vignette|Portrait réalisé par Henri Manuel. vignette|Tombe de Lucien-Victor Guirand de Scévola au cimetière de Montmartre (Paris). Lucien-Victor Guirand, dit Lucien-Victor Guirand de Scévola, né Victor Lucien Guirand à Sète le , et mort à Paris le , est un peintre, dessinateur et illustrateur français.

Peintre de fleurs, de natures mortes, de scènes d'alcôves et de paysages, Guirand de Scévola mène également une carrière de portraitiste notoire, exécutant entre autres les portraits du duc de Massa et des duchesses d’Uzès et de Brissac. L’artiste réalise également des scènes mondaines. Il est connu pour s’être attribué l’invention, durant la Première Guerre mondiale, de diverses méthodes pour dissimuler des pièces d'artillerie sous des toiles peintes, faisant de lui l'un des pionniers du camouflage militaire.

Biographie Lucien-Victor Guirand est le fils de Jean-Antoine Guirand, commis voyageur et de Catherine Mélanie Fournaire, sans profession, son épouse. Élève de Fernand Cormon à l'École des beaux-arts de Paris, il se spécialise dans le pastel. Il expose régulièrement à Paris au Salon des artistes français, puis au Salon de la Société nationale des beaux-arts, dont il devient associé, puis sociétaire, puis membre du comité, et enfin président en 1937, remplaçant le paysagiste André Dauchez. Il est également membre de la Société des pastellistes de France, dont il devient le président.

En 1903, il réalise le décor du foyer et de différents panneaux du théâtre Molière à Sète, inauguré en 1904.

Il épouse le la comédienne française, Marie-Thérèse Piérat, nom de scène de Marie-Thérèse Panot, sociétaire de la Comédie-Française. La Revue hebdomadaire de la semaine nous indique que ce fut Les Annales du théâtre et de la musique relate aussi cet évènement mondain :

Pilier de la vie de bohème de la butte Montmartre et du Cabaret des Quat'z'Arts, en particulier avec ses amis Charles Léandre, Louis Abel-Truchet, Abel Faivre ou Adolphe Léon Willette, Lucien-Victor Guirand de Scévola a son atelier parisien au de la rue Fontaine jusqu'en 1910. Il fait partie du cercle des Mortigny, fondé par Dimitri d'Osnobichine, en 1908 , qui regroupe de nombreux artistes et habitués de la vie parisienne : Marcel Bain qui écrit les 5 actes du drame Le secret des Mortigny ou de l'honneur à la honte et vice versa, Paul Poiret, Bernard Boutet de Monvel, Georges Villa, Guy Arnoux, Joë Hamman, Joseph Pinchon, André Warnod, Pierre Troisgros, Jean Routier, Henri Callot, Pierre Falize, Pierre Prunier, cercle qui fonctionne jusque dans les années 1950.

Guirand de Scévola va aussi réaliser les décors de plusieurs pièces dans lesquelles joue son épouse et illustrer les contes qu'elle va publier, comme La galante aventure du roi Jean XV (1928).

Domicilié à Paris au avenue de Villiers (), il est nommé chevalier de la Légion d'honneurPar décret du 16 mai 1910 pris sur le rapport du ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes pour avoir exposé hors-concours à l'exposition franco-britannique de Londres (groupe II, section de peinture, il expose un portrait sous le , du catalogue). Il a comme parrain Albert Lambert fils, sociétaire de la Comédie-Française. Base Léonore, dossier : 19800035/0017/2164.. Il est promu officier de la Légion d'honneur par décret du Pris sur le rapport du ministre de l'Instruction publique pour son tableau intitulé Christiane, présenté à l'exposition de Gand (Belgique). Il a comme parrain le peintre, Henri Gervex, commandeur de la légion d'honneur. Il est alors toujours domicilié à Paris au avenue de Villiers à Paris..

Première Guerre mondiale

Mobilisé dès le début de la Première Guerre mondiale, Lucien-Victor Guirand de Scévola comme l'un des inventeurs du camouflage militaire : en tout cas il s’en est attribuée l’invention dans Souvenirs du camouflageCécile Coutin, « Origines de la tenue camouflée », Corps, 2014/1 12, 139-141.. À l'automne 1914, sur le front et de manière concomitante, Eugène Corbin, un soldat nancéien et son ami, le décorateur Louis Guignot, d'une part et Lucien-Victor Guirand de Scévola, d'autre part, auraient eu l'idée de recouvrir les pièces d'artillerie de toiles peintes se fondant dans le paysage pour éviter leur repérage par l'ennemi. Les deux artistes qui ne se connaissaient se rencontrent en et forment officieusement une « équipe d'art ».

Le , le maréchal Joffre, convaincu de ce nouvel art militaire, donne une organisation régulière aux camoufleurs rassemblés en une unité rattachée d'abord à son grand quartier général puis, en , au du génie, en la plaçant sous le commandement de Guirand de Scévola. Des ateliers secondaires sont créés à Châlons-sur-Marne, à Noyon et à Chantilly. La création des sections de camouflage permet à des artistes de mettre leur talent au service de la France. Ainsi, émergèrent des maîtres du camouflage comme André Mare, Jean-Louis Forain, Auguste Desch, Georges Mouveau et André Dunoyer de Segonzac. Guirand de Scevola indiquait concernant son invention :

Guirand de Scévola est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur par décret du pris sur le rapport du ministre de l'Éducation nationaleLes renseignements produits par le ministre à l'appui du projet de décret indiquent : Il est alors domicilié au avenue des Champs-Élysées..

Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Guirand de Scévola est un partisan de la collaboration artistique avec l'Allemagne et un critique de "l'art juif"B. Bonnet Saint-Georges, Un pastel de Guirand de Scévola pour Sète, La Tribune de l'art (24 juin 2021)..

Lucien-Victor Guirand de Scévola et son épouse vont passer de très nombreux et réguliers séjours dans la propriété gardoise, le château de Montsauve à Sauveterre, dont elle hérite de sa mère, Alice Panot, et où ils accueilleront de nombreux artistes et autres personnalités. En 1946, la commune acquiert le château pour y héberger les écoles, puis la mairie. La commune a reçu de Jeanne Marguerite Fournials, élève de Guirand de Scevola, un fonds de tableaux peints par son maître qui y sont conservés.

Guirand de Scévola meurt sans postérité le à son domicile parisien, au 119, rue de Courcelles dans le . Il est inhumé le à Paris au cimetière de Montmartre après une cérémonie religieuse célébrée à l'église Saint-François-de-Sales, sa paroisse.

Œuvres dans les collections publiques

Brest, musée des Beaux-Arts : Portrait du sculpteur Paul-François Berthoud, toile marouflée sur carton fort, .. Montpellier, musée Fabre : Tête de femme (de profil), aquarelle sur papier avec traits de crayon et rehauts de papier doré ; Paris, musée d'Orsay : Portrait de ; Portrait de Madame Aïda Boni ; Sète, théâtre Molière : décor du foyer et panneaux.

Salons Salon de la Société nationale des beaux-arts : 1896 : Portrait du peintre Abel Truchet dans son atelier, pastel ; 1908 : Portrait du marquis de Massa, pastelSociété nationale des beaux-arts, Catalogue illustré du Salon de 1908. ; 1909 : Portrait de , pastel ; 1909 : Cour d'honneur, pastel ; 1911 : Portrait de , pastel ; 1912 : Portrait de , pastel ; 1913 : Aïda Boni, de l'Opéra, pastel ; 1910 : Portrait de , pastel ; 1920 : Le Château de Versailles, pastel.

Expositions au : La Bodinière, rue Saint Lazare à Paris, avec E. Berton, Ch. Schuller et Pal. La chronique des Arts écrit : Union du cercle artistique. Société des artistes français. Société des aquarellistes français. Exposition de Saint-Louis. Exposition de Liège. Exposition de Londres. 1910 : Exposition de Gand. 1923 : Paris, galerie Georges Petit. 1935 : galerie Borghèse.

Récompenses Société des artistes français : mention honorable en 1897, médaille de bronze en 1900. Société nationale des beaux-arts : prix Puvis de Chavanne en 1934 pour L'Atelier et plusieurs autres peintures et pastels.

Décorations par décret du par décret du par décret du

en 1898

Notes et références

Annexes

Bibliographie Dictionnaire Bénézit.

Littérature Personnage important de la quatrième partie du roman italien de Wu Ming L'invisibile ovunque (Einaudi, 2015), en français : L'invisible partout, Paris, Métailié, . 208 pp, traduit par Serge Quadruppani

Liens externes

« Le camouflage pendant la Première Guerre mondiale, une arme qui trompe mais qui ne tue pas » de Cécile Coutin

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