Charles Ailleret, né le à Gassicourt (Seine-et-Oise) et mort le dans un accident d'avion à La Réunion, est un général de l'Armée française, ancien résistant puis déporté pendant la Seconde Guerre mondiale, chef d’État-Major des armées de 1962 à 1968 et par ailleurs connu pour s'être opposé au putsch des généraux en Algérie en alors qu'il commandait la zone du Nord-Est constantinois.
Biographie Il entre à l’École polytechnique en 1926 et sort dans l’artillerie en 1928. En 1942, il rejoint l’O.R.A. (Organisation de résistance de l'Armée) dont il devient le commandant pour la zone Nord. En , il est arrêté, torturé, et déporté le dans le convoi des 57000 depuis la gare de Pantin vers le camp de Buchenwald (Dora-Mittelbau), d’où il revient en 1945Voir le site de l'Association française Buchenwald, Dora et Kommandos, Charles Ailleret..
Promu colonel en 1947, il commande la de parachutistes. En 1951, il prend le commandement des armes spéciales de l’Armée de terre. Il fait partie, comme adjoint du général Buchalet puis responsable des applications militaires au CEA, du cercle fermé qui mènera la recherche pour concevoir une arme nucléaire : il est, en 1958, commandant interarmées des armes spéciales et dirige les opérations conduisant, le , à l’explosion de la première bombe A française à Reggane, au Sahara.
En , commandant la zone Nord-Est Constantinois, il s’oppose au putsch des généraux d’Alger.. En , il prend les fonctions de commandant supérieur interarmées en Algérie.
En 1962, il est promu général d’armée. C'est lui qui publie l’ordre du jour 11 du annonçant le cessez-le-feu en Algérie. Il s'oppose à l'OAS, en , lors de la bataille de Bab El Oued et la fusillade de la rue d'Isly, puis il participe, avec Christian Fouchet, haut-commissaire en Algérie, à l'autorité de transition au moment de l'indépendance.
Il est nommé chef d’État-Major des armées, le .
Il organise le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN en 1966 et met en place la stratégie établie par le général de Gaulle d’une défense nucléaire française « tous azimuts »Expression citée dans le numéro de décembre 1967 de la Revue Défense nationale.« Les vues exprimées par le général Ailleret n’annonçaient pas une innovation de doctrine », dans Le Monde diplomatique, janvier 1968..
Le , après une tournée d'inspection dans l'océan Indien, il trouve la mort, avec sa femme et sa fille ainsi que seize autres personnes, dans un accident d'avionSur les huit passagers et douze membres d'équipage, une seule personne , survécut.. En l'absence de visibilité, le DC-6 du GLAM prend une mauvaise direction peu après son décollage de Saint-Denis de La Réunion et s'écrase contre la montagne.Duc de Brissac, En d'autres temps – 1900-1939, Paris, Grasset, 1972 (rééd. 2003) ...
Ses obsèques se déroulent le aux Invalides en présence du général de Gaulle et sont retransmises à la télévision. Charles Ailleret et sa famille sont enterrés à Ver-sur-Mer, en Normandie.
Parenté Il est le frère de Pierre Ailleret, un des chercheurs à l'origine du programme électronucléaire civil français.
Décorations Charles Ailleret est récipiendaire de multiples décorations françaises et étrangères, dont notamment : le . ; ; (trois citations dont une à l'ordre de l'armée, le ) ; (décret du ) :
. sans_cadre|50x50px Grand-croix de l'ordre d'Aviz (, ).
Publications L’aventure atomique française – Comment naquit la force de frappe, éd. Grasset, Paris, 1968, 404 Général du contingent – En Algérie, 1960-1962 (préface de Jean Daniel), éd. Grasset, Paris, 1998, 392
Notes et références Notes
Références
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