L’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), fondé en , est un établissement public administratif français d'expertise et de sensibilisation en matière de Défense, placé sous la tutelle directe du Premier ministreL'IHEDN fait l'objet des articles R1132-12 à R1132-33 du code de la Défense..
Origines Collège des hautes études de défense nationale Le Collège des hautes études de Défense nationale est institué le par décretJ.O du 21 août 1936. La première session s’ouvre le de cette même année, boulevard Victor à Paris, dans les locaux du ministère de l’Air. D’octobre 1936 à mars 1939, le vice-amiral Raoul Castex, alors préfet maritime et commandant en chef de la maritime à Brest, est le premier directeur du Collège. La déclaration de la guerre, en , écourte la troisième session et entraîne la cessation des activités du CHEDN. Celles-ci reprennent après la capitulation mettant fin à la Seconde Guerre mondiale.
Institut des hautes études de défense nationale
L'Institut des hautes études de défense nationale, de son nom actuel, s'installe en 1948 à l'École militaire en tant qu'institut de formation qui vise à « promouvoir l'esprit de défense du territoire national ».. Sa mission consiste à préparer des hauts fonctionnaires, des officiers généraux ou supérieurs et des personnes particulièrement qualifiées d'un point de vue économique ou social à tenir les emplois les plus élevés dans les organismes chargés de la préparation et de la conduite de la guerre. En 1979, à la suite d'un décret, l'institut est placé sous l’autorité du Premier ministre, responsable de la Défense nationale aux termes de la Constitution, par l’intermédiaire du secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN). Un nouveau décret -817 du érige l’IHEDN en établissement public à caractère administratif (EPA).
À la suite du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale publié en 2008, l’IHEDN se réorganise en un pôle « défense-affaires étrangères », se diversifie et s’ouvre au national et à l’international. Ses champs de compétences sont recentrés sur les questions de défense, de politique étrangère, d’armement et d’économie de défense.
Au mois de , l’IHEDN fusionne avec le Centre des hautes études de l'Armement (CHEAr), contribue aux formations organisées par le ministère des Affaires étrangères et européennes et se rapproche de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ).
Missions
Les missions de l'IHEDN sont fixées par l'article R1132-13 du code de la Défense : réunir des responsables de haut niveau appartenant à la fonction publique civile et militaire et aux autres secteurs d'activité de la nation en vue d'approfondir en commun leur connaissance des grands problèmes de défense, ce qui inclut de soutenir la poursuite des activités des anciens auditeurs, conduire des études et des recherches et apporter son concours aux ministères et aux établissements d'enseignement supérieur et de recherche dans le domaine de la Défense, promouvoir les enseignements universitaires de défense en liaison avec le ministre chargé de l'Enseignement supérieur.
Direction
Conformément à sa vocation, l'IHEDN est doté d’une structure mixte, à la fois civile et militaire. L'organisme est chapeauté par un conseil d'administration dont le président est nommé par décret du Premier ministre. Le conseil comprend notamment le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, un député et un sénateur, le président de l'Union des associations d'auditeurs (UNION-IHEDN) et le directeur de l'IHEDN.
Le directeur est également nommé par décret parmi les officiers généraux ou les hauts fonctionnaires de rang équivalent. Il est assisté d'un adjoint. En pratique, à part le cas de l'inspecteur général des finances Essig (1958-1960), le directeur est un militaire. Comme le veulent les textes, son adjoint est un civil et il serait militaire dans le cas inversehttps://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000020786431 Article R1132-21 du code de la Défense.
Parmi les officiers généraux et hauts fonctionnaires qui ont dirigé l'IHEDN figurentListe des directeurs : le vice-amiral Raoul Castex (1936-1939) le général d’armée Charles Mast (1948-1949) l'inspecteur général des finances Jean Essig (1958-1960) le général d’armée Fernand Gambiez (1961-1964) le général de corps d’armée Jacques de Guillebon (1966-1969) le général de corps d’armée Georges Buis (1969-1972) le général de corps d'armée André Marty (1977-1980) l'amiral Gérard de Castelbajac (1980-1982) le général de division aérienne Claude Pozzo di Borgo (1982-1984) le vice-amiral d’escadre René Hugues (1986-1988) le général de corps d'armée François Bresson (1992-1994) le général de corps aérien Bernard Norlain (1994-1996) le général de corps d'armée Bernard Janvier (1996-1998) le général de corps d’armée Raymond Germanos (1998-1999) le vice-amiral d'escadre Jacques Célerier (1999-2001) le général de corps aérien Jean-François Louvion (2001-2003) le général de corps d'armée Xavier de Zuchowicz (2003-2005) le vice-amiral d’escadre François Dupont (2005-2007) le général de corps aérien Laurent Labaye (2007-2009) le vice-amiral Richard Laborde (2009-2012) le général de corps d'armée Jean-Marc Duquesne (2012-2014) le général de corps d'armée Bernard de Courrèges d'Ustou (2014-2018) le général de corps d'armée Patrick Destremau (2018-2021) le général de corps d'armée Benoît Durieux (2021-2024) le général de corps d'armée Hervé de Courrèges (2024-)..
Formations
D’une durée compatible avec l’exercice de responsabilités opérationnelles de haut niveau, les formations reposent sur un partage d’expériences entre hauts responsables issus du service public et de la société civile qui dépasse les segmentations socioprofessionnelles et nationales. Cette pédagogie inductive se décline en trois axes : les « travaux en comités » ; les « conférences-débats » au cours desquelles s’expriment des intervenants de haut niveau ; les « visites et missions d’études » sur le terrain qui permettent une approche concrète de l’enseignement dispensé. Des exercices de « mise en situation » de prise de décision dans un environnement stratégique et la rédaction collective de « notes de position » complètent cette pédagogie.
Chaque année, l’ensemble des formations de l’IHEDN concerne environ 1 500 auditeurs.
Les thèmes d’études sont définis à partir des domaines d’actualité traités sous l’angle de la politique de défense, de la politique étrangère, de la politique d’armement et de l’économie de défense. Chaque année, l’ensemble des formations de l’IHEDN concerne environ 4 500 auditeurs.
L’IHEDN propose différentes formations : une session nationale ; des sessions en région ; des sessions européennes et internationales ; des cycles jeunes ; des cycles spécialisés.
Sessions nationales
Les sessions nationales « Politique de défense », « Enjeux et stratégies maritimes», « Armement et économie de défense », Défense et sécurité économique et, « Souveraineté numérique et cybersécurité » visent à permettre l’approfondissement des connaissances de hauts responsables sur les questions de défense (conventionnelle ou numérique), de politique étrangère, d’armement et d’économie de défense. Elles s’adressent à un milieu socioprofessionnel plus ou moins homogène selon la session concernée, mais dont la diversification est le gage d’une « fertilisation croisée » réalisée par l’échange entre des auditeurs avertis ou garants d’un espace de réflexion collective et de débats d’idée. Les activités des sessions alternent des travaux en comité faisant appel à la réflexion stratégique, des ateliers de mise en situation et des missions d’études en France ou à l’étranger. Les auditeurs bénéficient d’autre part de conférences prononcées par de hauts responsables de la Défense, de l’industrie d’armement, selon la session nationale, ou d’autorités réputées dans leurs domaines. Au cours de leur formation, les auditeurs sont sensibilisés aux questions de sécurité grâce à deux volets indissociables : le socle commun, visant à forger une culture de défense commune, et une majeure, choisie entre cinq, pour un approfondissement d’un sujet spécifique. Les listes des auditeurs, arrêtées par le Premier ministre, sont publiées au Journal officiel.
La session « Politique de défense » vise l’approfondissement des connaissances des auditeurs sur les questions de défense et de politique étrangère. Elle questionne les fondements des politiques de défense en les inscrivant dans l’environnement international et stratégique : connaissance de l’outil de défense, des caractéristiques de conflits contemporains, des enjeux interministériels et des relations civilo-militaires, compréhension des transformations du contexte international. Elle se déroule à Paris, de septembre à juin. Elle est composée de 100 auditeurs environ, français et étrangers, âgés de 35 à , relevant de quatre domaines professionnels : des officiers des trois armées, de la Gendarmerie nationale, de la DGA et des services, qui sont au même moment auditeurs au Centre des hautes études militaires ; des hauts responsables de la fonction publique ; des cadres et dirigeants des différents secteurs de la vie économique ; des personnalités « qualifiées » : élus, médias, responsables d’associations, de syndicats, d’organisations professionnelles… Les activités de l’année s’échelonnent sur 50 demi-journées d’études, réparties généralement le vendredi toute la journée et le samedi matin, auxquelles s’ajoutent de missions d’études sur le territoire national ou à l’étranger, soit de formation.
La session « Armement et économie de défense » a pour objet d’élargir les connaissances des auditeurs relatives aux problématiques du domaine de l’armement et de l’économie de défense, dans le cadre de la stratégie de sécurité nationale. Elle vise à comprendre l’écosystème des forces armées, à faire connaître ou à approfondir la compréhension du secteur de l’industrie de défense, à saisir les enjeux de souveraineté.
Elle se déroule à Paris de septembre à juin, les jeudis et vendredis. Elle regroupe chaque année une cinquantaine de cadres français et étrangers de haut niveau, associant :
des représentants de la direction générale de l’Armement (DGA) et du ministère de la Défense, de l’administration,
des dirigeants de l’industrie de défense ainsi que des représentants de la société civile.
La durée totale de la formation est de environ. pour 45 auditeurs environ, français et étrangers, âgés de 35 à 50 ans. Axée sur les problématiques de l’armement et, plus généralement de défense, avec une place particulière donnée à l'économie de défense et à la construction européenne, cette formation permet de donner une meilleure connaissance du milieu industriel de défense et d’approfondir les liens entre ses différentes composantes.
La session « Défense et sécurité économiques », qui se concentre sur les défis cruciaux liés à l’économie comme champ d’affrontement. Les risques tels que la coercition économique, les attaques cyber, les menaces à la souveraineté exigent une coordination renforcée des moyens et la mobilisation des compétences. Cette formation prospective vise à développer les compétences des auditeurs pour anticiper et répondre à ces enjeux. Objectifs incluent l’acquisition d’une vision globale des enjeux de sécurité économique, la compréhension des risques d’ingérences et le développement d’une réflexion stratégique sur les politiques de sécurité économique nationale et européenne.
La session « Enjeux et stratégies maritimes » explore les défis cruciaux liés à la maritimisation du monde à travers l’approfondissement de la connaissance du milieu, la compréhension de la globalité et de la complexité des enjeux, notamment de défense et de sécurité nationale, l’appréhension des questions relatives au territoire français ultra-marin.