vignette|Sépulture de Jean-Paul Palewski au cimetière des Arches à Louveciennes (78) Jean-Paul Palewski, né le à Paris et mort dans la même ville le , est un avocat et homme politique français, issu d'une famille d'origine polonaise.
Biographie
Jean-Paul Palewski est le fils aîné de Maurice Palewski, ingénieur des Arts et Manufactures, et de Madame, née Rose Diamant-Berger, d'ascendance juive, ainsi que le frère de Gaston Palewski. Il fait ses études au collège Sainte-Barbe à Paris, au lycée Rollin à Paris, suit les cours de l’École Breguet à Paris, puis l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, puis sort docteur en droit de la faculté de droit de Paris et diplômé de l'Institut des hautes études internationales et de l'Académie de droit international de La Haye.
Jean-Paul Palewski a écrit dans ses Mémoires, inédits, sous le titre : Je vous offre ma vie, cette phrase faite de fidélité et de fierté, qui peint bien le caractère à la fois pudique et passionné de son auteur : (citation de l'éloge funèbre de Jean-Paul Palewski par Edgar Faure le à l'Assemblée Nationale).
Palewski se distingue très tôt par une grande intelligence. Il fait des conférences sur Paris dès l'âge de 11 ans (Paris ignoré, cf. Le Figaro du ). À 12 ans, il commence à écrire une histoire de la capitale avec la collaboration de son cadet de trois ans Gaston. Il suit les cours de l’École Breguet pour faire plaisir à son père (promotion 1916), il faut croire qu'il ne lui en tint pas rigueur car il écrit dans ses mémoires cette phrase : , mais il est attiré par la défense de sa patrie.
Engagé volontaire dans l'infanterie en 1916 au titre d'élève de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (, citation de l'éloge funèbre de Jean-Paul Palewski par Edgar Faure le à l'Assemblée nationale), il quitte cette école avec le grade d'aspirant. Il participe à la bataille de Verdun en 1917 au lieu-dit L'Homme-mort avec le RI puis est détaché auprès de l'armée polonaise constituée en France pour combattre les bolchéviks sur le front de l'Est.
Il participe activement à la mise sur pied de la polonaise recrutée parmi les prisonniers de guerre et les émigrés venus d'Amérique. Lors du défilé du , c'est avec ces troupes qu'il défile, coiffé de la fameuse czapka. Il part combattre en Pologne dans la première division de l'armée du général Haller. Là il a le grade d'adjudant major au de chasseurs polonais. Il a été successivement sous-lieutenant, lieutenant et capitaine.
Rentré en France en 1919, il quitte l'armée et s'inscrit à la faculté de droit de Paris, à la Sorbonne et à l’École des Hautes Études Internationales. En 1923, il s'inscrit au cours de l'Académie de Droit International de La Haye. C'est durant cette période qu'il se lie d'amitié avec Gustav Forssius qui restera un grand ami de la famille jusqu'à sa mort et se spécialise dans les questions financières, les questions internationales et les questions de Propriété Industrielle (avocat-conseil de l'ambassade de Pologne, avocat de la Chambre de Commerce international, avocat du Trésor Public... 1923-1973). À cette époque il rencontre l'abbé Henri Bremond, le théoricien de la poésie pure, l'auteur de l'histoire littéraire du sentiment religieux en France. Le prêtre académicien se retrouva évangélisateur auprès du héros de la guerre devenu juriste international, et le convertit à la religion catholique. Et cette conversion restera profonde, au point d'imprégner de spiritualité l'ensemble d'une méditation politique et historique.
Mobilisé en comme capitaine de réserve d'infanterie au R.I., il combat avec cette unité sur le front de Forbach. Il est ensuite détaché auprès de la Division polonaise en France, unité avec laquelle il combat sur le plateau de Mache pendant l'offensive allemande de 1940 puis la division se repliant en Suisse (), où il est interné. Rentré en France en 1941, il prend une part active à la résistance en zone occupée. Il est arrêté en et interné politique comme otage au camp des Tourelles, puis au camp du Mont Dore d'où il s'est évadé pour rejoindre le maquis de Saint-Genest dans le Cantal. C'est là qu'il se lie d'amitié avec Charles Vayssier qui l'héberge dans sa ferme de Vignan.
Extrait d'une lettre de Charles Vayssier du 24 août 1996.
Rentré clandestinement à Paris en , il est nommé adjoint au commandant FFI du , il a été blessé pendant les combats de la Libération de Paris. Il fut à la Libération membre du Comité de libération, puis maire de Louveciennes(1944-1947). Membre des deux assemblées constituantes (-), il est élu député de la deuxième circonscription de Seine-et-Oise (celle de Saint-Germain-en-Laye) en , sous l'étiquette MRP, puis réélu en 1951 sous l'étiquette RPF. Il est président de la commission des affaires économiques, membre du comité directeur du FIDES (1951-1955), membre de la commission de la Justice (1951-1955), vice-président de la commission des Finances, de l’Économie générale et du Plan (1951-1955, ).
Rapporteur du budget de la guerre à l'Assemblée nationale (1953-1962), juge à la Haute Cour de Justice (), conseiller technique auprès du comité d'aménagement de la région parisienne (), vice-président (), puis président du Conseil supérieur de la propriété industrielle (1961), il est président de la Société de protection des paysages et de l'esthétique de la France, depuis 1962.
Membre du conseil d'administration du Conservatoire des arts et métiers et du Conseil des bibliothèques de France (depuis 1964), il est réélu député de Seine et Oise (Saint-Germain - Rueil-Malmaison, -1962) sous l'étiquette UNR. Président de la délégation parlementaire française auprès de l'OTAN (1958-1963), président du groupe d'amitié France-Pologne (depuis 1958), président du groupe d'amitié France-Amérique latine (1958-1967), vice-président du groupe d'amitié France-États-Unis (1958-1970), membre du comité central de l'UNR () et du comité directeur du Fonds d'aide et de coopération (), il est réélu député de Seine et Oise (Saint-Germain Chatou, ) sous l'étiquette UNR inscrit au groupe parlementaire UNR-UDT (-1967).
En , naissaient les nouveaux départements de la région parisienne. Le nom du département n'avait pas encore été choisi. À l'issue d'une séance de l'Académie de Versailles, Jean-Paul Palewski évoque les différents choix possibles et notamment celui de département de Versailles. Jehan Despert, poète, l'estimant trop restrictif, lui souffle alors l'idée de choisir Yveline, dénomination du massif forestier de la région d'où partent toutes les rivières et cours d'eau. Et pour le rendre plus chantant ajoutez-lui un s, conseille Jehan Despert. L'idée du poète a séduit. Les Yvelines se conjuguent au pluriel.
Pour le département des Yvelines, deux possibilités s'offraient aux députés : rester dans la notion de vallée en l'appelant Val de Seine ou plus simplement du nom de la ville préfecture : Département de Versailles. Ni l'une ni l'autre ne convenait. Premier orateur inscrit dans le débat à l'Assemblée Nationale, Jean-Paul Palewski propose le que la préfecture du nouveau département, qu'il souhaitait voir appelé Yvelines soit installée à Saint-Germain. Quant à Versailles, cette ville devait devenir la capitale de la région parisienne et accueillir le siège du district avant la création du conseil régional en 1976 et faire ainsi équilibre à la capitale proprement dite. Seul le nom du département fut retenu.
Président de la commission des Finances, de l’Économie et du Plan (), de la commission nationale des Secteurs sauvegardés (), il est réélu membre du comité central de l'UNR-UDT (). Réélu député de la République () ( des Yvelines) sous l'étiquette UDR, membre de la délégation française à l'Assemblée générale des Nations unies (), vice-président de la section française de l'Association internationale des parlementaires de langue française (depuis 1968), il est élu conseiller général des Yvelines (canton de Saint Germain Nord) le .
Premier président du conseil général des Yvelines (), membre du bureau politique du groupe UDR (), vice-président de l'Assemblée des présidents de conseils généraux de France (1964-1976), membre de l'association parlementaire Europe-Afrique (depuis 1971), vice-président de l'inter-groupe de l'eau (représentant le bassin de la Seine, déc./1973), il est réélu député République le ) ( des Yvelines) sous l'étiquette UDR. Membre suppléant de la commission des Transports terrestres au Conseil supérieur des transports (15 mais 1973), il est réélu président du conseil général des Yvelines le ). Membre de la commission nationale d'aménagement du territoire, il fut aussi membre de la commission des licences spéciales en matières de brevets relatifs à l'obtention de produits pharmaceutiques ou remèdes.
Citation de l'éloge funèbre de Jean-Paul Palewski par Edgar Faure le 16 décembre 1976 à l'Assemblée Nationale..
Boulin, ministre des relations avec le parlement : .
Il est enterré au cimetière des Arches de Louveciennes. Pierre Régis lui succède à l'Assemblée nationale.
Décorations militaires
()
1 étoile d'argent, 1 citation % Division () 2 étoiles de bronze, 2 citations % Régiment (, ) Croix de la Vaillance polonaise (Krzyż Walecznych) 3 fois décernée (1919-1920) Médaille des Engagés volontaires 1914-1918 () Médaille commémorative des Combats en Pologne 1918-1921 () Médaille de l'Indépendance polonaise ()
1 étoile de bronze, 1 citation % Régiment () 1 étoile or, 1 citation % Corps d'Armée () 1 palme, 1 citation % Armée (13 édcembre 1946) () () Médaille de la Victoire ()
Insignes des blessés (maladie aggravée en service , éclat reçu à Paris en ) Croix de la Vaillance polonaise (Krzyż Walecznych) 1 fois décernée () Médaille de l'Armée polonaise Commandeur de l'ordre Polonia Restituta Médaille commémorative de l'Assemblée des Nations captives d'Europe () Croix de la Reconnaissance des sous-officiers de .
Décorations civiles
France : commandeur de l'ordre national du Mérite () Suède : commandeur de l'ordre de Vasa () Sénégal : commandeur de l'ordre national du Lion () Tunisie : grand officier de l'ordre du Nichan-Iftikhar () Pérou : grand officier du Soleil du Pérou () Mexique : grand officier de l'ordre de Aguila Azteca ()
Médaille d'or du mérite fédéral de l'Automobile () Grand cordon du club des gastronomes (1966)
Ouvrages
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Liste des députés de Seine-et-Oise Liens externes
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