La Grande Masse des Beaux-ArtsOn entend ici par Beaux-Arts, les 4 arts majeurs enseignés à l’École des Beaux-Arts jusqu’en 1968 : architecture, peinture, sculpture et gravure. Voir la définition de Beaux-Arts proposée par la édition du dictionnaire de l’Académie française sur cnrtl.fr., dite aussi Grande Masse, est l'association des élèves et anciens élèves de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts et des Écoles Nationales Supérieures d'Architecture.
Fondée en association en 1926Fondée le 12 janvier 1926, dépôt des statuts le 20 janvier 1926, arrêté du 20 décembre 1926., Reconnue d'Utilité Publique en 1932, son objectif est de créer et entretenir un lien de solidarité entre tous les élèves et anciens élèves, ainsi que d'améliorer la situation de ses membres.
Association centrale de la vie étudiante de 1926 à 1968, elle a structuré la sociabilité de l'École des Beaux-Arts.
Depuis la suppression en 1968 de la section architecture aux Beaux-ArtsDécret du 6 décembre 1968 portant organisation provisoire de l'enseignement de l'architecture, J.O. du 7 décembre 1968, p.11483, la Grande Masse fédère principalement les étudiants et anciens étudiants architectes.
La personne élue pour présider l'association porte le titre de Grande Massière ou Grand Massier.
Historique Origines Avant de se constituer en association, la Grande Masse des Beaux-Arts est l’héritière de la masseTrésor de la Langue Française : en vigueur dans les ateliers de l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) dès le .
Ce système voulait que les élèves d'un atelier désignent parmi eux un massierDictionnaire de l’Académie, 9è édition : , ou massière, responsable de l'argent mis en commun pour les dépenses nécessaires à la vie du groupe et à l’apprentissage de chacunIl fallait par exemple payer le loyer de l'atelier, le chauffage, le modèle, le matériel, etc..
Cette pratique ancienne s'enrichit au cours du d'un massier des architectes, des peintres et des sculpteurs. Ces massiers de section se placent alors hiérarchiquement au-dessus des traditionnels massiers d'atelier.
En 1892, le terme de grand massier des architectes apparait à l’occasion de la fondation du bal des Quat’z’Arts pour qualifier le massier des architectesIl s’agit de Henri Guillaume, dont on trouve une courte biographie sur le site monumentsmorts.univ-lille.fr, citée depuis : Dictionnaire biographique illustré du Nord, Paris, Flammarion, 1908, p. 549-551.
À partir de 1908 le titre de Grand Massier de l'École est régulièrement mentionné dans la presse. Quant à celui de Grande Masse des Beaux-Arts, il apparait également avant 1926.
C’est au moment de la Grande Guerre que la volonté de créer une association commune à tous les élèves et anciens élèves s’affirmeLa guerre impose la nécessité de coordonner les œuvres de bienfaisance. Avec l’aide du Comité des étudiants américains de l’École des beaux-arts, les étudiants des Beaux-Arts récoltaient de l’argent pour les élèves au Front. Cela permettait d’envoyer des colis aux mobilisés et d’éditer les « gazettes aux armées »..
À l'issue de ce conflit, pour faire face aux difficultés matérielles et aider les victimes de guerre et leur famille, les élèves de l’École cherchent à mettre en place une caisse de secours.
Fondation de l'association En 1926, la Grande Masse des Beaux-ArtsNommée dans ses statuts sous le nom de « Grande Masse de l'École des Beaux-Arts » jusqu'en 1937. se constitue officiellement en association loi de 1901.
À cette dateIl existait déjà une Grande Masse de l’École des arts décoratifs en 1910, et de nombreuses écoles avaient déjà leur association d’élèves au siècle précédent., la GMBA est déjà bien plus qu’une simple association d’élèves et anciens élèves. Qu’il s’agisse des masses d’atelier, des grands massiers qui se répartissant les sections d’enseignement ou des différents comités et organisations associatives qui géraient les fêtes, les rituels et autres événements émanant de la culture de l’école, l'association de la Grande Masse devient un organe fédérant toutes les structures étudiantes préexistantes au sein de l’école.
La caisse de secours de la GMBA est créée la même année que l'association.
Pour alimenter cette caisse, l’association choisit de créer une fondation qui prend le nom de Fondation FauvetDu nom de Albert Oscar Fauvet, Grand Massier des Architectes, mort pour la France le 9 janvier 1915..
En 193220 février 1932, cérémonie de la remise de la Croix de guerre dans la Cour du Murier de l'ENSBA., les nombreuses actions entreprises par la Grande Masse permettent à l’École tout entière d’être décorée de la Croix de guerreArrêté du 20 décembre 1926 ; J.O. du 22 décembre 1926, puis, en 1934Décret du 3 mai 1934 ; J.O. du 21 juin 1934, p.6141, de la Légion d’honneur.
En s'institutionnalisant, la GMBA prend ses distances par rapport à certaines règles de vie commune en vigueur dans les ateliersL'une de ces règles héritées du scandait : « A l’atelier pas de femme, pas de politique, pas de religion ! ». Sa vocation étant de réunir tous les élèves, les femmes prennent part aux décisions de l'association dès sa créationAgnès Chaussemiche (1900-1934), architecte DPLG en 1929, pensionnaire de la Casa Velasquez en 1930, est élue première adjointe du Grand Massier en 1928..
Reconnaissance d'utilité publique En 1932Décret du 12 janvier 1926., la Grande Masse, venant au secours des élèves dans le besoin et construisant des bâtiments pour leur assurer de meilleures conditions d’étude, est reconnue d’utilité publique par décret.
Elle représente alors publiquement l'École des Beaux-Arts, que ce soit au premier Salon des étudiants de 1933, ou à l'Exposition Universelle de 1937 où elle présente son propre pavillon sur le Champ-de-MarsLe pavillon de la Grande Masse est inauguré le 25 juin 1937 à 11h..
Organisation et fonctionnement vignette|Exposition organisée par la GMBA.
Organisation Le grand massier, président de l'association, est élu par les membres de l'association lors de l'assemblée générale annuelle, et nomme ses adjoints.
Il est assisté de 3 grands massiers de section (architecture, peinture et sculpture) qui sont désignés par leurs massiers d'ateliers respectifs.
Ils sont épaulés par un conseil qui s'appuie sur différents responsables d’activitésD'après les statuts originaux déposés le 20 janvier 1926, et dont la dernière mise à jour a été publiée au J.O. le 12 décembre 2015. : caisse de secours, bulletin, défense de la profession, comité des fêtes, liens avec les écoles régionales, bureau de placement des élèves (1929), centre de diffusion (1958)
Fonctionnement Dès 1926, la Grande Masse entretient des rapports avec les différentes entités de l’École : les ateliers d'enseignement, la directionArchives Nationales, fonds Paul Léon, unité de description 20140260/58, Association des anciens élèves de l'École nationale des Beaux-Arts dite "Grande Masse", l’administration des Beaux-Arts, le ministre de tutelle et l’Institut. Elle s'implique dans les relations avec l'ENSBA, l'enseignement, les réformes, les créations d'écoles régionalesArchives Nationales, unité de description F/21/7544, Réforme de l'enseignement de l'architecture 1940-1949., etc.
L'association organise ou encadre des événements, culturels ou festifs, aptes à favoriser la convivialité, l'émulation et promouvoir les travaux des élèves : journées portes ouvertes, accueil des nouvôs, défilé du Rougevin, course de charrettes, Gala de l’École, bal du , chahuts, monôme, diffusion de chansons étudiantesDont le Pompier, l'hymne des Bôzarts, ou en éditant des recueils de chansons d'atelier., concours de fanfares, théâtre, voyages d'étudesDes voyages d’étude furent organisés dès la création de l’association pour faciliter les relations avec les ateliers des écoles régionales. Le premier d’entre eux se déroula à Rouen le 18 juillet 1926, sous le patronage de M. Delabarre. (dans Bulletin de la Grande Masse), galerie d'exposition, remises de prix, etc.
Sur un plan plus général, elle gère aussi des dossiers qui concernent la discipline, la protection sociale, le service militaire, la situation des étudiants pendant les conflits (Seconde Guerre mondiale, guerre d'Algérie, œuvres sociales, élèves prisonniers, etc.).
Dans la continuité de ses activités historiques, la Grande Masse met aussi aujourd'hui à disposition de ses membres des outils collaboratifs, des espaces partagés type pépinière d'entreprise, des ateliers équipés (métallurgie, sérigraphie...) ou libre (dessin de modèle vivant).
Se définissant comme non confessionnelle et non politique, la Grande Masse a néanmoins joué un rôle social et s'est largement investie dans les réformes successives de l'enseignement en étant la voix des élèves afin qu’ils obtiennent de meilleures conditions d’étude.
Logotype En 1929, André Leconte, chef d'atelier d'enseignement de l'architecture, premier prix de Rome 1927, dessine le logotype de l'association.
Pour symboliser le large éventail des activités de la Grande Masse des Beaux-Arts, il choisit les cinq figures des arts majeurs : l’architecture, la poésie, la musique, la peinture et la sculptureÉnoncés dans l'ordre du logotype (de gauche à droite). D'après la classification de G. W. F. Hegel qui propose : 1. Architecture, 2. Sculpture, 3. Peinture, 4. Musique, 5. Poésie..
Actions particulières vignette|Affiche du Gala de 1931.
Gala de la Grande Masse (1930-1967) Dès 1926, en plus d’inciter aux dons, les membres de la Grande Masse multiplient les activités pouvant dégager des bénéfices, telles que les fêtes ou la publication de livresPar exemple, le livre L' École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (J.P. Trouchaud, Ed. Grande Masse, 1937, 32 p.) a été édité au profit de la caisse de secours de la GMBA., pour alimenter la caisse de secours.
C'est le cas du bal Païen organisé Salle Bullier le . Contrairement au bal des Quat’Z’ArtsIl faut rappeler ici que le comité d’organisation du bal des Quat’Z’Arts était indépendant. Il ne s’agissait pas d’une fête organisée sous l’égide de la Grande Masse., qui se doit de rester une fête d’artistes pour les artistes, le bal organisé par la GMBA est un bal ouvert au public, pouvant ainsi générer des bénéfices pour les œuvres sociales de l’association.
En 1930, ce bal devient le « Gala de l’École des beaux-arts ».
Placé sous les hauts patronages du Président de la République, de l'Institut et de la direction de l’ENSBA, il devient un événement institutionnel incontournable.
Le dernier gala se déroule en 1967, après 24 éditions, alors que les grèves se multiplient et que la section architecture s'achemine vers sa fermeture.
Le bâtiment Callot (1933) vignette|Le bâtiment Callot. Dès les années 1920, la Grande Masse se donne pour mission de sensibiliser les pouvoirs publics afin qu’une solution soit trouvée pour procurer de meilleures conditions de travail aux élèves des ateliers extérieurs d’architecture.
L’association est ainsi à l’initiative de la création de l’immeuble d'ateliers de la rue Jacques-Callot dans le arrondissement de Paris.
Le bâtiment conçu par l'architecte Roger-Henri Expert, également chef d’un atelier d'enseignement d’architecture, est livré en 1933.
À la suite de cela, un peu à la manière d’un syndicat de copropriété, c'est vers la Grande Masse que se tournent les massiers d’ateliers, l’École et les pouvoirs publics pour gérer cet immeuble jusqu'en 1976Archives du Conseil d’État, aux Archives Nationales, unité de description 20060154/17, Affaire 316800 : modification des statuts de la GMBA (1976)..
En , l'association déménage du 51 rue de Seine, où elle maintient sa galerie d'exposition, et transfère son siège social et ses bureaux au rez-de-chaussée du 1 rue Jacques Callot. Elle y reste jusqu'en 2007, année où la DAPA, prend arbitrairement possession des locaux de l’association.