Les îles du Frioul (en provençal Frieu) sont un archipel français situé à environ au large de la pointe d'Endoume, à Marseille. L'archipel est composé de quatre îles principales (Pomègues, Ratonneau, l'Île d'If et Tiboulen du Frioul), l'ensemble atteignant . Les Îles représentent un des , rattaché au .

Toponymie Le mot provençal Frieu, désigne un passage maritime entre deux îlesLo Congrès Permanent de la Lenga Occitana, Dicod'Òc, recherche « Frieu », consulté le 21 juin 2023, .. Dans l'archipel, il désigne donc le bras de mer séparant les deux îles de Pomègues et Ratonneau qui, par extension, a donné son nom à l'ensemble des îles. Il dérive du latin fretum et n'a aucun lien étymologique avec la province homonyme du Frioul en Italie dont le nom dérive du latin Forum Iulii (tout comme la ville de Fréjus).

Jusqu'en 1921, la graphie usuelle de ce toponyme sur les cartes était Friou, correspondant à une prononciation [friju] ou [frijew].

L'archipel Le Frioul est constitué de quatre îles : Pomègues au sud-ouest : de long, 500 m de large, d'altitude au maximum, le pylône y culminant à 124 m ; Ratonneau au nord-est : de long, 600 m de large, culminant à ; If, à l'est des deux îles principales et sur laquelle est bâtie l'ancienne prison du château d'If ; cette forteresse aurait abrité Edmond Dantès, le héros imaginaire du roman Le Comte de Monte Cristo d'Alexandre Dumas ; l'îlot Tiboulen du Frioul à l'ouest de RatonneauLe Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral donne pour ce nom l'étymologie grecque αντι πολιν, « devant la ville »..

Les îles Pomègues et Ratonneau sont reliées par la digue Berry, construite en 1822 sous Louis XVIII. Elle a été nommée ainsi en hommage au duc de Berry, assassiné par Louis Pierre Louvel en 1820. Cette digue a transformé une zone de mouillage forain, utilisée depuis les Romains en port véritable.

Un service de navettes relie le Vieux-Port (Quai de la Fraternité ex-Quai des Belges) aux îles. Le port du Frioul est séparé du Vieux-Port par une distance de (3,2 milles marins). L'Île d'If, elle, en est distante de (2,35 milles marin).

Les gestionnaires principaux sont la ville de Marseille et le Conservatoire d'espaces naturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

vignette|300px|La baie de Marseille et l'archipel du Frioul - carte du .

Histoire du Frioul Une histoire essentiellement militaire Ces îles, du fait de leur position stratégique en rade de Marseille, en ont constitué pendant longtemps les défenses avancées : chaque éminence porte un fort militaire, et les batteries, tranchées, postes d'observations, parsèment l'ensemble de l'archipel. Dès Henri IV, un fort très important couronne l'île Ratonneau, actuellement totalement enfoui sous les reconstructions successives. Puis c'est l'île d'If qui est fortifiée et, sous Louis XIV, les fortifications sont étendues à l'ensemble de l'archipel par Vauban. D'autres constructions militaires sont édifiées sous Napoléon.

Sous la Troisième République avec le système Séré de Rivières, la majorité des fortifications de l'archipel sont reprises ou édifiées : les forts de Ratonneau et celui de Pomègues, le fort du Brégantin, la tour de Pomègues, les batteries du cap de Croix, du cap Caveaux, etc. Ces fortifications édifiées entre 1860 et 1900 donnent à l'archipel son paysage actuel. En 1902, l'armée édifie le dernier bâtiment militaire, le sémaphore de Pomègues, qui veille sur la rade pendant .

Pendant la Première Guerre mondiale, des ballons d'observations sont stationnés avant d'être transférés à Gémenos, au quartier des Paluds, en 1923.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, et notamment lors de la libération de Marseille, le Frioul connait le feu des armes. L'occupation allemande investit les fortifications de l'île, et les modifie ou complète par la construction de batteries nouvelles, de redoutes, toujours clairement identifiables à ce jour par leur construction en béton armé, dont les batteries de marine du cap Caveau sont un exemple impressionnant. Ces travaux sont menés par le Service du travail obligatoire, pour lequel nombre de Marseillais sont réquisitionnés par les Allemands. Les Alliés s'emploient à bombarder massivement l'archipel, inhabité mais lourdement fortifié, pour détruire ces défenses avancées qui leur entravent l'accès à la ville. Au encore, malgré la végétation sauvage qui a repoussé, les photos aériennes montrent un sol lunaire parsemé de cratères de bombes, surtout à Ratonneau.

Après la guerre, les îles du Frioul restent terrain militaire. En 1959, un hangar, toujours visible, est construit pour abriter les filets anti-sous-marins destinés à être mouillés devant la rade et le port, installés par la marine sur l'archipel à partir de 1928. Une rampe de mise à l'eau est édifiée sur le quai de Pomègues au sud du plan d'eau.

Dans les années 1950 et 1960, jusqu'à quatre escorteurs d'escadre et quatre chasseurs de mines de peuvent être simultanément à quaiin La Provence, 28 juillet 2012, .

L'archipel reste propriété de la Défense nationale et interdit au public jusqu'en 1975, année où le maire Gaston Defferre obtient du ministère de la Défense l'autorisation de transformer la rade militaire déclassée en port de plaisance, bordé d'un noyau urbain de , quelques commerces et d'une caserne de pompiers. Un service de navettes maritimes est créé à cette occasion, pour permettre à ces habitants de vivre. Le reste des îles a été cédé à la commune de Marseille par le ministère de la Défense à partir de 1995.

Terre d'immigration Lors de la peste de Marseille au , les îles Ratonneau et Pomègues ont servi de lieu de quarantaine.

Pour l'accueil des réfugiés arméniens, dans les années 1920, les autorités installent un centre de tri sanitaire sur les îles.

Camp d'internement Pendant la Première Guerre Mondiale, des alsaciens, des lorrains et des allemands sont internés sur les îlesLe pan méconnu de la Première Guerre mondiale à Marseille dans le journal La Marseillaise, , édition du samedi 6 au dimanche 7 novembre 2021SPIESER, Jean-Louis, Prisonniers au château d’If et aux îles du Frioul. Alsaciens et Allemands internés à Marseille en 1914, Editions Gaussen, Marseille, 2017 – cote AD68 9475Archives départementales (sources : Jean-Laurent Vonau et Jean-Claude Farcy) des Bouches du Rhône : cotes AD13 4 M 2353 ; 1 R 874 ; 8 R 42, 8 R 141 ; 1 Y 158, 1 Y 183, 1 Y 198, 1 Y 203WINTZENHEIM 14-18 Wintzenheim 1914 : trois jeunes civils, otages des Français de Ludovic CONTE (lire en ligne).

Un quartier Le Frioul est un quartier de Marseille, administrativement rattaché au et au sous le nom ″Les Îles″. Celles-ci sont toutes sans voitures et même le vélo y est admis sous contrainteMarcel Robert, Iles sans voitures, 2013. On y trouve un port de plaisance de plus de , bordé de constructions bétonnées des années 1970, avec des commerces en rez de chaussée longeant le port et des habitations au-dessus.

Environ une centaine d'habitants vivent à l'année sur ces îles, enfants, adultes ou retraités, ainsi que des plaisanciers vivant sur leurs bateaux. Près de de jardins partagés, divisés en , sont travaillés ici depuis 2004.

Le Frioul abrite également un centre de vacances de la Fédération Léo-Lagrange, une caserne de marins-pompiers, l'une des stations du service du pilotage de Marseille-Fos, et une ferme marine bio, installée dans l'ancien port de quarantaine de PomèguesCharpentier C., 2011 : « Les poissons bio du Frioul, ferme aquacole marine » Alim'agri, magazine du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire (octobre-novembre-décembre 2011) - , probablement la seule activité économique de production du quartier.

Les services publics sont peu présents : en l'absence de police, d'école, de médecin, les habitants doivent se rendre quotidiennement en ville pour ces besoins. Cet état de fait, et une desserte maritime contestée, créent un certain ressentiment des insulaires à l'égard de leur cité-mère.

Des projets de doublement du port, ainsi que de bâtis complémentaires à but touristique, sont régulièrement évoqués par la Communauté urbaine.

Festival MIMI Jusqu'en 2017, le festival-atelier musical MIMI avait lieu chaque été dans la cour de l’ancien hôpital Caroline. Ce festival était organisé par l'Association d’Aide aux Musiques Innovatrices, centre de développement des musiques actuelles, installée à la friche la Belle de Mai.

Micronations La République libre du Frioul

vignette|Restes du Fort de Brigantin en 2019. Le , Jean-Claude Mayo, propriétaire du fort de Brigantin, sur l'île de Ratonneau, et quelques amis décident de fonder la République libre du Frioul, une galéjade qui n'existe plus depuis 2001, car « dans notre société, on n'a jamais le droit de faire le con ». Le président, nommé à vie, est Egrégore le Virtuel, tandis que Jean-Claude Mayo en devient le ministre « convoyeur du verbe ». La petite république édite sa propre monnaie, une polymonnaie dont le nom change suivant sa valeur, qui n'a cours légal que dans la république. Elle fait également une demande officielle pour entrer à l'ONU.

Le , dans un courrier envoyé à Jean Tiberi, alors maire de la capitale française, la micronation déclare annexer Paris, tout en annonçant le lancement de sa propre monnaie.

Les billets de banque : Le 3X+net, à l'effigie d'Orianne Garcia et Florian Gazan Le 10 kaheff$ Le 20 billets, à l'effigie de Virginie de la Chaise Le 42/12 hors taxes, à l'effigie de Jean-Claude Mayo Le 100 balles, à l'effigie de Jean Amadou Le 500 pascals, à l'effigie de Pascal Morabito Le 20000 lieues, à l'effigie de Jacques Rougerie Le 01001111010001000111101011 binaire (d'une valeur de polymonnaies), à l'effigie de Bernard Werber

La République du Frioul

La république du Frioul est créé le 23 décembre 2011.

Sa devise est : « Pour l'art et l'insolence, sans insolation »

Son hymne est « Au pople nostre » (À notre peuple). Un poème écrit en 1905 par Frédéric Mistral et mis en musique par Lhi Jari, un groupe de folk occitan venu du Piémont. L'hymne parle de l'importance de l'enracinement des peuples et de la désintégration des identités régionales.

Elle se dote de son drapeau, son blason, son timbre local et avec la poste française, d'une monnaie, le paga, de ministres, d'une constitution et d'un gouvernement.

Environnement Sur le plan géologique, l'archipel date de l'Urgonien. Semblable en cela aux calanques de Marseille et aux madragues de l'Estaque, il présente des falaises de calcaire blanc stratifié tombant dans la mer. Mais au Frioul, ce paysage a été profondément remanié par l'homme, tant durant l'époque des grands travaux militaires que durant celle des constructions récentes. L'activité militaire a laissé en de nombreux endroits des bâtis éboulés, des gravats et une pollution métallique de munitions lourdes ou légères sur l'ensemble de l'archipel.

Sur le plan floristique, on retrouve toutes les espèces endémiques du littoral provençal, ainsi que quelques espèces rares et protégées, propres aux îles de Marseille.

La faune est essentiellement représentée par l'avifaune, en particulier par les oiseaux de mer dont certains sont rares et protégés, tel que le puffin de méditerranée (un seul couple nicheur). Les îles du Frioul sont un lieu privilégié de reproduction pour de nombreux gabians, et plusieurs chevêches d'athéna y nichent. Les grands mammifères en sont absents, mais des espèces introduites comme le lapin et le rat noir, ainsi que de nombreux chats harets y prospèrent. Des lézards siciliens (absents de France continentale) vivent dans les anfractuosités des murs et des remparts, notamment sur l'Île d'If. Cette Île abrite également une espèce de gekko, le phyllodactyle d'Europe, qui n'est présent ailleurs en France que sur les Îles d'Hyères et en Corse.