La Corète potagère ou jute rouge (Corchorus olitorius) est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Malvaceae (anciennement rangée dans les Tiliaceae) originaire d'Asie et Afrique subsaharienne. Cette espèce est cultivée dans les régions chaudes pour les fibres libériennes de ses tiges servant à confectionner de la toile de jute. Elle est aussi cultivée comme plante alimentaire.
Son nom est parfois orthographié « corette » ou « corette potagère ». Un autre nom vernaculaire en français est la « mauve des Juifs ».
Parmi les nombreuses espèces du genre Corchorus (sous-famille des Grewioideae, famille des Malvacées, ou des Tiliacées selon la classification classique), deux plantes herbacées sont appelées jute : le jute blanc, Corchorus capsularis L. le jute rouge ou jute tossa, Corchorus olitorius L. (corète potagère), un peu moins utiliséFibre du futur : jute, FAOJute, FAO.
Au sens légal, Légifrance, Annexe I (abrogé au 30 juillet 1998), Arrêté du 2 mai 1988 portant dénomination et description des fibres textiles et taux conventionnels à utiliser pour le calcul des pourcentages en fibres textiles.
Nomenclature et étymologie La présente espèce a été nommée Corchorus olitorius par Linné en 1753 dans Species Plantarum 1: 529–530.
Le nom de genre Corchorus est un emprunt au grec κόρχορος korkhoros « corette, jute », en latin, l'encyclopédiste romain, Pline, indique que la corchorus est mangée communément par les Égyptiens (HN, 21, 89; 183).
L’épithète spécifique olitorius est un adjectif latin signifiant , dérivé du nom latin olus .
Le nom français jute est emprunté (en 1849) à l’anglais jute, lui-même emprunté au bengali jhōto, jhuto, du sanskrit jūta, variante de jatā .
Noms vernaculaires Chanvre de Calcutta, Corète capsulaire, Corète textile, Gooni, Jute à capsules globuleuses, Jute à fruit capsulaireCorchorus capsularis, base Khartasia du Centre de Recherche sur la Conservation des Collections (CRCC) du CNRS, et du MNHN.
Synonymes Selon POWO, les synonymes sont :
Description Corchorus olitorius est une herbe ligneuse, de 1 à de haut.
La feuille comporte des stipules ovales-lancéolés, d’environ , un pétiole de 0,8 à et un limbe oblong-lancéolé, de de long sur de large. à bord denté. La feuille n'est pas amère et elle est comestible.
La fleur, insignifiante, est solitaire ou en cyme par 2-3, axillaire, opposée aux feuilles, avec des sépales oblongs et un apex longuement aristé, 5 pétales jaunes, a peu près aussi long que les sépales, plus de 15 étamines sur une tige très courte (androgynophore), l’ovaire possède 5 loges, poilu, et un style glabre.
Le fruit est une capsule cylindrique de couleur grise à noire ou verdâtre (à la différence de C. capsularis, le jute blanc, dont la capsule est globuleuse), à 10 angles, robuste, à 5-6 valves de , et apex à bec. Il mesure de de long et de de large.
La floraison a lieu en été et automne.
Répartition Corchorus olitorius est originaire d’Afghanistan, Pakistan, Inde, Iran, Chine, Asie du Sud-Est, Afrique subsaharienne (sauf Afrique du Sud).
L’espèce a été introduite en Afrique du Nord, en Arabie saoudite, dans le Sud-Est du Brésil, au Pérou, à Cuba, dans île Maurice et La Réunion.
Elle est cultivée dans de nombreuses régions du monde.
Usages vignette|Vente de feuilles de Corète potagère sur un marché d'Abidjan. On la cultive dans le sud de l'Europe comme plante textile, notamment pour la fabrication de toile de jute (tige), et comme plante alimentaire (feuilles).
En Afrique et au Proche-Orient, elle est cultivée pour son utilisation en cuisine, tandis qu'en Asie, elle est davantage employée comme fibres de jute.
En France, elle a été utilisée jusqu'au avant d'être abandonnée.
Fibres de jute
La fibre de jute est extraite des tiges de Corchorus olitorius et Corchorus capsularis.
Ces espèces sont largement cultivées en Inde et au Bangladesh pour leurs fibres.
À la fin du et au , la toile de jute a servi à fabriquer des sacs de transport pour des denrées alimentaires comme le blé, les pommes de terres, le café, cacao, riz etc.
Alimentation left|thumb|Un hachoir berceuse est préférable pour couper les feuilles de corète. Ses feuilles sont utilisées en cuisine dans de nombreux pays d'Afrique de l'Ouest, du Sahel, du Maghreb, de la Caraibes (Haiti notamment dans le département de l'Artibonite, ou il est appelé lalo) et du Moyen-Orient, à la base du plat du même nom : la mloukhiya dans les cuisines tunisienne, algérienne, égyptienne, syrienne, libanaise, levantine, au Soudan ainsi qu'au Tchad mloukhiyé ou dans la cuisine ivoirienne (kplala ou kolala, nanounkoun) ou encore togolaise et malienne. Au nord du Mali, les Songhais l'appellent fakhhouhoy et ce plat est devenu très courant à travers le pays.
La plante et ses feuilles sont appelées adèmè au Togo, Kplala en Côte d'Ivoire, Boulvanka au Burkina Faso, nin-nouwi au Bénin, éwédù au Nigéria, Lalo en Haîti et mulūḫiyyah (ملوخية) en arabe. Les feuilles de corète sont aussi consommées en Asie, notamment au Japon, où elles sont nommées en cuisine moroheiya (モロヘイヤ) ou shimatsunaso (シマツナソ). Les feuilles séchées et moulues sont utilisées comme épice.
Références
Liens externes
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