositions du décret du .
La législation ayant changé, le , à la demande de l'INAO, plusieurs arrêtés ministériels furent pris, reconnaissant à des villages de la Drôme, du Gard et de Vaucluse, le droit d'utiliser sur leurs étiquettes l'appellation « côtes-du-rhône » suivie du nom de leur commune : il s'agissait de Chusclan pour cinq communes, de Laudun, pour trois, de Cairanne et de Gigondas. Le , Vacqueyras obtenait le même droit pour sa commune et celle de Sarrians ; puis ce fut le tour de Vinsobres, le . Le , un nouveau décret imposa l'épreuve de la dégustation préalable (seuls alors les vins de l'appellation lirac étaient soumis à cette épreuve). Le décret du autorise de compléter l'appellation côtes-du-rhône par le nom de certaines communes : Rochegude, Saint-Maurice-sur-Eygues et Vinsobres, pour la Drôme ; Laudun (y compris pour Saint-Victor-Lacoste et Tresques) et Chusclan (en rosé pour cette dernière, étendu à Orsan, Codolet, Bagnols-sur-Cèze et Saint-Étienne-des-Sorts), pour le Gard ; Cairanne, Gigondas, Rasteau, Roaix, Séguret, Vacqueyras (étendu à Sarrians), Valréas et Visan, pour le Vaucluse, publié au JORF du ..
C'est par le décret du qu'est créée le : il s'agit alors d'une mention au sein de l'appellation côtes-du-rhône pour les vins bénéficiant aussi de la possibilité de rajouter le nom de la commune (le négoce pouvant ainsi les mélanger sous ce nouveau nom), publié au JORF du .. Le cahier des charges est ensuite souvent modifié, en fonction de la montée d'un cru dans la hiérarchie (d'abord côtes-du-rhône, puis côtes-du-rhône-villages, ensuite côtes-du-rhône-villages avec dénomination, pour accéder parfois au rang d'AOC spécifique) : en 1969, les dénominations rousset et saint-pantaléon (les noms alors des deux communes) sont rajoutées, publié au JORF du . ; en 1971, le côtes-du-rhône-villages est indiqué pour la première fois dans un décret comme une appellation spécifique, publié au JORF du ., le gigondas devient une AOC et le chusclan rouge a droit à la dénomination, publié au JORF du . ; en 1974, les dénominations sablet et saint-gervais sont autorisées, publié au JORF du . ; en 1979, la dénomination beaumes-de-venise est créée, publié au JORF du , numéro complémentaire . ; en 1980, encadrement de l'enrichissement des moûts, publié au JORF du numéro complémentaire . ; en 1982, modification de l'aire d'appellation, publié au JORF du , numéro complémentaire. ; en 1985, extension de l'aire d'appellation à 48 communes, publié au JORF du . ; en 1988, la dénomination saint-maurice-sur-eygues est renommée saint-maurice, publié au JORF du . ; en 1997, révision de l'aire d'appellation, intégrant notamment les communes autour de Châteauneuf-de-Gadagne, publié au JORF du . ; en 1999, création de la dénomination rasteau, publié au JORF du . ; en 2005, retrait du beaumes-de-venise (devenu AOC) et création des dénominations plan-de-dieu, signargues, massif-d'uchaux et puyméras, publié au JORF du . ; en 2009, retrait du vinsobres (passé AOC en 2006) et passage en AOP, publié au JORF du . ; en 2011, retrait du rasteau (devenu une AOC), publié au JORF du . ; en 2012, rajout de la dénomination gadagne, modifié par le décret du publié au JORF du . ; en 2016, retrait du cairanne (passé en AOC) publié au JORF du ., rajout des dénominations sainte-cécile, suze-la-rousse et vaison-la-romaine, les cépages complémentaires mourvèdre et syrah deviennent des cépages principaux, publié au JORF du . ; en 2018, rajout de la dénomination saint-andéol, modifié par l'arrêté du publié au JORF du . ; en 2020, rajout de la dénomination nyons, homologué par l'arrêté du publié au JORF du . ; en 2024, modification du cahier des charges en avril (retrait du landun devenue AOC), homologué par l'arrêté du publié au JORF du . puis en novembre (autorisation de la clairette rose, du grenache gris et du carignan blanc), homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..
Vignoble Aire d'appellation
L'aire d'appellation du côtes-du-rhône-villages se situe dans la partie aval de la vallée du Rhône qui est appelée les côtes du Rhône méridionales. Il s'agit d'une appellation régionale, au cahier des charges un peu plus contraignant que celui du côtes-du-rhône ; elle comprend en son sein les aires d'appellation de onze crus qui sont autant d'AOC spécifiques (vinsobres, cairanne, rasteau, gigondas, vacqueyras, muscat de Beaumes-de-Venise, beaumes-de-venise, landun, châteauneuf-du-pape, lirac et tavel), ainsi que les aires des 21 dénominations géographiques (côtes-du-rhône-villages Chusclan, etc.). L'aire concerne un total de , dont : quatre du département de l'Ardèche : Bourg-Saint-Andéol, Saint-Just-d'Ardèche, Saint-Marcel-d'Ardèche et Saint-Martin-d'Ardèche ; 17 du département de la Drôme : Bouchet, Mérindol-les-Oliviers, Mirabel-aux-Baronnies, Mollans-sur-Ouvèze, Montbrison, Nyons, Le Pègue, Piégon, Rochegude, Rousset-les-Vignes, Saint-Maurice-sur-Eygues, Saint-Pantaléon-les-Vignes, Suze-la-Rousse, Taulignan, Tulette, Venterol et Vinsobres ; 33 du département du Gard : Aiguèze, Bagnols-sur-Cèze, Castillon-du-Gard, Cavillargues, Chusclan, Codolet, Comps, Cornillon, Domazan, Estézargues, Fournès, Gaujac, Laudun-l'Ardoise, Montfrin, Orsan, Pont-Saint-Esprit, Pujaut, Rochefort-du-Gard, Sabran, Saint-Alexandre, Saint-Étienne-des-Sorts, Saint-Gervais, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Saint-Marcel-de-Careiret, Saint-Michel-d'Euzet, Saint-Nazaire, Saint-Pons-la-Calm, Saint-Victor-la-Coste, Sauveterre, Saze, Tresques, Valliguières et Vénéjan ; 41 du département du Vaucluse : Beaumes-de-Venise, Bédarrides, Bollène, Buisson, Cairanne, Camaret-sur-Aigues, Caumont-sur-Durance, Châteauneuf-de-Gadagne, Courthézon, Faucon, Grillon, Jonquières, La Roque-Alric, Lafare, Lagarde-Paréol, Mondragon, Morières-lès-Avignon, Orange, Piolenc, Puyméras, Rasteau, Richerenches, Roaix, Sablet, Saint-Marcellin-lès-Vaison, Saint-Romain-en-Viennois, Saint-Roman-de-Malegarde, Saint-Saturnin-lès-Avignon, Sainte-Cécile-les-Vignes, Séguret, Sérignan-du-Comtat, Sorgues, Suzette, Travaillan, Uchaux, Vaison-la-Romaine, Valréas, Vedène, Villedieu, Violès et Visan.
Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2024 sous l'appellation est de (y compris les dénominations), dont pour produire du rouge, pour du blanc et 48 pour du rosé.. En 2005, la surface totale était de , dont en dénomination.
Climatologie
Orographie Une diversité géographique importante caractérise l'ensemble des vignobles appartenant à cette appellation. Robert W. Mayberry dans son ouvrage sur les vins de la vallée du Rhône a réussi pourtant à en faire une synthèse. Deux éléments sont toujours communs, le premier est climatologique, c'est le mistral, le second est lié aux sols, c'est l'exposition des coteaux où est plantée la vigne.
De plus, les pentes des coteaux, par la façon dont elles drainent l'air, offrent au vignoble une bonne protection contre les problèmes de moisissure, de pourriture grise, de coulure ou encore contre les gelées printanières. Leur pédologie est aussi primordiale. L'argile des coteaux est un sol froid excellent pour le corps et l'acidité du vin tandis que le calcaire est dit l'être pour les arômes et que le sable est facteur de finesse comme à Sablet ou sur les hauteurs de Saint-Gervais.
Encépagement Le cahier des charges de l'appellation autorise un total de 24 cépages différents pouvant être utilisés pour produire du côtes-du-rhône-villages, mais avec des restrictions.
Pour produire rouges et rosés, il y a trois « cépages principaux » (constituant ensemble au minimum 80 % de l'encépagement) : le grenache NLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris. (minimum 40 %), le mourvèdre N et la syrah N (ces deux derniers minimum 25 %). Ils peuvent être complétés par les « cépages accessoires » (dans la limite de 20 % ; pour les cépages blancs, ils ne doivent pas dépasser les 5 % pour la production de vin rouge) que sont le bourboulenc B, le brun argenté N (localement dénommé camarèse ou vaccarèse), le carignan N, le cinsaut N, la clairette B, la clairette rose Rs, la counoise N, le grenache blanc B, le grenache gris G, la marsanne B, le muscardin N, le piquepoul blanc B, le piquepoul noir N, la roussanne B, le terret noir N, l'ugni blanc B et le viognier B. S'y rajoutent des (VIFA, limitées ensemble à 5 %) : le B, le B, le rolle B et le N.
Pour produire du blanc, les cépages principaux (minimum 80 %) sont : le bourboulenc B, la clairette B, le grenache blanc B, la marsanne B, la roussanne B et le viognier B. Ils peuvent être complétés par les cépages accessoires que sont la clairette rose Rs, le grenache gris G, le piquepoul blanc B et l'ugni blanc B, ainsi que les « variétés d'intérêt à fin d’adaptation » que sont le carignan blanc B, le floréal B et le rolle B.
Dans la pratique, l'encépagement pour produire du rouge est composé en 2023 (en-dehors des dénominations) de 54 % de grenache noir, de 30 % de syrah, de 7 % de carignan noir, etc. En blanc, de 27 % de grenache blanc, 24 % de viognier et 15 % de roussanne..
Rendement
Le rendement est limité par le cahier des charges de l'appellation à un maximum de par hectare, réduit à 41 pour les dénominations géographiques. Chaque année, ces rendements maximum peuvent être modifiés à la hausse ou à la baisse par un arrêté du ministère de l'Agriculture, dans la limite des rendements butoirs de l'appellation, fixés respectivement à 50 et .
Vins La production déclarée en 2024 a été d'un total de (y compris les dénominations ; un hectolitre = = de ) de côtes-du-rhône-villages, dont de rouge, de blanc et de rosé. En 2005, le volume total était de , dont sous une dénominations.
Dénominations Les dénominations géographiques complémentaires de l'appellation sont des côtes-du-rhône-villages avec mention de village ou de lieu-dit. Depuis 2020, un total de peuvent faire suivre l'appellation côtes-du-rhône-villages du nom de l'un des ou lieux-dits suivants :
+Les côtes-du-rhône-villages avec dénomination géographique