Le Gabon (en forme longue, la République gabonaise) est un pays situé en Afrique centrale, traversé par l'équateur, frontalier à l'est, au sud-est et au sud de la république du Congo, au nord-nord-ouest de la Guinée équatoriale et au nord du Cameroun. Sa capitale administrative est Libreville, et Port-Gentil la capitale économique.
Ce qui est aujourd'hui le Gabon est colonisé par la France et intégré à la colonie du Congo français en 1882. Le territoire devient une colonie distincte en 1906 et obtient son indépendance en 1960 sous la présidence de Léon Mba, qui gouverne le pays jusqu'à sa mort en 1967. Son vice-président, Omar Bongo, lui succède et déclare le Parti démocratique gabonais (PDG) parti unique en 1968. Bien que le multipartisme soit instauré au début des années 1990, le PDG reste toujours le parti dominant, tandis que Bongo se maintient au pouvoir jusqu'à sa propre mort en 2009. Son fils, Ali Bongo, devient alors le nouveau président, et gouverne le pays jusqu'à son renversement par le coup d'État de 2023.
C’est un pays forestier, où la faune et la flore sont encore bien conservées et protégées dans treize parcs nationaux dont le parc national de la Lopé et celui d'Ivindo, inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Une faible population, d'importantes ressources forestières et un pétrole abondant ont permis au Gabon d'être l'un des pays les plus prospères d'Afrique. Selon l'Organisation des Nations unies, le pays affiche l'indice de développement humain le plus élevé d'Afrique subsaharienne, disposant du deuxième revenu par habitant le plus élevé (derrière la Guinée équatoriale et devant le Botswana). Le produit intérieur brut a augmenté de plus de 6 % par an pour la période 2010-2012. Cependant, du fait de grandes inégalités dans la répartition des revenus, une proportion importante de la population reste pauvre.
La langue officielle est le français. La quasi-totalité des habitants sont membres des groupes ethniques bantous. Le christianisme est la religion la plus pratiquée.
Histoire
Histoire géologique, géochimique et paléontologique
Le bassin de Franceville, conserve des sédiments du protérozoïque inférieur (environ 2,1 Ga), notamment la formation Francevillian B, un schiste noir intact sur le plan métamorphique. Ces couches exceptionnelles abritent des structures macroscopiques fossilisées appelées Gabonionta ou groupe fossile de Franceville, considérées par certains chercheurs comme les plus anciens animaux multicellulaires connus — ou du moins des organismes très complexes et organisés —, notamment grâce à la présence possible de stérols, marqueurs typiques des eucaryotes.
Ce pays recèle les traces d'organismes multicellulaires les plus anciens connus . Elles remontent à et ont été découvertes dans le Francevillien de la région de Franceville en 2008....
En , le Centre national de la recherche scientifique annonce la découverte de nouveaux fossiles macroscopiques d'une taille allant jusqu'à et confirme l'âge du gisement fossile à ..
Le réacteur nucléaire naturel d’Oklo est un phénomène géologique unique découvert en 1972 dans la mine d’uranium d’Oklo, près de Franceville, dans le sud-est du Gabon.
Il s’agit d’anciens réacteurs nucléaires naturels qui se sont formés il y a environ 2 milliards d’années, lorsque la proportion d’uranium 235 (environ 3 %) permettait le déclenchement d’une fission nucléaire spontanée. Les conditions géologiques locales — forte concentration en uranium, présence d’eau comme modérateur et configuration des roches — ont permis une réaction nucléaire en chaîne auto-entretenue pendant plusieurs centaines de milliers d’années, produisant une puissance estimée à quelques mégawatts.
Ce phénomène est unique sur Terre et a apporté des données importantes sur la stabilité à long terme des déchets radioactifs ainsi que sur les processus naturels de fission.
Préhistoire et protohistoire Il existe des traces d'un peuplement préhistorique du Gabon remontant à et se poursuivant jusqu'à l'âge du fer. Les Pygmées actuels, qui seraient issus de ce peuplement, sont les premiers habitants connus de ce qui est actuellement le Gabon. Chasseurs-cueilleurs, ils s'installent environ avant notre ère. Une vague de peuplements bantous leur succède durant le Néolithique.
Les Bantous étant eux-mêmes partis il y a de la zone sahélienne en voie d'assèchement, leur expansion vers le sud et l'est de l’Afrique date d'environ avant notre ère...
À la différence des Pygmées, les peuples bantous sont semi-sédentaires et pratiquent l'élevage ; ils maîtrisent aussi la métallurgie dès le Arrivés au Gabon, ils trouvent donc un peuplement pygmée sur place.
En 2016, des prospections archéologiques menées sur le tronçon routier Loubomo-Moungagara, dans le sud-ouest du Gabon, ont permis de découvrir deux nouveaux sites, BGP 1 et Panga 3, caractérisés par la présence de fragments de céramique.
Le site de BGP 1 présente différents types de récipients, dont certains à contours simples et ellipsoïdaux, ainsi que d’autres à contours complexes avec des formes galbées et des ouvertures variées (rétrécies ou évasées).
Le site de Panga 3 se distingue par des céramiques non décorées, comprenant des formes variées : ellipsoïdales, cylindriques ou hyperboloïdes, avec des bords éversés ou redressés.
Découverte en 2018 à Mouila (province de la Ngounié), la grotte d'Iroungou est une sépulture collective unique en Afrique centrale.
Elle a livré les restes d’au moins 28 individus, accompagnés de 512 artefacts en fer, cuivre, coquillages marins, dents percées, houes-monnaie, bracelets, gongs, couteaux, et même des tiges spatulaires en fer jamais documentées ailleurs sur le continent .
Les datations au carbone-14 situent les inhumations entre les XIVᵉ et XVᵉ siècles ap. J.-C.
En 2021, des pierres taillées découvertes sur le site d'Elarmékora sont datées indirectement d'au moins . La datation repose sur celle des échantillons de sol prélevés depuis la surface jusqu'à la strate où se trouvaient les pierres, datés par les nucléides cosmogéniques aluminium 26 et béryllium 10.. Ces pierres taillées attestent d’une présence humaine au Gabon, remontant au paléolithique inférieur.
Des fouilles à Youmbidi, un abri sous roche près de Lastoursville, a mis en lumière une occupation humaine de , avec des outils taillés, céramiques, restes animaux et végétaux, offrant des indices sur les régimes alimentaires protohistoriques. Parmi les trouvailles, on compte également l’un des plus anciens tessons de poterie d’Afrique centrale (daté de plus de 6 500 ans), une perle façonnée à partir d’une coquille d’escargot (vieille de 3 300 à 4 900 ans), et des dents humaines susceptibles de fournir un ADN ancien. Ces découvertes aident à comprendre l’impact humain sur la forêt et la genèse de l’agriculture..
Peuplement du Gabon Les Pygmées constituent les premiers occupants connus du Gabon, descendants de communautés de chasseurs-cueilleurs forestiers. Leurs ancêtres sont présents dans le pays depuis des millénaires, comme le montrent tant les traditions orales des ethnies locales que les analyses génétiques.
Une étude basée sur l’ADN mitochondrial montre une divergence génétique entre Pygmées et Bantous remontant à environ 70 000 ans au plus, suivie de mélanges principalement via l’intégration de femmes pygmées dans des populations bantoues, il y a entre 40 000 et quelques milliers d’années. Dans la province de l’Ogooué-Maritime (zones d’Iguéla et d’Ikéngué), des fouilles datantes des traditions de chasseurs-cueilleurs allant de 7 000 à 2 000 ans avant notre ère, confirment la présence ancienne des précurseurs des Pygmées.
Bien que certains récits évoquent des mélanges entre Pygmées et Bantous dès cette période, des études récentes suggèrent que les interactions génétiques importantes ont débuté moins de mille ans avant notre ère, traduisant des tabous culturels persistants .
Cependant, les migrations bantoues ont apporté une transformation majeure du peuplement au Gabon.
Originaires de la zone sahélienne, les Bantous ont commencé à s’étendre vers l’Afrique centrale à partir de 5 000 ans av. J.-C., avec une arrivée progressive sur le territoire gabonais entre 2 000 et 1 000 av. J.-C., apportant l’agriculture, l’élevage et la métallurgie du fer du fait du mode de vie semi-sédentaire.
Les Mpongwes s'installent au Gabon au milieu du dans la zone de l'actuelle province de l'Estuaire... Les principaux clans étaient : les Agoulamba (rive gauche, roi Rassondji dit Georges), les Adoni (île Coniquet, roi François), les Asiga (rive gauche, roi Denis), les Aguékaza (rive droite, scindés en trois branches, celle du roi Louis Dowé, du roi Quaben et celle du prince Glass).
En 1550, les Orungu débarquent dans la région des Lacs Nord (Lagune Nkomi, Lac Onangué, Lac Nkonié et Lac Azingo), dans la province de l’Ogooué-Maritime.
Quant aux Enenga, ils s’installeront vers 1600 aux abords du Lac Zilé, à Lambaréné. Durant la même période, on observe également le début des grandes migrations Apindji et Mitsogho.
Le XVIe siècle voit l’arrivée d'autres peuples bantous, notamment les Galoas et Nkomis vers le Cap Fernan-Vez.
Vers 1750, les Adouma venus des plateaux batekés et ayant suivi le fleuve Sébé arrivent jusqu’aux Rapides de Mboungou Badouma et de Doumé, zone actuelle allant de Moanda à Lastoursville (rive gauche du fleuve l’Ogooué).
Au Sud-Ouest s’installent les Bapunus, et à l’extrémité du sud-ouest les Nzébis, Obambas et Batékés.
En 1846, l’avant-garde fang atteint le confluent du Mbini et du Komo en provenance du Nord-Est. Dix ans plus tard, le peuple fang fait la rencontre de l’explorateur Du Chaillu près des sources de ces deux cours d’eau.
Au cours des vingt années suivantes, les Fang parvinrent à occuper l’ensemble du Nord-Ouest du Gabon ainsi que la Guinée espagnole, actuelle Guinée Équatoriale.
À l’époque pré-coloniale, le Gabon est constitué de petits royaumes tribaux, avec une partie du pays qui est subordonnée au Royaume du Kongo.
Histoire pré-coloniale En 1472, les Portugais furent les premiers Européens à pénétrer la province de l’Estuaire du Gabon.
Par la suite, l’explorateur portugais Lopo Gonçalves va découvrir le Cap Lopez en 1473. En 1475, l’explorateur portugais Rui de Sequeira découvre le Cap Sainte-Catherine, situé dans l’actuelle province de l’Ogooué-Maritime, au Gabon.
Le nom Gabon apparaît sur la mappemonde de l’Afrique établie en 1493 par Juan de la Cosa. Il dérive du mot portugais gabão (« caban », un vêtement à manches longues et capuche), en référence à la forme de l’estuaire situé près de l’actuelle Libreville. Cependant, le Dictionnaire de l’Origine des noms et surnoms des pays africains d'Arol Ketchiemen. n’exclut pas l’hypothèse que le nom Gabon ait été emprunté aux populations côtières locales.
Le littoral gabonais retint particulièrement l’attention des explorateurs portugais du fait de sa proximité avec Sao Tomé, qui était le principal centre des activités portugaises dans le golfe de Guinée. Dès lors, ce rivage entra dans le circuit du commerce de « troque » de la Côte occidentale d'Afrique. Les négriers portugais fréquentaient les cotés gabonaises principalement à la recherche du « bois d'ébène » (captifs africains). Les rois et chefs locaux échangeaient souvent ces richesses (ébène, ivoire, cire, kevazingo ou guibourtia tessmannii et bois d’okoumé) contre de la pacotille (armes, étoffes, eau-de-vie).
Dès 1515, les navires français commencent à fréquenter les côtes gabonaises.
Les côtes gabonaises devinrent un carrefour commercial fréquenté par les négriers européens, notamment les Portugais, Français, Hollandais (îles Corisco et Élobey conjointement en 1600), Espagnols et Anglais.
En 1601, un groupe mpongwé attaque et pille un comptoir hollandais à Corisco.
Du XIVe au milieu du , les chefs des tribus côtières et îles environnantes du Gabon entretiennent des relations diplomatiques et commerciales avec les Européens.