Le musée Grobet-Labadié est un musée marseillais abritant les collections ayant appartenu à une très riche famille marseillaise. Ce musée se situe dans l'hôtel particulier construit en 1873, face au palais Longchamp, sur les plans de l'architecte Gabriel Clauzel pour Alexandre Labadié (1814-1892) qui était non seulement un riche industriel et négociant, mais fut également préfet des Bouches-du-Rhône, président du Conseil général et députéRoland Caty, Eliane Richard et Pierre Echinard, Les Patrons du second Empire, Paris, Picard, 1999, p. 191-194, .

Marie, fille unique d'Alexandre Labadié, épouse en premières noces le frère de Paul Vayson, Bruno Vayson, un notable propriétaire de plusieurs châteaux et maire de Murs. Après son veuvage en 1896 elle se remarie avec Louis Grobet, son professeur de musique et peintre, qui décède en 1917 de la grippe espagnole. De 1873 à 1917 elle parcourt l'Europe successivement avec son premier puis second mari à la recherche d'œuvres d'art. Sa fortune et celles de ses maris lui permettent d'acquérir plus de sept mille pièces pour meubler son hôtel particulier. Après le décès de son second mari, sans enfant, elle décide de faire don de son vivant à la ville de Marseille par acte du de la collection familiale ainsi que de l'hôtel particulier du lui appartenant, à charge pour la municipalité de le transformer en musée. Par une résolution du , la ville de Marseille accepta le don. Pour compenser son manque d'enthousiasme initial, elle finança elle-même une partie des aménagements.

Le musée est inauguré le par le maire Siméon Flaissières et ouvre enfin ses portes au public en Renée Dray-Bensousan, Hélène Echinard, Régine Goutalier, Catherine Maran-Fouquet, Eliane Richard et Huguette Vidalou-Latreille, Marseillaises, vingt-six siècles d’histoire, Aix-en-Provence, Edisud, 1999, . Depuis ce jour, la ville de Marseille a préservé ce musée ainsi que sa collection. Il fait actuellement partie du Pôle Arts-décoratifs dont la directrice est Marie-Josée Linou.

On accède au musée soit par la ligne de métro 1, station Longchamp-Cinq-Avenue soit par le Bus 81, soit par le tramway, station Lonchamp.

Les objets collectionnés par Marie et Louis Grobet sont aussi nombreux que variés : meubles, tableaux, tapisseries, sculptures, faïences, tapis, soieries, instruments de musique, etc. Ils sont présentés dans l’hôtel particulier qui comporte un rez-de-chaussée et deux étages desservis par un escalier lui-même décoré de tableaux.

Le musée a obtenu le label « musée de France » en 2003 et est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du . Un arrêté de classement du se substitue à l'arrêté d'inscription.

Rez-de-chaussée

Outre l’entrée où se trouvent une horloge de parquet du , une chaise à porteur du et un fragment de bas-relief représentant le jugement dernier, sont présentées à ce niveau quatre salles d’exposition : antichambre, salon, boudoir et salle à manger.

Antichambre thumb|left|Table console.Provence (). Dans cette pièce est exposée une table console provençale en fer forgé et tôle dorée avec un plateau et une base en brèche violette. Au-dessus de cette console est suspendue une tapisserie d'Aubusson du appelée « paysage exotique avec chien ». Faisant face à cette tapisserie une autre de la manufacture de Bruxelles du représente « un paysage avec jardin à la française, fontaine et architecture ».

Dans un vitrine sont exposées des faïences de Moustiers : seau à rafraîchir, couteaux de table avec leur coffret de cuir, assiettes et plats.

Accrochés au mur se trouvent quelques tableaux : portrait de jeune homme par Gerard ter Borch (1617-1681) et un portrait d’homme à la fraise attribué à Cornelis Ketel (1548-1616).

Salon thumb|right|Vue générale du salon. Au centre de ce salon est placé un clavecin copie d’un modèle italien, en bois doré et peinture sur cuivre. Une suite de huit fauteuils et un canapé revêtus de tapisseries d’Aubusson représentants les fables de La Fontaine sont placés dans la pièce. Sur la cheminée se trouve une statue en marbre représentant l’harmonie, sculptée par Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887).

Les murs sont décorés par cinq tapisseries d’Aubusson du dites « aux alentours » d’après les cartons de Jean-Baptiste Huet (1745-1811) et par divers tableaux : portrait de femme par Dominique Papety (1815-1849), portrait de la princesse Marie-Charlotte par Jean-Baptiste Isabey (1767-1855) et portrait de femme au collier de perles par Tiaze.

Boudoir

Dans cette pièce se trouvent une petite commode tombeau à deux tiroirs en palissandre et noyer d’époque Régence ainsi qu’une tapisserie de la manufacture d’Aubusson du représentant la cueillette des fruits.

Salle à manger

Au centre de la pièce une table est décorée par de la vaisselle en faïence de Moustiers de la veuve Perrin. Il y a également un buffet à deux corps en bois de chêne du .

Premier étage

À ce niveau se trouvent : la salle des primitifs, une antichambre, un cabinet des curiosités, une chambre Louis XV, un bureau, un salon Louis XVI et un cabinet des faïences.

Salle des primitifs thumb|Salle des primitifs. Dans cette salle se trouve une armoire à deux corps en bois de noyer et d'olivier datant du : le meuble est surmonté d'un fronton orné d'un masque et de cornes d'abondance ; un guerrier antique et une Diane chasseresse décorent les panneaux des battants supérieurs séparés par trois montants sculptés de branches d'olivier avec leurs fruits. thumb|left|École espagnole.Christ en croix avec Marie et Jean. Dans une vitrine sont exposés des objets orientaux : casque turc du avec un pourtour gravé de caractères arabes, bassin d'Iran en cuivre incrusté d'argent ciselé datant du , un bassin à fond plat d'Égypte en cuivre ciselé datant du et des objets d'Iran du (poudrière, vase, pyxides, coupe, etc.).

Les murs sont décorés par de nombreux tableaux : Vierge en adoration attribuée à Alesso Baldovinetti, La Vierge, l'Enfant et un donateur attribuée à Joos van Cleve, Portrait de femme au béguin blanc par Bartholomaeus Bruyn le Vieux, une Vierge à l'Enfant dans un paysage par Jan van Scorel et un Portrait de femme attribué à Nicolas Neufchâtel. Une attention particulière peut être portée au tableau attribué à Pierre Vilatte représentant Saint Bernardin de Sienne et deux donateurs : en effet, les deux donateurs qui sont figurés sur cette prédelle d'un tableau seraient Isabelle Ire de Lorraine première épouse du roi René d'Anjou, comte de Provence et son fils Jean de Calabre.

Antichambre

Dans cette salle se trouve une console (1700-1730) en bois doré de style Régence. Un cabinet italien portatif du en bois de poirier teinté et d'ébène incrusté de plaques d'ivoire est posé sur une table à plateau marqueté de la deuxième moitié du . Sur les murs sont accrochées deux tapisseries : la diseuse de bonne aventure de la manufacture de Bruxelles et le déjeuner sur l'herbe de la manufacture de Beauvais toutes deux du .

Cabinet des curiosités

Dans une grande vitrine sont exposés de nombreux objets : microscope du avec son coffret, lanterne magique du , boites et étuis divers. Sur un pan de mur est accroché un cartel de la première moitié du signé N. Delaunay à Paris ; la marqueterie est en cuivre et écailles, sous le cadran un bronze doré représente le lever du jour avec le char du soleil.

Chambre Louis XV thumb|Chambre Louis XV. Un lit à baldaquin dit d'ange est placé au centre de la pièce. Une table console du début du en bois doré attribuée à Bernard Turreau est surmontée d'un miroir aux armes de la maison d'Autriche. Les autres meubles sont : une armoire du pays de Rennes du , une demi-commode à trois tiroirs du estampillée J.B. Detroulleau, une suite de quatre fauteuils et une commode secrétaire à dos d'âne.

Quelques tableaux complètent la décoration : Portrait d'homme en cuirasse attribué à Jean-Marc Nattier, un Portrait de femme à mi-corps de l'école de Fontainebleau et l'Adoration des bergers par Esteban Bartolomeo Murillo ; ce dernier tableau est une esquisse réalisée pour le cycle de la Vierge du couvent des Capucines à Gênes.

Deux tapisseries de la manufacture d'Aubusson ornent également cette pièce : « Le festin de Bacchus ou l'alliance de Bacchus et de l'Amour » et « L'éducation d'Apollon » toutes deux d'après un carton d'Antoine Coypel (1661-1722).

Bureau

Dans cette salle est placé un bureau à cylindre du dont la marqueterie est constituée de bois de violette, d'acajou et de sycomore. Dessus le bureau sont placés deux bronzes d'Antoine-Louis Barye représentant un lion. les tableaux sont : un portrait de femme dans un parc par Adèle Romany, le cygne et les canards d'une école hollandaise et des enluminures représentant la Résurrection, sainte Marguerite et le dragon et le Christ et saint Jean-Baptiste.

Salon Louis XVI thumb|Salon Louis XVI. Cette pièce est décorée de petits meubles : deux chiffonnières (1770-1790) en bois plaqué d'acajou ou de bois de rose, un bonheur-du-jour à volets, un secrétaire à abattant en bois marqueté de sycomore, acajou, palissandre et ébène, une commode et une table.

Sur les murs sont accrochées deux tapisseries en laine de la manufacture royale des Gobelins de la fin du ; elles ont été réalisées d'après les peintures de Charles Le Brun (1619-1690) qui ornaient le pavillon de l'Aurore dans le parc de Sceaux. Cette tenture comprenait six pièces correspondant aux quatre saisons : Printemps (deux pièces), Été (une pièce), Automne (deux pièces) et Hiver (une pièce). Des tableaux décorent également cette pièce, notamment des toiles du peintre arlésien, Antoine Raspal.

Cabinet des faïences

Dans une vitrine sont exposées des assiettes et des plats en provenance de la fabrique Olerys à Moustiers ou de la fabrique de la veuve Perrin à Marseille. Il y a également des faïences de Rouen. Dans un vitrine particulière est exposée de la porcelaine d'Imari du Japon de la fin du ; il s'agit d'un plat circulaire à décor floral de pivoines et d'assiettes diverses à décor également floral.

Deuxième étage Salle de ferronnerie

Dans cette salle sont exposées diverses serrures : une serrure de coffre à moraillon de la fin du avec un décor de petits personnages et des figures de saints, une serrure de porte dite « à vertevelle » de la fin du , une serrure de porte à pêne avec sa clef du début du . Quelques armes complètent l'exposition : morion italien, arbalète de femme, hallebarde toutes du .

Antichambre thumb|Salomon et la reine de Saba.Tapisserie des Flandres. Une tapisserie des Flandres de la fin du (H275x275cm) représente Salomon et la reine de Saba. Diverses statues complètent la décoration : une sainte Madeleine en pierre polychrome du qui proviendrait de l'église des Célestins d'Avignon et ferait partie d'un ensemble de statues dont deux sont exposées au musée Calvet, une Vierge à l'enfant, etc.

Dans une vitrine sont exposées diverses faïences : chevrette à eau de rose du , amphore de pharmacie avec inscription « aqua rosata », divers plats. Une partie de ces poteries concerne des céramiques ottomanes avec des décors de fleurs caractéristiques : tulipes, églantines, œillets et jacinthes.

Sur une table est placé un pot à pharmacie de la manufacture de Saint-Jean-du-Désert à Marseille ; cette faïence à décor de grand feu date du début du .

Salle des sculptures

Dans cette salle sont exposées de nombreuses sculptures des de diverses provenances : Allemagne, Autriche, Flandres, Bourgogne, etc.

Salon de musique

Louis Grobet ayant été musicien, il est normal qu'un grand nombre d'instruments de musique aient été collectionnés. On peut remarquer une harpe du , une vielle à roue datée de 1757 avec un pourtour décoré de nacre et d'ébène, une musette à bouche en cuivre, soie brochée et ivoire. Dans une vitrine de nombreux instruments sont également présentés.

Cette pièce est surtout remarquable par les nombreux tableaux qui la décorent. Des peintres connus y sont présents.