Cet article retrace la chronologie des relations internationales du congrès de Vienne en 1815 au déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914.
Histoire des relations internationales de 1815 à 1830 Le nouvel ordre conservateur : 1815-1823
: Acte final du congrès de Vienne. L'Autriche recouvre ses territoires perdus, à savoir Salzbourg, le Tyrol, le Trentin, les provinces illyriennes et Tarnopol. En compensation de la perte définitive de la Belgique, l'Autriche reçoit le royaume de Lombardie-Vénétie. Le duché de Parme, restauré, échoit à Marie-Louise de Habsbourg. Ferdinand III de Habsbourg recouvre le grand-duché de Toscane qui est restauré également. François IV de Habsbourg est restauré dans son duché de Modène. Ailleurs en Italie, les Bourbons reviennent sur le trône des Deux-Siciles, le pape reprend possession des États pontificaux et Victor-Emmanuel sur le royaume de Sardaigne agrandi de la Savoie, Nice et Gênes. L'Autriche domine donc de nouveau la péninsule italienne qui est de nouveau morcelée en de multiples principautés, niant ainsi le principe des nationalités. Dans les terres allemandes, la Prusse devient la grande puissance mais Metternich et Talleyrand ont tenté de contrebalancer cette nouvelle puissance en protégeant les autres États allemands. La Prusse s'agrandit de la Posnanie, du Kulmerland, de la Poméranie suédoise, du Nord de la Saxe, de l'Altmark, Magdebourg, Halberstadt, l'Est du royaume de Westphalie et la Rhénanie. Cette dernière possession prise sur la France permet à la Prusse d'exercer un contrôle sur la frontière française. La confédération du Rhin est dissoute et est remplacée par la Confédération germanique comprenant 39 États fédérés. Cette Confédération comprend une Diète où l'Autriche exerce la présidence. La Russie, quant à elle, obtient le royaume de Pologne, c'est-à-dire l'ancien Grand-duché de Varsovie amputé de la Posnanie. Afin de satisfaire les ambitions nationalistes polonaises, il est créé la ville-libre de Cracovie. Le Royaume-Uni récupère le royaume de Hanovre mais surtout assure sa domination mondiale et son contrôle des routes maritimes en obtenant quelques colonies. Dans les Antilles, il reçoit Tobago. En Méditerranée, le Royaume-Uni se voit reconnaître sa souveraineté sur l'île de Malte et les îles Ioniennes. Cette pénétration britannique en Méditerranée était voulue par Castlereagh afin de contrer les ambitions russes en direction des Détroits. : bataille de Waterloo remportée par les coalisés sur Napoléon. : traité de la Sainte-Alliance signé entre la Russie, l'Autriche et la Prusse. Ces trois puissances se veulent les garantes de l'ordre religieux et monarchique. Elles s’appuient sur la communauté chrétienne et excluent de fait le sultan mais désirent s'ouvrir à la France et à l'Espagne. Le Royaume-Uni, dans un premier temps, se tient l'écart de cette alliance, dont il se méfie du caractère trop conservateur. Il se méfie aussi de la trop grande influence russe sur l'Europe. : traité de la Quadruple Alliance signé entre le Royaume-Uni, la Russie, l'Autriche et la Prusse. Cette alliance est destinée à prolonger l'isolement diplomatique de la France et à prévenir toute résurgence de la puissance française. : traité de Paris signé entre les coalisés et la France. Cette dernière cède Chambéry et Annecy au royaume de Piémont-Sardaigne, Landau à la Bavière, Sarrelouis à la Prusse, Bouillon, Marienbourg, Philippeville, Beaumont et Dour aux Pays-Bas. Elle doit payer une indemnité de 700 millions de francs et subir l'occupation d'une partie de son territoire par une armée de pendant cinq ans. Les États dépossédés reprennent les œuvres d'art pillées par Napoléon et entreposés au Louvre. : ouverture du congrès d'Aix-la-Chapelle afin d'examiner la question de l'intégration de la France dans le système d'alliance européen. : fin du congrès d'Aix-la-Chapelle. Les quatre grandes puissances prennent acte du paiement de l'intégralité des indemnités de guerre par la France et acceptent d'évacuer prématurément le territoire français mais refusent encore d'intégrer la France dans leur système d'alliance. : le tsar Alexandre exprime son intention d'intervenir en Espagne afin de contrer les libéraux derrière le général Pepe. Il souhaite également une intervention militaire afin de restaurer la puissance espagnole dans les colonies américaines. : Castlereagh s'exprime contre tout type d'intervention dans les États européens secoués par des mouvements libéraux. Le Royaume-Uni se réjouit de l'élimination progressive de l'Espagne en Amérique du Sud. : ouverture du congrès de Troppau à la demande de Metternich à la suite des révolutions libérales dans la péninsule italienne. : ajournement de la conférence de Troppau. : ouverture du congrès de Laybach. Les grandes puissances donnent leur aval à une intervention autrichienne en Italie afin de restaurer l'ordre conservateur malgré les contestations britanniques. Février 1821 : début de la guerre d'indépendance grecque contre l'Empire ottoman à la suite de la tentative de l'ancien aide de camp du tsar, le général Ypsilanti de pénétrer dans les provinces roumaines. : bataille de Rieti remportée par les troupes autrichiennes sur les libéraux napolitains. Les Bourbons sont restaurés sur le trône des Deux-Siciles. : bataille de Novare remportée par les troupes autrichiennes sur les libéraux piémontais. Le royaume de Sardaigne est rendu à Victor-Emmanuel . L'Autriche vient de restaurer l'ordre absolutiste en Italie et son hégémonie par la même occasion. Juillet 1821 : le tsar adresse une note au Sultan exigeant la reconstruction des églises grecques de Constantinople détruites pendant la terrible répression turque contre le mouvement national grec. Août 1821 : Rappel de l'ambassadeur russe de Constantinople devant l'inertie turque face aux demandes de la Russie. Décembre 1821 : le tsar renonce à une tentative d'intervention isolée en faveur de la Grèce. Il doit tenir compte du Royaume-Uni qui ne tient pas à voir s'élargir l'influence russe en Méditerranée. : proclamation de l'indépendance de la Grèce par une assemblée de notables grecs, réunie à Épidaure. L'Assemblée vote également une constitution. Avril 1822 : massacre de Chios par les Turcs qui provoque l'indignation de la communauté internationale, à commencer par les intellectuels. Ces massacres inspirent Hugo (Les Orientales) et Delacroix. : ouverture du congrès de Vérone. Les plénipotentiaires français – le ministre des Affaires étrangères Montmorency et l'ambassadeur à Londres Chateaubriand – plaident en faveur d'une intervention militaire en Espagne afin de restaurer Ferdinand VII dans ses prérogatives. La France cherche par cette occasion à être réintégrée dans le concert des nations et à laver ses défaites de 1814-1815. La question grecque est éludée dans la mesure où Metternich tient à conserver l'équilibre européen. Il considère également que le mouvement national grec repose sur une adhésion au libéralisme. : fin du congrès de Vérone. Les grandes puissances acceptent le principe d'une intervention militaire française en Espagne en faveur de Ferdinand VII. : bataille du Trocadéro remportée par les troupes françaises du duc d'Angoulême sur les libéraux espagnols. Cette victoire permet la restauration de Ferdinand VII.
Les aspirations nationales et libérales 1823-1830
Janvier 1824 : Alexandre propose la tenue d'un congrès sur la question grecque. Il propose d'appliquer à la Grèce un modèle analogue aux principautés danubiennes : séparation de la Grèce en trois grandes régions - Grèce orientale, Grèce méridionale et Grèce occidentale - qui obtiendraient une large autonomie. Les autres puissances européennes s'opposent à ce plan. : Débarquement des troupes égyptiennes de Méhémet Ali dans le Péloponnèse. Elles prennent Navarin. Juin 1825 : Les Grecs demandent le secours du Royaume-Uni et sont même prêts à accepter le protectorat de ce dernier. Le ministre des Affaires étrangères, Georges Canning, n'y donne pas suite, mais il reconnaît l'état de belligérance des Grecs. : Ultimatum du tsar Nicolas adressé au sultan exigeant le respect des clauses du traité de Bucarest. : Protocole de Saint-Pétersbourg signé entre le Royaume-Uni et la Russie. Les deux diplomaties émettent un plan prévoyant l'autonomie de la Grèce dans le respect de la suzeraineté turque. Les deux puissances reconnaissent chacune leur sphère d'influence : le Danube pour les Russes et la Méditerranée pour les Britanniques. : Prise de la ville de Missolonghi par les Turcs. Octobre 1826 : Le Sultan accorde une plus large autonomie aux Serbes par le libre exercice du culte chrétien, l'impôt unique, des compétences dans les domaines scolaire et sanitaire et l'interdiction aux Turcs de résider en Serbie. Les troupes turques se maintiennent toutefois sur le territoire. Miloch Obrenovitch est reconnu comme prince héréditaire. : Prise de l'acropole d'Athènes par les Turcs. : Traité de Londres signé entre le Royaume-Uni, la Russie et la France. Le gouvernement du duc de Villèle vient s'immiscer dans le jeu russo-britannique dans la question grecque afin de consolider le prestige extérieur de la France et ainsi raffermir la position du roi. La France a également des ambitions en Méditerranée. Les trois puissances s'entendent pour une reconnaissance de l'autonomie grecque sous suzeraineté turque. La Grèce compterait une administration autochtone à l'exemple de la Serbie et les propriétés des Turcs pourraient être rachetées. Les trois puissances envoient chacune une flotte en Méditerranée. : Bataille de Navarin. La flotte turco-égyptienne est détruite par la flotte russo-franco-britannique à la suite d'un incident et de mauvaises interprétations. Le lien entre l'Empire ottoman et les puissances européennes est rompu. : Déclaration de guerre de la Russie à l'Empire ottoman. Grâce à la médiation du ministre français des Affaires étrangères La Ferronnays, le Royaume-Uni obtient que les opérations militaires russes restent cantonnées aux principautés danubiennes. : Méhémet Ali accepte les demandes franco-britanniques d'évacuation du territoire grec. Septembre 1828 : Débarquement d'un corps expéditionnaire français sous le commandement du général Maison en Morée. La région est rapidement occupée. : Prise de Varna par les Russes. : Protocole de Londres signé entre le Royaume-Uni, la Russie et la France. Les trois puissances envisagent la constitution du territoire grec en monarchie héréditaire dont le roi recevrait l'investiture du sultan. Un transfert de population entre Grecs et Turcs est envisagé. Le sultan s'oppose à cette solution. : Prise d'Andrinople par les Russes. La route de Constantinople est ouverte, ce qui contraint le sultan à céder devant les puissances européennes. : Traité d'Andrinople signé entre le Royaume-Uni, la Russie, la France et l'Empire ottoman. Le Sultan doit reconnaître le nouvel État qui est une monarchie héréditaire. La Grèce est cependant limitée au Péloponnèse, la Livadie, l'Acarnanie, l'Eubée, les Cyclades et les Sporades. Jean Capo d'Istria assume la direction du nouvel État en attendant de trouver un monarque. : Naissance officielle de la Grèce (Protocole de Londres).
Histoire des relations internationales de 1830 à 1848 Les dissensions à l'heure des premiers mouvements libéraux et nationaux
: Prise d'Alger par les troupes françaises. Dans les jours qui suivent, les Français occupent également Oran et Arzew. : Émeutes à Bruxelles qui donnent le signal de la guerre d'indépendance belge. Les territoires belges sont les plus peuplés du royaume des Pays-Bas mais ce sont les Hollandais qui monopolisent les postes administratifs. Cette trop grande distorsion provoque des frustrations qui explosent en révolution dans un contexte d'éclosion des mouvements nationaux.