Le quai Saint-Michel est une voie située le long de la Seine, à Paris, dans le .
Origine du nom Le quai Saint-Michel doit son nom à la proximité du pont Saint-Michel, situé au voisinage de l'ancienne chapelle Saint-Michel du Palais« Chapelle Saint Michel du Palais », Wikia, parisplaques.wikia.com..
Histoire La première pierre du fondement du quai Saint-Michel fut posée le .
Il semble que seule la première pierre fut posée, à l'exception de quelques terrassements qui furent exécutés par les galériens détenus au Petit Châtelet, car un arrêt du Conseil du roi, en date du , et des lettres patentes en date du ordonnèrent la construction de ce quai avec la destruction des maisons qui bordaient la Seine et l'érection d'un quai à la place de la berge :
Le quai était, d’abord, appelé « quai de Gloriette » car il était situé sur le fief éponyme. Au début du quai a été établi le « cul-de-sac Gloriette », aussi nommé « cul-de-sac Trou-Punais ». La boucherie de Gloriette se tenait en ce lieu depuis 1421, tome IV, page 102. .
Par lettres patentes du , il avait été prévu de lui donner le nom de « quai Bignon« Quai Saint-Michel », Nomenclature officielle des voies de Paris, www.v2asp.paris.fr. » en l’honneur d’Armand-Jérôme Bignon alors prévôt des marchands de ParisAlfred Fierro, Histoire et mémoire du nom des rues de Paris, Parigramme, 1990, 430 p. . Est mentionné (au sein de la section « La « viviruification » : personnages honorés de leur vivant », et suivantes) : « Bignon (prévôt des marchands, 1769 »..
Les actes administratifs précédents n'ayant pas été suivi d'effet, un nouveau décret en date du fut pris par Napoléon et les travaux du pont de Montebello reprirent en 1812 :
Le quai fut ouvert à la circulation en 1816, sous le nom de « quai Saint-Michel », appellation qu'il conserva jusqu'à un arrêté préfectoral de 1928 qui décida de donner au quai le nom de René Viviani. Les protestations contre ce changement de dénomination furent telles que le quai garda son odonyme originelHenri François Joseph Boudet de Puymaigre, « Rapport présenté par M. Mario Roques, au nom de la sous-commission, sur une proposition de M. de Puymaigre tendant à l'établissement d'une réglementation de la dénomination des rues de Paris », procès-verbal de la Commission municipale du Vieux Paris, 25 juin 1932, .. Un nouvel arrêté en date du rétablit officiellement le nom de « quai Saint-Michel ».
Lors du conseil municipal de Paris du , il est proposé la couverture du petit bras de la Seine (ou bras de la Monnaie), entre le quai de Montebello et la place Saint-Michel, afin d’éviter que des clochards s’installent sur les banquettes. La création d’un jardin public est envisagée au-dessus du bras.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire thumb|right| du quai Saint-Michel en 2014. vignette|Plaque au 19, en hommage notamment aux peintres Henri Matisse et Albert Marquet, qui y ont vécu et travaillé. thumb|right|Les du quai Saint-Michel en janvier 1880, lors de la débâcle de la Seine. À l'arrière-plan, au-delà du Petit-pont le quai de Montebello avec l'annexe Saint-Charles de l'ancien Hôtel-Dieu, démolie fin 1908 ou début 1909. (et place du Petit-Pont) : au café de l'hôtel Notre-Dame Saint Michel fut créé le le mouvement Cobra. Les chambres de l'hôtel ont été rénovées et décorées par le grand couturier français Christian Lacroix, reconverti dans le design et la mise en scène. : immeuble datant du second quart du , auquel sont également attribués les et 7 et, côté rue de la Huchette les et 63, quai Saint-Michel sur le site bercail.com.. L'artiste peintre et plasticien Roger Bezombes (1913-1994) s'établit au vers la fin des années 1930, dans un atelier qu'il conserva toute sa vieRichard R. Brettell, Paul Hayes Tucker, Natalie Henderson Lee, Metropolitan Museum of Art New York : Nineteenth- and Twentieth-century Paintings, Metropolitan Museum of Art, 2009 (voir en ligne), , quoiqu'il fût, à partir des années 1950, propriétaire d'un mas provençal à MaillanePhotographies de l'ancien mas de Roger Bezombes à Maillane, Saint-Rémy-de-Provence, mises en ligne sur le site du magazine de décoration Le Journal de la Maison. : immeuble du XVIII siècle. Il est le premier bâtiment à avoir été aligné sur le nouveau quai.. : maison de l'époque d'Henri IV (1553-1610)Jacques Hillairet, P. Payen Appenzeller : Dictionnaire Historique des Rues de Paris, supplément, quatrième édition, Les Éditions de Minuit, 1972, , abritant l'hôtel Les Rives de Notre-Dame, précédemment Hôtel de Suède (Hôtel de Suède et Côte d’Or en 1880). François-Fortuné Guyot de Fère cite la maison dans son Annuaire des artistes français de 1832 comme étant la résidence du graveur Achille Désiré Lefèvre. En 1959, Jean-Luc Godard choisit lHôtel de Suède comme décor réel pour le tournage de certaines séquences de son film À bout de souffle, avec Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo dans les rôles principaux. L'intérieur de la chambre 12 avait néanmoins été reconstitué en studioMarie-Christine Vincent et François de Saint-Exupéry : Paris vu au cinéma: le guide touristique dévoilant les lieux de tournage de 300 films de référence, Movie planet, 2003, ).. anciennement (jusqu'à la moitié du XIXe siècle) : cet immeuble de trois travées et quatre étages, bâti puis tenu pendant des décennies comme hôtel meublé par la famille d'un ancien soldat de la garde nationale nommé Petit, portait en 1827 l'enseigne Hôtel de l'Étoile du Nord L’Hôtel de l'Étoile du Nord du quai Saint-Michel ne doit pas être confondu avec l’établissement du même nom de la rue Saint-Honoré , signalé dans l'Almanach des 25000 adresses de Paris pour l’année 1816 et dans Le Nouveau Conducteur de l'étranger à Paris en 1819., lorsque le jeune écossais Thomas Guthrie (1803-1873), qui poursuivit ses études de théologie à Paris y séjourna. Le pasteur philanthrope y revint en 1856 pour une visite de courtoisie et rencontra la plus jeune des trois filles du couple Petit, qui avait pris la succession. Guthrie, jugeant pourtant souvent et sévèrement le caractère et les mœurs des Français a décrit l'atmosphère accueillante et chaleureuse de cet établissement et vanta les mérites de ses hôtes, la famille, selon lui, la plus honorable et respectable de ParisThomas Guthrie, David Kelly Guthrie and Charles John Guthrie : Autobiography of Thomas Guthrie, D.D. and Memoir by his sons, Robert Carter and Brothers, New York, 1874 (lire en ligne) et .. : immeuble de rapport de la première moitié du XIXe siècle dont les bâtiments annexes ont pour adresses les rue de la Huchette. La façade principale donnant sur la Seine se distingue par une arcade à cinq baies cintrées. Elle présente une élévation de trois étages à cinq travées au-dessus du rez-de-chaussée et de l’entresol, ainsi qu'un niveau de combles aménagé en habitations. L'accès se fait par une porte centrale à battant double inscrite dans une ouverture qui dépasse le rez-de-chaussée pour se terminer, au niveau de l'entresol, en arc de plein cintre entièrement occupé par une fenêtre. Hormis un cartouche à la clé d'arc de la travée centrale – seul décor sculpté remarquable de la façade – les quatre baies reparties par deux de chaque côté suivent le même schéma. Au-dessus de chacune des cinq clés d'arc une applique murale supporte une lanterne vitrée suspendue. Des fenêtres à la française, munies de persiennes et de garde-corps au décor recherché, placés à la verticale des arcs assurent l'éclairage des étages, des fenêtres plus petites celui des logements des combles. Seul le deuxième étage bénéficie, devant la fenêtre centrale, du privilège d'un balcon. Le bel équilibre de cette façade sobre et harmonieuse est aujourd'hui rompu au niveau des combles, où une des petites fenêtres a été remplacée par une grande baie vitrée. D'autre part, les ajouts – tels que auvents de couleurs variées et drapeaux – apportés à la façade par les établissements commerciaux et de restauration qui occupent le rez-de-chaussée, empêchent le promeneur d'apprécier les belles lanternes. Le peintre d'histoire François Victor Eloi Biennourry (1823-1893) aménagea dans cet immeuble en 1852 et y décéda en 1893. Le peintre Albert-Jules Édouard, d'origine caennaise, y tint son atelier de 1870 à 1919. Albert Dubois-Pillet (1846-1890), militaire et peintre pointilliste y disposa d'un atelier avant sa mutation au Puy en 1889. Léon Vanier (1844-1896) tient sa librairie de 1878 à sa mortFrédéric Erzen : À la découverte du gendarme peintre Dubois-Pilet (1846-1890), publié sur le site de la Société Nationale de l'Histoire et du Patrimoine de la Gendarmerie - Force publique - SNHPG (lire en ligne). Henri Matisse (1869-1954) occupe un atelier au troisième étage de 1895 à 1907, puis au quatrième en 1913« Matisse, une seconde vie avec l'exposition Paires et séries au Centre Pompidou », Canal Académie, en ligne, www.canalacademie.com.. Henri Bellery-Desfontaines (1867-1909) occupe également un atelier de 1895 à 1901Henri Bellery-Desfontaines photographié en 1897 dans son atelier au 19 quai Saint-Michel, sur le site www.bellerydesfontaines.com, consulté le 23 octobre 1918 (voir en ligne). Albert Marquet (1857-1947) aménage en dans l'atelier laissé vacant par Matisse. En face, avec ses boîtes de bouquiniste, officiait le marchand d'estampes L. JolySelon Xavier Chardeau, sur bellerydesfontaines.com.. : face à cet emplacement, Joseph Gibert installa en 1886 sa boite de bouquiniste, premier rayon de la future librairie GibertEn 1886, Joseph Gibert décide de « monter » à Paris où il ouvre, face à Notre-Dame, sur le parapet du quai Saint-Michel, quatre baraques de bouquiniste. Le succès est au rendez-vous et deux ans plus tard, il inaugure sa première librairie au 23 quai Saint-Michel, une enseigne spécialisée dans le négoce du livre scolaire d’occasion. Grâce à Jules Ferry, qui rend l’école obligatoire, l’entreprise connaît un beau développement. Joseph Gibert devient alors un acteur connu et reconnu du livre sur la place parisienne. in : . vignette|29, quai Saint-Michel, en 2012. (et place Saint-Michel) : immeuble à usage mixte construit en 186729 quai Saint-Michel sur le site bercail.com. à l'emplacement d'une maison d'angle antérieure qui donnait à la fois sur le quai et sur l'ancienne place du pont Saint-Michel et qui portait le dernier numéro du quai, à savoir le en 1844Félix Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, F. Lazare, 1844, (voir en ligne), respectivement le en 1855L.C. Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues et monuments de Paris, au bureau de la revue municipale, 1855, (voir en ligne). La nouvelle place, ouverte en 1855, reçut en 1865 le nom de place Saint-Michel. Les façades des constructions qui s'élevèrent alors autour de cette place furent soumises à une servitude architecturale et conservent jusqu'à ce jour leurs baies toutes identiques. Le nouvel immeuble d'angle bâti en 1867 reçut le quai Saint-Michel et le place Saint-Michel et fut soumis à cette servitude.Le , le médecin légiste et aliéniste Henri Legrand du Saulle (1830-1886), médecin-chef de la Salpétrière, officier de la Légion d'honneur, décéda dans cette maison, en son domicileActe de décès consultable sur le site archives.paris.fr des Archives de Paris.
Emplacements non identifiés En 1820, Zélie Bidauld (1798-1876), née Marguerite-Rosalie Bidault, peintre portraitiste, logeait quai Saint-Michel « dans la maison de Monsieur Levrault »Henri Dulac, Almanach des 25.000 adresses des principaux habitans de Paris…, vol. 1, Paris, C.L.F. Panckoucke, 1820, (en ligne) ; en 1861, Joseph Soumy (1831-1863), artiste peintre et lithographe, vécut quai Saint-Michel dans un très petit appartement mansardé Philippe Burty, Maîtres et petits maitres, G. Charpentier, éditeur, 1877 (lire en ligne ); réédité par Reink Books, 2017..
Galerie
Le quai Saint-Michel vu par les peintres