Le plan de numérotation téléphonique en France détermine la structure des numéros de téléphone en France. Depuis le , il est fondé sur une numérotation normale à 10 chiffres qui concerne toutes les lignes téléphoniques (téléphone analogique traditionnel POTS, mobile, voix sur IP). Indicatifs téléphoniques en Indicatif international : +33Préfixe international : 00 Historique du plan de numérotation
Le début de l’exploitation des réseaux téléphoniques en France date de 1879. L'utilisateur demande à une opératrice (demoiselles du téléphone) d'effectuer une connexion avec son correspondant en prenant en compte le nom et souvent en l'épelant. À la suite de la fusion des trois réseaux téléphoniques existants en une société unique, la Société générale des téléphones, la gestion passe à l’État, en 1889, par décision de l'Assemblée nationale. Il y a alors , dont à Paris.
Plan manuel numérique En 1896 paraît le premier annuaire téléphonique, avec les utilisateurs des bureaux parisiens de Wagram et Passy.
Plan manuel à cinq chiffres (1896) Un numéro à cinq chiffres est alors attribué à chaque utilisateur des bureaux parisiens : le premier correspond au numéro du bureau de rattachement, les deuxième et troisième indiquent le standard, les deux derniers identifient l’abonné, c'est-à-dire son indexation parmi les d'un même standard.
En 1897, c'est ce numéro qu'il est demandé d'annoncer aux opératrices, et non plus le nom du correspondant.
Plan manuel alphanumérique
Plan manuel à plusieurs caractères (1912) En , le plan précédent évolue. Le numéro passe à cinq caractères avec la modification suivante : le premier correspond au nom du bureau de rattachement, les deuxième et troisième indiquent le standard, les deux derniers identifient l’abonné.
À Paris, l'abonné 21 du du bureau Gutenberg devient GUTENBERG 12 21 au lieu de 1 12 21.
Plan automatique L'automatisationEncyclopédie des PTT, tome 2, 1957, ., qui permet la suppression totale de l'intervention des opératrices pour l'établissement des communications entre abonnés, est déjà réalisée dans un certain nombre de cas — dès 1913 à Nice et en 1928 à Paris. Elle nécessite de résoudre un problème lié au plan de numérotation dans l'ensemble du territoire.
Plan automatique à 7 caractères (1928) thumb|Cadran de téléphone de 1927 avec chiffres et lettres.
Lors de l'automatisation des centraux, les appareils possédant un cadran à 10 ouvertures permettent de composer des numéros alphanumériques. En , à la suite de la mise en service du premier autocommutateur à Paris au central Carnot, il faut tout d'abord composer les trois premières lettres du bureau souhaité (par exemple CAR, pour joindre un abonné dépendant de ce central).
Plan automatique national alphanumérique (1946) L'étude d'un plan de numérotation est confiée en 1941 à une Commission spéciale. Elle se termine à la fin de 1942 sans obtenir de conclusions définitives. Le sujet est repris en 1945 par la Section Technique de l'Administration des PTT, qui aboutit à la définition d'un plan de numérotation national en 1946.
En 1946, le plan est modifié et l'utilisateur dispose d’un numéro en deux parties : l'une constituée d’un indicatif à deux caractères, identifié comme PQ, pour Préfixe Quantitatif, ou à trois caractères ; l'autre comportant quatre chiffres, identifié comme MCDU (abréviation de « Milliers, Centaines, Dizaines, Unités »), correspondant à l'indexation de l'utilisateur dans le commutateur.
Dans les très grandes villes, le nom des centraux est conservé ; l'utilisateur doit composer les deux premières lettres du nom du central (trois lettres pour la région parisienne). Dans tous les autres cas, l’indicatif de série correspond à un nom de ville caractéristique de l'acheminement, suivi d'un chiffre.
Les lignes sont donc référencées de manière alphanumérique : par commune pour celles avec moins de lignes (cf. sketch Le 22 à Asnières de Fernand Raynaud) ; par central pour celles avec plus de lignes, en général dans les grandes villes (par exemple : BALzac 00 01 pour l'agence publicitaire parisienne de Jean Mineur ; BUrdeau 43 21 à Lyon).
Plan automatique national tout numérique (1953-1963) En 1953, il est décidé d'arrêter l'emploi de lettres pour la numérotation, sauf pour la région parisienne qui conservera cette particularité jusqu'au .
Lors de l'établissement des liaisons interurbaines automatisées, principalement au départ de Paris, la numérotation à sept caractères montre ses limites. Dès 1957, compte tenu des nécessités de l'acheminement des communications, il apparaît impossible de numéroter l'ensemble des abonnés français avec un système à 7 caractères. De plus, il s'avère nécessaire de limiter autant que possible les manœuvres du cadran téléphonique par les abonnés.
Un plan de numérotation pour les abonnés français est établi en 1955, avec pour principes :
des numéros régionaux à 6 caractères, dont les deux premiers sont caractéristiques du centre ou du groupement de rattachement. Le principe est de permettre à tous les abonnés d'une certaine zone régionale de s'appeler entre eux en ne composant que ces 6 caractères. Ces zones correspondent non pas à une même région administrative mais à des zones d'exploitation téléphonique car la majeure partie du trafic concerne le département d'origine et les départements limitrophes, qu'ils appartiennent ou non à la même région administrative ;
la détermination dindicatifs caractérisant les zones régionales de numérotage à 6 caractères (en raison du nombre de ses abonnés, la Région parisienne conserve la numérotation à 7 caractères de la zone automatique de Paris : 3 lettres et 4 chiffres pour les abonnés du département de la Seine, 7 chiffres - dont le premier sera toujours un 9 - pour les abonnés des départements suburbains). Cela nécessite la création d'indicatifs départementaux en raison du chevauchement de ces zones. La différence entre 6 et 7 caractères évite le chevauchement entre la zone régionale de Paris et les autres. Mais ces dernières, construites autour de chaque département, se chevauchent nécessairement.
Chaque abonné possède un numéro national à 8 caractères comportant l'indicatif départemental à 2 chiffres (sauf en région parisienne, avec pour indicatif commun 1) puis le numéro régional à 6 chiffres (7 en région parisienne).
L'annuaire téléphonique fournit la liste des indicatifs départementaux à utiliser pour toutes les relations automatiques interurbaines à grande distance. Ainsi, pour obtenir le secrétariat d'État aux PTT (SÉGur 16 40), un abonné de province doit composer le 16 ~ 1 SEG 16 40.
Pour les relations interdépartementales, l'abonné demandeur doit composer 10 chiffres : l'indicatif d'interurbain automatique 15 ou 16 (selon le département appelé) ; après l'audition d'une tonalité, le numéro national, c'est-à-dire : les 2 chiffres de l'indicatif du département ; les 6 chiffres du destinataire.
Dès 1959, cette numérotation à 10 caractères est déjà utilisée en automatique dans les grands centres de province : Bordeaux, Le Mans, Lille, Montpellier, Nice, Paris, Rouen et Strasbourg.
Le 10 permet d'obtenir le service manuel interurbainExtrait annuaire de 1970 sur le site de L2L1..
Vers l'étranger, l'indicatif est le 19 avec attente de tonalité. Pour les pays où l'appel automatique n'est pas possible, l'usager compose le 19 33 (indicatif international de la France) et demande la communication à un opérateur des PTT.
Réaménagement du plan initial de 1955 en 1974 En 1974, le plan subit quelques modifications pour pallier des pénuries locales de numérosLe développement inégal du nombre des abonnés dans chacun des départements, la progression rapide des raccordements prévue pour les toutes prochaines années vont dans certaines zones de numérotage, entraîner à très brève échéance la consommation totale des numéros de série PQ. Circulaire du 27 mai 1974, notamment le passage à 7 chiffres pour les agglomérations de Lyon et Metz-Nancy.
La France métropolitaine comprend 66 zones de numérotage à 6 chiffres et 5 zones à 7 chiffres, soit : l'indicatif 1 pour Paris et la Petite-Couronne (composé uniquement depuis la province) + 7 chiffres ; l'indicatif 3 pour le Val-d’Oise et les Yvelines (composé uniquement depuis la province) + 7 chiffres ; l'indicatif 6 pour l’Essonne et la Seine-et-Marne (composé uniquement depuis la province) + 7 chiffres ; l'indicatif 7 + 7 chiffres pour l'agglomération lyonnaise ; l'indicatif 8 + 7 chiffres pour la région de Metz-Nancy.
À la fin des années 1970, l'indicatif interurbain 15 devient un numéro unique destiné aux urgences médicales (SAMU). Il est généralisé au milieu des années 1980, sur le modèle de la Police (17) ou des pompiers (18). Pour obtenir l'interurbain, on compose désormais le 16.
Plan de numérotation à 8 chiffres du 25 octobre 1985 Le 25 octobre 1985 à , un nouveau plan prend effet pour pallier une pénurie nationale de numéros. : la France métropolitaine est divisée en deux zones (Île-de-France et reste du territoire) avec numéros à 8 chiffres ; en Île-de-France, les anciens numéros avec indicatif 1 sont complétés d'un 4 comme premier chiffre. ainsi, 225 00 01 devient 42 25 00 01 ; les anciens numéros franciliens avec indicatifs 3 et 6 locaux intègrent tout simplement celui-ci, ainsi (6) ... .. .. devient 6. .. .. .. ; sur le reste du territoire, les numéros intègrent les anciens indicatifs départementaux ; 16 + 8 chiffres pour les appels vers le reste du territoire depuis l'Île-de-France ; 16 1 + 8 chiffres pour les appels vers l'Île-de-France depuis le reste du territoire ; les numéros de mobiles du système GSM (démarré dans les années 1990) comportent également sur tout le territoire 8 chiffres, commençant par 0 - sans exploiter, faute de nombre de clients suffisants à l'époque, toute la gamme du 0B. On avait ainsi le 02 pour Bouygues Télécom, 07 ou 08 pour Itinéris (devenu Orange), 09 pour SFR. ; les numéros « Verts » (appel gratuit pour l'appelant) deviennent normalisés à 8 chiffres partout en commençant par 05 ; les numéros spéciaux commencent par 36 : le 36.63.MC.DU et le 36.64.MC.DU (ce dernier peu utilisé) sont les ancêtres du n° Azur (tarif local), et 36.6Q.MC.DU avec Q de 5 à 9, pour les numéros à valeur ajoutée (ancêtre des 08 AB...) ; le Minitel perd progressivement son (16-1)(3)B... pour devenir finalement un 36PQ dédié comme les 3614, 3615... : depuis, aucun numéro d'Île-de-France ne commence par 36 ou, après 1996, par « 01 36 PQ MC DU ») ; ouverture progressive du 36.05.MC.DU pour les numéros verts Minitel (sans coût pour l'utilisateur).
Le 19 vers l'étranger reste inchangé.
Plan de numérotation à 10 chiffres du 18 octobre 1996
Face à l'explosion de la demande de numéros liée à la généralisation des lignes directes (SDA), du fax et de la téléphonie mobile, et pour prévoir l'attribution de numéros aux nouveaux opérateurs fixes sur les années à venir, France Télécom développe un nouveau plan, mis en œuvre le à .
Tous les numéros (sauf cas particuliers ci-dessous) sont standardisés à 10 chiffres : les numéros de lignes fixes issus du plan de 1985 se voient ajouter un préfixe de 2 chiffres : un 0 suivi d'un indicatif de zone territoriale (1 à 5) ; les numéros mobiles GSM commencent par un 0 suivi de l'indicatif spécifique 6. Ce préfixe est simplement ajouté à l'ancien numéro à 8 chiffres pour les opérateurs Itineris et SFR, mais les lignes de Bouygues Telecom sont renumérotées (les numéros à 8 chiffres « 02 PQ » deviennent « 06 60 PQ » ; « 06 61 PQ » ou « 06 68 PQ » dans le nouveau plan, et non « 06 02 PQ », pour des raisons d’homogénéisation avec les numéros de radiomessagerie qui utilisent des tranches voisines de numéros) ; le 08 00 remplace le 05 pour les numéros gratuits (numéros verts) ; le 08 01 remplace les 36 63 et 36 64 pour les numéros de services payants à coûts partagés (numéros Azur au tarif d'un appel local) ;