Le Formidable Événement est un roman merveilleux scientifique de Maurice Leblanc, paru initialement dans la revue mensuelle Je sais tout en 1920. Il est publié en format relié l'année suivante aux Éditions Pierre Lafitte.

Le roman narre les aventures de Simon Dubosc, un jeune Normand épris d'Isabel Bakefield, noble anglaise. Le père de celle-ci refuse Simon pour gendre en raison de ses origines roturières, sauf s'il réalise un exploit mondial en vingt jours. Les deux amoureux projettent de s'enfuir, lorsqu'un soulèvement géologique soudain et de grande ampleur fait remonter le sol de la Manche, créant une bande de terre entre la France et l'Angleterre. Alors que ce nouveau territoire surgi des flots devient rapidement un repaire de brigands, de meurtriers et d'autres aventuriers, Simon part à la recherche de sa bien-aimée disparue.

Dans un futur proche, Maurice Leblanc imagine un cataclysme géologique qui provoque la disparition de la Manche, laissant place à un territoire sauvage et dangereux. L'auteur met ainsi en scène le chaos dans lequel doit évoluer son héros pour venir à bout de ses ennemis et retrouver sa belle.

Interrompant la publication de sa série en vogue des aventures d'Arsène Lupin, l'écrivain produit avec Le Formidable Événement un récit populaire hétéroclite, qui puise à la fois dans le genre merveilleux-scientifique en livrant une version post-apocalyptique d'une telle catastrophe et dans le récit d'aventures de type western en narrant les péripéties de Simon Dubosc.

Contexte de publication À partir de 1905, Maurice Leblanc connaît un succès littéraire croissant avec la publication des aventures d'Arsène Lupin. Cependant, si le gentleman-cambrioleur lui apporte la notoriété, il l'encombre rapidement. En effet, captif de son succès, Maurice Leblanc cherche en vain à se diversifier, revenant inlassablement vers son héros sous la pression du public et de son éditeur Pierre Lafitte. C'est ainsi, qu'après avoir tenté de minimiser l'importance d'Arsène Lupin dans sa propre série en ne lui confiant qu'un rôle secondaire dans les romans publiés entre 1916 et 1919, Maurice Leblanc s'essaie ensuite au genre relativement nouveau du roman d'aventure scientifique avec la publication du roman Les Trois Yeux en 1919.

vignette|gauche|redresse|alt=Couverture de la revue Je sais tout avec une illustration d'une femme face à une bourrasque de vent.|Le Formidable Événement paraît pour la première fois dans la revue Je sais tout d' dirigée par Pierre Lafitte. Le merveilleux scientifique est alors un genre littéraire en vogue en France dans la première moitié du . Considérée comme une variante thématique de genres classiques comme l'utopie ou le conte philosophique, cette littérature attire de nombreux écrivains.. Si Maurice Leblanc fait une première incursion dans l'univers du fantastique avec L'Île aux trente cercueils en évoquant une pierre guérissant et fortifiant quiconque la touche, c'est avec Les Trois Yeux publié concomitamment dans Je sais tout, qu'il aborde frontalement le merveilleux scientifique en mettant en scène les habitants de Vénus.. Le succès du roman lui vaut, l'année suivante, de faire partie du jury d'un « concours de romans scientifiques et d'aventures » organisé par le magazine Je sais tout aux côtés d'autres auteurs qui se sont également essayés au merveilleux scientifique : Pierre Benoit, J.-H. Rosny aîné, Gaston Leroux, Maurice Level ou encore Maurice Renard. Outre la mise en place du concours, il semblerait que Pierre Lafitte ait eu une politique volontariste de promotion de récits merveilleux-scientifiques au début des années 1920, notamment en publiant à chaque numéro de Je sais tout des récits d'imagination scientifique de Maurice Renard, Clément Vautel, André de Lorde mais également des articles d'anticipation militaire de Jacques Mortane ou de Georges-Gustave Toudouze. C'est dans ce contexte favorable aux récits d'imagination scientifique qu'à la fin de l'année 1920, Maurice Leblanc entreprend alors de publier son second roman merveilleux-scientifique dans la revue Je sais tout.

Description Résumé Première partie : « Guillaume le Conquérant » vignette|droite|redresse|alt=Couverture du roman avec une illustration d'un homme et d'une femme dans la mer.|Au cours de leur traversée de la Manche, le navire de Simon et Isabel subit de plein fouet une tempête et chavire, laissant les deux jeunes amoureux seuls au milieu de la mer. Couverture anonyme de l'édition Pierre Lafitte de 1937. À Brighton, un jeune roturier français, Simon Dubosc, fait part à son ami anglais Edward Rolleston des sentiments amoureux qu'il partage avec Isabel Bakefield. Néanmoins, leur milieu social trop différent est un obstacle à leur union pour Lord Bakefield, le père de la jeune fille. Afin de prouver sa valeur et la noblesse de ses sentiments, Simon s'engage auprès du lord anglais à réaliser en l'espace de vingt jours un exploit digne de Guillaume le Conquérant.

Résolus à ne pas attendre la bénédiction de Lord Bakefield, Simon et Isabel projettent de s'enfuir en France malgré les naufrages de plus en plus fréquents dans la Manche. Avant leur départ, Simon rencontre son ancien professeur de sciences naturelles qui l'informe que les tremblements de terre, responsables de l'éboulement du tunnel sous la Manche et des nombreux naufrages de ferrys, vont s'accentuer. C'est ainsi que, lors de la traversée, de gigantesques vagues font chavirer le navire sur lequel ont pris place les deux amoureux.

Secourus en mer, Isabel et Simon parviennent à gagner Dieppe. Arrivés dans la ville, ils découvrent que les tremblements de terre à l'origine du naufrage ont également détruit un grand nombre de bâtiments. Honteuse d'avoir trahi la confiance de son père, Isabel décide de retourner en Angleterre à bord du yacht personnel d'Edward Rolleston, l'ami de Simon.

Au cours des jours suivants, de terribles tempêtes se succèdent, jusqu'à la nuit du 3 juin où des tremblements de terre contraignent les Dieppois, dont Simon et son père, à se réfugier sur la plage. Dans la précipitation, Simon est séparé de son père. Il part alors à sa recherche dans la nuit et s'engage sur des sols sableux émergés.

Après une nuit de marche, Simon, épuisé, se retrouve emprisonné dans des sables mouvants dans lesquels il s'enfonce inexorablement.

vignette|gauche|redresse|alt=Photo noir et blanc d'un Nord-Amérindien torse nu sur son cheval.|Œil-de-Lynx, un Amérindien employé par une firme cinématographique anglaise se joint à Simon pour retrouver Isabel de Bakefield. Sorti affaibli des sables mouvants et égaré, Simon pense qu'après avoir longé les côtes françaises toute la nuit, il est enfin arrivé à Dunkerque, mais un pêcheur anglais qu'il rencontre lui apprend qu'il se trouve à proximité d'Hastings. Sur le chemin de la ville anglaise, Simon vient en aide à une jeune femme ligotée sur le sable dont il est rapidement séparé. Accueilli par une foule à laquelle il raconte son périple, Simon est acclamé comme un héros et amené devant Isabel et son père Lord Bakefield à qui il réitère sa promesse d'un exploit.

Le lendemain, Simon retrouve le père Calcaire qui lui apprend que durant son sommeil, de nouveaux tremblements de terre ont agrandi l'étroite bande de terre qui relie la France à l'Angleterre et fait émerger un très vaste territoire. Au départ du père Calcaire, un Amérindien se présente à Simon sous le nom d'Antonio dit Œil-de-Lynx. Après l'avoir remercié pour avoir délivré la veille sa nièce Dolorès, il lui apprend qu'il a échappé durant la nuit à une tentative d'assassinat commandité par un certain Rolleston. Assassinat auquel il a échappé en raison de l'erreur commise par le meurtrier qui s'est trompé de chambre et a poignardé son voisin de palier. Après avoir surpris l'assassinat, l'Amérindien a suivi ledit Rolleston jusqu'à une taverne, dans laquelle celui-ci a embauché une demi-douzaine d'hommes pour aller piller l'épave du Reine-Mary. Il lui propose alors de faire équipe pour retrouver ce Rolleston : l'Amérindien pourra venger sa nièce et Simon récupérer le collier qu'Isabel a perdu durant le naufrage.

Œil-de-Lynx rejoint Simon après voir monté une expédition d'hommes à cheval, composée d'Amérindiens embauchés par des entreprises de cinéma britanniques, ainsi que par le père Calcaire chargé des observations scientifiques. Le groupe s'aventure sur les nouvelles terres où se succèdent les épaves de bateaux. Sur le chemin, ils tombent sur le cadavre du secrétaire de Lord Bakefield et sur son valet de chambre blessé. Celui-ci leur apprend que la troupe menée par Lord Bakefield et sa fille Isabel a été attaquée par Rolleston, qui les a kidnappés avant de reprendre sa route en direction du Reine-Mary. Parti seul sur leur trace, Simon échappe de peu à un mortel coup de feu grâce à l'arrivée providentielle de Dolorès. Arrivé finalement à l'épave du navire, Simon découvre une lettre d'Isabel laissée à son intention.

Seconde partie : « » vignette|redresse|alt=image en noir et blanc d'un personnage sur un cheval galopant qui tire au fusil|. Tant le décor que les personnages et les péripéties du roman sont empruntés au genre du western (illustration de Marcel Lecoultre pour l'édition de 1921). À nouveau sur les traces d'Isabel, Simon retrouve son ami Edward Rolleston, gravement blessé. Celui-ci lui apprend qu'il accompagnait Isabel et son père lorsque son cousin, Wilfried Rolleston, a kidnappé la jeune femme pour l'épouser. Ivre de colère, Simon part à sa poursuite uniquement suivi par Dolorès.

Les deux poursuivants tombent dans un piège dressé par les brigands Forsetta et les frères Mazzani. Tandis que Simon est ligoté, Dolorès parvient à tuer le plus jeune des frères Mazzani et à mettre ses deux compagnons en fuite.

Après avoir affronté des chemineaux qui tentent de prendre leurs armes, Simon et Dolorès repartent sur la piste de Rolleston. Alors qu'ils parviennent à éloigner les vagabonds en jetant des billets de banque au vent, ils subissent à nouveau l'assaut de Forsetta et Mazzani. Simon sauve la jeune Amérindienne avant de reprendre la route.

Simon et Dolorès trouvent un avion échoué sur le sable, que le jeune homme parvient à réparer suffisamment pour que celui-ci décolle. Cependant, souffrant de voir ses avances refusées, Dolorès laisse Simon poursuivre seul sa quête. Après un vol d'une trentaine de minutes, il se pose sur le sable mais se fait aussitôt capturer par des rôdeurs. Ligoté, Simon est conduit devant Wilfried Rolleston.

Simon assiste à des exécutions de prisonniers décrétées par Rolleston entouré de sa cour. Le bandit lui annonce ensuite la tenue de son mariage avec Isabel Bakefield. Après la cérémonie qui se tient avec une Isabel soumise, un des sbires de Rolleston fait semblant de tuer Simon et emmène son corps. À l'abri des regards, Antonio se dévoile à Simon.

Simon et Antonio retrouvent Rolleston dans sa cabine et le neutralisent. Après avoir secouru Isabel et son père, ils tentent de prendre la fuite mais sont bloqués par les bandits. Soudainement un clairon retentit annonçant l'arrivée d'hommes en uniforme.

Après leur secours par l'Armée française, Simon retrouve Rolleston pendu dans sa cabine. Sentant l'apparition de tensions entre les détachements français et anglais pour la revendication des nouvelles terres émergées, Simon joue les intermédiaires entre les deux armées. De retour en France, pour le remercier de son entreprise, la France le nomme Haut Commissaire des nouveaux territoires français qu’il a charge de pacifier en chassant les pillards. Il retourne alors voir Lord Bakefield pour demander la main d'Isabel avec succès.

Personnages principaux vignette|droite|redresse|alt=peinture d'un homme à cheval l'épée à la main|Simon se fixe un délai de vingt jours pour réaliser un exploit à la hauteur de celui de Guillaume le Conquérant.