Un commerciaire (en grec byzantin κομμερκιάριος / kommerkiarios) est dans l'administration de l'Empire byzantin un agent du fisc chargé du contrôle des transactions commerciales. L'activité des commerciaires est bien attestée par les sceaux du au , mais leurs fonctions et leur organisation évoluent sensiblement pendant cette période, et sont l'objet d'un débat historiographique important.
Origine des commerciaires
Les commerciaires sont probablement les successeurs des comites commerciorumJ. H. M. Jones, The Later Roman Empire, 1963, p. 826 et n. 7, p. 1342., attestés dans la Notitia DignitatumNot. Dig. Or. xiii, 6-9. et dans la législation justinienneCJ iv. xl. 2 (383-392). : ces fonctionnaires contrôlaient le commerce aux frontières de l'Empire romain d'Orient, et avaient la responsabilité de la levée d'une taxe spéciale sur les importations et les exportations de marchandises, l’octavaAntoniadis-Bibicou , p. 164.. Comme son nom l'indique, cette taxe élevée correspondait à 12,5 % (1/) de la valeur des marchandises. Ces opérations s'effectuaient dans quelques villes ou ports seulement, désignés comme postes de douane dans le ressort de chacun de ces comites commerciorum : pour la frontière avec la Perse par exemple, c'est à Nisibe puis Callinicum qu'était située la douaneJones , p. 827.. L'une des prérogatives du comes commerciorum est le monopole d'achat de la soie aux marchands persans, à une époque où les techniques de production de ce produit de luxe sont encore inconnues des RomainsOikonomidès , p. 33.. Selon le Notitia Dignitatum écrit à la fin du , il existe trois comites commerciorum sous le contrôle du comes sacrarum largitionum : un pour l'Orient et l'Égypte, un pour l'Illyricum et un pour la Mésie, la Scythie Mineure et le Pont.
Le terme de commerciaire apparaît pour la première fois dans des inscriptions fragmentaires d'une loi passée par l'empereur Anastase Ier. Ils sont positionnés dans de nombreuses régions frontalières, comme l'indiquent leurs sceaux, ce qui confirme l'affirmation de l'historien Procope de Césarée à propos de l'empereur Justinien Ier sur le fait qu'il a installé de nombreux postes de douane et a envoyé deux archontes prélever des taxes. Gabriel Millet, un byzantiniste français, considère les premiers commerciaires comme des marchands de l'empereur byzantin mais cette thèse est peu plausible. À partir du , en particulier sous Constantin IV, les commerciaires perdent cette fonction frontalière. Ils sont alors rattachés à des apothèques, qui désignent des formes de magasins. Selon une thèse de Nicolas Oikonomidès, qui est critiquée par divers historiens, c'est ce contrôle sur le transit commercial frontalier autour de la soie qui les amène à gérer la production interne de ce bien. John Haldon et Michael Hendy considèrent plutôt que les apothèques ont à voir avec l'approvisionnement de l'armée et à la perception de l'impôt associé. Ainsi, les commerciaires semblent suivre les zones de combat particulièrement actives, à l'instar d'un commerciaire de Sicile attesté vers 697, probablement en lien avec la préparation de l'expédition byzantine pour secourir Carthage, 290-291..
Bibliographie , s. v. Kommerkiarios. H. Antoniadis-Bibicou, Recherches sur les douanes à Byzance : l’« octava », le « kommerkion » et les commerciaires, Paris, 1963. Archibald Dunn, « The Kommerkiarios, the Apotheke, the Dromos, the Vardarios and the West », Byzantine and Modern Greek Studies 17, 1993, p. 3-24. Michael Hendy, Studies in the Byzantine Monetary Economy, Cambridge, 1985, p. 624-662. Nicolas Oikonomidès, « Silk trade and production in Byzantium from the sixth to the ninth century : the seals of kommerkiarioi », Dumbarton Oaks Papers, 1986, p. 33-53.
Nicolas Oikonomidès, « The Role of the State in the Economy », p. 984 sqq.
Articles connexes Kommerkion
Notes et références
Catégorie:Titre administratif byzantin Catégorie:Économie au haut Moyen Âge