Louis Théodore Kleinmann alias Kayser ou Capitaine Kayser, né le à Brumath et mort le à Strasbourg, est un officier français de renseignement, commandant français de la ville Mayence après le .

Biographie Louis Kleinmann, né le à Brumath en Bas-Rhin, est aîné de cinq enfants, parmi lesquels René, résistant et citoyen d’honneur de la Ville de Brumath, ainsi que Charles, incorporé de force).

En , il s'engage dans d'infanterie. En 1929, il réussit le concours d'officier et entre à l'École militaire de Saint-Maixent en Deux-Sèvres.

Nommé lieutenant le , il commande en 1933-1934 le détachement du Hackenberg situé près de Thionville, le plus important de tous les ouvrages de la ligne Maginot. En 1934-1935, il étudie l’allemand au Centre d'Études Germaniques de Strasbourg. Le il est affecté au 2e bureau à Metz.

Seconde Guerre mondiale Le , il est nommé capitaine. En septembre, il est muté au secrétariat à la Guerre comme chef de poste de renseignement. Après l'armistice, il s'installe à Lyon où il dirige l'antenne Uranus du poste 4 du service de renseignements Kléber des Forces françaises combattantes (FFC) sous le pseudonyme de Capitaine Kayser. Il interroge les prisonniers de guerre évadés et les Alsaciens ayant réussi à passer la ligne de démarcation et met en place en Alsace une organisation clandestine de renseignement et d'évasion de prisonniers de guerre. L'abbé Charles Venner est responsable du secteur de Mulhouse (Haut-Rhin) et Robert Borocco du secteur de Colmar (Haut-Rhin). Grâce à Jean-Marie Bressand, directeur du cinéma Le Casino de Besançon, Kleinmann dispose d'une source très importante dans le secteur du Doubs.

À la suite de l'invasion de la zone libre par les Allemands en , Louis Kleinmann reçoit l'ordre de rejoindre Nîmes puis Perpignan. Le réseau Kléber-Uranus est démantelé par les Allemands le .

Le après avoir franchi clandestinement la frontière espagnole, Kleinmann est interné en Espagne jusqu'au . Puis il séjourne au Portugal sous une fausse identité belge puis à Gibraltar.

Il rejoint ensuite Sidi Bel Abbès en Algérie via Casablanca où il est affecté au 2e régiment de zouaves, puis muté à la compagnie d'appui du bataillon de la demi-brigade de zouaves. Cette unité est ensuite affectée à la division blindée. Le , Kleinmann débarque avec son unité à Saint-Tropez et participe à la libération de la France. Il participe aux combats de libération de l'Alsace. Le , il s'illustre à la tête de son bataillon lors des combats de Burnhaupt-le-Bas (Haut-Rhin) en capturant allemands.

Le , il est nommé Chef de bataillon (commandant).

Son action à Mayence (Allemagne) Détaché au ministère des affaires étrangères après la guerre, il est affecté à la mission militaire pour les affaires allemandes de l’État-Major général de la Défense nationale et occupe des postes dans les gouvernements militaires d'occupation, particulièrement à Mayence. Comme commandant français de cette ville, Kleinmann s'investit plus particulièrement dans la reconstruction de l'université de cette ville. Cela lui vaudra d'être nommé citoyen d'honneur de cette université rouverte le par le général Koenig. thumb|Allocution du général Koenig lors de l'Inauguration de l'Université de Mayence le 22 mai 1946 Kleinmann travaille beaucoup avec le maire de Mayence Emil Kraus. Il s'investit dans la reprise du carnaval et du marché aux vins, et participe au sauvetage du grand clocher de l'église Saint-Étienne, du Palais Ostein et de tous les bâtiments autour de la Schillerplatz.

Il est ensuite nommé commandant à Pirmasens et travaille pour le Haut-Commissaire adjoint à Bad Godesberg.

En 1966, il sera décoré de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne.

Guerres de Corée et d'Indochine

En , il commande un bataillon du 7e régiment de tirailleurs algériens (RTA). En , il est attaché au bataillon en Corée et envoyé en Indochine. Il arrive à Saïgon le et prend le commandement du deuxième bataillon de Corée. Le régiment de Corée appartient au groupe mobile (GM 100) basé à An Khê sur les hauts-plateaux du Centre-Vietnam.

Blessé au pied gauche lors de la défense du poste de Plei Rinh le , Kleinmann garde le commandement de son bataillon. Sa conduite au feu ce jour-là lui vaut la citation à l'ordre de l'armée suivante:

Après la chute de Dien Bien Phu, le général Salan donne l'ordre d'évacuer An Khê le . C'est l'opération Églantine pendant laquelle le GM 100 () est pris dans une embuscade du Viet Minh () sur la route coloniale 19. Le commandant Kleinmann assure l'arrière-garde avec le bataillon II/Corée. Par son habileté, il réussit à sauver 497 hommes sur 834 de son bataillon. Pour son action lors de cette bataille, Louis Kleinmann est cité une nouvelle fois à l'ordre de l'armée :

Après la dissolution de son bataillon, le , il est nommé au commandement du secteur de Quang Tri au nord de Hué sur le parallèle pour organiser la reconstruction de la région. Il quitte l'Indochine le .

Au retour, il est affecté à l'état-major des forces françaises en Allemagne à Baden-Baden.

Le , il est nommé lieutenant-colonel et colonel le .

Il quitte l'armée le et donne des conférences. Il est père de quatre enfants.

Il décède le à Strasbourg et repose au cimetière de sa ville natale de Brumath.

Distinctions

() avec la citation suivante :

par décret du ; de RFA (1966).

Reconnaissance

Citoyen d'honneur de l'université de Mayence pour son investissement dans la réouverture de l'université. Une allée du campus mayençais, le « Colonel-Kleinmann-Weg » porte son nom.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

DVD pédagogique Friedrich Schütz: Louis Théodore Kleinmann (1907-1979). Französischer Stadtkommandant von Mainz 1945/46: der „Vater der Stadt“, à Ut omnes unum sint – tome 2: Gründungspersönlichkeiten der Johannes Gutenberg-Universität, , Michael Kissener (edit.) / Helmut Mathy (edit.), extrait sur Google Books Bernard Fall: « Indochine 1946-1962 », R.Laffont, 1962 Marc André: « Louis Kleinmann, un Brumathois en Indochine », Bull. Soc. d'Hist. et d'Arch. de Brumath et environs, , . "L'Odyssée du GM 100", Plon.

Article connexe Histoire de Mayence - L'après-guerre

Lien externe

"Auf dass alle eins seien" – Die Universität feiert am 22. Mai ihre Neugründung vor 60 Jahren sur Rhein Main Presse

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