La famille de Penfentenyo, originaire de Sibiril, dans l'évêché de Léon en Bretagne, est une famille d'extraction chevaleresque sur preuves de 1393. Elle bénéficie des honneurs de la Cour en l'année 1788.

La famille de Penfentenyo fait partie des familles subsistantes de la noblesse française.

Cette famille compte parmi ses membres un gouverneur de l'île Bourbon de 1826 à 1830, des officiers généraux, un archevêque, un député, un préfet maritime.

Histoire Origines À partir de Jehan de Penfentenyo, premier du nom et marié en 1393, la lignée est prouvée et suivie sans interruptionGuy Le Borgne, Armorial de Bretagne, Rennes, Pierre Garnier, 1681, p.225. C'est en 1651 que la famille se scinde en deux branches : les Cheffontaines se fixant à Clohars-Fouesnant et la branche cadette Kervereguen, qui s'installe à Loctudy.

Cheffontaines est la traduction du breton Penfeunteuniou (pen : tête ou chef, feunteuniou : fontaines) Base Mérimée . Le nom le plus ancien du domaine est Kergoët (nom du château qui a précédé celui de Cheffontaines en Clohars-Fouesnant).

L'ancêtre le plus ancien connu est Jehan de Penfeunteuniou, né vers 1360, décédé vers 1423, et marié avec Amice de Launay. Son petit-fils est Guiomarc'h de Penfeunteuniou, seigneur de Kermorus, un manoir situé à Saint-Pol-de-Léon et marié avec Ollive le Ny de Kersauson. L'arrière-petit-fils de Guiomarc'h de Penfeunteuniou, François de Penfeunteuniou de Kermorus, né vers 1570 à Saint-Pol-de-Léon, épouse en 1593 Jeanne Marie de Lanros, héritière du château de Kergoët en Clohars-Fouesnant, ce qui explique très probablement pourquoi la famille fait souche désormais dans cette paroisse et ses environs. Leur fils Charles de Penfentenyo, né le à Saint-Pol-de-Léon se marie le à Plouisy avec Marie Fleuriot, fille de feu noble et puissant Charles Fleuriot, seigneur de Kernevenoy, Kernabat, Kergrech, Kergarich et Kerogou, chevalier de Saint-Michel . Le couple a seize enfants ; parmi eux, les deux aînés sont les fondateurs des deux principales lignées à avoir fait souche :

Jean-Baptiste de Penfentenyo, baptisé à Saint-Pol-de-Léon en , marié à Marie Jobart, dame de Saint-Georges, à l'origine de la branche de CheffontainesLa Messelière, ibid

Sébastien de Penfentenyo, baptisé à Fouesnant le , marié à Marguerite de Kerveregen, fille de feu noble messire René, seigneur de Kerveregen, à l'origine de la branche des Penfentenyo de Kervéregen La Messelière, ibid, .

Elle est maintenue noble d'ancienne extraction en Bretagne en 1669Henri de La Messelière, Filiations Bretonnes, Prudhomme, Saint-Brieuc, 1922, T-4, p-304-309.

La famille de Penfentenyo était titulaire des seigneuries de Penfeuntenyo (paroisse de Sibiril); de Kermorus et de Lesvestric (paroisse du Saint-Pol-de-Léon) ; de Villeneuve (Kernevez-Rossunan, paroisse de Plouvien) ; du Louc'h, de Mesgral (paroisse de la Forest), de Mesnoalet (paroisse de Guilers) ; sr. de Coëtconq, sr. de Kermorvan (paroisse de Trébabu) ; sr. de Penhoët (paroisse de Plougonven) et de nombreux autres lieuxLa Messelière, ibid.

Cette famille s'est divisée en plusieurs branches, dont cinq branches sont éteintes : les Penfentenyo de Kermorvan ; les Penfentenyo de Poulbroch-Trévieu ; les Penfentenyo de Villeneuve (Kernevez-Rossunan); les Penfentenyo de Mesgral ; les Penfentenyo de Kermorus. Seules deux sont subsistantes : les Penfentenyo de Cheffontaines et les Penfentenyo de Kervereguen.

Le commando de Penfentenyo porte le nom d'Alain de Penfentenyo de Kervéréguin, blessé mortellement en 1946 en Indochine française..

La gwerz du page de Louis XI

Une gwerz, traduite par Théodore Hersart de La Villemarqué, raconte l'histoire tragique d'un page de Louis XI, originaire de Bodinio en Clohars-Fouesnant et ami de Jean III de Penfentenyo, lui aussi alors page du roi : Le petit page du roi est en prison pour un coup qu'il a fait, Pour un coup hardi, il est à Paris dans une dure prison. Là, il ne voit ni le jour, ni la nuit ; il a pour lit une poignée de paille ; Pour nourriture du pain de seigle, et de l'eau du puits pour boisson. Là, personne ne vient lui rendre visite, excepté les souris et les rats, Les souris et les rats, voilà sa seule distraction. Or, un jour, par le trou de la serrure, il disait à Penfentenio : « Iannick, toi mon meilleur ami, écoute-moi un peu. Rends-toi au manoir, chez ma sœur, et dis-lui que je suis en danger, En grand danger de perdre la vie par les ordres injustes du roi. Si ma sœur venait me voir, elle consolerait mon cœur.» Penfentenio, l'ayant entendu, partit pour Kemper. Il y a cent trente lieues à peu près de Paris à Bodinio, Et cependant il les fit, l'enfant de Cornouaille, en deux nuits et demie et un jour. Quand il entra dans la salle de Bodinio, elle rayonnait de l'éclat des lumières ; La dame donnait à souper à la haute noblesse du pays. La suite de la gwerz raconte comment, informée par Penfentenio, la sœur du page se rend à Paris, mais arrive juste trop tard, le page venant juste d'être décapité sur l'échafaud ; elle s'adresse au roi : « Quel crime a-t-il commis, que vous l'avez décapité ? Il a joué de l'épée sans l'agrément du roi, et tué le plus beau de ses pages » Le roi explique sa sentence : « Il s'est mis en colère et a cherché querelle à mon page favori ; Et tout de suite, épée contre épée, pour avoir entendu le dicton bien connu, Ce vieux dicton, cette vérité : "Il n'est d'hommes en Bretagne que des pourceaux sauvages" ». Elle dit alors au roi : « Lorsque bientôt j'aurai fait voir à mes compatriotes mon voile ensanglanté ; Alors tu verras si la Bretagne est peuplée de pourceaux sauvages ». Or, deux ou trois semaines après, arriva un messager à la cour ; Il arrivait du pays des Normands avec des lettres scellées, Des lettres scellées de rouge, à remettre au roi Louis sur l'heure. Quand le roi les eut lues, il roula des yeux noirs, Il roula des yeux aussi noirs que ceux d'un chat sauvage pris au piège : « Malédiction rouge ! Si j'avais su, la l'aie ne m'eût pas échappé ! Je perd plus de dix mille écus et de dix mille hommes pour un ! » Les lettres du messager normand apprenaient l'avance des Bretons en direction de Paris..

Le texte intégral de cette gwerz, ainsi que les commentaires joints, sont disponibles sur un site Internet., y compris en version bilingue breton et français.. Cette gwerz fait allusion à des événements survenus en 1465, 1467 ou 1468 et notamment à la révolte des grands féodaux contre le roi Louis XI connue sous le nom de "Ligue du Bien public".

Elle est inscrite à l'ANF depuis 1968Annuaire de l'ANF, 2017, .

Filiation

Branche de Penfentenyo de Cheffontaines Christophe (Penfentenyo) Cheffontaine (v. 1532-1595), frère mineur de l'Observance, il devient général de l'ordre, et archevêque de Césarée de Cappadoce L'archevêque Christophe de Cheffontaine o.f.m., diocèse de Césarée de Cappadoce, GCatholic.. En lutte contre le protestantisme, il écrivit plusieurs ouvrages en latin..

Jean Baptiste Sébastien de Penfentenyo (1623-1667), déjà cité. Marié en 1651 à Marie Jobart, dame de Saint-GeorgesCe mariage explique la présence conjointe des armes des familles de Saint-Georges et de Penfentenyo sur un écusson situé à la base du clocher de la chapelle Saint-Thomas à PleuvenLa Messelière, ibid, p-304.

François Hyacinthe de Penfentenyo (1663-1717), chevalier, seigneur de Cheffontaines, créé baron de Cheffontaines en 1680. Il avait épousé en premières noces, en 1681, sa cousine Suzanne-Corentine de Penfentenyo, morte sans postérité. Puis, en secondes noces, en 1717, Marie-Jeanne de Guinguené, dame de La Villeneuve.

François Louis Hyacinthe de Penfentenyo (1717-1775) chevalier, seigneur de Cheffontaines. Il est châtelain de Bodigneau et de Kerggoët, officier aux Gardes françaises, chevalier de Saint-Louis. Il se marie en premières noces, en 1750 à Morlaix avec Marie Jeanne du Coëtlosquet (1732-1751), puis en deuxièmes noces, en 1772, avec Renée-Rosalie de TrévelecLa Messelière, ibid, p.305.

Jonathas Marie Hyacinthe de Penfentenyo (1751-1844), fils du précédent, (1er lit), dit « marquis » de Cheffontaines (par courtoisie), page de la petite écurie du roi en 1765, admis aux Honneurs de la Cour avec un titre de marquis, le (titre personnel)Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, éd. 2007, p-151. Il se marie en 1772 à Saint-Coulomb avec Julie-Marie-Rose Éon du Vieuxchatel. En 1793, il émigre en Allemagne à Hambourg et ses biens sont vendus comme biens nationaux la vente concerne un domaine qui s'étend sur plus de à travers le canton de Fouesnant. L'énumération des biens constituant le domaine de la seigneurie de Cheffontaines occupe d'un aveu conservé aux Archives Départementales du Finistère.

Jonathas François Marie Hyacinthe de Penfentenyo (1769-1849), (fils du précédent), dit « marquis » (par courtoisie) de Cheffontaines. Marié en 1791 à Saint-Lunaire avec René Marie Julie de Pontual. Il émigre avec son père ce qui explique le lieu de naissance de ses deux premiers enfants (sa fille aînée Séraphine Marie Hélène de Penfentenyo naît le à Anvers, sa fille cadette Zoé Julie Gabrielle de Penfentenyo le à Hambourg). Il revient en France dès le Consulat la troisième fille Clotilde Sophie de Penfentenyo naît à Nantes le , ce qui explique que dès 1802, les descendants de Jonathas Marie Hyacinthe de Penfentenyo de Cheffontaines rachètent le château de Cheffontaines. Il est colonel de cavalerie, puis maréchal de camp en 1830, lieutenant des gardes du corps du Roi, officier de la Légion d'honneur, chevalier de l'ordre de Saint-Louis.

Nicolas René Marie de Penfentenyo (1770-1849), « vicomte » de Cheffontaines, chevalier de Saint-Louis, commandeur de la Légion d'honneur, maréchal de camp puis député du Finistère.

Achille Guy Marie de Penfentenyo, « comte » de Cheffontaines, troisième fils de François Louis Hyacinthe de Penfentenyo et Marie Jeanne du Coëtlosquet (voir plus haut), est gouverneur de l'île Bourbon de 1826 à 1830 Notice biographique.

Achille Adrien Joseph Marie de Penfentenyo de Cheffontaines (1806-1874), deuxième fils du précédent, général de brigade, commandeur de la Légion d'honneur.

Branche de Penfentenyo de Kervéréguen Sébastien de Penfentenyo Kermorus (1628-1674), chevalier, marié en 1651 avec Marguerite de Kervéréguen, fille de René, seigneur de KervéréguenLa Messelière, ibid, p-307.

Jean Baptiste de Penfentenyo, (1654-), chevalier, seigneur de Kervéréguen, marié en 1682 avec Marguerite d'Acigné, fille de Charles d'Acigné, seigneur de KernabatLa Messelière, ibid, p.308

Jean François Marie de Penfentenyo (1726-1812), - petit-fils de Jean Baptiste de Penfentenyo - chevalier, seigneur de Kervereguen. Lieutenant des vaisseaux du roi, chevalier de Saint-Louis. Il épouse vers 1760 Hélène-Élisabeth Bobet, dame de Lanhuron.

Jean Morice de Penfentenyo de Kervéréguen (1720-1805), capitaine des grenadiers au régiment d'infanterie du Béarn, participe à douze campagnes, dont la bataille de Fontenoy ; il revint couvert de blessures et amputé d'une main. En 1793, en demandant qu'on le brûle avec son manoir, il le sauve des révolutionnaires qui voulaient l'incendier.

Alphonse de Penfentenyo de Kervéréguen (1788-1874), commissaire de marine, maire de Loctudy de 1843 à 1852« Famille. Retrouvailles des Penfentenyo », Le Télégramme, 9 septembre 2008 (). Sa fille, Clara de Penfentenyo, fonde l'école du Bon Ange de Loctudy en 1870.

Auguste Éléonor de Penfentenyo de Kervéréguen (1837-1906), ancien élève de l'école Polytechnique en 1856, il est administrateur du quartier des affaires maritimes de Quimper de 1821 à 1827. Il est promu contre-amiral en 1893. Il est commandeur de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre du Saint-Sépulcre, de l'ordre de l'Épée de Suède, de l'ordre de Sainte-Anne, de l'ordre royal de Dannebrog et de l'ordre de Pie IX.