Le RIM-66 Standard Missile MR (« MR » pour « Medium Range ») (SM-1MR/SM-2MR) est un type de missile surface-air qui forme en date de 2008 avec le RIM-156 Standard SM-2ER l'ossature principale du système de défense antiaérienne de l'US Navy. Ces missiles sont fabriqués par Raytheon et succèdent au RIM-2 Terrier et au RIM-24 Tartar qui dataient des années 1950 dans de nombreuses marines de guerre de par le monde. Il s'agit du même missile que le RIM-67 Standard sans son booster, de la même manière que le RIM-24 Tartar était le même missile que le RIM-2 Terrier sans son booster.

Historique

Le RIM-66 est le descendant d'un précédent projet de missiles connu sous le nom de « Bourdon », qui comprenait les fameux RIM-2 Terrier, RIM-24 Tartar, RIM-8 Talos et RIM-50 Typhon. Le nouveau concept SM minimise les changements et la compatibilité est de conception modulaire pour faciliter les mises à niveau. Son développement a débuté en 1964, Le YRIM-66A a commencé les essais en vol en 1965 et le RIM-66A SM-1MR Bloc I est entré en service en 1967. Il a régulièrement évolué, a subi des améliorations depuis, se dérivant en de nombreuses versions. Les trois principaux sous-types de cette série sont : le SM-1, le Standard ARM, et le SM-2.

Les RIM-66A / B standard MR, (SM-1MR Bloc I à V) ont été utilisés pendant la guerre du Viêt Nam. Ils utilisaient le même fuselage que leur prédécesseur : Le Tartar, afin de faciliter leur utilisation avec les lanceurs et les magasins de l'ancien système. Cette première version fut admise au service en 1967. Le block IV est la variante principale du RIM-66A et est entrée en service en 1968.

Les RIM-66 C / D standard MR (SM-2MR Bloc I), ont été développés dans les années 1970 et sont des éléments clés du système de combat Aegis et du système de développement d'armes contre les nouvelles menaces (NTU).

Dans la seconde moitié des années 1980, le missile a été déployé par l'intermédiaire de système de lancement vertical (VLS) Mk-41 à bord de l', le premier navire de l'US Navy à déployer un système de ce type entré en service en 1986.

Le VLS est aujourd'hui la norme des lanceurs de missiles utilisée dans l'US Navy mais également à l'intérieur des flottes de toute la planète et est ainsi intégrée dans l'US Navy à bord des croiseurs de la classe Ticonderoga et des destroyers de la classe Arleigh Burke. Les SM-1 et SM-2 ont été continuellement améliorés par block.

Les RIM-66 peuvent également être tirés contre des navires. Dans ce cas ils peuvent être utilisés de deux manières : en ligne de visée avec le système habituel à radar semi-actif, auquel cas, c'est le radar de tir du navire lanceur qui guide le missile. Ce système n'est pas très utile et servirait plutôt de système d'autodéfense car du fait de la rotondité de la terre les bateaux sont invisibles au-delà de trente kilomètres. ou au-delà de l'horizon en utilisant un système inertiel de guidage et une commande à asservissement infrarouge, qui dans cette configuration sont bien plus efficaces.

Les RIM-66 ont été construits par General Dynamics jusqu'en 1992, où la société est devenue une partie de la société Hughes. Hughes formait avec Raytheon un consortium nommé Standard Missile Company (SMCo). Hughes a finalement été vendu à Raytheon ce qui en fait le seul contractant.

Le RIM-66 a été utilisé dans les combats au début des années 1970 par la marine des États-Unis dans la guerre du Viêt Nam et a connu quelques succès. Durant la bataille des plates-formes pétrolières Sassan et Sirri le , le visé par un missile antinavire tiré par le patrouilleur iranien P 225 Joshan de la classe Combattante II, répliqua avec quatre missiles Standard, et le patrouilleur fut coulé par un dernier tir venant d'un croiseur. Il s'agit du premier, et en date de 2015 le seul, duel naval exclusivement à coups de missiles livré par la marine américaine.

Ces succès qui seront assombris le , lorsque l'USS Vincennes (CG-49) abat, en utilisant deux SM-2MR, le vol 655 Iran Air , tuant 290 passagers, un drame dont les circonstances sont toujours controversées à ce jour.

Caractéristiques Le missile

Le missile Standard est l'un des plus fiables dans l'inventaire de la Marine. Il peut être utilisé contre des missiles, des avions et des navires. Il a remplacé le Terrier et le Tartar et est déployé sur plus de 100 navires de la Marine américaine. Le SM-2 (MR) est utilisé pour le système Aegis et le SM-1MR remplace les systèmes Tartar sur des dizaines de navires

Il possède le même moteur à double poussée MK-27 que le RIM-24 Tartar, une charge Mk-51 de () à tige continue, et un système de guidage radar semi-actif.

La dernière version SM-1MR a été le bloc VI, désignée RIM-66E (RIM-66C / D sont des versions du SM-2). Le RIM-66E possède le système de guidage de la version SM-2MR, et une nouvelle charge MK45 mod 4 équipée d'un nouveau dispositif de mise à feu de proximité (également connu sous le nom de TDD - Public detection dispositif). Le Block VI B (RIM-66E-6) utilise la charge militaire Mk115.

Il s'agit d'un missile de dans sa version la plus massive. Il reprend grossièrement les dimensions du RIM-24 Tartar avec : s de long, de diamètre et d'envergure. C'est un missile du type cruciforme, ce qui signifie qu'il possède des ailes fines, longues et fixes sur le fuselage et le contrôle de la direction est assuré par un groupement de quatre gouvernes de queue.

Les versions du missile

Le RIM-66 est désigné par bloc en fonction de leur évolution technologique.

Les SM-1 MR sont les missiles destinés à remplacer les RIM-24 Tartar sur le même type de lanceurs (rampes simples ou doubles, sans effectuer trop de modifications sur les navires équipés) Le SM-1 MR Block I/II/III/IV, RIM-66A, est le premier engin à être entré en service dans l'US Navy en 1967. Les Block I, II et III ont été des versions préliminaires. Block IV a été la version de production. Ce missile était le remplaçant du missile RIM-24C Tartar.

Le SM-1 MR Block V, RIM-66B, introduit les premières améliorations et aboutit à une plus grande fiabilité. Un nouveau pilote automatique y fut également incorporé afin de réagir plus vite au contact de la cible. Il reçut également un moteur fusée plus puissant fournissant une poussée double de celle des versions précédentes. Enfin, le missile fut équipé d'une nouvelle charge militaire plus puissante.

Le SM-1 MR Block VI, RIM-66E, a été la dernière version de cette série. Elle est entrée en service en 1983 dans la marine américaine et chez les clients à l'exportation. Le RIM-66E a été utilisé par tous les navires qui disposaient encore des équipements du système RIM-24 Tartar qui avait été continuellement maintenus à niveau vis-à-vis des nouvelles menaces comme sur les frégates de la classe Oliver Hazard Perry ou encore les frégates lance-missile françaises classe Cassard.

Construite jusqu'en 1987, cette série de missiles a été retirée du service dans l'US Navy en 2003, mais ils sont encore largement utilisés de par le monde et devraient rester en service jusqu'en 2020..

vignette|Tir coordonné par le système de combat Aegis d'une salve de missiles sol-air RIM-66 Standard par trois destroyers de la classe Arleigh Burke et un croiseur de la classe Ticonderoga en 2003.

Le SM-2 MR était un missile destiné à entrer en fonction avec le système de combat Aegis. Il est tiré par des lanceurs verticaux. Visuellement le missile ne présente que peu de différences avec le SM-1MR, on peut cependant noter une bande noire épaisse sur le cylindre du SM-2 au point de départ des rails de guidage. le premier bloc de la deuxième série de cette arme fut admis au service actif en 1978. Le SM-2 MR Block I, RIM-66C/D, a été la première version de cette série. Le missile est donc devenu opérationnel en 1978 avec le système de combat Aegis monté sur les croiseurs de la classe Ticonderoga. Le SM-2 intégrait un nouveau pilote automatique qui lui donne des instructions d'inertie dans toutes les phases de vol, sauf pour la phase finale d'interception où le radar semi-actif de tir était toujours utilisé. Cette version n'est plus en service et les missiles ont été stockés. On constatera que cette première version n'est plus en service alors que les dernières de la version précédente le sont toujours.

Le SM-2 MR Block II, RIM-66G/H/J, mis en place en 1983 avec un nouveau moteur de fusée lui fournissant une plus longue portée et une nouvelle charge militaire. Le RIM-66G est adapté du système de combat Aegis et la rampe Mk26. Le RIM-66h est également adapté au système Aegis, mais aussi au lanceur vertical MK41. Le RIM-66J est la version mise à niveau face aux nouvelles menaces.

Le SM-2 MR Block III/IIIA/IIIB, RIM-66K/L/M, est la version actuellement en service auprès de l'US Navy à bord des croiseurs de la classe Ticonderoga, et les destroyers de la classe Arleigh Burke. Ce missile est spécifiquement conçu pour le système Aegis et le système de lancement vertical MK41. Le missile Block III est différent des autres blocs de la série par l'ajout du dispositif de détection de cible MK 45 MOD 9, qui permet d'améliorer sans commune mesure les performances d'interception des objectifs volant à basse altitude. Le missile de Block III B a en outre un système de guidage doublé : radar semi-actif/asservissement infrarouge pour l'alignement sur la cible. Ce système de double commande est destiné à être utilisé dans un environnement à haute-ECM, contre les objectifs fixés sur l'horizon ou avec une petite surface équivalente radar. Ce système de contrôle avait initialement été développé pour l'AIM-7R Sidewinder (un missile air-air courte portée). Tous les missiles Block III et IIIA devraient être mis à jour prochainement. Le missile Block IIIA est exploité par la force d'auto-défense maritime japonaise avec ses destroyers Aegis de la classe Kongo, et également par les marines des Pays-Bas et d'Allemagne avec les systèmes de défense aérienne des frégates APAR.

La version Block III connait également d'autres variantes : une variante adaptée à des rampes de lancement nommées RIM-66 L. une variante issue du programme de mise à niveau des menaces nommée RIM-66 K.

Les Block III B n'ont, pour le moment, pas fait l'objet de mise à niveau contre les nouvelles menaces.

+Tableau récapitulatifDésignations officiellesBlockSystème de lancementNotesRIM-66ASM-1MR Block I à IVrampe du système Tartar (Mk13...)mise en service : 1967RIM-66BSM-1MR Block Vrampe du système Tartar (Mk13...)RIM-66CSM-2MR Block Isystème VLS Mk26 de l'Aegisnouvelle charge à fragmentation MK 115 système de contrôle de lutte ECMRIM-66DSM-2MR Block Isystème VLS Mk26 de l'Aegisremise à niveau des menacesRIM-66ESM-1MR Block VIrampe du système Tartar (Mk13...) mise à niveau du système TartarMise en service : 1983 Version encore largement en serviceRIM-66GSM-2MR Block IIsystème VLS Mk26 de l'Aegismise à niveau des menacesRIM-66HSM-2MR Block IIsystème VLS Mk41 de l'AegisAjout dumoteur fusée Thiokol MK 104 nouvelle ogive à fragmentation haute-vitesse RIM-66JSM-2MR Block IIsystème VLS Mk26 de l'Aegismise à niveau des menacesRIM-66K-1SM-2MR Block IIIsystème VLS Mk26 de l'Aegismise à niveau des menacesRIM-66K-2SM-2MR Block IIIAsystème VLS Mk26 de l'Aegismise à niveau des menacesRIM-66L-1SM-2MR Block IIIsystème VLS Mk26 de l'Aegismise à niveau des menacesRIM-66L-2SM-2MR Block IIIAsystème VLS Mk26 de l'Aegismise à niveau des menacesRIM-66M-1SM-2MR Block IIIsystème VLS Mk41 de l'Aegisinstallation du MK 45 MOD 9 dispositif de détection de cibles en basse altitude RIM-66M-2SM-2MR Block IIIAsystème VLS Mk41 de l'Aegisnouvelle charge MK 125RIM-66M-5SM-2MR Block IIIBsystème VLS Mk41 de l'AegisProgramme d'amélioration (MHIP) double contrôle IR / SARH

Le système de combat Primitif