Le Cāntóngqì (參同契) ou Zhōuyì cāntóngqì (周易參同契) (142?) attribué à Wei Boyang (魏伯陽) est le premier ouvrage connu sur la théorie alchimique chinoise. Il a fait l’objet de nombreux commentaires particulièrement à partir des Tang et inspiré Zhang Boduan, l’un des fondateurs du courant neidan, qui voyait en lui le principal ouvrage d’alchimieRoi des traités alchimiques depuis l’Antiquité (wangu danjing zhiwang 萬古丹經之王). Son titre est généralement compris comme « correspondance des troisPeng Xiao (彭曉) du considère que can 參 veut dire za 雜 "divers [savoirs]" et non "trois" » : Yijing, taoïsme et contrôle du four alchimique. Un exemplaire daté de 1381 du Cantongqi commenté par Yu Yan (俞琰) (seconde moitié du )Zhouyi cantongqi fahui 周易參同契發揮 est le plus ancien parvenu au . La plus ancienne version intégrale est celle commentée par Peng Xiao (彭曉 ) contenue dans le Canon des Ming.
L’auteur Wei Boyang n’a pas laissé de trace dans les documents officiels. La première mention de son ouvrage se trouve dans les écrits de Ge Hong () qui fait une brève présentation de lui dans Biographies des immortels (神仙傳) : de classe sociale élevée et originaire de Wu, il est l’auteur du "Cantongqi et du Wuxianglei (五相類), ouvrages alchimiques écrits dans un langage symbolique inspiré du Livre des mutations. Au début du , Peng Xiao (彭曉) précise dans la préface de son commentaire du Cantongqi que Wei Boyang est originaire de Shangyu (上虞), région de Kuaiji ou Guieji (會稽) dans l’actuel Jiangsu ou Zhejiang. Il prétend qu’il se serait appuyé sur le Livre du Tigre et du Dragon (龍虎經)Selon l’érudit Wang Ming (王明 1911-1992), il s’agit en fait d’un ouvrage de la dynastie Tang écrit par Yang Shenwei (羊參微), également appelé Jinbi jing (金碧經)., interprété à l’aide du Yijing. Il aurait transmis son ouvrage à un dénommé Xu (徐) originaire de Qingzhou, puis sous Huandi (147-167) à son compatriote Chunyu Shutong (淳于叔通). La datation proposée pour l'ouvrage et le lieu d'origine de l'auteur s'appuient sur les mentions de ce fonctionnaire dans le Zhengao de Tao Hongjing et le complément du Livre des Han postérieursIl est encore appelé Chunyu Kan (淳于斟), Chunyu Shuxian (淳于叔顯) ou Chunyu Yi (淳于翼).. Au , Hui Cao (曾慥) écrit dans le Daoshu (道樞) que Wei Boyang a pour nom d'origine Wei Ao (魏翱) et pour surnom Yunyazi (雲牙子).
Selon Joseph Needham, son nom serait dissimulé dans un cryptogramme dans le dernier paragraphe de l’épilogue Needham, Joseph; Cullen, C. (1976). Science and Civilisation in China Cambridge University Press. .
Le texte Mentionné pour la première fois par l’alchimiste Ge Hong (), l’ouvrage n’apparaît dans les catalogues officiels qu’au . Le texte d’environ six mille caractères, introduit par le Chant du tripode (dingqige 鼎器歌), est divisé en trois parties et constitué de vers de quatre ou cinq syllabes intercallés de passages en prose ou en style Lisao. Le langage, qui fait grand usage du vocabulaire du Yijing (y compris son interprétation à l’aide du yin-yang et des cinq éléments) et du taoïsme (philosophie, gymnastique et pratiques sexuelles), est métaphorique et quelque peu obscur. Il évoque par son style le commentaire du Livre des mutations de Jing Fang (京房 -77~-37) et les qianwei (讖緯), écrits au sens caché populaires sous les Han. Selon Ge Hong, les lettrés non initiés le prenaient pour un développement du Yijing, ignorant son sens profond alchimique, reconnu par les commentateurs successifs. Des divergences d’interprétation subsistent néanmoins : au , Zhu Xi qui le commenta rapporte que le Cantongqi peut être considéré comme un traité d’alchimie externe, un traité d’alchimie interne, un livre de pratiques sexuelles, ou les trois à la fois.
L’interprétation qui en est le plus souvent retenue rattache l’alchimie à la cosmologie. Les hexagrammes qian-kun (乾坤), « ciel-terre » représentent le fourneau d’alchimiste, tandis que kan-li (坎離), « eau-feu », représentent les ingrédients, selon une tradition différente de celle du Livre de la cour jaune (黃庭內景經), un autre ouvrage alchimiste important de la même période où le four est dans le corps. Les transformations alchimiques y sont présentées comme fondamentalement naturelles et conformes au fonctionnement de l’univers, et donc comme la seule voie authentique vers l’immortalité, écartant d’autres pratiques considérées comme des magies hétérodoxes. Les hexagrammes y représentent différents moments de la journée et leurs séries les variations de température du fourneau, des métaphores empruntées au Yijing ou à des pratiques taoïstes représentent les diverses opérations. Dans l’optique de l’alchimie externe, les ingrédients évoqués sont le mercure et le plomb. Références et notes
Sources Wei Boyang et le Cantongqi site Zhengyi :en:The Kinship of the Three - :zh:周易参同契
Voir aussi Alchimie taoïste | Neidan | Zhang Boduan | Ge Hong Bibliographie Bertschinger, Richard (trad. et comm.). Cantong Qi, Das Dao der Unsterblichkeit Frankfurt am Main 1997. [] Pregadio, Fabrizio. The Seal of the Unity of the Three: A Study and Translation of the Cantong qi, the Source of the Taoist Way of the Golden Elixir. Mountain View: Golden Elixir Press, 2011. [] Version en ligne, consulté le .
Liens externes Taoïsme et science Alchimie chinoise Une légende tardive concernant Wei Boyang
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