vignette|Maison québécoise à Causapscal (Bas-Saint-Laurent), dans un quartier résidentiel. vignette|Maison à Rotterdam (Pays-Bas), aux murs en briques locales et aux hautes fenêtres coiffées de stores à rayures. vignette|Modeste maison mauritanienne dans le Trarza. vignette|Une maison fleurie en Bretagne. vignette|Maison à Cuenca (Espagne), datée du .

Une maison est un bâtiment d'habitation, souvent de taille moyenne destiné au logement d'une famille, ou encore plus imposante divisée en plusieurs résidences ou appartements. Une maison est, en droit civil français, un immeuble, mot qui désigne aussi couramment un édifice de plusieurs étages divisé en plusieurs appartements occupés par diverses familles. On parle alors d'immeuble collectif.

La maison représente aussi l'ensemble des lieux de vie ou des espaces habités, ainsi que ses occupants ou résidents familiers. Elle est souvent considérée en « maisonnée » ou en symbole de la famille qui l'occupe.

Terminologie et définitions Étymologie Le mot maison attesté au en ancien français procède du mot latin de genre féminin ma(n)siōnem (accusatif de mansǐo) « séjour, lieu de séjour, habitation, demeure, auberge » (du verbe latin manere « rester, demeurer », cf. manoir) qui n'existe au sens de « maison » qu'en gallo-roman et dans les parlers septentrionaux. L'évolution phonétique à partir du radical ma(n)s- en gallo-roman et ancien français est complexe et diverse : on retrouve le mot féminin mansion au sens de « demeure » en 1155, mais aussi, via le mot bas-latin ma(n)sionata, les dérivés d'ancien français mesnie, maisnie, maisniee, mesnee, le plus souvent au sens de « famille, maisonnée », tandis que le participe substantivé à la forme neutre mansum a laissé le mot franco-provençal / occitan mas, le français manse, la langue d'oïl avait mes, meis. Un dérivé caractéristique de la langue d'oïl est de ma(n)sionilem. Il existe aussi masure, issu du bas latin ma(n)sura qui n'avait pas une valeur péjorative à l'origine, comme c'est encore le cas dans certains dialectes. Le diminutif maisonnette est attesté en 1160.

Le verbe latin manere intransitif veut dire simplement « rester, demeurer, séjourner, s'arrêter », mais aussi « persister, rester pour quelqu'un et être réservé à quelqu'un », il a engendré les mots dérivés manoir ou manant par le verbe ancien français maneir, et aussi ménage, ménagère, ménagement, déménager, aménager, aménagement, ménagerie, etc.

La maison est donc étymologiquement le lieu où l'on reste, où l'on revient, où l'on demeure, le lieu, domaine ou espace de sédentarisation ou d'arrêt momentanée, de la longue pause temporaire des (semi-)nomades. Dans le Midi de la France, on utilisait traditionnellement le mot occitan ostal, oustal (de même racine qu’hôpital et ), avec l'idée de recevoir, d'accueillir, le mot mas étant réservé à des constructions plus petites. . Pour la noblesse, la maison désigne au moins une famille ou une lignée associée à un domaine, ayant à son service ou pour sa gestion des intendants, des officiers et gardes, des serviteurs et domestiques… Une telle maison possède des propriétés et des titres, peut exhiber des droits juridiques et afficher son statut de prestige et ses honneurs. Le train de maison montre la richesse et la puissance active d'une maison, au cours d'un déplacement ou d'une réception…

Dans les autres langues romanes, ce sont des évolutions phonétiques à partir du latin casa qui désigne la maison. Le domaine occitan et, de manière plus diffuse, le domaine d'oïl, conservent des traces de son usage avec des sens souvent spécifiques dans de nombreux toponymes (et patronymes qui en découlent) : La Caze (Lacaze, etc.), Cazevieille, , Chaise (La Chaise, La Chaise-Dieu, etc.), Chèze (La Chèze, Chèze, etc.), dérivés , (Cazals, etc.), , , etc. ainsi que le français dans l'adverbe chez.

Terminologie Les divers mondes paysans nomment après le « maisons » les espaces d'habitation concrets, lesquels nécessitent de multiples activités d'entretiens constants, de (ré)aménagements et réfections, de nettoyages réguliers... et parfois une (re)construction globale. Très tôt et de manière affirmée à l'époque moderne, la notion de maison rurale englobe autant la famille réunie au sens large, la domesticité régulière éventuelle et l'entreprise agricole et/ou pastorale, parfois forestière ou minière, ou encore d'artisanat et de petites industries, que la maisonnée mène sur le domaine associé à la maison ou dans ses environs. C'est ainsi dans ce lointain monde paysan, par ailleurs parfaitement présent dans les villes médiévales, ou à son abord immédiat, que s'élaborent les diverses conceptions de la maison comme entreprise, la petite « maison de commerce ou d'artisanat », la maison auberge ou restaurant, réfectoire ou cantine... alors que les membres de la noblesse ou de la bourgeoisie marchande aisée résident dans des maisons-fortes ou des châteaux, des vastes résidences d'agréments ou des hôtels particuliers, c'est-à-dire des lieux emblématiques ou de prestige, souvent réhabilités ou créées ex nihilo. Toutefois, la notion de maison, comme habitat commun à tous, se généralise au cours du siècle des Lumières. Après le pavillon de chasse ou de loisir isolé du , la chaumière ou la maisonnette dévoilent progressivement un art plus discret d'habiter aux élites pendant leurs périodes de loisir.

À partir de 1801, une maison qui est agréable et confortable, agrémentée notamment d'un jardin, est souvent appelée du nom des anciennes maisons de campagne romaine : villa, en particulier lorsqu'elle est située dans un lieu de villégiature.

Le terme d'architecture « pavillon » était traditionnellement utilisé pour désigner les maisons d'habitation isolées à un seul corps de bâtiment, avant l'apparition de la locution « maison individuelle » qu'on oppose à « immeuble collectif ».

Synonymes

Le mot « maison » désigne le bâtiment destiné à garantir des injures de l'air (hiver, canicule, tempête), des entreprises des méchants et des attaques des bêtes féroces ; une maison est grande ou petite, élevée ou basse, vieille ou neuve, faite de pierre ou de brique, couverte de tuiles ou de chaume Le mot « habitation » caractérise l'usage que l'on fait d'une maison relativement à toutes ses dépendances tant intérieures qu'extérieures ; une habitation est commode ou incommode, saine ou malsaine, riante ou triste Les mots « séjour » et « demeure » sont relatifs à la durée d'occupation d'un lieu. Le séjour est une habitation passagère, la demeure une habitation plus durable. L'un et l'autre ne peuvent être que plus ou moins longs. Le terme de domicile ajoute à l'idée d'habitation celle d'un rapport à la société civile et au gouvernement. Les pénates (mais aussi les lares) sont dans la mythologie des dieux ou des génies tutélaires des habitations des maisons des villes, des contrées de tous les lieux. Lares signifie habitation, maison, foyer. Cicéron dit que les génies domestiques sont appelés Pénates parce qu'ils résident dans l'intérieur (penitus) ou parce qu'ils veillent à la provision (peunus) de la maison Nous disons poétiquement ou familièrement nos pénates et non pas nos lares pour nos foyers domestiques. On va revoir ses pénates, on les salue.

Définitions juridiques vignette|Maison de style georgien au 57, rue The Close à Salisbury (Angleterre). Les lucarnes ont vraisemblablement été ajoutées après sa construction.

Aux regards de l'administration fiscale française, un logement peut être dit résidence principale, si les occupants y résident plus de par an, et résidence secondaire si elle est destinée aux périodes de repos.

Sur le plan juridique, en droit français, la maison individuelle est définie comme pour le contrat de construction d'une maison individuelle introduit au code de la construction et de l'habitation le dans l'article R 231-1Code de la construction et de l'habitation, titre Construction d'une maison individuelle.

Définitions fiscales

En France, de 1798 à 1926, l'imposition foncière se faisait sur les portes et fenêtres.

Histoire

Les maisons paysannes du haut-Moyen Âge sont souvent des maisons élémentaires à une ou deux pièces, construites avec une logique économique locale. Le foyer est présent au centre de la pièce à vivre, laissant s'échapper la fumée vers le plafond en partie troué. Ces maisons peuvent être reconstruites facilement ailleurs en prélevant les matériaux essentiels de structure et de serviceLe verbe ancien-français "maisoner", attesté en 1220, signifie en premières acceptions "construire une maison, bâtir, construire", en seconde acception "agir", et seulement en troisième acception "se tenir à la maison, être sédentaire". "Maisonner" autrefois en Bourgogne signifiait avoir le droit de prélever des matériaux, en particulier du bois dans les forêts, pour réparer, entretenir ou édifier sa maison ou un bâtiment annexe.. Quelles que soient leurs tailles et caractéristiques, elles sont parfois conçues pour être mobiles, démontables et transportables sur chariots ou traîneaux. Les éleveurs possèdent des maisons étables dépassant souvent une vingtaine de mètres de long. Elles sont organisées pour abriter hommes et bêtes, fourrages et réserves de première nécessitéIl existe par exemple, assemblées par l'homme, des meules ou des granges à fourrages, installées à proximité des prairies de fauche ou des champs, qui servent aussi de réserves.. Celles-ci semblent avoir influencé après le les maisons mixtes de taille moins importante, de 15 à de long, instaurant une séparation des hommes et des animaux domestiques.

L'installation généralisée et véritablement commune du bâti en dur, immobile, pérenne, en dehors des îlots de pouvoir ou de richesse de l'Occident médiéval, remonte aux années 1570 et 1640. Même avant le , des villages des contrées paysannes à sols pauvres effectuaient encore des déplacements d'habitats après quelques décennies ou rotations pluriannuelles de lieux d'habitation. Dans les contrées d'élevage, des familles migrantes installent encore leur petite demeure en une nuit sur des terroirs libres et autorisées à l'usage commun. La pression des autorités seigneuriales, religieuses ou laïques, notamment pour préserver les ressources forestières, source de revenus confortables, ou la vigilance des communautés d'habitants mieux lotis pour leur terroir entravent ses vieux usages semi-nomades. Au , les groupes d'éleveurs pratiquant la transhumance devront justifier leurs droits et leurs pleines possessions des terres par la présence de remises, celles ou « granges à fourrage », une pratique paysanne qui remonte au moins au haut Moyen Âge.

L'observation d'un essor de l'habitat structuré et stable semble toutefois incontestable depuis les , il varie selon les contrées. Le midi de la France, soit une grande partie de l'Occitanie, connaît déjà la maison bloc à étage, avec une prédilection pour la pierre ou le moellon assemblé au mortier de chaux par l'art du maçon. Le bétail y est logé en rez-de-chaussée ou quasiment en cave. Cette maison à étages n'est pas inconnue au nord ou dans les régions montagneuses, mais elle ne possède qu'un soubassement de pierre et des étages en bois réalisés par le charpentier. Les exploitations domaniales ou « fermes » anciennes, assez souvent héritières de centres de petits domaines gallo-romains, imposent leurs bâtiments multiples autour d'une cour, dont le modèle à cour fermée n'est atteint souvent tardivement qu'au cours du dans les bons pays soissonnais ou amiénois.