thumb|400px|Carte des routes d'importance fédérale de Russie Le réseau routier russe de la fédération de Russie s'étend à la fois en Europe et en Asie. Construit principalement pendant l'époque soviétique, il comprend aujourd'hui dans son ensemble environ de routes, qui dessert des lieux à la géographie et au climat varié. Le réseau dit « d'importance fédérale» est quant à lui constitué de plus de de voies, dont une faible proportion d'autoroutes, avec parmi elles la M11. Tout comme la croissance du trafic routier en Russie, il est en pleine expansion. Prolongations, mise aux normes européennes et constructions se multiplient dans tout le pays, surtout depuis 2019 avec le plan autoroutier et le plan de rénovation « Des routes sûres et de qualités ». Le réseau d'importance fédérale est gérée quasi exclusivement par l'Agence fédérale des routes ; Rosavtodor, et dans une moindre mesure par Avtodor, qui exploitent des autoroutes à péage. Plusieurs villes russes disposent de ceintures périphériques, comme Moscou avec la MKAD, Saint-Pétersbourg avec la KAD et Iékaterinbourg avec l'EKAD.
Le réseau contigüe dessert quasi tous les sujets fédéraux russes, mise à part l'enclave de Kaliningrad, l'oblast insulaire de Sakhaline, la Tchoukotka et le kraï du Kamtchatka. Le réseau, qui s'articule principalement en Russie européenne et dans le sud de la Sibérie dessert très mal les régions du grand nord, mais elles sont cependant reliées de manière saisonnière avec les routes d'hiver et de glace.vignette|Panneau de limitations de vitesse à l'entrée de la Russie (130 km/h sur quelque portions d'autoroutes depuis le
Le réseau routier russe, en plus d'être avec le rail le principal moyen de communication en Russie, est devenu une attraction touristique en Russie à part entière, grâce aux paysages que les routes russes traversent. Parmi les routes célèbres, on retrouve la R504 construite par les prisonniers du Goulag dans la Kolyma, la route militaire géorgienne dans le Caucase, la route bleue en Carélie et la R256 dans l'Altaï. Cette dernière a été nommée par National Geographic comme étant une des dix plus belles routes au monde, la positionnant en cinquième position.
Histoire
Rus' de Kiev et principautés
L'apparition d'un réseau routier en Russie a commencé tardivement contrairement aux autres pays européens, qui ont eux, bénéficié dès l'Antiquité des voies romaines. De plus, elle n'a pas profité de la route de la soie, qui passait en Asie centrale, ce qui a fait qu'elle s'est trouvée pendant longtemps à la périphérie des échanges.
Sous la Rus' de Kiev, étant donné que le territoire était quasi exclusivement composé de forêts, les villes et villages ont été établis le long des rivières. Ainsi pendant l'été, la navigation était privilégiée mais en hiver, comme les cours d'eau étaient gelés, des routes de glace empruntés par des traîneaux étaient utilisées. Selon Constantin VII, empereur byzantin, la collecte du se faisait dans la Rus' de Kiev en hiver car c'était le moment le plus facile pour voyager, certains territoires étant inaccessibles le reste de l'année.
Sous le règne du prince Vladimir Ier, selon la Chronique des temps passés, le prince aurait ordonné la construction de chemins et de ponts afin de reprendre Novgorod à son frère Iaropolk Ier. Ce même prince Vladimir Ier aurait selon cette chronique voyagé par des sentiers jusqu'au pays des Viatitches, un peuple vivant sur les rives de l'Oka.
Dans la Rousskaïa Pravda, le pouvoir légifère pour la première fois sur les routes, en particulier sur les pontiers, avec leurs droits et leurs devoirs, dont les tarifs fixés pour les travaux.
En 1238, Batu-Khan, qui avait pillé et pris pendant l'hiver Riazan, Vladimir et Souzdal en utilisant les routes de glaces se voit contraint d'arrêter en avril sa campagne pour prendre Novgorod, à cause du dégel des rivières.
À la suite de l'invasion de Batou de nombreuses villes qui ont été pillées et détruites, le commerce a été quasi anéanti, et les quelque sentiers et les routes de glace furent désertés. Cependant, les Mongols, désormais au pouvoir après cette invasion, ont instauré pour la première fois des relais postaux, qui existaient déjà en Chine. Les locaux étaient obligés d'entretenir et de préparer les chevaux, en échange ceux qui y participaient étaient exemptés d'une taxe.
Au , la principauté de Moscou qui s'étend de plus en plus commence la construction de sentiers et de voies postales, dont la route de Vladimir reliant Moscou à Vladimir. Ces routes permettent aussi d'informer le pouvoir des mauvaises récoltes et des rebellions, et les voies postales sont généralisées dans les régions de Riazan et de Smolensk.
Tsarat puis Empire russe Sous Ivan le Terrible, on voit l'essor des sentiers dans la Russie européenne, afin de transmettre le courrier et de déplacer les troupes. Des relais de postes apparaissent le long de ces chemins, et des corporations de constructeurs de route sont créés, nommées "Russie", "Perm et "Iougorsk" en fonction de la région, ainsi que les livres listant les sentiers.
Sous la règne de Pierre Ier le Grand, alors que le tsarat de Russie s'étend, la est construite en deux ans entre Solikamsk et Verkhotourié, pour la première fois un itinéraire traverse l'Oural. Il crée aussi une agence fiscale centralisée chargée de percevoir les péages. En 1704, une voie postale, souvent boueuse, est faite entre Moscou et la nouvelle capitale ; Saint-Pétersbourg.
Le , le Sénat dirigeant décrète la construction de la route Saint-Pétersbourg — Moscou (aujourd'hui la M10), qui doit passer à travers des marécages, des rivières et des forêts. La route doit être selon le décret du en gravier si cela est possible, voire pavé. Ce décret détaille d'ailleurs comment construire la route. En 1730, la construction de la route de Sibérie, ordonnée plus de 40 plus tôt par Pierre Ier, commence. En 1733, un office pour la construction des routes est établi, qui était situé à Tosno, et qui disposait d'un bataillon de l'armée. La route entre Saint-Pétersbourg est finie peu de temps après, ne manque plus qu'alors la section Volkhov à Moscou.
Catherine II, décide en 1763 d'arrêter la construction de la route de Volkhov à Moscou sous proposition du Sénat, à cause de dépenses importantes. Mais en 1768, 4 millions de roubles sont alloués pour continuer les travaux, et 130 verstes sont posés (soit 138 kilomètres).
Sous le règne d'Alexandre Ier, l'office créé en 1733 est réorganisé, et en plus de se charger de la construction et l'entretien, il doit maintenant s'assurer de la sécurité des routes.
Pendant le XIXe et jusqu'en 1860, environ 230 kilomètres de routes était pavés ou construits chaque année et en 1834 la route Moscou - Saint-Pétersbourg est entièrement pavée. Mais les décennies suivantes connaissent un déclin, avec environ 20 kilomètres de moins chaque année. Cette tendance est dû au développement du chemin de fer, qui concurrence directement les routes. La tendance change cependant à partir de 1890, et la construction de routes réaugmente, grâce à l'apparition de l'automobile.
Avant la première guerre mondiale, la Russie pave ses routes vers ses frontières, comme celle de Novorossiïsk à Batoumi, qui se révèle importante pendant la campagne du Caucase.
Époque soviétique
Les révolutions en 1917 suivies de la guerre civile ont fortement affecté le réseau russe et son développement, avec la dégradation et l'arrêt de l'entretien de nombreuses routes, ainsi qu'un arrêt quasi total du financement, alors que la Russie continuait toujours son industrialisation.
En 1925, le pouvoir soviétique instaure un service routier obligatoire à tous. Chaque personne était obligée de travailler gratuitement certains jours par an à la construction et à l'entretien des routes, ce qui était surtout appliqué dans les régions reculées. En 1936, des brigades locales permanentes sont créées, et la main d'œuvre est principalement issue des prisonniers des purges. Ces brigades sont gérées par le , la Direction principales des routes, une branche du NKVD. Pendant la période du deuxième plan quinquennal (1933 à 1937), 230 000 kilomètres de routes sont créées. vignette|La R256 dans l'Altaï ouverte en 1935. Le troisième plan quinquennal (1938 à 1942) souhaite continuer la tendance, mais la Seconde guerre mondiale empêche sa mise en œuvre. Pendant les années de guerres, l'infrastructure routière subit de nombreux dommages ; 91 000 kilomètres de routes détruits ainsi que 90 000 ponts aussi détruits. C'est ainsi qu'à la fin de la guerre, le pouvoir se préoccupe de restaurer ces routes, avec 32 axes principaux comme la M1 et la M5.
Pendant les années 1960 et 1970, le budget pour la construction de routes augmentent drastiquement, avec la mise en place de nouvelles techniques de constructions et la création de nouvelles infrastructures. La MKAD apparaît ainsi en 1962, et sur la période 1959 - 1965, 81 200 kilomètres de routes sont goudronnées. Des routes comme Voronej — Saratov (aujourd'hui la R298), Vladimir — Ivanovo ou encore Sverdlovsk — Tcheliabinsk sont créées. Pour les JO de 1980, les autoroutes Moscou - Volokolamsk et Moscou - Toula sont construites, ce sont les premières autoroutes russes.
En 1990, le réseau routier de la RSFSR était de 455 400 kilomètres, incluant 41 000 kilomètres de routes d'importances fédérales et 57 600 kilomètres d'importance régionale. Cependant, il restait encore cette années 167 chefs-lieux de raïons toujours pas reliés au réseau routier de leur région, sur un total de 1837 chefs-lieux. De plus, 1700 villes sur 23000 n'avait pas d'accès goudronné au réseau routier ainsi qu'environ 250 000 localités à travers toute la Russie.
Modernisation sous la fédération de Russie En 2000, le réseau routier russe mesurait 584 000 kilomètres, et en 2013 il s'élevait à 1 396 000 km. Cette année là, il y avait 984 000 kilomètres de routes goudronnées. Le budget routier en 2014 était de 399,6 milliards de roubles, dont 171 millions liés à la réparation des routes, contre 136 milliards de roubles de budget routier en 2000. vignette|Pont de Crimée. Toujours en 2013, il y avait selon Rosstat 50 800 kilomètres de routes d'importance fédérale, gérée quasi exclusivement par Rosavtodor (48 100 kilomètres sous sa gestion), Le restant étant géré par Avtodor. La région ayant le plus de routes est le district fédéral central, avec 329 000 kilomètres de routes dont 10 000 kilomètres de routes de classe I.
En 2010, le réseau routier russe n'est plus coupée en deux grâce à l'achèvement de la R297, reliant ainsi l'Extrême-Orient au reste du pays. C'est aussi pendant cette décennie que les premières autoroutes sont apparues en Russie, avec la M11 entre Moscou et Saint-Pétersbourg, mais aussi la rocade express ouest et la construction de l'A113. Ces routes ont été créées dans le cadre de la coupe du monde de football en 2018. La Russie a aussi commencé à partir de 2012 la construction de la route d'Anadyr, afin de désenclaver d'ici 2030 la Tchoukotka, toujours exclue du réseau routier russe. Une fois la route finie, seul la région contiguë du Kamtchatka ne sera toujours pas reliée. De grands ouvrages ont aussi été construits, que ce soit le pont Bougrinsky sur l'Ob à Novossibirsk, le pont du détroit de Kertch ou bien le quatrième pont sur l'Ienisseï à Krasnoïarsk.
Rénovations et constructions massives depuis 2019