La presse people (mot issu de l'anglais, prononcé en français ou ), presse à scandale ou presse à sensation, est une catégorie de publications traitant de l'actualité et de la vie privée des personnes publiques et des célébrités, essentiellement au moyen de reportages photographiques accompagnés de titres accrocheurs et de textes succincts.

Une partie de ces photos est fournie par des paparazzi.

On parle parfois de tabloïd par analogie au format du papier, ces journaux étant généralement imprimés dans ce format réduit (41 × 29 cm).

La presse people est principalement composée de magazines hebdomadaires, comme c'est le cas en France.

Dans les pays anglo-saxons, la presse quotidienne populaire, dite tabloid, est souvent associée à la presse people.

Depuis la fin des années 1990, le phénomène a pris de l'ampleur, au point qu'on parle d'une « peopolisation » des autres catégories de la presse. En France, les magazines de la presse de télévision, mais aussi certains quotidiens d'information générale (Le Parisien, 20 minutes), accordent de plus en plus de place à l'actualité des célébrités.

Historique Débuts Le premier exemplaire du Mercure Galant, paru en 1672, promettait déjà que Le Mercure galant, volume 1, 1672, p. 7-8.

La presse people tire son origine des premières rubriques mondaines apparues dans les quotidiens généralistes, comme L'Illustration ou Excelsior, à la fin du . Ces rubriques, sans illustration, détaillaient principalement les visites officielles des monarques ou la liste des nobles participant à un gala de bienfaisance. Le but affiché reste toutefois purement informatifErwan Serveau, « Les ancêtres de la presse », Antiquités Brocante, n°110, juillet-août 2007, p. 174-181.. À la même époque, d'autres publications évoquent la vie des élites (grandes fortunes, artistes, aristocrates) mais à destination d'un lectorat particulièrement élitaire : elles rendent compte, par exemple dans Gil Blas des informations mondaines du Tout-Paris, permettant parfois à quelques ambitieux de se fabriquer une notoriété grâce à l'aide de journalistes, ou bien conduisent certaines personnalités menacées par un scandale à payer le journal afin qu'il ne publie pas d'information compromettante le concernant : ce type de presse disparaît avec la Première Guerre mondialeChristian Delporte, « Les recettes de la presse people », L'Histoire n°286, janvier 2006, p. 29-30..

vignette|alt=Broadway Brevities, 1922.|Seena Owen en couverture de Broadway Brevities, 1922.

Lors des Roaring Twenties, la presse britannique décrit inlassablement les fêtes des , devenues stars d'un jour. Dans les années 1930, le genre trouve un nouveau souffle par l'intermédiaire de la presse cinématographique et des journaux féminins. Les articles sont agrémentés de photographies mais s'immiscent encore rarement dans la vie privée. Dans le contexte de l'essor du cinéma hollywoodien et du music-hall, il s'agit aussi pour le public de connaître davantage d'informations sur les stars qu'il admire (comme Marlene Dietrich, Gary Cooper, Jean Gabin ou encore Joséphine Baker).

Après la Seconde Guerre mondiale En France, en 1937, Paris-Soir de Pierre Lazareff étend ce mode de journalisme à la politique, réalisant ainsi un reportage intime sur Adolf Hitler à Berchtesgaden, où il est question de ses loisirs, mais sans jamais parler du nazisme. Toutefois, après la Seconde Guerre mondiale, les informations à sensation migrent des rubriques des journaux vers les magazines, la presse quotidienne sérieuse choisissant de se recentrer sur ses sujets de prédilection. En 1945 naît ainsi Noir et Blanc, tirant rapidement à 200 000 exemplaires, et qui rend compte de la vie des vedettes, notamment les familles royales. La liaison entre la princesse britannique Margaret et le roturier marié Peter Townsend passionne ses lecteurs. En 1945, Nuit et Jour fait sa une sur le Premier ministre Winston Churchill et sur . Parmi les autres titres créés à la même époque, on compte Ici Paris, qui modifie sa ligne éditoriale pour se consacrer aux histoires de stars et d'aristocrates, ou encore Point de vue. Au bord de la faillite, Paris Match, sous l'impulsion du numéro 2 de Jean Prouvost, Philippe Boegner, décide d'opérer un virage en achetant désormais cher certaines photographies afin de créer des unes marquantes : c'est un succès, et le magazine titre désormais sur l'ascension de l'Annapurna par Maurice Herzog en 1950 ou encore la mort de Philippe Pétain et du roi britannique George VI. En , le couronnement de sa fille Élisabeth II est vendu à 1,3 million d'exemplaires.

vignette|alt=Gente, couverture du premier numéro (1965).|Gente, couverture du premier numéro (1965).

S'inspirant de certains tabloïds anglais, France Dimanche opère également en 1956 un virage éditorial pour ne parler que de la vie des stars : devenu le premier magazine people du pays avec un tirage à 1,3 million d'exemplaires, il fait imprimer sur sa manchette : . Voulant copier ce succès dans une publication quotidienne, Cino Del Duca sort en 1959 Paris Jour, qui mêle de nombreuses informations, comme l'explique l'historien Christian Delporte : . L'hétérogénéité de cette expérience façon tabloïd nuit cependant à la lisibilité de Paris-Jour, qui ne rencontre pas le succès attendu et disparaît en . Un certain nombre des autres titres créés après la Libération poursuivent cependant leur bonne santé éditoriale, par ailleurs portée par le développement de la télévision, mais ces publications restes peu intrusives et les procès sont rares. En , la loi sur le respect de la vie privée parachève le choix de conserver ces limites.

En 1987, Axel Ganz lance Voici, un hebdomadaire beaucoup plus intrusif sur la vie privée des personnalités, qui choisit de mobiliser les revenus de ses ventes et de ses publicités pour financer d'éventuels procès. En 1997, le magazine en compte ainsi 170 mais le succès est au rendez-vous, Voici tirant à 800 000 exemplaires. Afin de rester concurrentiels, d'autres magazines font de même, mais la mort de la princesse Diana détourne le public de ce genre de presse, dont les dérives sensationnalistes sont conspuées.

Au vignette|alt=Couverture du magazine italien Chi en 2018.|Couverture du magazine italien en 2018. Au début des années 2000 en France, la presse people en revient donc pour un temps à des histoires plus sages, bientôt modifiées par l'essor de la téléréalité et le lancement de nouveaux titres, comme Public en 2003 et Closer deux ans plus tard, même si le marché français semble toujours rester réfractaire à l'imitation des tabloïds anglo-saxons plus trash comme The Sun ou The Daily Mirror.

Au , la presse people a eu — du moins jusqu'à l'été 2012 — des tirages toujours plus élevés, ce qui participe à la destruction progressive de la vie privée, et est à l'origine de nombreux scandales. Une curiosité plus ou moins malsaine à l'égard des personnalités politiques y apparaît depuis 2007 alors que la classe politique jouissait auparavant d'un certain respect de la part de cette presse.

Ces magazines connaissent régulièrement des procès pour atteinte à la vie privée. Ainsi, en , le prince William et son épouse Kate, la duchesse de Cambridge, portent plainte contre le magazine Closer..

En France Diffusion En 2007, sept hebdomadaires français étaient considérés comme faisant partie de la « presse à scandale »En 2014, la catégorie correspondante est dénommée « People » dans les classements de l'Office de justification de la diffusion. Voir cette requête dans la base de l'OJD, en date du 17 mai 2014. par l'Office de justification de la diffusion (OJD).

+ Presse people Titre Éditeur (groupe) Diffusion Paris Match Lagardère Active 690 000 (2009) Voici Prisma Presse 380 000 (2011) Closer Emap France (Mondadori) 350 000 (2014) Ici Paris Hachette Filipacchi Médias 340 000 .......... Public Hachette Filipacchi Médias 380 000 .......... Gala Prisma Presse270 000 (2013) France Dimanche Hachette Filipacchi Médias 470 000 (2014) Point de vue L'Express-Expansion (Roularta) 270 000 (2006)

Ces sept titres totalisent ainsi plus de 3 millions d'exemplaires vendus chaque semaine en France.

En 2006, un huitième titre était venu s'ajouter à cette liste, lorsque la filiale française du groupe allemand Bauer avait lancé Bon Week, un hebdomadaire présenté comme un « féminin-people ». L'objectif de ventes était fixé à , mais le nouveau magazine n'était pas parvenu à dépasser les . Il a cessé de paraître.

En 2021, on estime que 75 % du lectorat de la presse-people sont des femmes.

Paris Match Connu pour ses couvertures accrocheuses, l'hebdomadaire Paris Match ( exemplaires par semaine de diffusion France payée en 2005), est . Si Paris Match traite de sujets politique, société ou culture, le magazine a traditionnellement toujours consacré une large place à la vie privée des célébrités, notamment en couverture.

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Autres médias liés à la presse people Agence Presse et Médias Bestimage Gamma Presse événements Magazine

Au Royaume-Uni Un est un support de presse relevant de la presse dite people ou de la presse à sensation : grandes photographies, gros titres, journalisme superficiel. Initialement, le tabloïd est un supplément non journalier d'un quotidien publié au format tabloïd c'est-à-dire en demi-format, le mot est dérivé du mot français tablette (1926).

Comme aux États-Unis, certains magazines hebdomadaires sont devenus de plus en plus populaires depuis les années 2000. Leurs ventes ont toutefois commencé à chuter à la fin des années 2000, notamment en raison de l'apparition de la presse numérique mais surtout à la suite du scandale qui a touché New of the World, tabloïd utilisant des méthodes contestées (écoutes téléphoniques, diffamation, etc.) afin d'obtenir des informations ; le journal ferme en 2011 et un procès est organisé. Une enquête publique doit accoucher de la création d'un régulateur de la presse, actuellement en débat au ParlementÉric Albert, « Le dernier sursaut des tabloïds », in M, le magazine du Monde, semaine du 19 octobre 2013, p. 50..

Liste de tabloïds britanniques Daily Star (fondé en 1978) / Daily Star Sunday The People (fondé en 1881) — appartient à Trinity Mirror The Daily Mirror (fondé en 1903) / Sunday Mirror (fondé en 1915) — appartient à Trinity Mirror The Daily Sport / The Sunday Sport The Sun (fondé en 1964) / News of the World (fondé en 1843) — appartient à News Corporation Daily Mail (fondé en 1896) / The Mail on Sunday Daily Express (fondé en 1900) / Sunday Express

Liste de magazines hebdos britanniques Heat (fondé en 1999) Hello! (fondé en 1988, équivalent à Ohla !) OK! (fondé, comme mensuel, en 1993) New!

Aux États-Unis Presse hebdomadaire Aux États-Unis, les titres de la presse people sont regroupés sous l'appellation « Celebrity magazines ». Les principaux titres sont les hebdomadaires People, Us Weekly, In Touch Weekly, Star et The National Enquirer. En 2004, ces celebrity magazines ont représenté, à eux seuls, un tiers des ventes en kiosque de la presse américaine, avec un chiffre d'affaires de 783 millions de dollars. Sur le même marché, se trouvent des titres davantage destinés à un lectorat féminin, comme O (magazine créé par Oprah Winfrey), Weight Watchers, Cosmogirl, Real Simple et Woman's World.

Voir la catégorie Celebrity magazines sur la Wikipédia anglophone. Voir le site de Magazines of America (en anglais).

Presse quotidienne Aux Celebrity magazines sont parfois associés une partie de la presse quotidienne populaire dite qui tire son nom de son format d'impression tabloïd (généralement 597 mm x 375 mm). Critiquée pour sa mise en page et son ton racoleur, elle est également désignée par le terme péjoratif de (« presse de caniveau »).