thumb|400px|Saint-Jean, fondée en 1631 et constituée en 1785, est la plus ancienne municipalité canadienne. La gouvernance locale au Nouveau-Brunswick constitue l'ensemble des règles qui régissent l'organisation et l'administration territoriale de la province du Nouveau-Brunswick, au Canada. Celle-ci est du ressort du gouvernement du Nouveau-Brunswick, qui veille à son administration par le biais de la Loi sur la gouvernance locale.

Au nombre de 77 en date du , les gouvernements locaux sont divisés en trois catégories : les communautés rurales, les municipalités régionales et les municipalités, qui ensemble ne représentent que 8 % de la superficie de la province. Ces dernières sont également subdivisées en trois catégories : les villages, les villes et les cités. Quant au reste du territoire provincial, celui-ci est constitué de 12 districts ruraux et de 24 réserves indiennes, qui ne sont pas à proprement parler des gouvernements locaux et dont l'administration repose principalement sur le gouvernement provincial dans le premier cas et sur des conseils de bande dans le deuxième cas.

Types de gouvernements locaux thumb|Carte des gouvernements locaux du Nouveau-Brunswick (sans les réserves indiennes). Selon la répartition des compétences dans la fédération canadienne, les municipalités sont de responsabilité provinciale. Elles sont organisées selon la Loi sur la gouvernance locale, qui est appliquée par le ministère de l'Environnement et des Gouvernements locaux du Nouveau-Brunswick.

Communautés rurales Le Nouveau-Brunswick comporte huit communautés rurales, dont le nombre a augmenté de quatre depuis 2011, après l'incorporation de Kedgwick (2012), Cocagne et Hanwell (2014) et Haut-Madawaska (2017). Ces huit communautés rurales cumulent une population de d'après le recensement de 2016. Les plus et moins populeuses communautés rurales sont respectivement Beaubassin-Est () et Saint-André (772 habitants). Les communautés rurales sont responsables de quelques services locaux, incluant l'administration, la planification communautaire et les mesures d'urgences. La province s'occupe de desservir les communautés en matière de collectes des déchets et des services de loisirs, sauf si les communautés décident de s'en occuper. Les communautés rurales incluant une ancienne ville ou village sont une exception, chargé de s'occuper de tous les services précédemment fournis par celle-ci.

Municipalités régionales La province ne compte en fait une seule municipalité régionale, soit celle de Tracadie, incorporée le et formée par la fusion des anciennes villes de Tracadie-Sheila, de 18 districts de services locaux et de parties de 2 autres districts de services locaux. Une municipalité régionale doit avoir une population supérieure à et une communauté regroupant au moins une municipalité. Un conseil local est élu et s'occupe de l'administration locale, de la planification, des services de mesures d'urgences et de tout service précédemment offert par une ancienne municipalité dans le territoire de la municipalité régionale. La province du Nouveau-Brunswick s'assure de la protection policière et des services de voirie, sauf si la municipalité régionale décide d'assumer ces responsabilités.

Municipalités

Cités Le lieutenant-gouverneur en conseil peut incorporer une ville en cité (de l'anglais city) d'après la Loi sur la gouvernance locale si la population de celle-ci atteint au moins . Les cités existant déjà au continuent d'exister en tant que cité même si la population diminue. Le Nouveau-Brunswick comporte 8 cités qui cumulent une population de d'après le recensement de 2016. Moncton est la cité la plus populeuse avec et Saint-Jean la plus vaste avec ( carrés). Campbellton est la plus petite cité par sa population de et son territoire de ( carrés).

Villes Le lieutenant-gouverneur en conseil peut incorporer un village en ville d'après la Loi sur la gouvernance locale si la population de celle-ci atteint au moins et qu'elle fournit un degré de services considéré approprié par le ministère de l'Environnement et des Gouvernements locaux. Les villes existant déjà au continuent d'exister en tant que cité même si la population diminue. Le Nouveau-Brunswick comporte 26 villes et cumule une population de d'après le recensement de 2016. La plus grande ville du Nouveau-Brunswick en population est Riverview avec une population de , alors que Sackville est la ville la plus importante en superficie au Nouveau-Brunswick, avec ses ( carrés). La moins populeuse ville est Nackawic avec 941 résidents, alors que Saint-Quentin est la moins vaste avec ( carré).

Villages Le Nouveau-Brunswick comporte 61 villages et cumule une population de d'après le recensement de 2016. Le village le plus populeux est Memramcook, avec , alors que le village occupant la plus grande superficie est Belledune avec ( carrés). Le plus petit village par sa population est Meductic avec 173 résidents, alors que celui par son territoire est Bath avec ( carré).

Cadre de gouvernance locale

La nouvelle réforme municipale, entrée en vigueur le , fait passer le nombre de gouvernements locaux à 77 au lieu de 105 et supprime les 238 districts de services locaux pour les remplacer par 12 districts ruraux. Les réserves indiennes de la province, de compétence fédérale, ne sont pas affectées par la réforme.

Ancien cadre de gouvernance locale Une proportion de 62,5 % de la population du Nouveau-Brunswick réside dans les 105 gouvernements locaux (municipalités, municipalité régionale et communautés rurales) de la province. Ceux-ci représentent seulement 7,6 % de la superficie de la province. Le reste de la population réside dans des districts de services locaux (DSL) et des réserves indiennes, qui ne constituent pas des gouvernements locaux au sens de la loi. Les DSL sont surtout constitués de terres de la Couronne, tout en comptant le tiers de la population.

En date du mois de , les gouvernements locaux du Nouveau-Brunswick se détaillent comme suit : 8 cités (Bathurst, Campbellton, Dieppe, Edmundston, Fredericton, Miramichi, Moncton et Saint-Jean) ; 1 municipalité régionale (Grand Tracadie-Sheila) 26 villes ; 62 villages ; 8 communautés rurales (Beaubassin-Est, Campobello, Cocagne, Hanwell, Kedgwick, Saint-André et Upper Miramichi).

Il y avait aussi: 238 districts de services locaux (DSL) Ministère des Gouvernements locaux - Rapport annuel des statistiques municipales 2007 (Note : La liste datant de 2007, elle ne tient pas compte de certains changements récents).. 20 réserves indiennes Statistique Canada - Chiffres de population et des logements, Canada, provinces et territoires, et subdivisions de recensement (municipalités), recensements de 2006 et 2001 - Données intégrales Il existe en fait 29 réserves indiennes, mais Statistique Canada ne donne pas de données pour les 9 autres. Page consultée le 20 avril 2008..

Une communauté rurale peut être formée à partir d'au moins deux DSL adjacents ou de DSL et municipalités adjacentes, s'il y a environ habitants et une assiette fiscale de 100 millions de dollars. Un village peut être constitué en ville s'il compte au moins habitants et que les services offerts sont jugés suffisants. Une ville peut être constituée en cité si elle compte plus de habitants. Une municipalité peut être formée dans le territoire d'une autre municipalité, fusionnée à une autre, être réduite en superficie ou en annexer une autre. Un village peut être dissous. Toutes ces actions nécessitent une décision du ministre des Gouvernements locaux ou de l'Assemblée législative, sauf pour la constitution d'une communauté rurale, où l'appui de la population lors d'un plébiscite est nécessaire Loi sur les municipalités.

Les gouvernements locaux sont principalement régis par la Loi sur les municipalités du Nouveau-Brunswick, qui est restée essentiellement la même depuis 1966. Les différents types de municipalités sont semblables dans leur fonctionnement, mais les villages et communautés rurales ont moins d'obligations quant au nombre de services à offrir. D'après la loi sur les langues officielles, toute municipalité dont la population de langue officielle minoritaire atteint au moins 20 % de la population totale est tenue d’adopter et de publier ses arrêtés dans les deux langues officielles. Les cités doivent obligatoirement offrir des services bilingues Loi sur les langues officielles.

Les DSL ne sont pas des municipalités; ils sont uniquement des territoires définis par un règlement du ministère et administrés par ce dernier Ministère des Gouvernements locaux - Contexte néo-brunswickois. Les DSL peuvent être subdivisés en autorités taxatrices, offrant des services complémentaires; il y a environ 50 autorités taxatrices en 2008.

La création des réserves indiennes a commencé en 1840 avec une loi provinciale, la Loi sur les Indiens. Les réserves indiennes sont dirigées par des Premières Nations. Leur fonctionnement est régi par la Loi sur les Indiens, de compétence fédérale.

Histoire thumb|200px|La paroisse de Shédiac, un exemple extrême de transformation. Origines Créée en 1784, la province fut subdivisée un an plus tard en 8 comtés, maintenant au nombre de 15. Une première municipalité, Saint-Jean, est constituée l'année suivante. Peu après, le gouvernement subdivise les comtés en 36 paroisses; la province en compte actuellement 154. Fredericton devient la deuxième municipalité constituée, en 1848. Des années 1850 jusqu'en 1877, tous les comtés sont constitués en municipalités, ayant chacun un conseil municipal élu. À partir du milieu du , certaines paroisses ou portions de paroisses sont constituées en municipalités. Ce phénomène se poursuit jusque dans les années 1960 Overview, FAQs, and Miscellaneous Facts on the Counties and Parishes of New Brunswick Page consultée le 19 avril 2008..

Programme Chances égales pour tous thumb|Monument à Louis Robichaud et au programme Chances égales pour tous. Au , plusieurs comtés éprouvent de graves problèmes financiers. De plus, il y a des inégalités importantes dans la province quant à l'accès aux services sociaux, en particulier pour la population francophone. Les différences entre le taux d'imposition des entreprises nuisent aussi à l'économie de certaines régions. En 1966 et 1967, le gouvernement de Louis Robichaud instaure une réforme de l'administration locale, faisant partie du programme Chances égales pour tous et se fondant sur les recommandations de la Commission royale sur la finance et la taxation municipale, ou Commission Byrne. Les gouvernements de comtés sont dissous mais les autres municipalités ne sont pas touchées par les réformes alors que quelques nouvelles villes ou villages sont constituées. Le gouvernement prend en charge l'évaluation foncière et la facturation de l'impôt foncier et crée une subvention inconditionnelle pour les municipalités. Le champ fiscal de l'impôt foncier va par contre être partagé entre les municipalités et la province. Selon le rapport Finn, ce changement améliore grandement la gouvernance locale. Pour ce qui est des services, ceux considérés comme des « services à la population », tels que l'aide sociale, la justice, la santé et l'éducation, sont transférés au gouvernement provincial, tandis que les municipalités conservent le contrôle sur des services tels que les pompiers, la police, l'aqueduc et les égouts, les loisirs, etc.

Les districts de services locaux (DSL) sont créés en 1967, dans le territoire non constitués en municipalités des anciens gouvernements de comtés; ils sont à l'origine uniquement des entités administrative du gouvernement provincial mais sont graduellement perçus comme des gouvernements locaux.