En France, une université est un établissement dont l’objectif est, d'une part, la transmission du savoir par l'enseignement supérieur, mais aussi d'autre part, la recherche universitaire par la conservation dans les bibliothèques universitaires, la valorisation et sa production des travaux universitaires dans plusieurs domaines.
Ce sont des établissements publics bénéficiant d’une certaine autonomie. Les enseignements sont accessibles pour toute personne titulaire du baccalauréat ou d'un diplôme de niveau 4 au RNCP. Les études universitaires générales débouchent sur la licence (trois ans après le baccalauréat), le master (deux ans après la licence), le doctorat (trois ans après le master). Des filières permettent d'accéder également à d'autres diplômes tels que les diplômes de la santé, BUT, diplômes d'ingénieurs. En 2016, d’étudiants sont inscrits dans les universités sur un ensemble de d’étudiants.
Les enseignants-chercheurs dispensent les enseignements et assurent des activités de recherche. Les laboratoires de l’université sont souvent des unités mixtes de recherche avec les organismes français de recherche comme le Centre national de la recherche scientifique ou l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. La première université est créée à Paris en 1200. Supprimées lors de la Révolution française et restaurées par la suite, les universités françaises sont au nombre de 67 en 2018.
Histoire
thumb|La place de la Sorbonne au début du . Les premières universités françaises sont créées au Moyen Âge. La date de création de l’université de Paris traditionnellement donnée est 1200, avec la charte par laquelle le roi Philippe Auguste accorde à ses membres le privilège d’être jugés par un tribunal ecclésiastique. Peu après est créée l'Université de Toulouse sur le même modèle.
D'autres universités sont fondées au cours des siècles dans les provinces. En 1789, la France compte vingt-deux universités. Le décret de la Convention nationale du supprime les universités, jugées trop proches de l’Église, et crée ce qui sera appelé par la suite les « grandes écoles ». Napoléon crée en 1808 l’Université impériale. Elle englobe l’ensemble de l’enseignement sur tout le territoire français. En son sein, l’enseignement supérieur se faisait dans les facultés : théologie, droit, médecine, sciences et lettres. Celles-ci sont très indépendantes les unes des autres et ne font que délivrer des grades. Durant la Restauration, certaines facultés sont fermées et l’Université devint « royale ».
La loi Laboulaye de 1875 permet l’existence d'établissements privés d’enseignement supérieur, suscitant la création des cinq universités et instituts catholiques. La loi Ferry interdit en 1880 à ces établissements d’utiliser en France la dénomination d'« université », et réaffirme le monopole de l'État pour la délivrance des grades universitaires en France. Les universités sont recréées en 1896, mais leur domaine d’intervention est limité, contrairement aux facultés. Après les mouvements étudiants de mai 1968, le statut et l’organisation des universités sont fortement modifiés par la loi Faure : les facultés sont supprimées et les universités sont désormais gouvernées de manière démocratique par tous les acteurs y participant. On observe toutefois la création de plusieurs universités dans les grandes villes.
Par la suite, la Loi Savary augmente le nombre d’instances de décision. Des filières technologiques ont été mises en place (comme les DUT à partir de 1967) et la contractualisation est apparue en 1989. Entre 2003 et 2006, les universités réforment leur cursus par la réforme LMD. De nombreuses réformes interviennent à sa suite. La loi relative aux libertés et responsabilités des universités (« loi LRU ») de 2007 modifie le statut des universités, qui accèdent à des « compétences élargies » entre 2008 et 2012... Parallèlement, par la loi de programme pour la recherche de 2006, les universités s'engagent dans la constitution de divers regroupements ou fusions.
Début 2022, la France compte 54 établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel ayant le statut d'université (voir leur liste).
Organisation
thumb|La tour Zamansky du campus de Jussieu, à Paris. Les universités disposent selon le code de l’éducation d’une autonomie de fonctionnement et sont régies par une démocratie interne voulue et organisée par les lois de 1968 (« loi Faure »), de 1984 (« loi Savary »), de 2007 (« loi LRU ») et de 2013 (« loi ESR »). Plus exactement la gouvernance des universités est régie par les articles L712-1 et suivants du code de l'éducationCode de l’éducation, articles et suivants consultés le 16 août 2016 et constituant la source de référence de la section Gouvernance. Depuis 1968, les grands principes établis par la loi sont l'autonomie, la participation (instances de gouvernance démocratiques) et la pluridisciplinarité. Dans la loi française, une université est un type particulier d’établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP), les instituts nationaux polytechniques étant assimilés à des universités, anciennement article 24 de la loi Savary, en vigueur au 24 juillet 2013 ; consulté le 18 août 2019 sur Légifrance).. Ce sont les établissements dont il est question dans cet article. En 2019, 67 établissements ont ce statut, auxquels s'ajoute l’institut national polytechnique de Toulouse, anciennement Décret du 15 mars 2000 portant classification d'établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel ; en vigueur du ; consulté le 18 août 2019 sur Légifrance.. Le nom « université » est également porté par : certains regroupements universitaires ; les universités de technologie qui sont des ÉPSCP ayant le statut d’ « instituts et écoles extérieurs aux universités » et qui délivrent le diplôme d’ingénieurs; l’université Paris-Dauphine et l’université de Lorraine qui ont le statut de « Grand établissement ».
thumb|Beaucoup de campus ont été construits pendant les années 1960. Le style architectural universitaire se banalise et se rapproche fortement de l’esthétique des grands ensembles de logements de la même époque. (photo : faculté de droit de l'Université de Strasbourg).
Les campus et bâtiments universitaires appartiennent à l’État. En 2009, ils sont souvent vétustes et en mauvais état ; 25 % des locaux ne répondent pas aux normes de sécurité contre l'incendie. Ils font régulièrement l’objet de plans de modernisation. Depuis la loi LRU, l’État peut « transférer aux ÉPSCP qui en font la demande la pleine propriété des biens mobiliers et immobiliers appartenant à l’État qui leur sont affectés ou sont mis à leur disposition », en vigueur au 27 janvier 2014 ; consulté le 15 août 2014 sur Légifrance. Trois universités ont été engagées dans ce processus en 2011 : Clermont-I, Poitiers, Toulouse-I, d’autres suivront à partir de 2020..
Depuis la loi ESR, sur un territoire donné, qui peut être académique ou interacadémique, sur la base d'un projet partagé, les établissements publics d’enseignement supérieur relevant du seul ministère chargé de l’enseignement supérieur et les organismes de recherche partenaires coordonnent leur offre de formation et leur stratégie de recherche et de transfert. Sur la base ce projet partagé, un seul contrat pluriannuel d’établissement est conclu entre le ministre chargé de l’enseignement supérieur et les établissements regroupésCode de l'éducation, articles et suivants, en vigueur au 22 juillet 2013 ; consulté le 16 août 2016 sur LégifranceL’article 43 de la loi Savary (devenu ), prévoyait la possibilité à certains établissements d’être rattachés à un EPSCP (voir aussi ). La loi de programme pour la recherche de 2006 créé plusieurs formes de regroupement (pôles de recherche et d’enseignement supérieur, réseaux thématiques de recherche avancée et centres thématiques de recherche et de soins). La loi LRU de 2007 prévoit la possibilité de fusion d’universités. Toutes ces dispositions sont remplacées par les articles L718-2 et suivants. Cette coordination peut prendre la forme : d’une fusion d’établissements ; d’un regroupement sous la forme d’une communauté d'universités et établissements, il en existe vingt-et-une ; d’une association simple.
Présidence de l'université Le président de l’université est élu à la majorité absolue par les membres élus du conseil d’administration, pour un mandat de quatre ans (renouvelable une fois). Il n’y a pas de condition de nationalité. Le président représente son université, préside le conseil d’administration et dirige l’établissement ; il dispose pour l’essentiel du pouvoir exécutif. Il s’entoure d’un « bureau ». Au niveau national, les présidents d’université sont regroupés en Conférence des présidents d'université (France Universités).
Le président de l'université nomme plusieurs personnes aux fonctions de gouvernance de l'université. En effet, Le directeur général des servicesAvec la loi ESR, le directeur général de services a succédé au secrétaire général. est nommé par le ministre chargé de l’enseignement supérieur, sur proposition de la présidence de l’université. Il assure, sous l'autorité de cette dernière, la gestion administrative et financière de l’établissement. L’agent comptable est nommé, sur proposition de la présidence, par un arrêté conjoint du ministre chargé de l'enseignement supérieur et du ministre chargé du budget. Il peut exercer, sur décision de la présidence ou de la direction, les fonctions de chef des services financiers de l’établissement. Le directeur général des services et l’agent comptable participent avec voix consultative au conseil d'administration et aux autres instances administratives de l’établissement, en vigueur au 24 juillet 2013 ; consulté le 16 août 2016 sur Légifrance.
Conseil d’administration
vignette|Salle des actes de la faculté de pharmacie de Paris. Le conseil d’administration (CA) détermine la politique de l’établissement. Le conseil d'administration est donc chargé entre autres d'approuver le contrat d'établissement, voter le budget et approuver les comptes, approuver les accords et conventions signées par le président, adopter le règlement intérieur de l'université, délibérer sur les acquisitions immobilières. Il comprend de vingt-quatre à trente six membres ainsi répartis : de huit à seize représentants des enseignants-chercheurs et du personnel assimilé, des enseignants et des chercheurs, en exercice dans l’établissement, dont la moitié de professeurs des universités et personnels assimilés ; huit personnalités extérieures à l’établissement ; qui peuvent être de nationalité française ou étrangère quatre ou six représentants des étudiants et des personnes bénéficiant de la formation continue inscrits dans l’établissement ; quatre ou six représentants du personnel ingénieurs, administratifs, techniques et des bibliothèques, en exercice dans l’établissement.
Le recteur d’académie, chancelier des universités, assiste ou se fait représenter aux séances des conseils d’administration. Il reçoit sans délai communication de leurs délibérations ainsi que des décisions des présidents et directeurs, lorsque ces délibérations et ces décisions ont un caractère réglementaire, en vigueur au 11 août 2007 ; consulté le 16 août 2016 sur Légifrance. En cas de difficulté grave dans le fonctionnement des organes statutaires ou de défaut d’exercice de leurs responsabilités, le ministre chargé de l’enseignement supérieur peut prendre, à titre exceptionnel, toutes dispositions imposées par les circonstances, en vigueur au 11 août 2007 ; consulté le 16 août 2016 sur Légifrance, comme la dissolution du conseil d’administrationExemple : .