Lîle Lord Howe (, ) est une île d'Australie d’origine volcanique en forme de croissant. Elle est rattachée administrativement à la Nouvelle-Galles du Sud dont elle est un territoire non incorporé. Elle doit son nom à Lord Howe, Admiral of the Fleet de la Royal Navy à la fin du
Située en mer de Tasman à à l’est du cap Smoky, sur la côte orientale d'Australie, à peu près à la même latitude que les montagnes Bleues, elle recèle plusieurs espèces endémiques dont, chez les végétaux, le figuier de la baie de Moreton (Ficus macrophylla) et deux espèces de palmiers du genre Howea, les kentias et, chez les oiseaux, le Râle sylvestre (Gallirallus sylvestris Sparrman, 1786).
L’isolement de cette île a permis de fournir des informations très précieuses sur l’évolution de ces espèces. Environ y habitent en permanence.
Cette île est enregistrée sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982.
Histoire
C'est le qu'un Européen fait pour la première fois mention de l'île. Il s'agit du capitaine , commandant du HMS Supply, le plus ancien et le plus petit navire de la First Fleet. Il est chargé d'accompagner un navire chargé de 15 prisonniers (9 hommes et 6 femmes) depuis Botany Bay jusqu'à l'île Norfolk pour y fonder une colonie pénitentiaire. Lors du voyage de retour le , Ball envoie un groupe débarquer sur l'île Lord Howe pour y proclamer la souveraineté britannique. De nombreuses tortues et oiseaux dociles sont capturés et apportés à Sydney. Ball baptise en son honneur l'un des sommets de l'île en lui donnant le nom de mont Lidgbird ainsi que l'éperon rocheux proche de l'île qu'il dénomme pyramide de Ball. L'île principale reçoit son nom en référence au comte Richard Howe qui était premier Lord de l'Amirauté à cette époque. Il semble qu'avant sa découverte par les Européens, l'île ne fut jamais peuplée et était inconnue des Polynésiens du sud du Pacifique.
L’île devint une escale fréquente des navires ralliant l'île Norfolk depuis la Nouvelle-Galles du Sud. Certains y laissèrent des cochons et des chèvres pour ravitailler les bateaux suivants, mais aucune colonie permanente ne fut fondée avant 1834, à l’endroit appelé aujourd’hui Old Settlement.
Établissement permanent Le premier établissement permanent sur l'île Lord Howe est créé en quand la baleinière britannique Caroline venant de Nouvelle-Zélande et dirigée par le capitaine John Blinkenthorpe, débarque dans un lieu connu sous le nom de Blinky Beach. Trois hommes sont laissés sur place (George Ashdown, James Bishop et un certain Chapman) dont la mission est d'implanter une station d'approvisionnement pour une entreprise baleinière de Sydney. Ces hommes se nourrissent en pêchant et en élevant des cochons et des chèvres ensauvagés. Ils sont accompagnés sur l'île par leurs femmes Maoris et leurs enfants. Cette petite communauté construit des huttes dans une zone dénommée ensuite Old Settlement dont la caractéristique est de contenir une réserve d'eau douce.
Cette petite société vit sans argent. Les colons marchandent l'eau, le bois, les légumes, la viande, le poisson et les oiseaux avec des vêtements, du thé, du sucre, des outils, du tabac et d'autres marchandises indisponibles dans l'île. Dans ce système de troc, ce sont les baleiniers qui fixent les prix. Ces premiers colons quittent finalement l'île en en échange d'une somme de donnée par les hommes d'affaires Owen Poole et Richard Dawson (puis plus tard John Foulis) dont les employés deviennent les nouveaux colons.
Croissance de la colonie (1842-1860) thumb|Centre d'information et musée maritime de l'île de Lord Howe. La nouvelle colonie est rapidement connue du public et bientôt, les navires faisant la navette entre Sydney et les Nouvelles-Hébrides (actuel Vanuatu) font étape sur l'île. Le Rover's Bride, un petit cotre, devient le premier vaisseau de commerce régulier à s'arrêter sur l'île de Lord Howe. Entre 1839 et 1859, entre jettent l'ancre à Lord Howe chaque année. Parfois, ce chiffre s'approche de la vingtaine avec la présence simultanée de jusqu'à 7 à ancrés en même temps près des récifs. En 1842 et 1844, les premiers enfants naissent sur l'île. En 1847 et à la suite de leur échec à obtenir des concessions de terre de la part du gouvernement de Nouvelle-Galles-du-Sud, Poole, Dawson et Foulis abandonnent la colonie bien que trois de leurs employés continuent d'y résider. Toutefois, en 1848, la famille Andrews décide de s'installer sur l'île après avoir découvert des oignons sur la plage. Ils mettent alors en place une culture de cette ressource connue sous le nom de Lord Howe Red Onion dont la popularité est grande dans l'hémisphère sud durant près de jusqu'à ce que les plants soient attaqués par la maladie du charbon.
En 1849, seules résident sur l'île mais bientôt, les fermes se développent. Lors de la décennie 1850, la découverte de gisements aurifères en Australie attise la convoitise des marins qui préfèrent creuser à la recherche du précieux métal plutôt que de risquer leur vie sur les mers. De fait, plusieurs navires évitent de jeter l'ancre en Australie de peur de perdre leurs équipages et préfèrent faire étape à l'île Lord Howe qui expérimente un nouveau type de commerce. Ce dernier atteint son apogée entre 1855 et 1857. En 1851, peuplent l'île et cultivent plusieurs légumes parmi lesquelles des pommes de terre, des carottes, du maïs, des citrouilles, du taro, des pastèques et même du raisin, des fruits de la passion et du café. Enfin, entre 1851 et 1853, plusieurs tentatives du gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud d'établir un établissement pénitentiaire sur l'île échouent.
De 1851 à 1854, Henry Denham, le capitaine du HMS Herald, est engagé dans une expédition scientifique dans l'ouest du Pacifique. C'est à cette occasion qu'il réalise la première étude hydrographique de l'île. À bord de son navire, les biologistes écossais William Mile (un botaniste du jardin botanique royal d'Édimbourg), John MacGillivray (un naturaliste) et Denis MacDonald (zoologiste et assistant-chirurgien) participent aussi à l'expédition et collectent notamment des spécimens de poissons et de plantes. Ces hommes fournissent les premières informations sur la géologie, la flore et la faune de l'île.
Vers 1853, trois nouveaux colons s’installent à Lord Howe. Ils viennent du baleinier américain Belle dirigé par Ichabod Handy. Tout comme George Campbell (qui meurt en 1856) et Jack Brian (qui meurt en 1854), le troisième nommé Nathan Thompson amène avec lui trois femmes venues des îles Gilbert. Thompson est aussi le premier habitant de l’île à construire une maison de taille substantielle dans les années 1860 grâce à du cèdre venu du continent et qui finit par s’échouer sur les plages de l’île. La plupart des habitants actuels possédant des ancêtres ayant vécu sur l'île ont des liens de parenté (par le sang ou par le mariage) avec Thompson et sa deuxième femme Bogue.
En 1855, l'île devient officiellement un territoire de la Nouvelle-Galles du Sud à la suite d'une loi constitutionnelle.
Expéditions scientifiques (1861-1890) Au début des années 1860, l’industrie baleinière décline rapidement avec l’augmentation de l’utilisation du pétrole, le commencement de la ruée vers l’or californienne et la guerre civile américaine. Cette désertion des baleiniers américains a de tristes conséquences pour l’économie de l’île. À la recherche de nouvelles sources de revenus, Thompson achète le Sylph en 1867. Ce navire devient le premier bateau local à commercer avec Sydney (principalement des cochons et des oignons). Il jetait l’ancre dans le lieu connu aujourd’hui sous le nom de Sylph’s Hole off Old Settlement Beach. Toutefois, le navire est perdu en mer en 1873, ajoutant aux malheurs de l’île.
En 1869, l'île reçoit la visite du magistrat P. Cloete qui doit enquêter sur une affaire de meurtre. Il se rend à Lord Howe à bord du Thetis avec plusieurs autres personnalités comme Charles Moore, le directeur des jardins botaniques royaux de Sydney et son assistant William Carron qui prévoit de ramener des spécimens de plantes à Ferdinand von Müller qui travaille au jardin botanique de Melbourne. En 1875, von Müller aura catalogué et publié près de 195 espèces. Le géomètre William Fitzgerald est aussi du voyage ainsi que Masters de l'Australian Museum. Ensemble, ils étudient l'île et publient leurs découvertes en 1870. À cette date, l'île est peuplée de 35 personnes vivant dans 13 maisons construites en bois avec des toits de chaume. Du fait du déclin économique, il arrive parfois que l'île ne voie passer aucun bateau durant six à douze mois. De fait, les provisions amassées dans les entrepôts servant auparavant à ravitailler les baleiniers pourrissent, et certains habitants décident d'abandonner la production maraîchère.
De 1890 à aujourd'hui thumb|Navire de la compagnie Island Trader qui assure la liaison maritime entre Port Macquarie et l'île Lord Howe toutes les deux semaines. En , la compagnie Burns Philp lance un service régulier de transport maritime et le nombre de touristes augmente progressivement. En , avec l'arrivée régulière de touristes transportés par le SS Morinda, le tourisme devient la deuxième source de revenus de l'île après la vente de palmiers en Europe. Le Morinda est remplacé par le Makambo en . Ce service touristique se poursuit encore aujourd'hui à l'aide de nouveaux navires qui partent de Port Macquarie toutes les deux semaines.
Le commerce de palmiers naît lors de la décennie 1880 lorsque le Kentia (Howea forsteriana) est pour la première fois exporté en Grande-Bretagne, en Europe et en Amérique. Ce commerce devient en le monopole de la Lord Howe Island Kentia Palm Nursery.
L'année est marquée par la première apparition d'un avion près de l'île lorsque Francis Chichester amerrit dans le lagon à bord d'un biplan Gipsy Moth transformé en hydravion. Celui-ci est endommagé lors d'un orage le lendemain puis réparé avec l'aide des habitants avant de s'envoler neuf semaines plus tard pour un vol en direction de Sydney. En , après la Seconde Guerre mondiale, des touristes viennent sur l'île à bord d’hydravions Catalina puis de Sandringham qui opèrent près de Rose Bay à Sydney. Ils amerrissent dans le lagon de l'île Lord Howe et le voyage depuis Sydney prend trois heures et demie ; ces hydravions sont remplacés par des avions bimoteurs après l'ouverture d'une piste d'atterrissage sur l'île en . En , le destroyer de la Royal Navy heurte le Wolf Rock, un récif de l'île de Lord Howe et manque de peu de couler. Récemment, le tourisme est en croissance et le gouvernement de la Nouvelle-Galles-du-Sud est de plus en plus impliqué dans des mesures de conservation de la nature.
Géologie thumb|left|Vue de l'île Lord Howe.
L’île a la forme d’un croissant d’environ dix kilomètres de longueur pour deux kilomètres de largeur et résulte de l'érosion d’un volcan bouclier vieux de 7 millions d’années. La chaîne sous-marine de Lord Howe, définie par des guyots recouverts de corail, se poursuit sur mille kilomètres vers le nord, probablement issue d’un déplacement de la plaque australienne vers le nord au-dessus d’un point chaud stationnaire. Cette chaîne est elle-même un élément du plateau de Lord Howe, sur le continent sous-marin Zealandia.
Le mont Lidgbird et le mont Gower, culminant respectivement à 777 et d'altitude dans le sud de l’île, sont constitués de basalte, restes de coulées de lave qui remplissaient autrefois une importante caldeira. La fin de l’activité volcanique remonte à 6,4 millions d’années.
Situé par 31° de latitude sud, le récif corallien est le plus méridional du monde.
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