L est une offensive britannique de la Seconde Guerre mondiale menée du 7 au , au cours de la bataille de Normandie. L'opération a pour but d'encercler et de prendre la ville occupée de Caen, un des objectifs majeurs des Alliés durant les premières étapes de l'invasion du Nord-Ouest de l'Europe. Une résistance allemande féroce combinée à des erreurs du commandement britannique font échouer l'opération avant que ses objectifs ne soient atteints.
L'opération est planifiée initialement pour être menée juste après le débarquement britannique du , et prévoit une progression du corps britannique au sud-ouest de Caen. Cette opération exigeait la libération rapide de la ville, mais trois jours après l'invasion, l'objectif reste toujours aux mains des Allemands : les plans sont donc modifiés. reçoit le renfort du corps britannique afin d'effectuer une attaque en tenaille. Dès le , le flanc ouest formé du corps avance vers le sud et se retrouve engagé dans une bataille acharnée face à de puissantes forces allemandes pour la conquête de la ville de Tilly-sur-Seulles. Elle changera de mains plusieurs fois avant sa libération. Le corps est engagé deux jours plus tard à partir de la tête de pont de l'Orne, sécurisée par les parachutistes britanniques au cours de l'. Mais leurs forces ne progressent que faiblement face à une résistance déterminée et aux contre-attaques incessantes des Allemands. Face aux pertes élevées des Britanniques et à la faible probabilité d'un effondrement rapide des Allemands, l'offensive à l'est de Caen est abandonnée le .
Pendant ce temps, à l'ouest, la pression américaine permet d'ouvrir une brèche au sein des lignes allemandes. Afin de garder une certaine fluidité dans le déroulement des opérations, la blindée britannique est déplacée vers Tilly-sur-Seulles. Elle reçoit l'ordre d'avancer par la brèche dans le but d'effectuer une attaque sur le flanc des Allemands afin de les forcer à reculer. Après deux jours d'intenses combats, dont la bataille de Villers-Bocage, la position de la division est jugée intenable et, le , l'ordre est donné de battre en retraite. Des plans sont élaborés afin de reprendre l'attaque dès que la division blindée sera renforcée, mais ces plans sont abandonnés quand une forte tempête s'abat sur la Manche, interrompant ainsi les opérations des renforts alliés.
La décision d'exploiter la brèche créée et la manière de conduire la bataille qui s'ensuit sont controversées. Selon les historiens, l'opportunité de prendre Caen est manquée dès le début des combats, à la suite des erreurs de commandement au niveau de la division et du corps britannique. Cependant, afin de contrer l'offensive britannique, les Allemands sont contraints d'engager leurs plus puissantes réserves blindées dans un rôle de défense, leur causant ainsi de lourdes pertes et les empêchant de lancer des opérations de contre-offensive.
Des sources majoritairement anglo-saxonnes La description de cette opération est basée dans une large majorité sur des sources d'origine anglo-saxonne.
Contexte
thumb|left|alt=photo montrant des soldats anglais descendant d'une péniche de débarquement|Infanterie de la d'infanterie () débarquant le 6 juin près de La Rivière. La ville normande de Caen est un des objectifs du Jour J pour la d'infanterie britannique qui débarque sur le .. La capture de la ville, bien qu', est décrite par l'historien L. F. Ellis comme l'objectif le plus important du débarquement normand assigné au corps du lieutenant-général Crocker. L'opération prévoit que la britannique sécurise la ville puis forme une ligne de front depuis Caumont-l'Éventé jusqu'au sud-est de Caen, dans le but de prendre le contrôle des terrains d'aviation et de protéger le flanc gauche de la armée américaine pendant qu'elle évolue vers Cherbourg.. La prise de Caen et de ses environs fournit à la une zone de manœuvre satisfaisante pour ensuite pousser au sud et capturer Falaise, qui permettra à son tour d'avancer vers la droite sur Argentan puis finalement vers la Touques.. Le terrain entre Caen et Vimont est particulièrement ouvert, sec et propice à des opérations offensives rapides. Depuis que les forces alliées surpassent les Allemands en chars et en unités mobiles, faire évoluer la bataille vers des actions plus rapides est dans leur intérêt..
Plan initial thumb|upright=1.5|Plan initial de l'.|alt=Plan initial de l'Opération Perch Selon sa planification pré-Jour J, l' a pour objectif de faire planer sur les Allemands la menace d'un contournement britannique au sud-ouest de Caen.. L'opération est dévolue au corps ; la d'infanterie (Northumbrian), débarquée sur le , est chargée d'avancer rapidement vers l'intérieur des terres afin de capturer Bayeux et la route vers Tilly-sur-Seulles. La blindée, renforcée par la blindée doit ensuite prendre sa relève et effectuer une nouvelle avancée entre Tilly-sur-Seulles et le Mont Pinçon.
Forces en présence
alt=photo montrant une colonne de blindés britanniques avançant dans les terres avec en fond les plages du débarquement|gauche|vignette|170x170px|Chars du de , blindée, avançant à l'intérieur des terres depuis le 7 juin 1944. Après son débarquement sur à le ., le corps réussit à créer sept points de sortie de la plage et avance de dans les terres. Mais à la suite de lourds combats dans Le Hamel il est incapable de remplir tous ses objectifs du Jour J avant la tombée de la nuit.. Des patrouilles atteignent les faubourgs de Bayeux et établissent le contact avec des éléments de la division d'infanterie canadienne qui a débarqué sur ... Le 47 Commando des Royal Marines avance le long de la côte afin d'établir la jonction avec les Américains en mouvement dans les terres depuis et atteint presque Port-en-Bessin situé à moins de . Au cours de l'après-midi le d'armée allemand ordonne à sa réserve, le , de frapper le flanc de la au nord de Bayeux. En route pour mener cette action, un des bataillons reçoit l'ordre de se diriger sur affaiblissant ainsi la force de la contre-attaque. La tactique échoue créant de lourdes pertes.. Le , la majeure partie de la blindée britannique est débarquée à temps et le corps sécurise ses derniers objectifs du Jour J, dont Bayeux et Port-en-Bessin.. Au cours de la même journée, le lance sa dernière réserve disponible, la , en direction de dans l'idée de réitérer la contre-attaque de la veille ; l'attaque échoue et la brigade est anéantie au nord de Bayeux. Les rescapés des deux contre-attaques allemandes ratées sont alors repoussés vers une poche au nord de la ville par l'avancée anglo-américaine ; néanmoins les Américains l'ignorent..
Tout ne va pas pour le mieux pour les forces ayant débarqué sur . La d'infanterie du corps attaque vers l'intérieur des terres en direction de Caen comme prévu, mais doit détourner certains de ses éléments afin de maîtriser les positions allemandes solidement tenues tout au long des de la route menant à la ville. Entre ses forces progressivement diluées et son soutien blindé retardé du fait de la congestion des plages du débarquement, la division ne dispose pas d'assez d'élan pour atteindre Caen le Jour J et se retrouve stoppée juste à sa périphérie par la ..
thumb|upright=1.5|right|Plan de l'opération prévue pour encercler Caen.|alt=Carte présentant le plan de l'opération telle que prévue originellement par les Alliés. Le , Caen est toujours fermement tenue par les Allemands, et le commandant des forces alliées, le général Bernard Montgomery, se réunit alors avec les lieutenants-généraux Miles Dempsey et Omar Bradley, respectivement commandant de la britannique et de la armée américaine, afin de décider d'une nouvelle stratégie à adopter pour la . Caen doit être prise en tenaille, et cette opération reçoit comme nom de code . Le bras est de la tenaille doit être constitué de la d'infanterie (Highland) et de la mécanisée britannique du corps. Les blindés et les doivent traverser au niveau de la tête de pont sur l'Orne et du terrain gagné à l'est de l'Orne par la aéroportée britannique au cours de l', puis attaquer vers le sud en direction de Cagny, au sud-est de Caen. Le corps doit, quant à lui, former le bras ouest de la tenaille. À la suite d'un changement dans les plans de l', la blindée doit, au lieu de passer par le mont Pinçon, virer à l'est, traverser la rivière Odon pour prendre Évrecy et les hauteurs près de la ville (le point 112). Pour terminer l'encerclement, le parachutage de la division aéroportée britannique entre les deux bras est suggéré, mais le commandant des forces aériennes alliées, l' Sir Trafford Leigh-Mallory s'oppose à cette idée. Il refuse de larguer la division en Normandie, prétextant que ce parachutage dispersera trop la division pour lui permettre d'atteindre ses objectifs, et que la zone de largage est dans tous les cas trop dangereuse pour ses pilotes. Malgré la de Montgomery face à l'intransigeance de Leigh-Mallory., l'attaque en tenaille est lancée sans sa composante aéroportée. ; selon l'historien Hubert Meyer, elle est finalement intégrée à l', et est abandonnée en tant qu'opération séparée..
Offensive principale Préparatifs allemands thumb|left|Des soldats de la Panzerdivision SS Hitlerjugend sur un char Panzer IV.|alt=Photo de soldats Allemands juchés sur un char Panzer 4 en route vers le front En réponse à l'invasion, le SS est transféré de la au à la fin de la journée du . Le commandant de l', le Gerd von Rundstedt, donne l'ordre au groupe placé sous le commandement du général Geyr von Schweppenburg de préparer une contre-attaque pour le , mais celle-ci est annulée par le Erwin Rommel car les forces nécessaires à l'opération ne peuvent être réunies à temps.. Malgré tout, les unités allemandes disponibles quittent leurs zones d'attente et sont envoyées au combat pour contenir les têtes de pont alliées. Le SS est une puissante formation composée de la (une des plus fortes divisions de l'armée allemande), des de la et des vétérans de la .. Malgré la perte de au cours de leur trajet de depuis Chartres en raison d'attaques aériennes, les éléments de tête de la arrivent durant la nuit du dans la zone de Tilly-sur-Seulles, face au corps.. ; ils sont détournés de leur mission d'opposition au corps, pour finalement affronter le corps à la suite de l'avancée victorieuse de la et empêcher toute nouvelle percée.. Des éléments de la SS, de la , ainsi que des rescapés de la d'infanterie font mouvement vers des positions autour de Caen afin d'affronter le corps.
Attaque du corps thumb|right|Char suivi par des chars dans les environs de Tilly-sur-Seulles.|alt=Photo de chars américains et sur une petite route dans les environs de Tilly-sur-Seulles La contre-attaque des trois du n'a pas lieu, mais plusieurs attaques sont lancées contre les plages contrôlées par les forces anglo-canadiennes au nord de Caen.. Dans les premières heures du , les survivants du et de la font éclater la poche au nord de Bayeux. Plus tard le même jour, le corps établit un contact terrestre avec les Américains, tandis que la d'infanterie () atteint le Nord-Est des faubourgs de Tilly-sur-Seulles et se retrouve face aux chars de la .. Au cours de l'après-midi, la et la contre-attaquent ; même si elles sont battues le matin suivant, une compagnie britannique est anéantie.. Le , la blindée récupère le terrain perdu par la , avec l'aide de la d'infanterie qui lui est alors détachée.. À la fin de la journée, la division a atteint la périphérie nord-ouest de Tilly-sur-Seulles et le jour suivant, des éléments entrent dans la ville et sécurisent le carrefour principal. L'occupation britannique est cependant brève, car la lance plusieurs contre-attaques, forçant le retrait britannique. Les tentatives ultérieures de la s'enlisent dans le bocage normand, sans arriver à vaincre la formidable résistance offerte par la .