La rue Montorgueil est une voie ancienne des actuels 1 et 2 arrondissements de Paris, France.
Situation et accès thumb|left|upright=0.8|Rue Montorgueil vue en direction des Halles. La rue Montorgueil est orientée globalement nord-sud, sa partie sud dans le , sa partie nord dans le 2. Elle débute au sud, derrière l'église Saint-Eustache, au niveau des 2, rue Montmartre et 124, rue Rambuteau, et se termine au nord au carrefour des 1, rue Léopold-Bellan et 59, rue Saint-Sauveur. La rue est l'axe principal d'une zone piétonne animée, possédant de nombreux commerces d'alimentation et des restaurants.
Outre ces voies, la rue Montorgueil est rejointe ou traversée par plusieurs rues ; du sud au nord : : rue Mauconseil : rue Étienne-Marcel, qui marque la limite entre le et le : rue Tiquetonne : rue Marie-Stuart : rue Mandar : rue Greneta : rue Bachaumont
Au nord, la rue Montorgueil est prolongée par la rue des Petits-Carreaux.
La rue Montorgueil est desservie par la ligne 3 à la station Sentier et la ligne 4 aux stations Les Halles et Étienne Marcel.
Origine du nom La rue porte depuis le le nom du « mont Orgueilleux » (vicus Montis Superbi), car elle conduisait sur une hauteur, ou un petit mont (actuellement quartier de Bonne-Nouvelle), dont la rue Beauregard occupe le sommetJean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.. D’après le roman de Victor Hugo (Les Misérables), la rue de Montorgueil devrait son nom à l’instrument utilisé pour porter de lourdes charges sur une basse hauteur, le cric, appelé jadis « l’orgueil ».
Historique Une requête des habitants de la rue Montorgueil, en date du , demande la démolition d'une fausse porte située en cet endroit, car celle-ci crée un rétrécissement de la voie qui cause de grands embouteillages, agrémentant des dépôts d'immondices, de puanteurs et d'infections, comme si c'était une voirie, ainsi qu'une prolifération de voleurs. Cette démolition est accordée en 1503 François Bonnardot : FRegistres des délibérations du Bureau de la ville de Paris Tome I, page 86-87 (1499-1526)..
À partir de l'ouverture de la porte Poissonnière dans l'enceinte de Louis XIII en 1645, la rue était également le lieu d'arrivée des pêches venues des ports du nord de la France (chemin des Poissonniers), en particulier les huîtres, dont un marché se trouvait à l'emplacement de la rue Étienne-Marcel. Cette pratique perdure, notamment avec le restaurant Au Rocher de Cancale (au 59 puis au 78), alors que le bureau de vente de la Société des huitres d'Étretat et de Dieppe se trouvait aux 61-63 et que celles de Fécamp étaient vendues près de la rue Tiquetonne. Dans la cour de l'auberge Au Compas d'Or se trouvait un hangar à diligences qui partaient entre autres destinations vers DreuxPanneau Histoire de Paris, 73 rue Montorgueil..
Elle est citée sous le nom de « rue de Montorgueil » dans un manuscrit de 1636 dont le procès-verbal de visite, en date du , indique qu'elle est .
En 1660, un établissement de religieuses de la Visitation s'installe dans la rue ; elles le quittent en 1673 pour s'installer rue du Bac.
En 1665, le siège du Journal des Savants se trouvait dans cette rue dans une maison à l'enseigne du Cheval BlancJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris.. vignette|Marchandes au panier, rue Montorgueil, d’ Auguste Lepère, extrait de L’Artiste, mars 1894. En 1817, la rue Montorgueil commençait cul-de-sac de la Bouteille et 44, rue Mauconseil et finissait au 1, rue du Cadran et au 63, rue Saint-Sauveur. Les numéros impairs, de 55 à 69, étaient situés dans l'ancien , quartier Saint-EustacheCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Saint-Eustache », îlot , F/31/78/04, îlot , F/31/78/05, îlot , F/31/78/06., de 71 à 77, quartier MontmartreCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Montmartre », îlot , F/31/78/12. et les numéros pairs de 40 à 112 étaient situés dans l'ancien , quartier MontorgueilCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Montorgueil », îlot , F/31/82/20, îlot , F/31/82/21, îlot , F/31/82/22.. Les numéros de la rue étaient noirs. Le dernier numéro impair était le et le dernier numéro pair était le .
Cette rue résulte de la fusion, en 1830, deFélix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.Gustave Pessard : Nouveau dictionnaire historique de Paris. : Entre la Pointe Saint-Eustache (bas de la rue Montmartre) et la rue Mauconseil et à l'impasse de la Bouteille, elle avait comme nom « rue au Comte-d'Artois », « rue de la Porte à la Comtesse-d'Artois » ou « rue de la Porte au Comte-d'Artois », puis « rue de la Comtesse-d'Artois », parce que Robert II, comte d'Artois, neveu de Louis IX qui possédait un hôtel particulier situé en dehors de l'enceinte de Philippe Auguste, y avait fait établir une porte à la hauteur du . La partie de la rue Montorgueil, qui finit à la rue Saint-Sauveur, elle se nommait au treizième siècle, Vicus Montis superbi (rue du Mont-Orgueilleux), car elle conduisait à un monticule ou butte dont la rue Beauregard occupe aujourd'hui le sommet. Cette voie publique s'étendait autrefois, sous le nom de « rue Montorgueil », jusqu'au boulevard.
Le 30 janvier 1918, durant la première Guerre mondiale, les rue Montorgueil sont touchés lors d'un raid effectué par des avions allemandsExcelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Pierre Jean de Béranger est né dans cette rue. : groupe d'immeubles du .... et 40, rue Mauconseil : restaurant L'Escargot Montorgueil.. Créé en 1832 et spécialisé dans la cuisine bourguignonne et les recettes à base d'escargot, il a notamment eu pour clients Marcel Proust, Sarah Bernhardt, Sacha Guitry, Pablo Picasso ou encore Charlie Chaplin. L'intérieur, de style Second Empire, est classé monument historiqueAnthony Palou, « L'escargot de Bourgogne compte pour du beurre », Le Figaro, 9-10 janvier 2021, p. 32... (numéro disparu) : le percement de la rue Réaumur a fait disparaître la « halle aux huîtres ». Elle était composée d’une grande cour fermée par une grille en bois. : emplacement, au , du « bureau central des chaises à porteur ». : immeuble du abritant, au rez-de-chaussée, la patisserie Stohrer fondée en 1720.. À l’origine du baba au rhum, cette boutique célèbre à la fin du possède des panneaux décoratifs de Paul Baudry. Plusieurs peintres l'ont représentée. : entrée de l'auberge Au Compas d'Or, installée ici depuis le , dont l'immeuble situé à l'angle de la rue Marie-StuartEntrée de l'auberge Au Compas d'Or 64 rue Montorgueil. englobait les implantés à l'intérieurPlan parcellaire municipal de Paris (fin XIXe), plan des quartiers des Halles et de Bonne-Nouvelle PP/11914/A.. La cour comporte alors un ancien et vaste hangar abritant les diligences en partance pour Dreux, Creil et Gisors ; sa charpente reposant sur des piliers en maçonnerie atteint quinze mètres de portée et s'étend sur environ vingt mètres de profondeurL'ancienne auberge du Au Compas d'Or.. Le , dans l'un des logements en fond de cour, Lacenaire et son complice Pierre Victor Avril, un menuisier de 25 ans, tentent d'assassiner le garçon de recettes Genevray, âgé de 18 ans. Bien que blessé, celui-ci hurle et les met en fuite. Dans « Le Ventre de Paris », Émile Zola cite l'établissement. Kléber Bénard et Jean-Marcel Poyer, membres de la bande à Bonnot, y partagent une chambre du au Le Petit Parisien du samedi 22 juin 1912, article Les fusilleurs de Livry sont bien de la bande. ; ce dernier y sera arrêté par la policeLe Petit Parisien du vendredi 21 juin 1912, article Rue Montorgueil, on arrête un membre de ma bande à Bonnot.. Durant la deuxième moitié du siècle, le bâtiment abrite aussi le restaurant « Philippe », alors renommé. L'ensemble est démoli en 1927 pour faire place à l'immeuble actuel. : le , Jean Diot et Bruno Lenoir - le premier domestique, âgé de 40 ans ; le second cordonnier, âgé de 21 ans - sont surpris par un agent du guet . Arrêtés puis jugés, ils sont condamnés à être brûlés vifs en place de Grève le suivant. Par clémence, ils sont . Ce sont les dernières personnes exécutées en France pour homosexualité. Depuis le , une plaque posée sur la chaussée, au croisement de la rue Bachaumont, rend hommage aux deux hommesXavier Héraud, « Une plaque en mémoire du dernier couple homosexuel exécuté à Paris va être inaugurée », yagg.com, 17 octobre 2014.. Le , une plaque identique est inaugurée sur la façade du 1 rue Léopold-BellanElogie-siemp, bailleur social à Paris.. et 1, rue Léopold-Bellan : immeuble d'angle, de style rocaille, construit entre 1743 et 1746 pour le maître-maçon Étienne Regnault, dont on aperçoit les initiales sur la barre d'appui en ferronnerie aux fenêtres des trois premiers étagesstayinparis - panneau rue Léopold-Bellan. ; à l'angle de ces rues se dresse un panneau Histoire de Paris. et 73-75, rue Greneta : restaurant Le Rocher de Cancale..
: dernier domicile du résistant José Roig avant son exécution par les nazis en 1941.
Dans les arts et la littérature thumb|left|upright=0.7|La Rue Montorgueil par Claude Monet.
Victor Hugo évoque la rue Montorgueil dans Les Misérables (1862) : .
Dans Le Ventre de Paris (1873), Émile Zola cite l'auberge Au Compas d'Or, située au n° 64 : Émile Zola - Les Rougon-Macquart : Le Ventre de Paris.djvu/7..
La Rue Montorgueil est un tableau peint en 1878 par Claude Monet. Il représente la rue emplie d'une multitude de drapeaux français le , lors de l'une des festivités organisées lors de l'Exposition universelle et donnant lieu ce jour-là à la toute première célébration de la Fête nationaleLa date de la Fête nationale ne sera que plus tard fixée au 14 juillet, par une loi de 1880..
Le Clown de la rue Montorgueuil est le titre d'un roman de Catherine Paysan, paru aux éditions Denoël en 1978.
Notes et références
Pour approfondir
Bibliographie . Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844. Guillot de Paris, Le Dit des rues de Paris avec préface, notes et glossaire d'Edgar Mareuse, 1300. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817. .
Articles connexes Liste des voies du de Paris Liste des voies du de Paris
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris Guide détaillé de la rue Montorgueil, guide détaillé de la rue Montorgueil et du quartier Montorgueil « Les orgueils de Montorgueil », conférence Monuments et Personnages de la rue, 2011, mairie du .
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