vignette|400px|Courbe des températures dite en forme de « crosse de hockey ». Le graphique en « crosse de hockey » désigne la forme des reconstitutions dites « MBH98 » et « MBH99 » de la variation de la température moyenne du globe depuis proposée en 1998 puis 1999 par Michael E. Mann assisté de Raymond S. Bradley et Malcolm K. HughesOn en voit une représentation en p.4 du rapport 2001 du GIEC .La courbe en crosse de hockey telle qu'elle apparait dans le rapport de 2001 du GIEC. Ce graphe montre la reconstitution de Mann et al. de 1999. La ligne rouge porte sur les données thermométriques et les lignes bleues portent sur les reconstitutions dendrologiques tronquées de leurs décennies récentes (qui divergent des données thermométriques), la zone grisée représente une estimation des incertitudes..

Origine du terme

Le terme « crosse de hockey » a été suggéré par le chef du Geophysical Fluid Dynamics Laboratory de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), , pour décrire le modèle.

Représentation emblématique, impact et controverse

Ce graphique souligne l'accroissement marqué de température depuis 1900. Il revoit à la baisse l'importance donnée à la période chaude correspondant au Moyen Âge européen (optimum climatique médiéval), suivie d'une période froide à partir de la Renaissance jusqu'au milieu du (Petit Âge glaciaire), deux périodes que les historiens supposaient plus marquées. La reconstitution de Mann et al. représente un argument parmi d'autres en faveur du réchauffement climatique d'origine principalement anthropique et a été mentionné dans le rapport 2001 du GIECGIEC IPCC 3rd Assesment, Scientific Basis, (2001). Il est considéré comme un des graphiques les plus emblématiques du réchauffement climatique et à ce titre ce graphique a fait l'objet d'importantes controverses auxquelles les querelles d'opinion politique ne sont pas étrangères, surtout aux États-Unis où les avis sur la problématique du climat sont très polarisés. Au vu des critiques méthodologiques émises essentiellement à l'encontre de son approche statistique, il a été cependant complété et amendé depuis sans qu'il puisse être fondamentalement remis en question.

La question de savoir si le réchauffement au Moyen Âge était un phénomène global ou seulement limité à une partie de l'hémisphère nord est actuellement débattue . John Daly, « ». David Deming, « », , juin 2005. :

Emmanuel Le Roy Ladurie se montre prudent sur le « petit optimum médiéval » (POM), parfois présenté comme ayant duré plusieurs siècles et étendu au monde entier alors qu'il a été limité dans le temps et dans l'espaceEmmanuel Le Roy Ladurie : . Michael Mann et Phil Jones ont publié d'autres reconstitutions qui accordent à la période chaude du Moyen Âge moins d'importance que le réchauffement actuelMultigraphe du GIEC Image:1000 Year Temperature Comparison.png reconstituées entre 1998 et 2005, ou bien Reconstitutions de l’anomalie de température moyenne de surface, entre 1999 et 2006 sur le site de Météo France. La courbe de Michaël Mann est la MBH1999.. Moeberg et al. (2005)Moberg, Anders, Sonechkin, Dmitry M. ; Holmgren, Karin ; Datsenko, Nina M. ; Karlén, Wibjörn ; Lauritzen, Stein-Erik. (2005). Highly variable Northern Hemisphere Temperatures Reconstructed from low- and high Resolution Proxy Data. Nature, 433: 613-617., Loehle et McCulloch (2008)Loehle, C., McCulloch J.H., « Correction to: A 2000-year global temperature reconstruction based on non-tree ring proxies », Energy and Environment, 19, 2008, p. 93-100., Soon et Baliunas (2003)Soon, W. and Baliunas, S., "Proxy climate and environmental changes of the past 1000 years", Climate Research, Vol 23: 89-110 (2003). ont publié des reconstitutions faisant apparaître une période au sein du Moyen Âge plus chaude que la fin du . L'article de Willie Soon et Sallie Baliunas (2003) paru dans la revue Climate Research a lui-même été très critiqué pour sa faible qualité et pour le manque de rigueur de son processus de revue par les pairs. Ceci a même entraîné la démission de cinq des éditeurs de ce journal dont l'éditeur en chef. D'autres publications comme celle de Li et al. (2007) proposent des reconstitutions qui, au contraire, font apparaître un réchauffement des dernières décennies exceptionnel pour ce dernier millénaireLi Bo, Nychka, Douglas W., Ammann, Caspar M., « The `hockey stick' and the 1990s: a statistical perspective on reconstructing hemispheric temperatures », Tellus A, Volume 59, Number 5, October 2007, pp. 591-598(8) lire en ligne.

Controverses techniques

La reconstitution MBH98/MBH99 a fait l'objet de plusieurs controverses méthodologiques portant sur : le type de données privilégié (taille et densité des cernes des arbres, qui mêlent plusieurs facteurs climatiques focalisés sur les journées d'été et des facteurs purement individuels) les données sélectionnées (arbres au profil atypique) la couverture (géographiquement lacunaire et de plus en plus ténue avec l'ancienneté du temps) et surtout les méthodes statistiques (moyenne sur le , variance sur le millénaire aboutissant à une focalisation sur les crosses de hockey, surpondération de certaines données dendrochronologiques).

Une accusation de biais dans le choix des données et le traitement statistique a été formulée en 2003 par Steve McIntyre, un ingénieur de l'industrie minière, assisté de Ross McKitrick, un professeur d'économie, tous deux canadiensMcIntyre, Stephen; McKitrick, Ross (2003), "Corrections to the Mann et. al. (1998) Proxy data base and northern hemispheric average temperature series" (PDF), Energy & Environment 14 (6), puis par Eward J. Wegman, chairman statistique de l'académie nationale des sciences (États-Unis), assisté de deux autres statisticiens dans leur rapport de établi à l'issue d'un audit commandité par une commission parlementaire. Ce rapport indique notamment que le traitement statistique non modifié de Michael Mann permettrait d'obtenir une « crosse de hockey » avec des données aléatoires. En outre, le traitement avec un centrage différent des données permettrait de retrouver, bien que sur une base de données en nombre faible vu leur âge, la période chaude du Moyen Âge et le Petit Âge Glaciaire affichés dans le rapport 1990 du GIEC. Pour calculer sa reconstitution globale en fusionnant les nombreuses séries chronologiques des reconstitutions locales Michael Mann leur avait appliqué une analyse en composantes principales calculée avec la procédure remise en question : la moyenne était calculée sur le , et les coefficients de covariance étaient calculés sur l'ensemble des siècles étudiés, ce qui donnerait un poids dominant aux séries ayant une croissance forte au IH, « », Anorak, 12 décembre 2009..

Le comité de l'académie nationale des sciences (États-Unis) chargé des reconstitutions climatiques des deux millénaires les plus récents a publié en un rapport modérant les conclusions de Michael Mann mais qualifiant de « plausible » sa thèse minimisant l'importance de la période chaude du Moyen Âge. Ce rapport accréditait également certaines critiques, concernant notamment la méthode statistique mise en cause pour un biais possible et la faiblesse de la couverture géographique aux temps anciens. Néanmoins, ce rapport a souligné certaines qualités originales de l'approche, notamment la méthode statistique une fois débiaisée « », , 22 juin 2006..

D'autres études confirmant la courbe du hockey stick sont mentionnées à côté de celle-ci dans le rapport 2007 du GIEC.

En , le mathématicien et climatologue Pascal Yiou, du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, conclut de la façon suivante : .

Controverses épistémologiques Les circonstances ayant conduit à l'élaboration, la validation et la promotion de cette reconstitution controversée ont elles-mêmes fait l'objet de controverses. Ainsi le Dr. , éditeur de la revue Petroleum Geoscience et membre actif de deux think tanks conservateurs américains, géologue de formationDavid Deming, « », 31 août 2001., témoigne au cours d'une audition devant une commission du Sénat américain . qu'au milieu des années 1990, un climatologue influent lui avait suggéré par écrit de « se débarrasser du réchauffement climatique du Moyen Âge ».

Attaques contre Michael Mann

En 2012, Michael Mann publie The Hockey Stick and the Climate Wars: Dispatches from the Front Lines (), un ouvrage qu'il consacre comme son nom l'indique (« La crosse de hockey et la guerre du climat. Dernières nouvelles du front ») à la guerre à outrance menée contre les sciences du climat, campagne intense de diffamation essentiellement financée, d'après lui, par l'industrie et appuyée par le Parti républicain. Au-delà de la controverse que son étude a suscitée, des pressions sont réalisées directement à son encontre.

Fin 2009, à la veille de la conférence de Copenhague de 2009 sur les changements climatiques (COP15), ses courriels ainsi que ceux d'un certain nombre d'autres climatologues sont piratés et publiés sur la Toile. La plupart des phrases, sorties de leur contexte, laissent penser à des manipulations. Plusieurs enquêtes sont menées contre lui, notamment à l'instigation de Joe Barton, sénateur républicain, de Ken Cuccinelli (républicain, attorney général de l'État de Virginie de 2010 à 2014) et de la Pennsylvania State University où il est chercheur, mais elles n'aboutiront pas. Lorsque les choses s'emballent il est même menacé physiquement.

D'après Michael Mann :

Notes et références

Liens internes Histoire du climat avant 1850 Une vérité qui dérange (Al Gore) : la présentation keynote s'appuie sur le graphique en crosse de hockey

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