La rue des Prouvaires est une voie publique du quartier des Halles, dans le de Paris, en France.
Situation et accès Elle débute rue Saint-Honoré (no 48) dans le prolongement de la rue du Roule et débouche rue Berger (no 48) face à l’entrée du Jardin Nelson-Mandela (précédemment Jardin des Halles).
Origine du nom Elle doit son nom « rue des Prouvaires » ou « rue des Provoires » aux prêtres de Saint-Eustache qui l'ont habitée, dès le Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris.Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.. « Prouvaire » est un mot de moyen français, dérivé de l'ancien français « Provoire » qui est le cas régime du mot « prêtre ». Exceptionnellement, c’est le cas régime qui ici a fini par disparaîtrePetit de Julleville, Histoire de la langue et de la littérature française, 1896, . mais après hésitationOn trouve ce terme dans une lettre de donation datée d'octobre 1426, cf. Auguste Longnon, Paris pendant la domination anglaise (1420-1436). Documents extraits des registres de la Chancellerie de France, Paris, 1878, , sur Gallica, gallicalabs.bnf.fr.. On lit ainsi dans une chronique du :
Historique
Du Moyen Âge à l'ancien régime
La rue des Prouvaires telle qu'elle existe aujourd'hui n'est qu'un petit tronçon de de long de la voie qui s'étendait initialement jusqu'à la rue Trainée située près de l'église Saint-Eustache.
Cette voie est citée vers 1300 dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous la forme « rue à Prouvoires ».
Son nom fut au fil du temps déformé, en latin « vicus Presbyterorum », puis en vieux français « rue des Provoires », « rue des Provoirs », « rue des Prévoires », « rue des Preuvoires », « rue des Prouvoires », « rue des Provaires », « rue des Prouvelles », etc., ce qui finit par donner en moyen français le nom « rue des Prouvaires ».
Selon Jacques Hillairet cette rue était au Moyen Age l'une des plus belles de la capitale. En 1476, Louis XI fit loger dans une des demeures qui la bordaient le roi Alphonse V de Portugal (voir ci-dessous).
Elle est citée sous le nom de « rue des Provelles », dans un manuscrit de 1636 dont le procès-verbal de visite, en date du , indique qu'elle est .
Le séjour du roi d'Alfonse V du Portugal rue des Prouvaires En 1476, Alphonse V, roi de Portugal, vient à Paris solliciter des secours contre Ferdinand d'Aragon, fils de Jean roi d'Aragon, qui lui a enlevé la Castille. Louis XI, qui a de grands embarras à surmonter et qui désire conserver l'amitié de Ferdinand sans toutefois compromettre l'alliance d'Alphonse V, commence par ordonner qu'on rendît dans tout son royaume les plus grands honneurs à son hôte. Dès qu'il arrive à Paris, il lui procure tous les agréments possibles, et le loge rue des Prouvaires, chez un nommé Laurent Herbelol, riche épicier, qui possède une demeure vraiment royale.
Flatté de cette réception, le roi de Portugal laisse passer quelques jours sans parler au roi de France du motif de son voyage. Enfin, après avoir observé très exactement toutes les convenances, Alphonse se rend à la Bastille, séjour ordinaire de Louis XI, lorsqu'il daigne venir à Paris.
Charmé de cette nouvelle politesse, le Portugais ne peut décemment causer d'une autre affaire. Le lendemain, il revient à la Bastille. À peine ouvre-il la bouche, que Louis XI lui annonce qu'il a promis en son nom à l'évêque, d'assister à la réception d'un docteur en théologie, il est également conduit au Palais de Justice pour entendre la plaidoirie de deux avocats qui défendent une belle cause, puis il est convié à une visite des prisons du Grand-Châtelet. Pour le contraindre à rester dans sa demeure, il continue sur le même ton, en l'accablant de protestations d'amitié :
Alphonse V reçoit quelques jours après plusieurs messages qui l'engagent à retourner en Portugal. Il quitte la France sans avoir pu obtenir le secours qu'il demandait, mais trop pénétré cependant de l'accueil cordial que lui avait fait Louis XI, pour penser à devenir son ennemi.
La rue au gauche|vignette|redresse|Rue des Prouvaires. Photographie de Charles Marville, vers 1865-1868. Une décision ministérielle à la date du 9 germinal an XIII (), signée Champagny, fixe la largeur de la rue des Prouvaires à .
En 1816, les maisons et propriétés des sont démolies pour faciliter l'établissement du marché des Prouvaires« Marché rue des Prouvaires, 1853 », estampe.. Une ordonnance royale du fixe la largeur de la voie à .
En 1817, la rue des Prouvaires commence 52-54, rue Saint-Honoré et finit 13-15, rue Trainée. Elle est alors située dans l'ancien , dans le quartier Saint-EustacheCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Saint-Eustache », îlot , F/31/78/01, îlot , F/31/78/02, îlot , F/31/78/10, îlot , F/31/78/11..Les numéros de la rue, à l'époque d'une longueur de , sont alors noirs, le dernier numéro impair étant le et le dernier numéro pair était le .
Le , la police déjoue le complot dit « de la rue des Prouvaires » contre Louis-Philippe .
Sa partie septentrionale fut supprimée dans les années 1860 pour faire place aux nouvelles halles centrales de Paris. Elle est alors réduite à sa partie méridionale (au sud de la rue Berger) passant de à Auguste Longnon, Paris pendant la domination anglaise (1420-1436) : documents extraits des registres de la Chancellerie de France, Paris, 1878, sur Gallica« Rue des Prouvaires », vers 1865, gallicalabs.bnf.fr.Le Constructeur, 15 janvier 1865.. L'actuelle allée Jules-Supervielle qui se dirige dans la prolongation de la rue des Prouvaires à travers le jardin Nelson-Mandela en direction de l'église Saint-Eustache suit approximativement le tracé de cette section de rue disparue.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Alphonse V, roi de Portugal, loge dans cette rue, chez Laurent Herbelol, un riche épicier, en 1476. : Ferdinando Bosso, qui fonde en 1922 avec Luigi Campolonghi la Ligue italienne des droits de l'homme durant l'exil des antifascistes, et en 1927 la Concentrazione Antifascista Italiana, possède à cette adresse, avec ses frères, la société Bosso Frères, un commerce de fleurs et de peignes sculptés en écaille. La famille Bosso y vit de 1913 à 1995. : Jean Legaret y fonde le club des Prouvaires en 1956.
Plaque commémorative de la fondation du club des Prouvaires par Jean Legaret, en 1956.
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie . Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Guillot de Paris, Le Dit des rues de Paris, avec préface, notes et glossaire d'Edgar Mareuse. Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.
Articles connexes Liste des voies du de Paris Marché des Prouvaires
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris
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