Ernest, Charles Albert-Favre, né le à Saint-Georges-lès-Baillargeaux (Vienne) et mort le à Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Maritime), est un médecin et homme politique français.

Biographie

Après ses études de médecine, Albert-Favre devient inspecteur de l'Assistance publique du département de la Seine.

En 1902, Émile Combes, alors président du Conseil et ministre de l'Intérieur et des Cultes, le nomme chef-adjoint de son cabinet ; par la suite, Albert-Favre obtient ses premiers mandats électoraux en devenant conseiller municipal puis maire de Rétaud.

En 1914, il est élu député de la Charente-Inférieure et rejoint le groupe parlementaire de la Gauche radicale, qui regroupe les députés radicaux qui n'ont pas rejoint le groupe unifié du Parti radical-socialiste.

Trois ans plus tard Georges Clemenceau l'appelle au gouvernement en qualité de sous-secrétaire d'État à l'Intérieur, poste qu'il conserva jusqu'à son départ (1920) ; il dira de lui : .

Entretemps, il s'est fait réélire comme député en 1919, sur une liste (gauche et centre-gauche) opposée à une liste de droite et à une liste socialisteLe Temps, 19 février 1924, Le Journal, 13 mai 1924, et a rejoint le nouveau groupe de la Gauche républicaine démocratique, qui rassemble les Radicaux indépendants et les éléments avancés de l'Alliance démocratique. Il ne se représente pas lors du scrutin de 1924. C'est qu'il a été écarté de la liste de gauche. Les élus locaux et les représentants des associations de gauche de la Charente-Inférieure se sont mis d'accord pour laisser un siège à un candidat socialiste et ont voté pour désigner les 5 autres candidats de la liste d'union de la gauche. Albert-Favre, trop modéré, n'est arrivé qu'en 6e position et s'est conformé au vote comme il en avait pris l'engagementLe Radical, 18 février 1924, L'Ouest-Eclair, 10 mars 1924.

Il est candidat en 1928 contre le député sortant radical-socialiste Maurice Palmade, qui le bat au second tour de quelques voix, lors du scrutin qui est désormais uninominalLa Croix, 1er mai 1928. Partisan de Raymond Poincaré qu'il combattait auparavantParis-Soir, 20 avril 1928, il était appuyé par une partie des forces opposées à la gauche. Pierre Taittinger, chef des Jeunesses patriotes et ancien député de la Charente-Inférieure, a ainsi appelé à le soutenir: Le Gaulois, 29 avril 1928. En revanche, les royalistes de l'Action française dénoncent l'appui des catholiques apporté à celui qu'ils présentent comme un franc-maçon, ancien disciple de Combes, et se vantent de l'avoir fait battreL'Action française, 21 octobre 1927, Ibid., 29 juin 1928, Ibid., 25 juillet 1928, Ibid., 10 décembre 1930.

A Paris, il devient membre du comité directeur d'un cercle mondain, le Cercle de l'Union interalliéeComoedia, 7 octobre 1929, Ibid., 18 novembre 1929, Ibid., 16 octobre 1930. Après les élections de 1924, il se lie au banquier Albert Oustric, qui le fait entrer au conseil d'administration de sa banque et à ceux de plusieurs entreprises dans lesquelles Oustric a des intérêts: Maison de Gros, Ciments de Couzon, Banque du Centre, à Limoges, la Charentaise, banque de Bordeaux, Omnium industriel et commercialL'Action française, 13 janvier 1931 ( audition de Favre par la commission d'enquête parlementaire ), Le Temps, 13 janvier 1931. Il accepte de faire des démarches pour Oustric auprès du ministère du commerce afin de hâter la cotation en France d'une société italienne de soie artificielle, la Snia-ViscosaLe Temps, 12 janvier 1931 ( audition de Favre ), Le Temps, 13 janvier 1931. Cela lui vaut d'être mis en cause en 1930 dans l'affaire Oustric aux côtés de plusieurs anciens ministresLe Petit Parisien, 3 décembre 1930, Ibid., 10 décembre 1930. Il comparaît en 1931 devant la Haute Cour de Justice, mais est acquitté faute de preuve au mois de juillet de la même année.

Il tente de revenir en politique à la fin des années 1930. Il est réélu conseiller général en 1937 mais il n'arrive qu'en troisième position au premier tour d'une élection législative partielle en à Saintes. Il retire sa candidature à la veille de second tour, afin de faire triompher et soutenir le gouvernement d'Édouard DaladierLe Temps, 6 mai 1938, Le Temps, 26 mai 1938, Ibid., 28 mai 1938, Ibid., 29 mai 1938. Il se présente sans succès aux élections sénatoriales la même annéeLe Temps, 24 octobre 1938, p. 1 et 2 ainsi qu'à une élection sénatoriale partielle l'année suivanteL'Homme libre, 5 mai 1939, Le Temps, 8 mai 1939.

Sous l'Occupation, il déclare en 1942 qu'il croit en la victoire allemande et qu'il la souhaite, Le Petit Parisien, 23 septembre 1942. Demeuré conseiller général du canton de Gémozac et maire de Retaud, il est nommé par le régime de Vichy membre du conseil départemental de la Charente-Maritime en 1943Le Petit Parisien, 28 mai 1943, Informations générales, 1er juin 1943. A la Libération, il est condamné par la Cour de justice de Saintes aux travaux forcés à perpétuitéL'Humanité, 25 novembre 1944, L'Echo d'Alger, 25 novembre 1944.

Il décède en 1952 dans sa .

Sources

Notes et références

Lien externe

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