François Billetdoux, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un auteur de théâtre et de romans, metteur en scène, acteur, réalisateur de radio et de télévision. Il est l'un des promoteurs du nouveau théâtre ; ses œuvres décrivent le monde avec un humour féroce teinté de burlesque qui tourne parfois à l'humour noir.

Il est membre du Conseil du développement culturel de 1971 à 1973 et président de la Société des gens de lettres de 1982 à 1986, et cofondateur à cette date de la Société civile des auteurs multimédia (SCAM).

Biographie Orphelin de père à 3 mois et de mère à 7 ans, François Billetdoux étudie au Lycée Condorcet, puis suit des études de lettres à la Sorbonne et assiste au cours dramatique de Charles Dullin, plus pour étudier la mise en scène que pour devenir comédien.

Il intègre l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) en 1945, puis le Club d’Essai de la radiodiffusion française animé par Jean Tardieu.

François Billetdoux se tourne vers la radio, pour laquelle il produit de nombreuses œuvres de 1946 à 1972. En 1949-1950, il est responsable des programmes pour les Antilles, et part à la Martinique.

À partir de 1956, il est également l'auteur d'émissions de télévision, dont beaucoup sont réalisées par Frédéric Rossif. La dramatique Pitchi poï ou la parole donnée, « enquête audiovisuelle » tournée dans seize pays d'Europe différents par autant de réalisateurs différents, diffusée le , marque l'histoire de la télévision. C’est en 1955 que François Billetdoux, interdit un temps d'antenne, écrit sa première pièce pour le théâtre, À la nuit la nuit, et c’est pour sa production théâtrale qu’il sera désormais le plus connu. Il rencontre un de ses plus grands succès avec Tchin-tchin en 1959, qui sera repris à Broadway en 1962. et au Festival dei due mondi à Spolète en Italie la même année, puis en 1964 au Schauspielhaus de Zurich en 1964.

Après l'éreintement de Silence ! l’arbre remue encore… en 1967 par la critique, François Billetdoux s'engage dans une production plus expérimentale, comme 7 + quoi ? « jeu » de 7 monologues présentant des « situations d’attente parallèle ».

Il met lui-même en scène plusieurs de ses pièces et joue dans certaines d’entre elles. Ses pièces sont traduites dans plusieurs langues et jouées dans plusieurs pays d’Europe ainsi qu'au Japon.

Il signe également des adaptations, comme en 1962 celle du Timide au palais de Tirso de Molina sous le pseudonyme de N. A. Caravette., créé au Théâtre Gramont à Paris avec Jean-Louis Trintignant.

François Billetdoux collabore encore à des scénarios pour le cinéma, comme La Gamberge (1962) ou Une ravissante idiote (1964, non crédité). D'autres demeurent à l'état de projet.

Après 1972, François Billetdoux occupe des postes importants à l'ORTF, puis à Radio France, par exemple fondateur et responsable de la Cellule d’Études Prospectives (CEP) commune à Radio France et à l’Ina de 1976 à 1980, « avec la mission, d’une part, d’étudier le “champ des possibles” dans le domaine des moyens phoniques, en regard de la “demande sociale” et des techniques nouvelles de communication, d’autre part, de préparer la mise en œuvre d’opérations expérimentales » (Émile Noël)).

Il est nommé au Haut-Conseil de l’audiovisuel en 1973.

Vie privée Il est marié avec Évelyne Colin (1925-2022), avec laquelle il a deux filles : l'actrice Virginie Billetdoux et l'écrivaine Raphaële Billetdoux.

Il meurt à l'âge de 64 ans le à Paris.. ; il est inhumé au cimetière du Montparnasse (division 13, ligne 6 depuis le Sud, tombe 32 depuis l'Est).

Théâtre 1955 : À la nuit la nuit création : mise en scène de François Billetdoux dans le spectacle Les plus beaux métiers du monde, avec la pièce Au jour le jour de Jean Cosmos, décors de Jacques Noël, avec Agnès Capri (Marthe) et Jean Bellanger (Benoît), Théâtre de l'Œuvre, Paris.. reprise en 1967 dans une mise en scène de Jean-Laurent Cochet qui joue Benoît, avec Madeleine Robinson (Marthe), Théâtre Saint-Georges, Paris.

1959 : Tchin-tchin, comédie en 4 actes création : mise en scène de François Darbon, décors de Francine Galliard-Risler, avec Katharina Renn (Pamela Puffy-Picq), François Billetdoux (Cesareo), Claude Berri (Bobby), Théâtre de Poche-Montparnasse, Paris.. Traduite en anglais par Willis Hall, la pièce est jouée au West End Theatre de Londres en 1960 sous le titre Chin Chin, puis au Plymouth Theatre à Broadway en 1962, avec notamment Margaret Leighton (Pamela Pew-Pickett) et Anthony Quinn (Caesario Grimaldi).. La pièce est reprise en 1962 à Paris au Théâtre Moderne. puis la même année au Teatro Caio Melisso dans le cadre du Festival dei due mondi à Spolète en Italie. Elle est jouée en allemand en 1964 sous le titre Tschin-Tschin au Schauspielhaus de Zurich dans une mise en scène de .. Reprise à Paris en 1984 au Théâtre Montparnasse, mise en scène de Peter Brook et Maurice Bénichou avec Marcello Mastroianni.

1960 : Le Comportement des époux Bredburry création : mise en scène de François Billetdoux, musique de René Urtreger, avec Nadine Alari (Lesbeth), Jean Rochefort (Jonathan), Michael Lonsdale (l'inspecteur Coockie), Serge Marquand (le garçon de ferme),Théâtre des Mathurins, Paris..

1961 : Va donc chez Törpe, comédie en 4 actes création : mise en scène d'Antoine Bourseiller, décors d'Agostino Pace, costumes de Jacques Schmidt, Salle de la Société de l'Émulation, Liège, dans le cadre du Festival du Jeune Théâtre reprise le , Studio des Champs- Elysées, Paris..

1962 : Chemises de nuit, pièce écrite avec Eugène Ionesco et Jean Vauthier. Création : mise en scène d'Antoine Bourseiller qui joue Berthomé Saint-Antoine, décors d'Agostino Pace, costumes de Jacques Schmidt, avec Tsilla Chelton (Elle), Bernard Rousselet (Bada), Françoise Godde (Marina Marie), Yves Peneau (Lui), Chantal Darget (Alice), André Weber (Gavache), Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

1962 : Pour Finalie, comédie création : studio des Champs-Élysées, Paris. édition : Le timide au palais de Tirso de Molina, adaptation de N. A. Caravette [suivi de] Pour Finalie, comédie en 1 acte et 3 tableaux de François Billetdoux, Paris, L'Avant-Scène, 1963, 54 p. ( 284 de L'Avant-Scène Théâtre).

1964 : Comment va le monde, Môssieu ? Il tourne, Môssieu, comédie création : mise en scène de François Billetdoux, décors et costumes de Jacques Noël, musique de Joseph Kosma, Théâtre de l'Ambigu, Paris.. La pièce obtient le Prix de la meilleure création d'une pièce en langue française du Syndicat de la critique.

1964 : Il faut passer par les nuages création : mise en scène de Jean-Louis Barrault, scénographie de René Allio, avec Madeleine Renaud (Claire Verduret-Balade), Jean Desailly (Jeannot Pouldu), Dominique Paturel (Pierre), Henri Nassiet (Manceau), Pierre Clémenti (Lucas Balade), Compagnie Renaud-Barrault, Odéon - Théâtre de France, Paris. 1988 : nouvelle mise en scène de Lucian Pintilie, avec Michelle Marquais (Claire Verduret-Balade), Jean-Luc Bideau (Jeannot Pouldu), Michel Etcheverry (Roc Marie Majeur), Jacques Toja (l'archéologue), Michel Aumont (Bougre de Jacques), Francis Huster, (Martin Majeur), Jean-Luc Bideau, Théâtre de la Ville, Paris.. édition : Theâtre... 2, Pour Finalie. Comment va le monde, môssieu ? Il tourne, môssieu ! Il faut passer par les nuages, Paris, La Table ronde, 1964, 299 p.

1967 : Silence, l'arbre remue encore création : Festival d'Avignon, Cloître des Carmes, mise en scène, décors et costumes d'Antoine Bourseiller, avec Yves Afonso (Petit-Bezon), Jean-Claude Bouillon (Mosquito), Chantal Darget (Marie Bernarde), Raymond Jourdan (Charbonnier), Jean-Pierre Léaud (Novello), Michel Muller (Flaveur), Annie Noël (Sophie-Auguste), Serge Reggiani (Octobre), Georges Staquet (Pied-Paquet) et la voix off d'Ingrid Thulin.. édition : Silence ! l'arbre remue encore, Paris, Papiers, coll. « Théâtre », 1986, 80 p. .

1969 : Quelqu'un devrait faire quelque chose Création : Théâtre antique de Vaison-la-Romaine dans le cadre du Festival, mise en scène de François Billedoux qui joue Légion, musique par l'ensemble Ars Nova sous la direction de Marius Constant, avec Denise Gence (Paule Coucougnis)..

1969 : Sept plus quoi ? création en septembre : Théâtre du Gymnase, Paris, mise en scène de Michel Cacoyannis, avec Judith Magre (Julie Mad), Claude Brasseur (Machin tout court), Éléonore Hirt (Léonor Hart), pour deux représentations..

1970 : Femmes parallèles, pièce composée de trois monologues : Léonore, Anatolie et Julie Mad création : Comédie-Française, mise en scène de Jean-Pierre Miquel, avec Denise Gence (Léonore), Catherine Samie (Julie) et Christine Fersen (Anatolie). édition : Monologues. Femmes parallèles et autres ; Ai-je dit que je suis bossu ?, Arles, Actes Sud, coll. « Actes Sud-Papiers », 1995, 99 p. .

1971 : Ne m'attendez pas ce soir création : mise en scène de François Billetdoux, décors et costumes de Jacques Voyet, Théâtre de l'Odéon, Paris.. édition : Ne m'attendez pas ce soir : poème-spectacle, Arles, Actes sud, 1994, 60 p. .

1971 : Rintru pa trou tar hin !. création : mise en scène de Serge Peyrat, décors et costumes de Yánnis Kókkos, avec François Billetdoux (Marco Paulo), Monique Tarbès (La Pchi, psychologue), Virginie Billetdoux (Loupiote), Jean Mercure (Casserole, inspecteur de police), Henri Courseaux (Fiche, son adjoint), Marco Perrin (Gorille), Théâtre de la Ville, Paris.. édition : Rintru pa trou tar hin!, Paris, Théâtre de la Ville, 1971, 56 p.

1972 : Les Veuves, On dira que c'est le vent..., pièce burlesque, et Prière-apporter-des-oiseaux création : Théâtre antique de Vaison-la-Romaine dans le cadre du Festival, mise en scène de François Billetdoux , décors, costumes et marionnettes de Jacques Voyet, avec dans les Veuves François Billetdoux (rôle de l'Oncle Rouge et Or), Douchka (Petite-Misère), Virginie Billetdoux (Marie-Châtaigne).. reprise de la pièce Les Veuves le à l'Espace Pierre-Cardin, Paris. édition : Les Veuves, tapisserie lyrique, Paris, L'Avant-Scène, 1975, 42- p. ( 571 de L'Avant-Scène Théâtre).

1974 : La Nostalgie, camarade création : mise en scène de Jean-Paul Roussillon, scénographie de Yánnis Kókkos, avec Francis Huster (Martin majeur), Michel Aumont (Bougre de Jacques), Ludmila Mikaël (Coralie Bleu), Michel Etcheverry (Roc Marie Majeur), Denise Gence (Emmeline), Bernard Dhéran (l'archéologue), Béatrice Agenin (une fille), Vincent Perez (Pierre "Peter" Balade), Claude Giraud (deuxième visiteur), Catherine Salviat (Lilia Petite), Catherine Samie (Eugénie), Hervé Sand (le garagiste), Comédie-Française au Théâtre de l'Odéon, Paris.. édition : La Nostalgie, camarade : théâtre, Paris, Éditions du Seuil, 1974, 173 p.

1981 : Ai-je dit que je suis bossu ? création : mise en scène de Roger Blin, Théâtre Montparnasse, Paris.. édition : Monologues : Femmes parallèles et autres ; Ai-je dit que je suis bossu ?, Arles, Actes Sud, 1995, 99 p. .

1988 : Réveille-toi, Philadelphie !. création : mise en scène de Jorge Lavelli, Théâtre national de la Colline, Paris. ; la mise en scène obtient le Prix de la meilleure création d'une pièce en langue française du Syndicat de la critique. édition : Réveille-toi, Philadelphie ! Comédie, Paris, Actes Sud-Papiers, coll. « Théâtre », 1988, 115 p. .

Metteur en scène 1955 : Au jour le jour de Jean Cosmos, scénographie de Jacques Noël, avec Jean-Marie Amato (John Smith), Hubert Deschamps (Buster Cronan), Guy Piérauld (Lewis Burns), Théâtre de l'Œuvre, Paris.

François Billetdoux a également mis en scène quatre de ses pièces (À la nuit la nuit en 1955, Le Comportement des époux Bredburry en 1960, Comment va le monde, Môssieu ? Il tourne, Môssieu en 1964 et Les veuves en 1972.

Comédien François Billetdoux a joué dans six de ses pièces : 1959 : rôle de Cesareo dans Tchin-Tchin, mise en scène de François Darbon, Théâtre de Poche-Montparnasse, Paris.