Le Détachement Valmy est un groupe d'action armé, constitué en par la direction clandestine du Parti communiste français (PCF) pour élaborer des actions de résistance contre les troupes d'occupation à Paris, pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi éliminer d'anciens communistes passés à la collaboration, notamment les responsables du Parti ouvrier et paysan français (POPF), ou qui ont contesté la ligne officielle du Parti dans les années 1939-1940 à la suite du pacte germano-soviétique. Le groupe fut démantelé en par la police française.

Présentation Fondée en , quelques mois après l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie et le passage dans la clandestinité du Parti communiste, cette police politique, constituée au sein de la Commission des cadres du PCF, est dirigée par Jacques Duclos. Son principal animateur était Marius Bourbon.

De la quinzaine d'actions menées contre l'occupant par le Détachement Valmy, les plus marquantes sont : le , l'attentat au restaurant de l'hôtel Bedford, occupé par des militaires allemands ; le 10 août 1942, attentat explosif sur la voie ferrée de la Petite Couronne ; le , l'explosion d'une bombe au cinéma Garenne-Palace (un soldat allemand tué, quatre autres blessés) ; le , l'attentat à la grenade contre un détachement de la Wehrmacht rue d'Hautpoul dans le arrondissement (neuf soldats allemands blessés) ; le , l'attentat à la bombe au cinéma Le Grand Rex (cinq soldats allemands blessés) ; le , l'attentat à la gare de Paris-Montparnasse : . Certaines des armes employées pour ces opérations (grenade Mills) avaient été prises parmi celles envoyées par Londres au PCF Matthew Cobb, The Resistance: The French Fight Against the Nazis, Simon and Schuster, 2009, 416 p., n. p. (livre numérique Google) : .

En , le Détachement Valmy fait circuler des tracts appelant à manifester à Paris et en banlieue le 20 du mois à l'occasion de l'anniversaire de la bataille de Valmy qui vit l'armée de la Révolution vaincre les Prussiens. Informées par des agents du général SS Karl Oberg, les autorités allemandes, par précaution, ordonnent la fermeture des théâtres, cinémas et autres lieux de loisir entre 3 heures de l'après-midi et minuit le en Seine, Seine-et-Oise et Seine-et-Marne ; elles interdisent également la tenue de toutes les réunions publiques, y compris les rencontres sportives. Le lendemain, on interdit aux civils, à l'exception de ceux ayant une autorisation officielle, de sortir dans la rue entre 3 heures de l'après-midi et minuit : .

Les exécutions d'anciens communistes passés à la collaboration ou de personnalités considérées comme « traîtres au parti » ont aussi été nombreuses. On peut notamment citer : Marcel Gitton, ancien numéro 3 dans la hiérarchie du parti avant la guerre, critique véhément de celui-ci, de l'Union soviétique et du Komintern après la défaite de et devenu secrétaire général du POPF, tué le , recension de . : ; Fernand Soupé, ancien maire communiste de Montreuil et militant du Parti populaire français (PPF), gravement blessé en ; Georges Déziré, accusé de dénonciations de résistants, ce qui se révélera faux, le , citant . ; Albert Clément, ancien rédacteur en chef de La Vie ouvrière devenu cadre du Parti populaire français (PPF), le ; Mathilde Dardant, agent de liaison de Jacques Duclos, le ..

Le Détachement Valmy est démantelé en , lorsque la police française arrête tous ses membres. Livrés aux Allemands, ses principaux responsables (Bourbon, Cretagne, Bevernage, Focardi...) sont déportés au camp de Mauthausen.

Après la Libération, le Parti communiste français désavoue officiellement l'action du groupe Valmy : la commission politique de contrôle mise en place préconise des exclusions ou suspensions.

En 1949, Marcel Servin revient sur l'exécution de Mathilde Dardant, et rend un rapport interne sévère vis-à-vis de Jacques Duclos ; ce rapport n'aura cependant pas de suites.

Les historiens Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, avec la découverte et le dépouillement d'archives totalement inédites de la police française, dénoncent en 2007 "l'existence de cette « Guépéou » du Parti"..

Mouvement Valmy Le détachement Valmy et le groupe Valmy ne doivent pas être confondus avec le mouvement du même nom créé par Raymond Burgard, résistant de la première heure qui fonde, avec Jules Bellaz, Paulin Bertrand, Alcide Morel, Henri Féréol, Maurice Lacroix et André Vellay, un mouvement de résistance du même nom, le . Ils sont tous issus du parti catholique de gauche Jeune République. En paraît le premier numéro de leur journal clandestin baptisé également Valmy. Ils se fixaient comme objectif de sauver la démocratie et contester l’occupation du pays.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie .

Liens externes Romain Ducoulombier, Compte rendu de « Liquider les traîtres. La face cachée du PCF 1941-1943 », sur le site Histoire@Politique, revue électronique du Centre d'histoire de Sciences Po

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