Le discours de Dakar est une allocution écrite par Henri Guaino et prononcée par le président de la République française, Nicolas Sarkozy, le , à l'université Cheikh-Anta-Diop de Dakar au Sénégal, devant des étudiants, des enseignants et des personnalités politiques. Le discours, dans lequel Nicolas Sarkozy affirme notamment que , a choqué par ses clichés sur l'homme africain et a contribué à dégrader l'image de la France en Afrique.
Circonstances Le candidat Nicolas Sarkozy, avant son élection à la présidence française lors de l'élection de , prône la fin de la Françafrique, au profit du développement d'un simple partenariat entre la France et l'Afrique. Il n'est cependant pas sans savoir que l'image de la France en Afrique s'est dégradée depuis la loi du portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés (notamment l', finalement abrogé en , sur la reconnaissance dans les programmes scolaires du ) et la politique d'immigration choisie avec la loi du 24 juillet 2006 relative à l'immigration et à l'intégration.
C'est dans ce contexte que Nicolas Sarkozy, accompagné du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de deux de ses secrétaires d'État, Jean-Marie Bockel, chargé de la Coopération et de la Francophonie, et Rama Yade, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'homme, se rend en voyage officiel dans plusieurs pays d'Afrique. Il débute en Libye le , pour remercier le dictateur Mouammar Kadhafi d'avoir rendu possible la libération des infirmières bulgares..
gauche|vignette|L'université Cheikh Ante Diop de Dakar en . D'une durée de , le discours de Nicolas Sarkozy est rédigé par son conseiller Henri Guaino.. Il est prononcé à Dakar devant un parterre d'universitaires triés sur le volet, les vrais étudiants potentiellement hostiles ayant été écartés.
Dans ce discours, il qualifie de , dénonce certains effets néfastes de la colonisation : affirme-t-il. Il invite aussi l'Afrique à faire sa propre autocritique, les échecs présents du continent contrebalançant les torts des colonisateurs . Dans le passage le plus polémique, il explique qu'il faudrait chercher les freins au développement du continent au sein d'une identité africaine. :
Réactions vignette|Nicolas Sarkozy et Thabo Mbeki (ainsi que Manmohan Singh, Premier ministre de l'Inde, et George W. Bush, président des États-Unis) le au sommet du G8 à Heiligendamm.
Ce discours vaut à Nicolas Sarkozy les félicitations de Thabo Mbeki, président de l'Afrique du Sud., mais aussi une vague d'hostilité en Afrique, et de nombreuses critiques, qui peuvent être rassemblées en deux principales catégories : d'une part la quasi-absence de repentance pour les fautes françaises commises à l'époque coloniale, d'autre part, la condescendance, voire l'arrogance et le paternalisme affichés...
Doudou Diène, rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, déclare à la tribune de l'ONU que ...
L'analyse faite en par français est que le discours a contribué à dégrader l'image de la France en Afrique..
Moins de trois mois après que le discours a été prononcé, son auteur Henri Guaino le défend dans un entretien accordé à Libération : Le discours de Dakar contient le réquisitoire le plus implacable contre la colonisation… Nicolas Sarkozy a dit aux jeunes Africains : L'héritage de la colonisation est aussi le vôtre. Il y a tous les crimes, mais il y a aussi les droits de l'homme, l'égalité hommes-femmes, l'universalisme… [...] Le discours de Dakar n'exprime aucun sentiment de supériorité. Il parle aux Africains non comme à des enfants mais comme à des frères… Quant à l'éternel recommencement, c'est un imaginaire commun à toute l'humanité à certains moments de son histoire… Chaque civilisation a fait sa propre synthèse. L'Afrique doit faire la sienne....
Il soutient également que la phrase : est une référence au Martiniquais Aimé Césaire déclarant : .
Un an plus tard jour pour jour, Henri Guaino revient sur ce discours dans une tribune au Monde, affirmant notamment que . Il estime que et que l'..
Le , le président sénégalais, Abdoulaye Wade, prend la défense de Nicolas Sarkozy, selon lui ..
Le , Ségolène Royal, née à Dakar, présidente de la région Poitou-Charentes et candidate socialiste à l'élection présidentielle de contre Sarkozy, prononce un discours, dans la capitale sénégalaise, dans lequel elle déclare notamment : ..
Le , Rama Yade, native aussi de Dakar, prend ses distances avec Nicolas Sarkozy sur ce discours controversé, en affirmant que pour elle ..
Nicolas Sarkozy se justifie longuement sur ce discours dans son livre autobiographique Le Temps des tempêtes en ..
Verbatim . . .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Monographies : . . . .
Articles et chapitres : ; republié dans . . . . . . .
Réponses de l'auteur et de l'orateur du discours :
; J'ai lu, (), , 510 .
Articles connexes Stéréotypes sur l'histoire de l'Afrique Idéologie coloniale française Politique étrangère de la France Histoire de l'Afrique Liste des voyages présidentiels à l'étranger de Nicolas Sarkozy
Liens externes
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