Le chevalier Joseph Pierre Picot de Limoëlan, né le à Nantes et mort le à Charleston aux États-Unis, est un militaire français et un chef chouan pendant la Révolution française.
En 1800, il prend part à l'attentat de la rue Saint-Nicaise, mené contre Napoléon Bonaparte, sous la direction de Georges Cadoudal.
Pénitent, il termine sa vie comme prêtre catholique aux États-Unis, sous le nom d'abbé de Clorivière.
Biographie Famille Joseph Picot de Limoëlan est le fils de Michel Alain Picot, seigneur de Limoëlan, et de Jeanne Roche de Fermoy. Il est le neveu du R. P. Pierre-Joseph de Clorivière.
À Rennes, il est le camarade de Chateaubriand, leur amitié est rapportée dans , Livre deuxième, chapitre 7.
Révolution et militantisme royaliste Au début de la Révolution, Limoëlan adhère comme son père à l'Association bretonne.
À la suite du démantèlement de l'association, il émigre. Son père, également membre d'une conjuration et un des aides de camp d'Armand Tuffin de La Rouërie, est exécuté à Paris.
De retour en France, il prend part à la Chouannerie et sert dans la division de Médréac. En 1799, il prend temporairement le commandement de la division de Fougères à la place de Boisguy, alors prisonnier,
Le , il prend sans combattre la petite ville de Pontorson et désarme la garnison républicaine..
Attentat contre Napoléon Bonaparte
Après la paix, Limoëlan est envoyé à Paris par Cadoudal et organise avec Pierre Robinault de Saint-Régeant le complot de la « machine infernale », qui faillit tuer Napoléon Bonaparte le jour de Noël 1800.
Limoëlan est chargé de guetter l'arrivée de la voiture du Premier consul, mais il ne donne pas le signal à Saint-Régeant lorsque celle-ci apparaît. Saint-Régeant allume lui-même les mèche de la machine infernale, lorqu'il aperçoit la voiture du Premier consul, mais celle-ci explose après son passage, faisant 22 morts et des dizaines de blessés. Contrairement à Saint-Régeant, Limoëlan parvient à échapper aux recherches de la police de Fouché et quitte Paris..
Exil et mort Il montre, le reste de sa vie durant, beaucoup de remords pour son acte, notamment vis à vis des victimes innocentes de l'explosion ; il abandonne la lutte et gagne l'Amérique, où il est ordonné prêtre en 1812 sous le nom d'abbé de Clorivière. Il ne retourne jamais en France, et devient aumônier pour le à Georgetown (Washington, D.C.). Il y arrive le et consacre sa vie à sa nouvelle mission. Il vend son domaine en Bretagne et consacre le produit de sa vente, ainsi que sa pension française, à la construction d'une nouvelle chapelle pour les sœurs de son couvent. Il enseigne également le français à l'académie de Georgetown, ce qui contribue à augmenter les inscriptions. Il demande et obtient de son ami Charles X de France un retable, et, par tous les moyens possibles, aide les sœurs dans leur pauvre école – la première école gratuite du district de Columbia.
Chaque , il s'enferme dans sa chapelle ornée des portraits de Louis XVIII et de Charles X, et passe sa nuit en prière, demandant pardon à Dieu pour son rôle dans l'attentat.....
En 1814, à l'annonce de la chute du Premier Empire, il souhaite rentrer en France mais est persuadé de rester en raison du faible nombre de prêtres aux États-Unis. Il meurt à Charleston, en Caroline du Sud, le .
Notes et références
Bibliographie
René d'Ambrières, Le fulgurant destin du chevalier de Limoëlan, Versailles, Via Romana, 2023
Liens externes
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