La célébration du anniversaire de la fondation de l'Empire perseSelon l'ambassadeur de Suisse en Iran, les critiques formulées par le conseiller national A. Gerwig au sujet des festivités du anniversaire de la fondation de l'Empire perse sont largement exagérées, cf. (ou la célébration des de la monarchie persane/iranienne) se réfère à un ensemble de festivités et d'événements culturels qui ont été organisés en Iran durant l'année iranienne de mars 1971 à mars 1972 (année 1350 du calendrier iranien) et notamment à l'automne 1971. Cette date se réfère à la mort du fondateur de l'Empire perse, Cyrus II Le Grand, en -530Les fêtes se déroulèrent à l'automne, alors que Cyrus semble être mort le 4 décembre. La coïncidence des dates n'est pas spécialement recherchée, car l'année que le chah dédia à Cyrus le Grand dura du au .. Elles sont surtout connues pour les fêtes organisées par le chah d'Iran Mohammad Reza Pahlavi à Shiraz, Pasargades et Persépolis sous le nom de Festival des arts de Shiraz-Persépolis, le reste des célébrations étant moins connues.
vignette|260x260px|Parade à Persépolis pour les fêtes de 1971. Ici, l'Empire parthe. vignette|260x260px|Parade à Persépolis pour les fêtes de 1971 - Ici, l'Empire sassanide.
Les cérémonies, fastueuses, qui se sont déroulées du 12 au 16 octobre 1971 sur les sites archéologiques de Persépolis et Pasargades, réunirent plusieurs dizaines de têtes couronnées, présidents et chefs de gouvernement du globe. À la fois hommage rendu à la fondation de l'Empire perse par Cyrus le Grand et démonstration flamboyante du développement socio-économique du pays sous le règne de Mohammad Reza Pahlavi - et rendant aussi hommage à l'œuvre de son père Reza Chah - , les festivités de Persépolis sont souvent considérées comme le chant du cygne du dernier chah d'Iran. Elles furent très vite critiquées pour leur coût supposé exorbitant et pour le côté mondain, contrastant beaucoup avec l'autoritarisme du régime iranien, des aspects cependant continus dans la monarchie iranienne selon une partie de la presse américaineDorman, Farhang, et l'opposant au régime l'ayatollah Khomeini.
Planification des célébrations
Origine Les de la fondation de l'Empire perse auraient en réalité dû se fêter après la victoire des achéménides contre les mèdes, en -550, date que les historiens considèrent généralement comme la fondation de l'empire achéménide, soit vers 1950 ou 1951. Ou bien après l'accession de Cyrus au trône d'Anshan, en -559, soit en 1941 ou 1942. Mais les contextes politiques de l'époque (nationalisation du pétrole en 1950 et occupation de l'Iran par les Alliés en 1942) firent passer la culture et les célébrations au second plan. L'idée de célébrations populaires relatives à la fondation de l'Empire perse est originellement attribuée à Shojaeddin Shafa, vice-ministre de la Cour et chargé des affaires culturelles : en 1958, Shafa avait pensé organiser une fête qui devrait représenter la contribution de la culture iranienne au développement de la civilisation humaine. Parallèlement aux célébrations, une conférence scientifique devait se tenir à l'université de Chiraz, concernant l'état de la science dans le domaine des études iraniennes. Le tout devait avoir lieu en 1961.
Mohammad Reza Chah, l'empereur d'Iran, apprécie particulièrement Cyrus II, dit le Grand. Fondateur de la dynastie des Achéménides et de l'Empire perse, il représente la période faste nationale et idéalisée, surtout pour la dynastie Pahlavi alors au pouvoir, qui a fait de Cyrus II et de sa dynastie son modèle, modèle dont Mohammad Reza Chah s'impose comme le digne successeur légitime.
La culture iranienne à l'international L'Iran commença son étude scientifique du patrimoine spirituel et matériel national avec la fondation de l'université de Téhéran par Reza Chah. Au début du , l'université de Téhéran comporte quelques chaires d'études iraniennes, portant principalement sur la linguistique iranienne ancienne et la culture de la Perse antique, la littérature, l' histoire et l' archéologie persanes. L'université de Chiraz se spécialisa en particulier dans l'archéologie achéménide avec Alireza Shahbazi. Les 15 volumes du dictionnaire Dehkhoda (Loghat Nameh Dehkhoda) du linguiste Allameh Ali-Akbar Dehkhoda, jusqu'à présent le dictionnaire encyclopédique le plus complet de la langue persane, date aussi de cette période. En Europe, l'Allemagne contribua beaucoup à la recherche de la culture iranienne. L'université George-Auguste de Göttingen, un des pionniers de la discipline, a célébré en 2003 le 100 anniversaire de l'institution de recherches. En France, l'École pratique des hautes études à Paris possède une institution spécialisée dans ce domaine, comme en Angleterre, avec l'École des études orientales et africaines à Londres. Aux États-Unis, l'université Harvard, l'université Columbia et l'université Stanford contribuèrent à l'approfondissement du sujet. Les institutions de recherche pour les études iraniennes se trouvent dans le monde entier. En dehors de celles mentionnées ci-dessus, on trouve à Calcutta en Inde (Iran Society), Bombay (Mumbai) dans le même pays, en Israël, au Japon et dans d'autres pays. Dans ses mémoires, l'ambassadeur iranien Amir Aslan Afshar rapproche les célébrations de 1971 des célébrations du millénaire de Ferdowsi, qui eurent lieu sous Reza Chah (et sous l'impulsion de ce dernier) en 1934.
Le comité de planification
gauche|vignette|198x198px|Amir Asadollah Alam. Afin de développer le programme du congrès scientifique et les célébrations, un comité de planification central affiliés aux centres de recherche européens, américains et asiatiques d'études iraniennes fut créé. En août 1960, un premier projet des célébrations prévues fut élaboré en demandant un budget de . Les éléments suivants furent fournis pour les festivités à côté du Congrès des OrientalistesAli Asghar Azizi, Célébration de 2500 anniversaire de la fondation de l'empire d'Iran, dans Communications de l'Institut des relations culturelles étrangères, Iran, numéro H 3/4, juillet-décembre 1960, . : Une exposition archéologique, une exposition de tous les livres sur Cyrus et l'Empire d'Iran, une exposition de tous les livres sur l'Iran et exposition d'art à la Bibliothèque impériale, une exposition de l'ancien et du nouvel art populaire, une exposition de costumes anciens iraniens. Pendant les vacances, une statue de Cyrus sur une place à Chiraz devait être dévoilée. De plus, un arc de triomphe entre Persépolis et Pasargades serait construit et les visiteurs pourraient obtenir des souvenirs des festivités. Un ouvrage sur Cyrus et ses méthodes d'administration devait être publié en allemand, anglais, français, arabe, italien, turc et persan. Quelques courts documentaires sur Persépolis et Pasargades furent préparées et un film sur la vie de Cyrus devraient être mis en production. Les livres écrits par des historiens tels que Xénophon et Hérodote devaient être traduits et republiés.
gauche|vignette|201x201px|La Chahbanou Farah Pahlavi. Le Premier ministre Manouchehr Eghbal, qui avait discuté du projet, démissionna en août 1960 et son successeur Jafar Sharif-Emami dû préparer des élections et n'eut donc pas le temps de s'y intéresser, quand le Ali Amini devint premier ministre, et que les ressources disponibles étaient insuffisantes pour financer un tel projet par le budget du gouvernement. Le ministre de la Cour, Hossein Ala', était responsable du projet. Il fut convenu avec le premier ministre de ne s'intéresser au projet qu'une fois le financement garanti. Le Premier ministre Asadollah Alam repoussa le projet à 1967. Un peu après la mort d'Hossein Ala', Alam repris le ministère de la Cour et Amir Abbas Hoveida était devenu premier ministre. Le projet était encore au stade de la planification de 1961. Les scientifiques des institutions iraniennes du monde entier se plaignirent à Shafa que leur travail sur le projet ne recevait aucun soutien des dirigeants politiques. La question se posa d'annuler complètement les festivités. Des plans furent finalement fournis pour des célébrations à Chiraz et à Téhéran. Mais il n'y avait pas d'installations adéquates pour des invités de marque à Chiraz et la proposition du chargé de la planification opérationnelle Amir Mottaqi, qu'était de construire à Persépolis une ville de tente pour les invités, fut rejetée par le Shah car selon lui « surréaliste » et « impossible ».
Mohammad Reza Chah changea cependant d'avis, et décida en 1970 que les festivités devraient avoir lieu. Pour éviter un nouvel abandon, il fixa une date qui devait être phare pour le projet, le (23 Mehr). La Chahbanou Farah Pahlavi assuma la présidence d'honneur de la Commission de planification nouvellement créé. La Commission fut dirigée par Alam et se réunissait désormais deux fois par semaine. La nature des invités changea de dimension : en plus des scientifiques et des universitaires, la Commission pensa à inviter des chefs d'état étrangers, ce qui donnerait aux célébrations un éclat international. Le projet, qui avait à l'origine un objectif scientifique et culturel, devint une préoccupation nationale.
Le camp de Persépolis : décor et restauration vignette|275x275px|Vue panoramique du camp de Persépolis. Au premier plan, les ruines de l'Apadana et du palais de Darius. Le ministre de la Cour Alam s'intéressa de près au logement des invités. Persépolis était perdue en plein désert, les environs remplis de serpents et de scorpions et le temps manquant pour construire de grands hôtels ou d'autres structures adéquates vers Persépolis, la panique s'empara de la Commission, qui avait déjà envoyé les invitations. Après un voyage en Europe, Alam remit sur le tapis l'idée d'une ville de tente de Mottaqi. Un concours international fut lancé. Monsieur Delbée, directeur de la maison Jansen, remporta ce concours avec l'idée d'un Camp du Drap d'or moderneCe nom du camp ne fut jamais officiel, mais il fut souvent utilisé par les journalistes (http://www.ina.fr/video/CPD11001871). Une équipe composée des maisons Jansen et Leleu se constitua sous la direction de l'architecte, Mohsen Foroughi. La maison Jansen eut l'idée de faire des « tentes » des préfabriqués, lesquels étaient ensuite recouverts de plastique pour leur donner l'apparence de tentes. Alam déclara : « Nous ne faisons que mimer ce que nos rois ont toujours fait quand ils voyageaient dans des endroits inhospitaliers, et le reste est aussi dans la tradition de nos ancêtres nomades. » Alam faisait référence dans sa déclaration à la biographie d'Alexandre le Grand par Plutarque, où après la bataille d'Issus vers , ce dernier entra dans la tente abandonnée de Darius III. Après avoir vu là-bas un trône doré, des bains, le sol recouvert de tapis et de la vaisselle d'or, il aurait dit qu'il avait vu « ce qu'on appelle vraiment quelque chose de royal. ».
gauche|vignette|240x240px|Tente du camp du Drap d'Or de Persépolis. Le site se déployait sur , soit quatre fois et demie la place de la Concorde, au pied même des ruines de Persépolis.
Le camp était composé par la tente royale, cinquante tentes pour loger les invités, une tente club et une tente "coiffure".
La tente royale comprenait le salon d'accueil, une grande salle à manger d'apparat qui mesurait de long, de large et de haut, dont intérieurs. De nombreux lustres en plexiglas, imitant le cristal sans en avoir le poids.
Chaque tente individuelle est composée comme un appartement avec un living room, une chambre pour Madame et une pour Monsieur avec salle de bains et penderie, cuisine et appartement des domestiques.