Robert Witchitz (Abscon le - fusillé au fort du Mont-Valérien le ), est un résistant et soldat volontaires des FTP-MOI au sein du Groupe Manouchian-Boczov-Rayman des FTP-MOI de la région parisienne, dont une dizaine avaient leur portrait sur l'Affiche rouge.
Biographie Jeunesse Robert Witchitz naît à Abscon, dans le Nord, d'un père commerçant d'origine polonaise« Witchitz Robert », sur le site de la ville d'Ivry-sur-Seine, ivry94.fr, consulté le 17 février 2010. et de mère française. Élevé par ses grands-parents, il reste dans son village natal jusqu'à l'âge de quatre ans, puis vient ensuite dans la région parisienne où il fréquente l'école laïque.
Seconde Guerre mondiale Au début de la Seconde Guerre mondiale Robert devient télégraphiste. Son père, mobilisé, est fait prisonnier, mais comme ancien combattant de la guerre 1914-1918, il rentre de captivité. Robert, lui, est licencié. Il doit faire des courses à bicyclette, pour le compte d'une distillerie. Devenu ajusteur à l'usine de constructions mécaniques Texier-Dufor, il devient militant dans les Jeunesses communistes, à Ivry-sur-Seine. En 1943, il est réquisitionné dans le cadre du STO pour aller travailler en Allemagne. Avec son ami Roger Rouxel, il rejoint alors, en , à l'insu de ses parents, la FTP-MOI du détachement italien sous le matricule et le nom de guerre de René. Chaque fois que, par la presse ou tout autre moyen, il apprend la mort d'un Allemand ou d'un collaborateur, il se réjouit et dit à son père : « Tu vois, il y a encore des hommes, et de bons Français. »
Un jour qu'il est resté chez lui, vers cinq heures du matin, on crie dehors : « Police ! » Ses parents se rappellent avec angoisse les efforts qu'il fit pour essayer de s'enfuir par la fenêtre. Peine perdue. « Faites entrer les agents », dit-il. Quand ils le voient : « C'est toi, Robert ? D'ici deux ou trois heures, fous le camp ! Mais ne va pas en Corrèze ni dans une région aussi dangereuse. » À partir de ce jour-là, les parents de Robert comprennent enfin quel est le genre d'activité de leur fils.
Le , Robert est arrêté, avec Rino Della Negra, à la suite d'une action contre des convoyeurs de fonds allemand au 56 rue La Fayette à Paris. Il prévient ses parents dans une lettre où il s'accuse, pour ne pas incriminer ses camarades de combat, d'avoir fait une « bêtise ». Il reste en prison, exactement cent jours et jamais ses parents, malgré de nombreuses demandes, ne sont autorisés à le voir pendant son incarcération. Traduit avec ses autres frères de combat au procès des 23, il est condamné à mort. Pendant le court laps de temps où il a agi comme résistant, Robert a participé à une dizaine d'actions.
Robert Witchitz est fusillé au fort du Mont-Valérien le avec du groupe Manouchian, dont les 9 autres de l'Affiche rouge. Lorsque ses parents reçoivent enfin l'autorisation de lui rendre visite, il est trop tard : les Allemands l'ont fusillé la veille.
Son corps fut déposé au carré des Fusillés au cimetière d’Ivry-sur-Seine, et plus tard, conformément au désir de sa mère, dans le caveau de la famille.
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur, à titre posthume, en .
Une rue d'Ivry-sur-Seine porte son nom.
Le , il est cité , ainsi que ses 22 autres camarades, avec l'entrée de Missak et de Mélinée Manouchian lors de la cérémonie de panthéonisation en présence d'Emmanuel Macron, président de la République française. Une plaque portant son nom et ceux des du groupe Manouchian est apposée au Panthéon.. Son portrait figure avec les autres camarades du groupe des FTP-MOI de l'Ile-de-France.
Affiche rouge Son nom figure sur l'« Affiche rouge » éditée par les Allemands : .
Les nazis ont pris Robert Witchitz pour un Juif et pour un Hongrois alors qu'il n'était ni l'un, ni l'autre. Dans son Journal de guerre, l'aumônier catholique du Mont-Valérien Franz Stock raconte en effet qu'il a confessé ce condamné à mort.
Divers Profession : télégraphiste, coursier Lieu d'habitation : Ivry-sur-Seine
Liste des membres du groupe Manouchian condamnés le 21 février 1944 thumb|Mémorial de l'Affiche rouge à Valence. La liste suivante des du groupe Manouchian exécutés par les Allemands signale par la mention les dix membres que les Allemands ont fait figurer sur l'Affiche rouge :
Celestino Alfonso Espagnol Olga Bancic, Roumaine 32 ans — Seule femme du groupe, guillotinée en Allemagne le 10 mai 1944) Joseph Boczov Hongrois — Ingénieur chimiste — [József Boczor, Wolff Ferenc] Georges Cloarec Français Rino Della Negra Italien Thomas Elek Hongrois — Étudiant — [Elek Tamás] Maurice Fingercwajg Polonais Spartaco Fontanot Italien Jonas Geduldig Polonais Emeric Glasz Hongrois — Ouvrier métallurgiste — [Békés (Glass) Imre] Léon Goldberg Polonais Szlama Grzywacz Polonais Stanislas Kubacki Polonais Cesare Luccarini Italien Missak Manouchian Arménien Armenak Arpen Manoukian Arménien Marcel Rayman Polonais Roger Rouxel Français Antoine Salvadori Italien Willy Schapiro Polonais Amedeo Usseglio Italien Wolf Wajsbrot Polonais Robert Witchitz Français
Décoration
, à titre posthume par le décret du .
Notes et références
Bibliographie FFI - FTPF, Pages de gloire des vingt-trois, Immigration, 1951.
Annexes Liens internes Main-d'œuvre immigrée FTP-MOI de la région parisienne Affiche rouge Brigades spéciales Geheime Feldpolizei
Liens externes La journée d'un « Terroriste » Ces Arméniens qui ont dit non
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