Les Lettres du Vivant (en Ḥurúfu'l-Ḥayy) est un titre donné par le Báb (1819-1850, la « Porte » en arabe) à ses 18 premiers disciples du babisme, entre sa déclaration le et son départ pour La Mecque en octobre 1844.

Description Un des titres du Báb est le "Premier Point" (nuqṭiy-i-úlá), à partir duquel apparaissent les "Lettres". Selon la numération abjad, les lettres de l'alphabet arabe ont un équivalent numérique et les lettres ḥá et yá , contenues en arabe dans l'adjectif "vivant", valent 18. Le Báb nomma aussi ces 18 "Lettres du Vivant", avec lui-même, comme la première "unité/un" ( Váḥid) de l'ère babie, dont la valeur numérique est 19. Le mot Váḥid est parfois traduit par Shoghi Effendi comme "un et le même".

On peut voir dans ces 19 personnes l'accomplissement de la prophétie des versets coraniques 74/29-30 sur les "19 anges gardiens de l'enfer", car le Báb écrivit dans son épître au roi de Perse Mohammad Chah Qadjar (1808-1848) :

Le Báb adressa une lettre de sa propre main à chacune de ces 18 personnes. Dans son émouvante "Épitre aux Lettres du Vivant", il les compare aux apôtres de Jésus et les envoie à travers la Perse pour annoncer son message et la venue d'une nouvelle ère :

Liste des Lettres La liste de noms ci-dessous est celle donnée par 'Nabíl-i-A'ẓam' dans la "Chronique de Nabil" :

: Mullá Hụsayn Burú'í (1813-1858) fut un élève ayí de Siyyid Káẓim-i-Ratí (1793-1843), le premier à qui le Báb déclara sa mission à íráz le , et qu'en cette occasion il surnomma Janáb-i-Bábu'l-Báb ("porte de la Porte"). C'est à lui que le Báb confia la mission de faire lever les "étendards noirs du urásán". Il mourut en martyr le durant la bataille du fort de ay Ṭabarsí.

: Muḥammad-Ḥasan Burú'í était le frère de Mullá Ḥusayn. Lui, son fils Muḥammad-Báqir et Mullá Ḥusayn voyagèrent à la recherche du Qá’im jusqu'à íráz, où le Báb leur révéla sa mission. Il fut tué durant la bataille du fort de ay Ṭabarsí et les babis le considéraient comme un martyr.

: Muḥammad-Báqir Burú'í était le neveu de Mullá Ḥusayn. Il accompagna son père Muḥammad-Ḥasan et son oncle Mullá Ḥusayn dans leur recherche du Qá'im'. Il fut tué lui aussi durant la bataille du fort de ay Ṭabarsí et les babis le considéraient comme un martyr.

: Mullá `Alí Basṭámí (Moojan Momen a écrit sa biographie).

: Mullá udá-Ba Qúání, appelé par la suite Mullá `Alí.

: Mullá Ḥasan Bajistání ne fit rien de remarquable en tant que babi et exprima même des doutes sur le message du Báb lors d'une rencontre avec Bahá'u'lláh (1817-1892).

: Siyyid Ḥusayn Yazdí fut le secrétaire du Báb lors de son emprisonnement dans les forteresses de Máh-Kú et Čahrīq et reçut les dernières instructions du Báb avant son exécution le dans la cour de la caserne de Tabriz. Siyyid Ḥusayn Yazdí fut lui-même exécuté à Téhéran en 1852 lors du pogrome anti-babi consécutif à l'attentat contre le roi de Perse Náṣiri'd-Dín-áh Qájár (1831-1896).

: Mullá Muḥammad Rawḍih-án Yazdí

: Sa`íd Hindí

: Mullá Maḥmúd ú'í, tué au cours de la bataille de fort de ay Ṭabarsí.

: Mullá (`Abdu'l-)Jalíl Urúmí (Urdúbádí)', tué au cours de la bataille du fort de ay Ṭabarsí.

: Mullá Aḥmad-i-Ibdál Marái'í, tué au cours de la bataille du fort de ay Ṭabarsí.

: Mullá Báqir Tabrízí survécut aux persécutions contre les babis et reconnut Bahá'u'lláh comme "Celui que Dieu rendra manifeste" annoncé par le Báb. Il fut la première "Lettre" à devenir baháʼí et la dernière des "Lettres" à s'éteindre, à Constantinople vers 1881.

: Mullá Yúsúf Ardibílí, tué au cours de la bataille du fort de ay Ṭabarsí et considéré comme martyr par les babis.

: Mullá Ḥádí Qazvíní, qui devint par la suite un azali. Qatíl le remplace par Mullá Muḥammad-i-Mayáma'í.

: Mullá Muḥammad-`Alí Qazvíní, beau-frère de Ṭáhirih, tué au cours de la bataille du fort de ay Ṭabarsí.

: Ṭáhirih ou Jináb-i-Ṭáhirih (arabe : "La Pure") ou Qurratu'l-'Ayn (arabe : "Consolation des yeux") ou Zarrín-Táj furent les titres de estis titoloj de Fáṭimih Baraghání (1817-1852). Cette fille d'un mujtahid (docteur en loi islamique) de Qazvín, fut une poétesse et une théologienne célèbre. Elle ne rencontra jamais le Báb, mais participa à la conférence de Badat, où elle jeta la confusion en apparaissant publiquement sans voile. Cette ardente militante de l'émancipation féminine fut étranglée en août 1852 lors de le pogrome anti-babi consécutif à l'attentat contre le áh de Perse. On rapporte que ses dernières paroles furent : "Vous pouvez peut-être me tuer, mais vous n'arriverez jamais à empêcher l'émancipation des femmes !"Religion and Women par Susan Maneck, SUNY Press, 1994.

: Quddús ou Jináb-i-Quddús (arabe : ) était le titre donné par le Báb à son plus fameux disciple Mullá Muḥammad ‘Alí-i-Bárfurú (1820-1849), qui fut un élève ayí de Siyyid Káẓim-i-Ratí. Il rencontra le Báb à íráz et l'accompagna dans son pèlerinage à La Mecque et Médine. Il ne se revirent plus après ce voyage. Quddús participa à la conférence de Badat et commanda ensuite les babis à la bataille du fort de ay Ṭabarsí à partir du . Après la reddition, il fut traîtreusement mis à mort d'une manière horrible le ( de Jamádíyu‘-ání 1265 ap.H.). Dans son "épître de toutes nourritures", Bahá'u'lláh lui décerna le titre de "dernier point" (Nuqṭiy-i-Ura), ce qui le place au-dessus de tous les autres juste après le Báb sans en faire pour autant une "Manifestation de Dieu".

Notes et références

Articles connexes Chevaliers de Bahá'u'lláh

Bibliographie Sources officielles bahá'íes "La Chronique de Nabíl" (Dawn-Breakers), écrit en persan à la fin du par Muḥammad-i-Zarandí Nabíl-i-A’ẓam, traduit du persan en anglais par Shoghi Effendi, traduit de l'anglais en français par M.E.B. et édité par la Maison d'éditions baha'ies (Bruxelles 1986), D/1547/1986/6 "Dieu passe près de nous", écrit par Shoghi Effendi, publié par l’ASN des baha’is de France (Paris 1970) Illustrations of The Bab's Tablets to the Letters of the Living Épître du Báb aux "Lettres du Vivant"

Autres "The Bahá'í Faith: Its History and Teachings", William McElwee Miller; William Carey Library. (1974)

Catégorie:Babisme Catégorie:Foi baháʼíe