Edwige Fenech, née le à Bône en Algérie française (aujourd'hui Annaba en Algérie), est une actrice, animatrice de télévision et productrice française naturalisée italienne, surtout connue pour avoir joué de la fin des années 1960 au début des années 1980 dans de nombreux films des genres du giallo et de la comédie érotique italienne.
Biographie Jeunesse en Algérie française, en Tunisie et en France Edwige Fenech est née à Annaba (alors appelée Bône), dans ce qui était alors l'Algérie française., le , d'un père maltais et d'une mère italienne originaire d'Acate, dans la province de Raguse, dont elle deviendra plus tard citoyenne d'honneur... À l'âge de neuf ans, elle entre dans le corps de ballet de Bône. Durant la guerre d'Algérie, sa famille s'installe en Tunisie. Après le divorce de ses parents, elle déménage avec sa mère à Nice, en France, où elle fréquente le lycée et étudie la danse et la médecine. Elle y est remarquée alors qu'elle se promène dans la rue et obtient un petit rôle dans le film Toutes folles de lui (1967) réalisé par Norbert Carbonnaux et dialogué par Michel Audiard..
vignette|Edwige Fenech dans L'Étrange Vice de madame Wardh (1971). En 1967, elle participe au concours de beauté Lady France, qui a lieu en mai pendant le Festival de Cannes et qu'elle remporte, obtenant ainsi le droit de participer à Lady Europe en tant que représentante de son pays ; l'événement a lieu en août et Fenech arrive troisième, derrière la gagnante Dolores Agusta et l'Espagnole Rocío Jurado.. Bien qu'elle n'ait pas gagné, elle a été remarquée par un découvreur de talents qui lui propose de tourner en Italie le film Samoa, fille sauvage (1968), réalisé par Guido Malatesta, en tant qu'actrice principale ; elle s'est ensuite installée en Italie avec sa mère à l'âge de dix-huit ans.
Arrivée en Italie, détour par l'Allemagne, spécialisation dans le giallo Après ce film et le suivant, Le Fils de l'Aigle noir (1968), également réalisé par Guido Malatesta, Edwige Fenech travaille quelque temps en Allemagne notamment avec Franz Antel dans les comédies érotiques Oui à l'amour, non à la guerre (1968) puis L'Auberge des plaisirs (1969), puis revient en Italie pour tourner deux films avec le duo de comédiens Franco et Ciccio, L'Année de la contestation et Satiricosissimo (1970) dans lequel elle joue l'impératrice Poppée, une parodie érotique réalisée par Mariano Laurenti du film de Fellini Satyricon. Entre la fin des années 1960 et le début des années 1970, elle joue dans des films du genre giallo en vogue ces années-là. Elle participe d'abord au film L'Île de l'épouvante (1970) de Mario Bava avant d'entamer une association durable avec le réalisateur Sergio Martino, en commençant par sa « trilogie du vice » qui font d'elle une icône du giallo : L'Étrange Vice de madame Wardh (1971), Toutes les couleurs du vice (1972) et Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé (1972).
Comédie érotique italienne vignette|gauche|Edwige Fenech dans Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé (1972). La consécration survient en 1972 lorsqu'Edwige Fenech joue dans le decamerotico de Mariano Laurenti, Fais vite, monseigneur revient !, un film qui devient culte avec les années, comme plus tard Mademoiselle cuisses longues. Dès lors, pendant une dizaine d'années, elle est la tête d'affiche de la comédie érotique italienne, avec tous ses sous-genre : école, militaire, hôpital, poliziottesco. Les premiers films d'Edwige Fenech dans ce dernier genre sont Sexycon (1976) de Sergio Martino, avec Tomás Milián, et La Flic chez les poulets (1976) avec Mario Carotenuto et Alvaro Vitali, dans lequel elle joue une policière provocante. Elle continuera dans cette série La Flic avec La Flic à la police des mœurs (1979) jusqu'au dernier film de la série en 1981, Reste avec nous, on s'tire. En 1976, elle apparaît dans le film à succès On a demandé la main de ma sœur, réalisé par Lucio Fulci. La même année, elle est la tête d'affiche de La Toubib du régiment de Nando Cicero, un film qui aura également plusieurs suites dont La toubib se recycle (1977) de Michele Massimo Tarantini.
Outre les comédies érotiques, l'actrice apparaît également dans quelques films à suspense et d'épouvante dans les années 1970 : outre la « trilogie du vice » de Sergio Martino, elle joue dans Les Rendez-vous de Satan (1972) de Giuliano Carnimeo et Nue pour l'assassin (1975) d'Andrea Bianchi. Elle participe également au film de guerre La Grande Bataille (1978) d'Umberto Lenzi et au film fantastique Dottor Jekyll e gentile signora (1979) de Steno.
Essor de la télévision Son succès auprès du public masculin, qui l'a propulsée comme une véritable icône de l'érotisme, doit beaucoup à la mise en scène séductrice de son corps, que les réalisateurs n'hésitent pas à exploiter dans chaque film. Edwige Fenech pose nue à plusieurs reprises pour l'édition italienne du magazine Playboy. Une fois la saison cinématographique terminée, dans les années 80, avec la naissance des premières chaînes privées, elle participe aux émissions , diffusées en 1983 sur Italia 1, (1984, avec Franco et Ciccio), également diffusée sur Italia 1 et lauréate du Telegatto, et à l'édition 1985 de , une émission de variétés du samedi soir diffusée sur Canale 5 et également lauréate du Telegatto, avec Lino Banfi et Paolo Villaggio. vignette|redresse|gauche|Edwige Fenech dans Un vice de famille (1975). Elle fait ses débuts au théâtre en 1985 avec la tragédie D'amore si muore de Giuseppe Patroni Griffi, avec Massimo Wertmüller, Fabrizio Bentivoglio et Monica Scattini.. Elle a ensuite animé les émissions (1986), (1987-88), (1988), Palcoscenico Italia (1988), (1989), Un tesoro di capodanno sur Rai 1, mais sa percée à la télévision a eu lieu avec l'édition 1989-90 de Domenica in, sous la direction de Gianni Boncompagni. Elle présente le Festival de Sanremo en 1991, avec Andrea Occhipinti, et elle anime ensuite Singoli (1997), toujours sur Rai 1.
Dans les années 1990, elle commence à travailler à plein temps dans la production télévisuelle et cinématographique par le biais de sa société Immagine e cinema. La première œuvre qu'elle a produite est le feuilleton de Giorgio Capitani, en 1992. Parmi les films qu'elle a produits figure un des derniers films de Lina Wertmüller intitulé Ferdinando e Carolina (1999), mais aussi À ma sœur ! (2001) de Catherine Breillat, Fragile (2005) de Jaume Balagueró ou Le Metteur en scène de mariages (2006) de Marco Bellocchio. En 2007, elle revient devant la caméra, contactée par le réalisateur américain Quentin Tarantino, pour une apparition dans Hostel, chapitre II d'Eli Roth. Ce dernier revendique en outre sa « vénération » pour la vedette italienne.. Tarantino la considère également comme une « muse ». et il avait fait un clin d'œil à l'actrice dans Inglourious Basterds, le personnage joué par Mike Myers étant appelé « Ed Fenech » en son hommage. En 2012, elle a joué le rôle de Catherine II de Russie dans le téléfilm , dont elle est également productrice. De 2015 à 2018, elle a joué dans la série , diffusé sur Rai 1, avec Claudio Santamaria et Claudia Pandolfi, dont elle était également productrice.
Vie privée Edwige Fenech a d'abord été liée pendant environ onze ans au réalisateur et producteur Luciano Martino, puis pendant dix-huit ans à l'industriel Luca di Montezemolo.
Elle a un fils nommé Edwin Fenech, né en 1971, dont la paternité a fait l'objet de rumeurs de scandale. Dans un premier temps, Fenech a attribué la paternité de l'enfant à l'acteur Fabio Testi, avec qui elle a entretenu une relation amoureuse pendant trois ans, déclarant à l'hebdomadaire Eva Express que l'enfant était le fruit de son désir personnel et qu'il était né lorsque sa relation avec Testi était usée.. Par la suite, elle a démenti à plusieurs reprises cette paternité, sans toutefois révéler l'identité du père.
Filmographie Actrice de cinéma Années 1960 1967 : Toutes folles de lui de Norbert Carbonnaux : Gina 1968 : Samoa, fille sauvage (Saoma regina della giungla) de Guido Malatesta : Samoa 1968 : Le Fils de l'Aigle noir (Il figlio di Aquila Nera) de Guido Malatesta : Nastacia 1968 : Oui à l'amour, non à la guerre (Frau Wirtin hat auch einen Grafen) de Franz Antel : Céline 1969 : L'Auberge des plaisirs (Frau Wirtin hat auch eine Nichte) de Franz Antel : Rosalie Bobinet 1969 : La Dernière Balle à pile ou face () de Piero Pierotti : Manuela 1969 : Les Vierges folichonnes (Komm, liebe Maid und mache) de Giuseppe Zaccariello : Felicitas 1969 : L'Année de la contestation (Don Franco e don Ciccio nell'anno della contestazione) de Marino Girolami : Anna Bellinzoni 1969 : Top Sensation d'Ottavio Alessi : Ulla 1969 : L'Ingénue perverse (Madame und ihre Nichte) d'Eberhard Schröder : Yvette 1969 : de Franz Marischka : Hong-Kong 1969 : Les petites chattes sont toutes gourmandes (Alle Kätzchen naschen gern) de Giuseppe Zaccariello : Blande 1969 : Les Folles Nuits de la Bovary (Die nackte Bovary) de Hans Schott-Schöbinger : Emma Bovary
Années 1970 vignette|Edwige Fenech dans La signora gioca bene a scopa? (1974). 1970 : Satiricosissimo de Mariano Laurenti : Poppea 1970 : Le Mans, chemin pour l'enfer (Le Mans - Scorciatoia per l'inferno) d'Osvaldo Civirani : Cora 1970 : L'Île de l'épouvante (5 bambole per la luna d'agosto) de Mario Bava : Marie Chaney 1971 : Le Désert de feu (Deserto di fuoco) de Renzo Merusi : Juana 1971 : L'Étrange Vice de madame Wardh (Lo strano vizio della signora Wardh) de Sergio Martino : Julie Wardh 1971 : La Vie sexuelle de Don Juan (Le calde notti di Don Giovanni) d'Alfonso Brescia : Aisca 1972 : Toutes les couleurs du vice (Tutti i colori del buio) de Sergio Martino : Jane Harrison 1972 : Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé (Il tuo vizio è una stanza chiusa e solo io ne ho la chiave) de Sergio Martino : Floriana 1972 : Les Rendez-vous de Satan (Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer?) de Giuliano Carnimeo : Jennifer Lansbury 1972 : Quando le donne si chiamavano madonne d'Aldo Grimaldi : Giulia 1972 : La Belle Antonia, d'abord ange puis démon (La bella Antonia, prima monica e poi dimonia) de Mariano Laurenti : Antonia 1972 : Fais vite, monseigneur revient ! (Quel gran pezzo dell'Ubalda tutta nuda e tutta calda) de Mariano Laurenti : Ubalda 1973 : Mademoiselle cuisses longues (Giovannona coscialunga, disonorata con onore) de Sergio Martino : Giovannona Coscialunga 1973 : L'Homme aux nerfs d'acier (Dio ! sei un padreterno) de Michele Lupo : Orchidea 1973 : Fuori uno sotto un altro, arriva il Passatore de Giuliano Carnimeo : Mora 1973 : L'Emprise des sens (Anna, quel particolare piacere) de Giuliano Carnimeo : Anna Lovisi 1974 : de Mariano Laurenti : Catarina Prevosti 1974 : La signora gioca bene a scopa? de Giuliano Carnimeo : Eva 1974 : La Belle et le Puceau (Innocenza e turbamento) de Massimo Dallamano : Carmela Paterno 1975 : Un vice de famille (Il vizio di famiglia) de Mariano Laurenti : Suzie 1975 : Marche pas sur ma virginité (La moglie vergine) de Marino Girolami : Valentina 1975 : La prof donne des leçons particulières (L'insegnante) de Nando Cicero : Giovanna Pagaus 1975 : Ah ! mon petit puceau ! (Grazie... nonna) de Marino Girolami : Marianna Persiquetti 1975 : Nue pour l'assassin (Nude per l'assassino) d'Andrea Bianchi : Magda Cortis 1976 : Qui chauffe le lit de ma femme ? (Cattivi pensieri) d'Ugo Tognazzi : Francesca Marani 1976 : La Toubib du régiment () de Nando Cicero : Elena Dogliozzi 1976 : La Flic chez les poulets () de Michele Massimo Tarantini : Gianna Amicucci 1976 : Sexycon (40 gradi all'ombra del lenzuolo) de Sergio Martino : Emilia Chiapponi 1976 : On a demandé la main de ma sœur () de Lucio Fulci : juge Viola Orlando / Rosa Orlando 1977 : Lâche-moi les jarretelles () (VF : Monique Thierry) de Luciano Martino : Gioa Ferretti