Raymond Brucker, né le à Paris et mort le à Paris , est un écrivain français.

On prête à Raymond Brucker, le long de sa carrière dans les lettres, un grand nombre de pseudonymes, dont Paul Séverin, Aloysius Block, Edouard Champercier, Eugène Davernay, Étienne de la Berge, Pierre de la Fronde, Gustave Delinon, Charles Dupuy, Prosper Milleret, Auguste Ricazd ou encore Olibrius.

Biographie Ouvrier éventailliste puis brocheur jusqu’aux environs de l’âge de , Brucker a publié, du fond de son atelier, un roman de mœurs populaires le Maçon (1829, 4 vol. in-12). Ce livre de début, publié sous le pseudonyme de « Michel Raymond » formé de la réunion de son prénom avec celui de son coauteur Michel Masson, a été encensé par toute la critiquePierre Larousse, Dictionnaire du , tome 10, L-MEM, 1873, KB Den Haag, LZ Ency. 15.LAG.. Il travaille ensuite avec Léon Gozlan, peu connu alors, à un roman intitulé les Intimes. Ces deux ouvrages ont eu leur vogue et leur influence.

Vers 1830, assez hostile à la Restauration, Brucker faisait partie de la rédaction du Temps et du premier Figaro. Lors de Révolution de 1830, il mit le ministre Pierre-Denis de Peyronnet, en cellule à Vincennes, au chant de la MarseillaiseCe qui ne l’empêchera pas d’être, vingt ans plus tard, l’ami sincère et dévoué du comte de Peyronnet.. Après l’attentat de Fieschi au boulevard du Temple, le , bouleversé par le spectacle de la boucherie, il rompt tout net avec la polémique du jour, malgré quelques républicains de son entourage, Flocon, Latouche et d’autres, qui cherchaient à l’en dissuader, et cesse toute espèce de controverse contre les gouvernements, trouvant cette sorte de guerre non moins frivole que pernicieuse..

Un moment attiré par le saint-simonismeAffirmation contestée par ., puis par l’école phalanstérienne de Charles Fourier, où il ne reste guère que six mois, il publie le roman Mensonge, à titre de résumé de ses études. Convaincu du néant de cette doctrine, il se rapproche sans transition du catholicisme., et donne des conférences publiques à l’Athénée, qui tenait des séances rue de Valois, à l’Institut historique, dans l’ancienne sacristie des Petits-Pères.

Sous les auspices de Louis Veuillot et de Xavier de Ravignan., il fonde les journaux catholiques L’Espérance à Nancy et L’Africain à Constantine. En 1845, à titre de critique des cours de Jules Michelet et Edgar Quinet, il publie, sur l’incitation de l’abbé Desgenettes, alors curé de Notre-Dame des Victoires, où il a fondé l'archiconfrérie du Saint-Cœur de Marie, Les Docteurs du jour devant la famille, un livre qui présente , pour défendre la liberté de l'enseignement contre le monopole de l'Université.. L’évêque de Langres estimait hautement ce , dont l’édition fut épuisée dans la semaine, mais qui n’a eu qu’une publicité de séminaire.

Pendant vingt-cinq ans, il a coopéré à la propagation en France des Sociétés mutuelles de Saint-François-Xavier, au profit des classes populaires. À la Révolution de 1848, il essaya de transporter, en qualité de clubiste, le suffrage universel au sein même la hiérarchie familiale, en le basant sur le nombre des obligations domestiques du ménage paternel. Ayant entrepris de publier ses mémoires, il avait pris à cet effet des notes sur un rouleau qui s’augmentait de petits morceaux de papier ajustés l’un à l’autre, ce qui a fait donner par Amable Tastu, le nom de Trente aunes de la vie de Brucker à ce recueil.

Œuvres Sous le nom de Raymond Brucker Les cent-et-une nouvelles nouvelles des Cent-et-un, ornées de cent-et-une vignettes, recueil de nouvelles en deux volumes, Paris, Ladvocat, 1833 Le livre des conteurs, ouvrage collectif, Paris, Allardin, 1833 Mensonge, roman en 2 volumes, Paris, Werdet, 1837 Les Belles Femmes de Paris et de la Province (avec Honoré de Balzac et Roger de Beauvoir), Paris, Au Bureau, 1839-40 Branches d'olivier. Recueil de poésies chrétiennes, ouvrage collectif, Paris, Olivier Fulgence, 1840 Les Docteurs du jour devant la famille, Paris, Sagnier et Bray, 1844 Profession de foi d'un citoyen de Paris pour sa candidature à l'Assemblée nationale, Paris, Guiraudet et Jouaust, 1848 Testament d'Alibaud. Contrat d'alliance entre les socialistes et les républicains, Paris, Schneider, 1848 Le Carême du roi, comédie en trois actes, en vers, Paris, De Soye et Bouchet, 1853 Quarante-huit heures de la vie de ma mère, Paris, De Soye et Bouchet, 1854. .

Sous le nom de Michel Raymond Le Maçon, mœurs populaires, roman en quatre volumes, en collaboration avec Michel Masson, Paris, Ambroise Dupont et Cie, 1828 Le Puritain de Seine-et-Marne, Paris, H. Dupuy, 1832 Les Sept Péchés capitaux, roman en 2 volumes, Paris, Werdet, 1833 , . Un secret, roman en 2 volumes, Paris, Allardin, 1835 Le Boudoir et la mansarde, roman en 2 volumes, avec Carle Ledhuy, Paris, C. Lachapelle, 1838 Le Portefeuille noir, roman en 2 volumes, Paris, J. Laisné, 1839 Loi de liberté. Epitre à Raspail, Paris, Librairie Sociale, 1839 Henriette, roman en 2 volumes, Paris, Werdet et Cie, 1840 Scandale, en 2 volumes, Paris, Paris, Werdet, 1841 Maria, roman inédit, en 2 volumes, Paris, C. Le Clère, 1841 Les Causeries de Bruyères-le-Châtel, Paris, Werdet, 1842 Un Jacobin sous la Régence, Paris, Werdet, 1842.

Sous le nom de Paul Séverin Le Bouquet de mariage, révélations sur les mœurs du siècle, en 2 volumes, Paris, Gosselin et Coquebert, 1838.

Notes et références Notes

Références

Source bibliographique Catalogue Opale de la BnF

Liens externes

L'humanitaire, nouvelle Florian Balduc (éd.), Fantaisies Hoffmaniennes, Éditions Otrante, 2016

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