L'Académie de Die est une université protestante fondée à Die 1604 et supprimée en 1684.

Historique Fondation de l'Académie protestante de Die Les principes de la Réforme s'étant propagés avec rapidité et succès dans la province du Dauphiné, où les idées libérales avaient été de tout temps en honneur, le projet fut conçu d'organiser une académie au centre de cette région, si favorable à son développement.

L'Académie d'OrangeNote : Le collège-académie est fondé en 1573. La principauté d'Orange est occupée par Louis XIV en 1702 et passa sous souveraineté française par le traité d'Utrecht, en 1713. Depuis 1702, le collège-académie d'Orange était placé sous l'obédience de l'évêque d'Orange et sa gestion confiée aux ordres religieux, Carmes jusqu'en 1717, puis Doctrinaires jusqu'à la Révolution (Archives du Vaucluse : collège d'Orange).existait déjà et pouvait suffire, mais celle-ci était peu florissante. De plus, sa situation en dehors du royaume pouvait être source, par la suite, de difficultés imprévues ; mieux valait à coup sûr s'établir fortement, toutes les fois que cela était possible, sur le sol français.

L'année même où parurent les lettres patentes autorisant l'érection de l'Académie de Saumur, et seulement deux mois après, en , Henri IV en accorda de nouvelles, datées de Nantes,

Cet acte, signé pendant la conférence de Nantes, fut très mal accueilli par le Parlement de Grenoble, qui refusa de l'enregistrer. Trois jussions adressées par le roi en 1594, 1597 et 1603 restèrent sans effet comme sans réponse.

Les réformés n'avaient pas attendu tout ce temps pour se plaindre ; ils l'avaient fait en 1597, après la seconde jussion ; ils renouvelèrent leurs doléances le et obtinrent l'expédition d'une quatrième lettre, que le Parlement reçut l'ordre de vérifier dans le délai de trois mois après en avoir conféré avec les catholiques de la ville.

Dès 1596, un collège était en exercice à Die, et le conseil politique des Églises dauphinoises, réuni en 1601, demanda sa transformation en académie. Tout d'abord en concurrence avec Montélimar, la ville de Die l'emporta sur cette dernière lorsque le synode provincial du Dauphiné décida, en , en faveur de Die. La raison en est que la ville de Die était absolument acquise à la Réforme. « On ne trouve aucun catholique, dit M. Long, sur les registres des naissances pendant les premières années du . »

Le synode provincial de Grenoble se prononça, le , par 43 voix plus une conditionnelle pour Die, et 38 plus 10 conditionnelles, pour Montélimar. Le synode considérera ce vote comme un partage et en appela au jugement du gouverneur Lesdiguières, qui répondit que le collège devait appartenir . Comme on avait parlé, depuis 1573, plus particulièrement de Montélimar, il estima que cette ville devait provisoirement obtenir la préférence, mais si dans un an les bâtiments n'étaient pas achevés et les revenus assurés, ses droits passeraient à l'Église de Die.

Celle-ci proposa immédiatement écus pour les travaux de construction, un fonds de écus hypothéqués, et une pension annuelle et perpétuelle de écus. Montélimar n'ayant rien offert de positif, il fut, dès lors, résolu que si cette ville ne présentait pas au prochain synode provincial d'Embrun, du des conditions aussi avantageuses, Die aurait la préférence, à la condition que cette ville tiendrait ses engagements passés et que le collège serait achevé en six mois.

Le , Henri IV publiait les lettres patentes réclamées par les consuls de Die, créant à Die . Les Diois déployèrent une grande activité pour hâter les travaux de construction du collège qui fut ouvert la même année. Sept régents, dont le premier portait également le nom de professeur d'éloquence ou de philologie, entrèrent en fonctions. Le premier principal, nommé par l'assemblée synodale extraordinaire, tenue à Die le , fut Jean Guérin, le second régent. Le collège devait se substituer à l'école existante, entretenue . Mais jamais ces lettres ne furent vérifiées par le Parlement ; les doléances des Églises, l'effort tenté en 1606, rien n'y fit.

L'assemblée synodale de Die, qui régla les questions financières en même temps qu'elle arrêta les statuts projetés de l'Académie, nomma aussi le premier recteur. Ce fut le pasteur de Die, Pierre Appais. L'enseignement supérieur fut confié à un professeur de théologie, un d'hébreu et deux de philosophie. Il ne fut jamais question à Die des autres branches de cet enseignement. Le premier professeur en théologie auquel on adressa vocation fut le célèbre Daniel Chamier, que le synode de Gap avait refusé de céder à Die sans le consentement de son Église de Montélimar. Celle-ci ayant refusé de s'en dessaisir, le premier professeur fut Rattier, prêté en 1606 par MM. de Berne, qui réunit les deux chaires de théologie et d'hébreu : la même année, Jules Feuot fut élu professeur d'éloquence et régent de première; lui aussi était prêté par la ville de Berne, à la suite d'une démarche officielle dont avait été chargé le capitaine Gay, de Die.

Les catholiques, qui devaient, à l'origine, contribuer à l'entretien de cette école, adressèrent le 6 et le , sommations aux consuls, pour déclarer qu'ils refusaient tout concours à la dite fondation. Ils étaient d'ailleurs bien peu nombreux : le porche de la cathédrale suffisait, paraît-il, aux besoins de leur culte. Néanmoins, l'évêque Pierre II de Gélas de Léberon portait toujours le titre d'évêque de Valence et de Die, et c'est dans une salle de son palais que les catholiques réunis en sa présence rédigèrent leurs sommations. Un arrêt du leur accorda pleine satisfaction à cet égard et, la même année, l'évêque établit à Die une mission de Jésuites.

Suppression de l'Académie de Die L'académie de Die fut supprimée, par arrêt du conseil, le .

Notes et références

Annexes Bibliographie et sources Eugène Arnaud, Histoire de l'Académie protestante de Die en Dauphiné au , , Bulletin de l'Académie delphinale, 1871, , tome 7 (lire en ligne) Eugène Arnaud, Notice historique et bibliographique sur les imprimeurs de l'Académie protestante de Die, en Dauphiné, au , Grenoble, 1870, in-8° (lire en ligne) Pierre-Daniel Bourchenin, Étude sur les académies protestantes en France au , Paris, Grassart, 1882, 147-54. (lire en ligne) Camille Rabaud, Histoire du protestantisme dans l'Albigeois et le Lauragais depuis son origine jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes (1685), Paris, Sandoz et Fischbacher, 1873 (lire en ligne)

Articles connexes Académie protestante du Béarn Académie protestante de Saumur Académie de Sedan Académie de Montauban et de Puylaurens Université d'Orange

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