On appelle vaine gloire dans la tradition chrétienne le désir d'obtenir de la considérationThesaurus Exemplorum Medii Aevi, en opposition par exemple à celui d'agir pour la simple valeur générale de son action (voir devoir d'état). On peut lui opposer le défaut exactement inverse nommé respect humain (chercher à éviter d'être désapprouvé par la cantonade).

Exemple

Aspect sociologique

La tentation de vaine gloire, si elle se généralise à la société tout entière, peut aboutir aux travers dénoncés par l'écrivain Guy Debord dans son ouvrage La Société du spectacle. Pierre Bourdieu, sans employer le terme, a dénoncé non sans humour son effet sur le langage lui-même dans Ce que parler veut dire : plus rien n'est dit pour l'utilité de ce qui est dit, mais uniquement pour servir le prestige - réel ou supposé - de celui qui parle. Un concept proche en sociologie est celui de .

Dans la littérature Littérature religieuse La vaine gloire est brièvement mentionnée dans l'Épître aux Galates au ch.5, verset 26 : .

Jean Chrysostome a consacré au sujet un ouvrage entier, qui se nomme Sur la vaine gloire et l'éducation des enfants, riche d'informations pour notre époque sur le quotidien d'une famille chrétienne à l'époque de sa rédaction (). Une traduction de ce texte parut en 1656 et faisait partie des ouvrages utilisés par le cardinal Mazarin pour l'éducation du jeune Louis XIV.

Thomas d'Aquin lui consacre la question 132 de la Secunda secundiae (Morale particulière) dans sa Somme théologique autour de cinq points : 1. Le désir de la gloire est-il un péché? - 2. S'oppose-t-il à la magnanimité ? - 3. Est-il péché mortel ? - 4. Est-il un vice capitalLe texte indique que capital doit être pris dans le sens de n'étant pas lui-même conséquence d'un autre vice, en l'occurrence l'orgueil. ? - 5. Ses filles.

Littérature profane Bernard Le Bouyer de Fontenelle, dans son Dialogue des morts, fait dire par Candaule à Gygès que l'homme est souvent prêt à renoncer à une partie de son bonheur si cela lui permet de faire croire aux autres qu'il en éprouve davantageMais sérieusement, pensez-vous qu'on puisse être content d'un bonheur qu'on possède sans témoins ? Les plus braves veulent être regardés pour être braves, et les gens heureux veulent être aussi regardés pour être parfaitement heureux. Que sais-je même, s'ils ne se résoudraient pas à l'être moins, pour le paraître davantage ? Il est toujours sûr qu'on ne fait point de montre de sa félicité, sans faire aux autres une espèce d'insulte dont on se sent satisfait, http://www.mediterranees.net/mythes/gyges/fontenelle.html.

Dans la philosophie Spinoza mentionne la vaine gloire dans le chapitre de son Traité théologico-politique comme cause de la corruption par le luxe et l'avidité« Par vaine gloire, [chacun] méprise ses égaux et ne supporte pas d’être dirigé par eux », Traité théologico-politique, p. 541.

L'expression fut également utilisée par Hobbes dans son Léviathan, mais avec un sens sensiblement différent« ce degré élevé de vaine gloire qui est communément nommé orgueil ou suffisance », (Léviathan, chap. VIII, p. 70).

Difficulté de l'éliminer

Augustin d'Hippone met par ailleurs en garde le lecteur, dans le chapitre 38 des Confessions, contre la croyance trop hâtive d'en être débarrassé, car il existe encore selon lui un piège :

Dans un texte patrologique, c'est-à-dire dont la valeur est reconnue par les catholiques comme par les orthodoxes, Jean Cassien compare pour cette raison la vaine gloire à une suite de pelures d'oignon« Nos Pères ont très bien comparé ce vice à la bulbe d'un oignon ; dès qu'on retire une pelure, on en trouve une autre, et on a beau continuer, on en trouve toujours ». http://www.patristique.org/sites/patristique.org/IMG/pdf/cassien_institutions_livre11.pdf:

Évagre consacre d'ailleurs quelques pages à ce qu'il nomme la retraite des démons, manœuvre de leur part ayant pour objet de susciter l'orgueil chez celui qui croit ne le devoir qu'à son mérite (le thème est repris dans la scène finale du film L'Associé du Diable). Ce moine et auteur fait même de la vaine gloire un péché capitalÉvagre est le plus ancien auteur faisant allusion à la notion de péché capital, montrant ainsi qu'il la considère comme bien distincte de l'orgueil. Le nombre de péchés capitaux sera ensuite ramené à 7 sous le pape saint .

Cinéma

Non, ou la vaine gloire de commander est un film du réalisateur portugais Manoel de Oliveira. Il relate cinq siècles d'histoire et de faits d'armes du Portugal jusqu'à sa révolution de 1974, en posant les questions de la vanité du pouvoir et de l'utilité de la guerre.

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Références

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