est un yōkai, créature du folklore japonais. Il est habituellement représenté sous la forme d’un petit oni auquel on attribue le pouvoir de provoquer chez une personne ses désirs les plus sombres et, par conséquent, l'inciter à perpétrer des actes répréhensibles. En japonais moderne, le terme est utilisé pour désigner l’esprit de contradiction天邪鬼, コトバンク..
Origine On convient généralement que l’amanojaku provient d’, une déité maléfique issue de la mythologie japonaise, qui partage avec l’amanojaku la capacité contre-nature de voir dans le cœur des gens. Au fil du temps, elle évolua vers une figure de petit démon farceur, capable de deviner les intentions humaines pour mieux s’y opposer.
Le terme sagume signifierait "devin" ou "voyant", d'où dériverait, selon l'opinion généralement admise, le nom de la figure démoniaque bouddhique de l'amanojaku. Dans le récit du Kojiki, Ame no Sagume, décrite comme un kami vassal d'Ame no Wakahiko, aperçoit depuis un arbre le faisan Nakime, envoyé par les kami célestes pour observer les intentions de ce dernier; y voyant un présage funeste, elle le convainc de tuer l'oiseau d'une flèche, geste qui causera, par le retour de cette même flèche, la propre mort d'Ame no Wakahiko.
Selon d’autres sources, l’amanojaku aurait été introduit au Japon pendant la période Yamato, à l'époque de la propagation du bouddhisme. Les premières traces dans la littérature japonaise de l’amanojaku datent du , où il est mentionné dans le Kojiki et le Man'yōshū.
L’introduction de la créature dans les croyances bouddhistes se serait peut-être faite par syncrétisme avec les yaksha. Associé aux , il est considéré comme un adversaire de premier plan des enseignements bouddhistes. C’est pourquoi il est souvent représenté piétiné ou soumis aux grandes figures du bouddhisme, comme les shukongōshin ou les quatre rois célestes, en particulier Bishamonten, dont ce démon orne parfois le ventre. Dans ce contexte, il est aussi désigné sous le nom de .
D’autres auteurs pensent que l’amanojaku serait issu d’une figure démoniaque du folklore chinois désigné sous le nom de la divinité primaire du fleuve jaune, lui-même parfois assimilé à , une autre divinité associée à l’eau moins connue, mais qui peut se lire en japonais « amanojaku ». Ces figures d'origine étrangère ont fusionné avec les croyances locales liées à l’amanojaku.
Mentions
Dans la littérature Dans l’encyclopédie d’époque Edo « Wakan sansai zue », l’on cite le « Sendai kuji hongi », rapportant que de l’esprit déchaîné du héros divin Susanoo naquit la déesse Amanozako, considérée comme l’ancêtre des amanojaku et des tengu村上健司(編著), 『日本妖怪大事典』, 角川書店, 2005, p. 19–21..
Légendes locales L’une des apparitions les plus connues de l’amanojaku est dans le conte populaire , dans lequel un couple de personnes âgées chérissent et abritent du monde extérieur une fille miraculeusement née d'un melon. Un jour, elle laisse naïvement entrer l’amanojaku dans leur demeure où celui-ci, selon les versions, l’enlève ou la dévore et parfois se fait passer pour elle en portant sa peau écorchée.
L’amanojaku est décrit dans les contes populaires (setsuwa) comme un yōkai capable de lire les pensées humaines pour les singer ou s’en moquer上田正昭ほか, 『コンサイス日本人名辞典 第5版』, 三省堂, 2009, p. 52.. Selon les régions, les croyances diffèrent :
Dans les districts d’Akita (Hiraka), d’Ibaraki (Inashiki), de Gunma (Ōra), et de Shizuoka (Tagata), Amanojaku désigne des créatures folkloriques liées à l’écho, comme les kodama ou les yamabiko山崎雅子ほか, 『日本昔話事典』, 弘文堂, 1977, p. 26.民俗学研究所(編), 『民俗学辞典』, 東京堂, 1951, p. 11.. Ces échos seraient donc perçus comme des voix imitées par un amanojaku大藤時彦ほか(編), 『綜合日本民俗語彙』第1巻, 平凡社, 1955, p. 47–48.. Dans les préfectures de Tochigi, Toyama et Gifu, le terme désigne parfois la yamauba. Dans certaines traditions locales comme à Hakone ou Izu, l’amanojaku est un géant qui tente de détruire ou déplacer des montagnes, échouant chaque fois. On lui attribue ainsi la formation de certaines îles comme Izu Ōshima, ou la présence de pierres disséminées dans les montagnes. À Iwate, on le dit habitant les cendres du foyer. Dans le Tōhoku, Amanojaku désigne un chrysalide ou un insecte du type psocoptère à Kakunodate (Akita). À Yokote (Akita), on croit qu’il empêche les nourrissons de pleurer. Dans le district de Minamisaku (Nagano), un amanojaku de grande taille, nommé Kappō (カッポウ), aurait traversé les montagnes en un saut, laissant des traces visibles『佐久口碑伝説集 限定復刻版』, 佐久市教育委員会, 1978, p. 145..
Dans la culture populaire Amanojaku est le démon qui possède le chat Kaya dans l'anime . Dans l'anime Hanada shōnen-shi, un amanojaku est le fantôme du jour (épisodes 13 et 14). Un personnage du manga Urotsukidoji se nomme Amano Jaku. Dans la licence cross-média Yo-kai Watch, l’amanojaku est présent dans le jeu sous la dénomination française de Contrarioni.
Notes et références
Références
Bibliographie 大藤時彦ほか(編), 『綜合日本民俗語彙』第1巻, 平凡社, 1955. 村上健司(編著), 『日本妖怪大事典』, 角川書店, 2005. 山崎雅子ほか, 『日本昔話事典』, 弘文堂, 1977. 寺島良安 ; 島田勇雄ほか(訳注), 『和漢三才図会』第6巻, 平凡社〈東洋文庫〉, 1987.
Voir aussi Liste des yōkai Oni
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