Bassaricyon gabbii, le Bassaricyon de Gabb, mais plus connu sous les noms d’Olingo de Gabb ou Olingo commun, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des procyonidés. Originaire d'Amérique centrale, il s’agit de l’espèce la plus commune de son genre, ainsi que la première décrite scientifiquement. C’est un animal discret qui vit dans la cime des grands arbres et consomme des fruits et du nectar. C’est une espèce encore très mal connue à l’état sauvage si bien que de nombreuses informations à son sujet entrent en contradiction les unes avec les autres. Comme son aire de répartition est vaste, il est classé « préoccupation mineure » par l’UICN, mais il est toujours menacé par la fragmentation de son habitat.

Dénominations Nom scientifique valide : Bassaricyon gabbii (Allen, 1776) selon ; Nom normalisé anglais : Northern Olingo ; Nom vulgaire recommandé en français : Olingo de Gabb ; Noms vulgaires typiques en français : Olingo commun ; Autres noms vulgaires : Bassaricyon de Gabb ; Noms vernaculaires : Bassaricyon, Olingo, Cataquil. Taxinomie

L'espèce doit son nom à William More Gabb, qui a rapporté les spécimens (une peau et un crâne) au zoologiste Joel Asaph Allen.

Dans sa publication de 1876, Joel Asaph Allen décrit Bassaricyon comme nouveau genre et sa nouvelle espèce associée Bassaricyon gabbii au sein des Procyonidés, en se basant sur un unique crâne âgéL'holotype, enregistré sous le numéro 14 214 collecté par le professeur W. M. Gabb lors d'une étude scientifique au Costa Rica, la peau associée ayant été accidentellement égarée à ce moment-là.

Environ un an plus tard, en 1877, Allen publie une note complémentaire annonçant que la peau de ce même spécimen, une femelle adulte ou très âgée provenant de Talamanca au Costa Rica, a été retrouvée lors de la réorganisation des collections du National Museum et lui a été confiée par Spencer F. Baird, ce qui lui permet enfin d'en décrire en détail les caractères externes, la toison et la coloration.

Phylogénie

Plusieurs études moléculaires récentes ont permis d'établir les relations phylogénétiques entre les procyonidés, notamment le genre des Olingos, illustrées dans le cladogramme ci-dessous :

Populations et sous-espèces Pendant un temps, certains auteurs ne reconnaissaient qu'une seule espèce au sein du genre des olingos (Bassaricyon), Bassaricyon gabbii étant alors considérée comme la seule espèce reconnue du genre. Une révision approfondie du genre a toutefois montré qu'il comprenait quatre espèces distinctes, dont l'Olingo de Gabb, Bassaricyon gabbii. Cette révision a également conduit à placer deux taxons autrefois considérés comme des espèces distinctes, Bassaricyon lasius et Bassaricyon pauli, en synonymie avec B. gabbii.

Les plus proches parents de B. gabbii sont B. alleni et B. medius, deux espèces d'olingos des basses terres du Panama et du nord-ouest de l'Amérique du Sud. Les analyses phylogénétiques indiquent que B. gabbii a divergé de ces deux espèces il y a environ 1,8 million d'années.

Auparavant, trois sous-espèces étaient reconnues pour l'Olingo de Gabb, dont la sous-espèce nominale : B. g. gabbii, B. g. richardsoni et B. g. medius. La révision du genre réalisée par Helgen et al. a toutefois conduit à revoir ce découpage taxonomique.

La population du nord du Nicaragua, correspondant au taxon B. g. richardsoni, présente notamment un pelage légèrement plus roussâtre que celui des individus du Costa Rica et de l'ouest du Panama. Cette population pourrait ainsi justifier la reconnaissance d'une sous-espèce distincte, pour laquelle le nom Bassaricyon g. richardsoni J.A. Allen, 1908 serait disponible. Toutefois, les auteurs de la révision considèrent que des examens et des analyses supplémentaires sont nécessaires avant de lui reconnaître formellement ce statut.

B. g. medius, autrefois considéré comme une sous-espèce de B. gabbii, est en moyenne plus petit que ce dernier. Les analyses morphologiques et génétiques ont montré qu'il constitue une espèce distincte, désormais reconnue sous le nom de Bassaricyon medius.

Deux autres formes, initialement décrites comme des espèces distinctes, ont également été réévaluées. Bassaricyon lasius Harris, 1932 a été décrit à partir d'une population provenant de la source du Rio Estrella, dans le sud du Cartago au Costa Rica. Bassaricyon pauli Enders, 1936, quant à lui, repose sur un unique spécimen type. Ces deux formes ne se distinguent de Bassaricyon gabbii que par de légères variations de la couleur du pelage et de la longueur des poils et sont aujourd'hui considérées comme des synonymes de Bassaricyon gabbii. Elles pourraient néanmoins être susceptibles d'être reconnues à l'avenir comme des sous-espèces, sous les noms de B. g. lasius et B. g. pauli. Mais pour le moment, aucune sous-espèce n’est reconnue selon .

Description vignette|gauche|Un Olingo de Gabb sur une branche, à Monteverde au Costa Rica. L'Olingo de Gabb est un animal arboricole au corps svelte, doté de pattes antérieures relativement courtes et de pattes postérieures plus longues, lui donnant l’allure d’une sorte de singe. C'est la plus grande des espèces du genre et il possède une tête aplatie et arrondie avec un museau court, de grands yeux, ainsi que de petites oreilles arrondies mesurant de 2,5 à 4,4 cm. Les deux sexes présentent une taille similaire et se ressemblent en l'absence de dimorphisme sexuel.

La fourrure est épaisse et douce, de couleur brun ou brun-gris sur la majeure partie du corps, tandis que les parties ventrales vont d’une teinte couleur crème allant du clair au jaunâtre, mais ayant parfois un ton orangé. Le milieu du dos est généralement un peu plus sombre, traversé par une bande jaunâtre s'étendant de la nuque vers les oreilles. La face présente un pelage grisâtre, l'animal possédant des yeux avec une iris couleur cannelle et des pupilles étroites et verticales. Son pelage est généralement moins roussâtre que celui des autres olingos, et ses anneaux caudaux sont un peu plus distincts.

La queue est longue, touffue à son extrémité, légèrement aplatie et comporte des anneaux discrets pouvant aller de 11 à 13. Contrairement au kinkajou, sa queue n'est pas préhensile, mais sert de balancier. La plante des pattes est poilue, les orteils sont légèrement aplatis et se terminent par des griffes courtes et incurvées, les pattes postérieures mesurant environ 6,5 à 10 cm de long.

Le crâne est grand et large par rapport aux autres espèces du genre, avec des arcs zygomatiques proéminents, surtout chez les mâles, et une crête sagittale développée chez les plus vieux. Les molaires et la bulle tympanique sont relativement petites, d’aventage que chez B. medius et B. alleni, tandis que les canines sont plus grandes. L'espèce possède une paire de glandes anales odorantes capables de produire une substance chimique malodorante en cas de danger. Les femelles possèdent une seule paire de mamelles localisée sur l'arrière de l'abdomen, près des pattes postérieures.

La longueur tête-corps est entre 36 et 42 cm, ou une longueur totale de 35 à 47 cm, voire une longueur globale allant de 75 à 95, 5 cm ou de 78 à 97 cm . La longueur de la queue est comprise entre 38 et 48 cm, ou 40 et 48 cm, représentant environ 0,9 à 1,2 fois la longueur de la tête et du corps. Le poids des adultes varie généralement de 1,2 à 1,4 kg, de 1,1 à 1,58 kg, ou de 970 à 1 500 g.

Écologie et comportement Répartition et habitat L'Olingo de Gabb se rencontre du Nicaragua au sud jusqu'au Panama, ainsi qu'au Costa Rica. Il a parfois été signalé plus au nord, au Honduras et au Guatemala, bien que sa grande similarité avec le kinkajou, plus commun, puisse rendre ces signalements douteux . L'espèce est également mentionnée par certaines sources comme s'étendant du Nicaragua jusqu'en Bolivie avec une distribution plus éparse dans le bassin occidental de l'Amazone.

L'Olingo de Gabb fréquente principalement les forêts sempervirentes, à savoir les forêts de montagne et les forêts humides tropicales, ainsi que les lisières. Il préfère la canopée supérieure de la forêt et est rarement observé au sol . Bien que certains individus aient été trouvés à des altitudes équivalentes au niveau de la mer , l'espèce habite généralement les forêts de montagne et de piémont , avec une plus forte concentration allant au-dessus de 1 000 mètres jusqu'à 1 700 ou 2 000 mètres d’altitude . Par ailleurs, il semblerait éviter les zones perturbées par l'homme, les plantations et les zones de forêt secondaire, mais d’autres sources disent le contraire.

La limite orientale de son aire de répartition dans le centre du Panama se situe entre 81° et 80° de longitude Ouest. On ignore encore s'il y entre en sympatrie avec Bassaricyon medius, si les deux espèces cohabitent dans une petite zone, s'il se produit une hybridation limitée ou si leurs aires de répartition sont nettement distinctes.

Activité et comportement social L'Olingo de Gabb est un animal principalement nocturne et arboricole, qui vit surtout dans la canopée. Pendant la journée, il dort dans des gîtes situés dans de grands arbres. Son domaine vital est estimé à environ 23 ha.

Bien qu'il ait longtemps été considéré comme un animal solitaire, il est souvent rencontré par paires, et des groupes comptant jusqu'à six individus ont parfois été observés en train de s'alimenter ensemble dans de grands arbres fruitiers, manifestant ainsi un certain comportement social. Il passe le plus clair de son temps dans les arbres et évite les kinkajous, ces derniers le chassant des arbres en raison de leur régime alimentaire proche induit par une apparence comparable, les deux genres étant relativement similaires. Étant nocturne, il ne se confronte donc pas directement avec la plupart des primates.

L'Olingo de Gabb communique avec ses congénères à l'aide de sons. Son cri a notamment été décrit comme comprenant deux notes distinctes. L'espèce possède également des glandes de chaque côté de l'anus utilisées pour le marquage olfactif, dont la fonction pourrait être d'attirer des partenaires du sexe opposé ou de marquer son territoire. En tant que mammifère, il est probable qu'il recoure également à des signaux visuels, tels que des postures corporelles, tandis que la communication tactile joue un rôle important entre rivaux, partenaires et entre mères et petits.

Alimentation vignette|gauche|Un Olingo d’abreuvant dans un abreuvoir à oiseaux. L'Olingo de Gabb se nourrit principalement de fruits, en particulier de figues, et s'observe très souvent dans les arbres fruitiers. Au total, 15 essences de plantes différentes ont été recensées pour l'espèce au Panama. En outre, le nectar des fleurs, notamment celui du balsatier (Ochroma pyramidale), ainsi que les fleurs entières, mais aussi la sève ou d'autres fluides issus de végétaux ont un rôle prédominant dans son régime, en particulier au début de la saison sèche.

Bien qu'il soit principalement frugivore, il lui arrive également de capturer des insectes et de petits vertébrés, tels que des oiseaux, des mammifères, des amphibiens, des reptiles, des œufs et des arthropodes terrestres, bien que Prange & Prange (2009) qualifient ces observations de rumeurs. Des cas documentés attestent toutefois de la capture et de la mise à mort d'un écureuil multicolore (Sciurus variegatoides) dans la réserve biologique de Monteverde au Costa Rica, de la capture régulière de colibris, ainsi que de la consommation d'un péromyscus du Mexique (Peromyscus mexicanus). En captivité, l'espèce est en outre rapportée comme consommant considérablement plus de viande que le kinkajou et chassant activement des animaux à sang chaud.