Camille Chautemps, né le à Paris (Seine) et mort le à Washington, D.C. (États-Unis), est un homme d'État français. Il est plusieurs fois président du Conseil des ministres sous la .

Biographie Famille et formation Gabriel Camille Chautemps naît le au 87 rue de Turbigo, dans le de Paris. Il est le fils de François Émile Chautemps, médecin, conseiller municipal de Paris et conseiller général de la Seine, et de Marie Rosalie Félicie Aimable Blanche Chevallier, sans profession. Il est aussi le frère d'Henry Chautemps et de Félix Chautemps et le neveu d'Alphonse Chautemps. Comme ses frères, il est élève au lycée Marceau de ChartresPlaquette de remise de la médaille de la ville de Chartres à M. René Isambert, cérémonie du 20 février 1969 : , puis diplômé de la faculté de droit de Paris. Il est initié franc-maçonEncyclopédie de la franc-maçonnerie (sous la direction d'Éric Saunier). le aux Démophiles (Grand Orient de France), à Tours. Il sera accusé par l'extrême droite d'être un instrument de la maçonnerie et présenté comme étant un haut gradé à la suite d'une erreur de l'abbé Tourmentin, qui le désigne comme un 32° du Rite écossaisEncyclopédie de la franc-maçonnerie, Le Livre de poche, article « Camille Chautemps », ..

Parcours politique

Il entre au conseil municipal de Tours en 1912, devient député radical-socialiste d’Indre-et-Loire en 1919 et le reste jusqu’en 1928. Il est ensuite élu député du département de Loir-et-Cher de 1928 à 1934, puis sénateur de ce même département de 1934 à 1940 (sur l'aile droite du parti), maire de Tours de 1919 à 1925, plusieurs fois ministre (1924 à 1926), il devient président du Conseil de la Troisième République en 1930 et de à , appelé par Albert Lebrun.

En 1930, il parvient à faire inscrire dans la loi de finances du 16 avril 1930 son amendement taxant le jeu de la banque ouverte à tout va à 5% sur les bénéfices des joueurs alors que le jeu est illégal.

Il démissionne de la présidence du Conseil à cause de l'affaire Stavisky car Camille Chautemps est fortement soupçonné d'avoir été le protecteur occulte de l'escroc, ce qui signifie avoir été le principal bénéficiaire des multiples escroqueries commises par Stavisky. André Tardieu, ancien président du Conseil, résume ainsi, en 1937, la protection dont a bénéficié Stavisky : . Son implication dans le scandale Stavisky n'empêche aucunement Camille Chautemps de devenir ministre d'État du Front populaire en 1936, puis il succède à Léon Blum de à à la tête du gouvernement.

À partir de 1938, tentant de poursuivre l'expérience du Front populaire, il procède à la nationalisation des chemins de fer et à la création de la SNCF. Il se retire deux jours après l'Anschluss. Cette démission fut de sa propre initiative, sans que le Parlement n'ait mis en cause sa responsabilité : ce départ illustre très bien l'impossibilité pour les institutions françaises de l'époque de faire face à une crise internationale.

Il est vice-président du Conseil des gouvernements Édouard Daladier, puis du gouvernement Paul Reynaud, au sein duquel il pèse en faveur de l'armistice...

Il fait partie du gouvernement de Philippe Pétain jusqu'au .

Franc-maçon, trente-troisième degré du Rite écossais ancien et accepté et membre de son Suprême conseil, quand, le , est promulguée la loi portant interdiction des associations secrètes et obligeant les fonctionnaires et les agents de l’État à souscrire une déclaration à leur sujet, Chautemps déclare à Pétain son allégeance à la franc-maçonnerieCité par Pierre Chevallier, Histoire de la Franc-maçonnerie française, t. 3, Paris, Fayard, 1975, p. 324..

Départ aux États-Unis et fin de parcours En , chargé d'une mission officieuse, il part pour Washington, D.C., et choisit d'y demeurer jusqu'en 1944, date à laquelle il gagne l'Afrique française du Nord. Malgré les protestations écrites qu'il a émises contre les rafles de juifs., il est, dans le cadre de l'épuration, condamné en par contumace à cinq ans de prison par la Haute Cour... Il bénéficie d'un décret d'amnistie en 1954Décret du 11 juin 1954, cf. .. Il partage alors sa vie entre Paris et Washington, D.C., où réside sa famille.

Il repose au Rock Creek Cemetery de Washington, D.C..

Domaine sportif Dans sa jeunesse, il est un joueur de rugby à XV évoluant au poste de pilier.. Après avoir débuté en 1920 avec l'Union sportive Tours rugby., il rejoint l'équipe première senior du Stade français. Le , il accorde l'agrément du gouvernement (S.A.G. : Société agréée par le gouvernement) à la Ligue française de rugby à XIII, agrément qui lui était refusé depuis sa création en ..

Adepte de la pratique du skiL'oeuvre, No 6664 du 29/12/1933, "M. Camille Chautemps va faire du ski"., il préside les championnats du monde de ski alpin 1937 à Chamonix.

Mariages et descendance Marié le à Chacé (Maine-et-Loire) avec Renée Landais, fille d'Émile Landais, maire de Chacé et conseiller général radical du Maine-et-Loire., il est notamment le père de Jean Chautemps, journaliste et rédacteur en chef du Midi Libre., et de Claude Chautemps, pilote de guerre puis pilote d'essais au CEV.

Le à Neuilly-sur-Seine (Seine), il épouse Juliette Claudine Eugénie Durand en secondes noces.

Détail des fonctions et mandats politiques Groupe politique Parti radical (1919-1934) Gauche démocratique (1934-1940)

Mandat local Maire de Tours de 1919 à 1925

Mandat parlementaire Député d'Indre-et-Loire (1919-1928) Député de Loir-et-Cher (1929-1934) Sénateur de Loir-et-Cher (1934-1940)

Fonctions ministérielles Ministre de l'Intérieur de à Ministre de la Justice d' à Ministre de l'Intérieur de à Ministre de l'Intérieur du 19 au Ministre de l'Intérieur du au Ministre de l'Intérieur du au Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts de à Ministre des Travaux publics de janvier à Ministre d'État de à Président du Conseil du 21 fév. 1930 au 25 fév. 1930 du 26 nov. 1933 au 27 jan. 1934 du au 14 jan. 1938 du 18 jan. 1938 au Vice-président du Conseil et Coordination des Services du 12 avr. 1938 au du au 14 sept. 1939 du 14 sep. 1939 au du au Ministre d'État, vice-président du Conseil du au

Publication .

Distinctions

Française

sans_cadre|50x50px Médaille d'honneur des chemins de fer, échelon vermeil ( ; de droit en tant qu'ancien ministre des Travaux publics)

Étrangère (Royaume-Uni), décerné le

Hommages Plusieurs toponymes à Tours, La Chapelle-Saint-Luc, Le Tampon et Selles-sur-Cher.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . Sandra Faucher, L'activité parlementaire de Camille Chautemps, 1919-1940, Université de Perpignan, 1996. . . . .

Articles connexes Troisième République Liste des gouvernements de la France - Président du Conseil Gouvernements Chautemps I, Chautemps II, Chautemps III et Chautemps IV Affaire Stavisky Armistice du 22 juin 1940 Loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 Régime de Vichy

Liens externes

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