Les Jeunes Turcs constituent une tendanceSerge Berstein parle de . Serge Berstein, La France des années 30, Armand Colin, 1993, p. 109 du Parti radical qui, dans l'entre-deux-guerres a milité pour une rénovation de la doctrine de leur parti, et au-delà pour une modernisation de la société française et des institutions de la Troisième République. Influencé par le planisme préconisant l'abandon du libéralisme économique classique et l'intervention de l'État dans l'économie, ils prônent également une réforme de l'État jugeant le régime parlementaire en crise. Au niveau européen, ils appuient les efforts de la Société des Nations et l'idée d'un fédéralisme européen. Ce mouvement est caractéristique des années 1930 en France, proche par sa volonté de repenser le monde d'autres mouvements de rénovation tels que les non-conformistes, les néo-socialistes
Histoire L'expression « Jeunes Turcs » peut prêter à confusion dans la mesure où ceux qui s'en réclamaient n'étaient ni « jeunes », ni « turcs », mais sympathisants du mouvement réformateur Jeunes-Turcs qu'ils prenaient pour modèle. Si la génération née vers 1900 y est particulièrement bien représentée (Pierre Cot, Jean Zay, Bertrand de Jouvenel, Jacques Kayser), on y trouve des personnages plus jeunes (Pierre Mendès France) ou plus âgés (Gaston Bergery, Albert Bayet)Gérard Baal, Histoire du radicalisme, La Découverte, 1994.. Il ne s'agit donc pas d'un mouvement de jeunesse du parti radical.
La plupart de ceux qui se revendiquent Jeunes Turcs se rattachent à l'aile gauche du partiJean Lacouture écrit dans sa biographie de Mendès-France, p. 72 : ., même si certains membres de l'aile droite peuvent se joindre à leurs voix, comme Jean Montigny ou Émile RocheBaal, op.cit., . : Bertrand de Jouvenel et Pierre Cot par exemple sont proches de Daladier ; Jacques Kayser ou Jean Zay, militants convaincus de l'alliance avec la SFIO, Jean-Thomas Nordmann, Histoire des radicaux, 1820-1973, éditions de la Tables Ronde, 1974, ..
L'émergence des Jeunes Turcs correspond à un mouvement général dans la société française de cette époque, une atmosphère de remise en question des pouvoirs établis dans un contexte de crise, y compris à l'intérieur des principaux partis de la vie politique du pays - ce qui peut entrainer, après constitution d'un courant, schismes et scissions, comme celle des néo-socialistes au sein de la SFIO. Nordmann, op.cit., .. Les Jeunes Turcs s'inscrivent dans cette dynamique des années 1930.
Les réformes économiques Ils se caractérisent, dans le domaine économique, par un étatisme que ne renient pas les planistes de la SFIO ou de la CGTLes Jeunes Turcs affichent d'ailleurs la conformité de leurs vues avec celles de la CGT. Nordmann, op. cit., p. 238. Ils remettent notamment en cause le capitalisme libéral, et cela avant même la crise de 1929 : Bertrand de Jouvenel publie en 1928 L'Économie dirigée. Celui-ci, selon eux, . À ce titre, ils préconisent l'intervention de l'État dans l'économie, parlant d'économie « dirigée », « contrôlée » ou « organisée » par l'État, même s'ils rejettent les dérives de l'étatisme autoritaire. Nationalisations, planification de la production, contrôle par l'État des monopoles ou des banques sont des réformes qu'ils préconisent.
La réforme de l'État La réforme de l'État est l'autre cheval de bataille des Jeunes Turcs, revendication relativement répandue dans le monde politique en ces temps de crise du parlementarisme, atteint par les émeutes du 6 février 1934. Ceci passe pour eux par un renforcement de l'exécutif et la réhabilitation du droit de dissolution pour le président de la République. Nordmann, op.cit., p. 238.
Politique étrangère Enfin, sur les questions internationales, les Jeunes Turcs se différencient peu des positions de la direction du parti, si ce n'est par leur fougue à promouvoir les procédures d'arbitrage international, la Société des Nations, le rapprochement avec l'Allemagne (jusqu'en 1933) et la Grande-Bretagne. Ils adhèrent pleinement à l'idée de fédération européenne suggérée par Édouard Herriot, puis par Aristide Briand. Ils se caractérisent aussi par le dévouement à la figure d'Aristide Briand et au pacifisme en général. .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . .
Articles connexes Années 1930 en France Mouvement non-conformiste
Liens externes
Notice sur les « Jeunes Turcs »
Catégorie:Parti politique de la Troisième République (France)